En s’approchant doucement, sans réveiller la lectrice, on peut lire…




En s’approchant doucement, sans réveiller la lectrice, on peut lire…




Cher Eric , la lecture de Belles étoiles c’est fait depuis sa parution, fana de récit de voyages en tous genres je ne pouvais pas le manquer mais relire c’est presque un plaisir plus doux, on vient là non pas en lectrice pressée mais en amie heureuse de retrouver ce qui vous a déjà enchanté une fois
C’est une histoire sans fin, lire stevenson, lire belles étoiles, relire stevenson et relire poindron ah les journées sont trop courtes et la marche épuise ……..
Dominique, du blog A SAUTS ET À GAMBADES

Chère Dominique, et tous les autres,
La littérature dite « voyageuse » et la « littérature monde », selon la belle invention de Michel Le Bris, est plus qu’un courant littéraire, c’est désormais une manière évidente de voir et d’imaginer le monde. Quels sont les cinqs, les dix (ou plus ) livres que vous préférez et que vous souhaiteriez faire partager avec d’autres. J’attends avec impatience vos réponses.

Cher professeur P
Il faut dormir à la belle étoile
Il faut se perdre
Il faut suivre des pistes
improbables et délicieuses
Il faut arpenter
Il faut renifler
Il faut se salir le bout des doigts
Il faut tremper le bout de sa langue
dans le brouillard
Il faut ramasser les cailloux
les graines et les brindilles en miettes
les épines
Il faut se salir les genoux
Il faut se mouiller les chevilles
Il faut se jeter à l’eau
Il faut monter au sommet des collines
Il faut s’assoir
Il faut suivre l’ombre des rapaces
Il faut sentir
Il faut jeter un baton à son chien
Il faut rêver
Il faut marcher
Il faut partir
Il faut se perdre
Il faut dormir dans les belles étoiles
Biz
Thomas
etc-iste.blogspot.com
Fish For Sale
P.S. j’ai commandé votre livre…
Voici ma réponse, mais je m’aperçois que l’article est de Septembre
Je n’ai pas pu répondre à la question 15, cela prendrait trop de temps
Amicalement
Juliette ou O.
DE QUELQUES LIVRES
1 – Qu’est-ce qu’un livre ?
Un message

2 – À quoi sert un livre ?
à partir pour un « voyage »
3 – Quel est le livre qui vous à la plus marqué (vous pouvez expliquer pourquoi) ?
« Ada ou l’Ardeur » de Nabokov. J’aime l’érotisme de l’auteur et le lieu enchanté où se passe l ‘histoire, souvenir de la propriété des parents de N.
4 – Quel est le livre que vous préférez (vous pouvez en citez plusieurs) ?
Le dernier qui m’a emmenée en voyage : « En nous la vie des morts » de Lorette Nobécourt, mai aussi « Guerre et paix » de Tolstoï, les romans écrit par des auteurs chinois ou japonais (je ne saurais choisir)
5 – Quel est le livre qui vous à le plus dérangé (en bien, en mal, qu’importe) ? « Si c’est un homme » de Primo Levi
6 – Quel est le livre que vous n’avez pas pu terminé (vous pouvez en citer plusieurs) ? « L’inconnu sur la terre » de JMG Le Clézui
7 – Quel est le livre que vous n’avez jamais lu et que vous vous êtes promis de lire (vous pouvez en citez plusieurs) ?
Je ne le connais pas encore
8 – Quel est le livre que vous souhaiteriez faire découvrir (à un ami, au public) ou éditer si vous étiez éditeur ?
Celui que j’ai écrit « La déserrance »
9 – Quel est le livre que vous ne lirez jamais (vous pouvez en citer plusieurs) ?
les livres de Marx par exemple
10 – Quel est le livre le plus « illisible » que vous ayez lu (vous pouvez en citer plusieurs) ? la vie de Witgenshtein
(je ne connais pas le titre exact, c’était à la fois déroutant et passionnant)
11 – Quel est le livre que vous avez le plus acheté pour offrir (vous pouvez en citer plusieurs) ? De Sylvie Germain : « La pleurante des rues de Prague » (mais j’offre peu de livres, c’est délicat
13 – Quel est le livre dont la « bonne » réputation vous semble la plus injustifiée (vous pouvez en citer plusieurs) ?
L’ »Élégance du hérisson » de Muriel Barbery
14 – Quel est le livre dont vous connaissez des phrases ou des passages par cœur (vous pouvez en citer plusieurs) ?
C’est Pélléas et Mélisande de Maurice Meterlinck dont est tiré l’Opéra du même nom de Debussy
15 – quel est le livre dont… Vous pouvez continuer la phrase.
· En-fin :
· ………
Quels sont les cinq livres qui vous accompagnent (en essayant d’éviter les grands classiques, les géants ou les écrivains indépassables) ?
Choisir c’est renoncer :
En fin :
« Le livre d’un homme seul » de GAO Xingiang
« Le Passage de la Nuit » de Haruki Marukami
« Le Pourfandeur de nuages » de Russel Banks
« La pleurante des rues de Prague » de Sylvie Germain
La Trilogie Newyorkaise de Paul Auster

