« En Angleterre, l’aristocratie méprise les lettres. A Paris, c’est une chose trop importante. Il est impossible pour des Français habitant Paris de dire la vérité sur les ouvrages d’autres Français habitant Paris. »
(…)
« Tôt ou tard, les provinciaux et les étrangers s’apercevront que tous les articles des journaux français sont dictés par la camaraderie. » En revanche, ajoute Stendhal, « rendre compte d’une relation de voyage ou d’un bon livre d’histoire qui vient de paraître à Paris ou à Londres, c’est ce qui leur est absolument impossible par la grande raison qu’avant tout il faudrait le lire et ensuite se donner le temps de le comprendre ».
Stendhal, Extrait de Qui nous délivrera de Louis XIV ? Traité d’égotisme selon Stendhal. (éditions Anatolia)
Pour reconnaître les travers de nos contemporains en lisant un livre écrit il y a deux siècles, l’immense éditeur Samuel Brussell a réuni une anthologie des textes de Stendhal fort savoureux. La France d’aujourd’hui n’est pas si différent de celle que Stendhal raconte au fil de ces chroniques écrites entre 1822 et 1830 ? Au XIXe comme au XXIe c’est la même course au portefeuille – un vrai sport national, avec courbettes et génuflexions. Alors Stendhal passe les sujets à la moulinette : l’Académie française, le style, le copinage. Rien ne change en somme…
« Souvent il faisait avec moi tout le chemin jusqu’à la maison, maintes fois pour emprunter un livre, et ce livre était toujours de la poésie. Puis il décampait, retournait mendier sur la route, le volume glissé dans la poche de sa veste en lambeaux; et bien qu’il lui arrivât de le garder assez longtemps, l’ouvrage finissait toujours par me revenir, sans avoir beaucoup souffert de son voyage au pays des mendiants. »
Extraits de Mendiants, de Robert Louis Stevenson
Stevenson s’inspire des souvenirs que lui laissèrent les vagabonds croisés en Écosse durant ses jeunes années pour composer ce court texte, à la fois réflexion morale sur le don et célébration de la profondeur de l’instinct littéraire. L’écrivain s’y présente à son lecteur avec la simplicité et la force d’un style qui le classe parmi les grands.
Mendiants, de Robert Louis Stevenson, Traduit de l’anglais par Marie Picard éditions Sillages
Une citation de Anton Tchekhov, en passant : « Le chemin de l’écrivain est, de bout en bout, semé d’épines, de clous et d’orties, c’est pourquoi tout homme sensé doit, par tous les moyens, se garder d’écrire. »
Et d’en le même temps, il imprime ce paradoxe : « Il n’est pas difficile du tout de devenir écrivain (…) il n’est pas d’ineptie qui ne trouve de lecteur idoine. C’est pourquoi, courage !… »
Comme on peut le deviner le poète et entomologiste des cœurs était aussi un peu farceur.
Le gardien vous recomamnde la lecture de :
Les Conseils à un écrivain (une anthologie réalisée à partir de la correspondance de Tchekhov par Pierro Brunello), (Anatolia 2004 ou Christian Bourgois 2005)
Reçu aujourd’hui cette citation. Amusant à l’instant du sommet de Davos…
« Si vous devez cent dollars à la banque, c’est votre problème. Si vous devez cent millions de dollars à la banque, c’est le problème de la banque. »(John paul Getty)
« J’aimerais maintenant rapporter les choses extraordinaires et surprenantes que j’ai observées durant mon séjour sur la Lune. »
Lucien de Samosate, Histoires vraie
« Une poule est l’artifice qu’utilise un oeuf pour produire un autre oeuf. » Umberto Eco
« La poule et la lune ont presque la même forme mais la lune était la avant la poule. » Professeur Coriolis
Le livre est comme la cuillère, le marteau, la roue ou le ciseau. Une fois que vous les avez inventés, vous ne pouvez pas faire mieux. Vous ne pouvez pas faire une cuillère qui soit mieux qu’une cuillère.
Il m’est impossible de retrouver mes écrits enregistrés sur les disquettes flexibles, car les ordinateurs actuels ne les lisent plus – sauf, comme certains fous, à garder des générations d’ordinateurs dans ma cave. Alors que je peux admirer mes incunables ad vitam æternam.