Oeuvre de Sue Blackwell
1 – Qu’est-ce qu’un livre ?
Un roman (ou, à la rigueur, la possibilité, l’espoir, le manque, le rêve d’un roman).
2 – À quoi sert un livre ?
À permettre la circulation dans le monde des narrations qui sont inévitables.
3 – Quel est le livre qui vous à la plus marqué (vous pouvez expliquer pourquoi) ?
Les Princes de l’exil de Nadine Garrel, parce qu’il y avait un viol extrêmement ambigu, une énonciation rouge et noire de tourments et de gestes dont j’avais l’intuition mais que je n’aurais pas su dire, pas su nommer, que je n’aurais pas su avouer à cet âge-là.
Et pour les mêmes raisons, mais avec une autre force, une autre intelligence, Le Cinquième Enfant de Doris Lessing.
4 – Quel est le livre que vous préférez (vous pouvez en citez plusieurs) ?
Le roman que je suis en train de lire (en l’occurrence, Helliconia, l’été de Brian Aldiss que j’espère bien finir ce soir pour arpenter La Pyramide d’Ismail Kadaré).
5 – Quel est le livre qui vous a le plus dérangé (en bien, en mal, qu’importe) ?
Quand mourut Jonathan de Tony Duvert, commencé et abandonné dans une chambre d’hôtel, à Arles, abandonné sous le lit, dans la poussière qui recouvrait le parquet, parce qu’à ce moment-là je n’ai pas su lire Tony Duvert, je n’ai pas compris ; mais je me suis rattrapé avec l’Abécédaire malveillant et avec L’Île Atlantique.
La Forteresse assiégée de Qian Zhongshu, parce qu’il a remis en cause les tenants et les aboutissants de ma vie en Chine.
6 – Quel est le livre que vous n’avez pas pu terminé (vous pouvez en citer plusieurs) ?
Jean-Christophe de Romain Rolland, que j’avais eu pourtant tellement de mal à trouver, que j’ai acheté dans l’édition d’Albin Michel, avec les fameuses gravures sur bois de Frans Masereel sur vélin pur chiffon, numéroté 1243 ou 1244 sur 1500, et que j’ai refermé avec colère, avec une sorte de dégoût pour cet orgueil, cette lecture hautaine et kitsch de la musique, de la pensée allemande et de Freud.
Toute une batterie de romans prétendument contemporains, comme Un roman russe d’Emmanuel Carrère (dont j’avais pourtant beaucoup apprécié La Moustache…), comme Naissance des fantômes de Marie Darrieussecq, comme Lacrimosa de Régis Jauffret, et beaucoup d’autres de la même eau pâle qui existent sur terre parce que le narcissisme est sans fin.
7 – Quel est le livre que vous n’avez jamais lu et que vous vous êtes promis de lire (vous pouvez en citez plusieurs) ?
Le Mystère d’Edwin Drood que Dickens n’a pas eu le temps ni la force d’achever, parce qu’un crime doit être forcément élucidé, parce qu’un crime littéraire doit être forcément résolu, parce que ça ne peut pas être absolument gratuit, parce qu’il y a forcément au fond de ce mystère un sens auquel nous ne pouvons pas échapper, une signification qui doit advenir.


Bibliothèque de Charles Dickens, Londres
8 – Quel est le livre que vous souhaiteriez faire découvrir (à un ami, au public) ou éditer si vous étiez éditeur ?
Les très nombreux romans de César Aira qui ne sont pas traduits en français. (*)
9 – Quel est le livre que vous ne lirez jamais (vous pouvez en citer plusieurs) ?
Interventions aux causeries sur la littérature et l’art à Yenan de Mao.
« La littérature et l’art prolétariens font partie de l’ensemble de la cause révolutionnaire du prolétariat ; ils sont, comme disait Lénine, une petite roue et une petite vis du mécanisme général de la révolution. »
10 – Quel est le livre le plus « illisible » que vous ayez lu (vous pouvez en citer plusieurs) ?
Pedro Páramo de Juan Rulfo, auquel je n’ai absolument rien compris, où je me suis tout de suite complètement perdu, à tel point que j’ai demandé à un ami de le lire, et lui-même s’est perdu, n’a pas su donner un nom aux fantômes.
Belle du seigneur, pour sa boursouflure, son excès ridicule, intenable, insupportable.
La Règle du jeu de Michel Leiris, mais c’est surdité de ma part.
11 – Quel est le livre que vous avez le plus acheté pour offrir (vous pouvez en citer plusieurs) ?
Le plus beau, le plus touchant, le plus sombre des romans noirs, le plus beau livre sur l’amitié, avec Lord Jim, le plus juste, The Long Goodbye de Raymond Chandler.
13 – Quel est le livre dont la « bonne » réputation vous semble la plus injustifiée (vous pouvez en citer plusieurs) ?
Monsieur Ouine de Georges Bernanos dont je me faisais une fête, et qui m’a accablé.
14 – Quel est le livre dont vous connaissez des phrases ou des passages par cœur (vous pouvez en citer plusieurs) ?
L’incipit de The Long Goodbye : « The first time I laid eyes on Terry Lennox he was drunk in a Rolls-Royce Silver Wraith outside the terrace of The Dancers. »
15 – quel est le livre dont… Vous pouvez continuer la phrase.
… on se sert en ne voyant pas à quel point c’est lamentable et faux ? La Princesse de Clèves, qui ridiculise depuis sa puissance et sa gloire tous les enragés qui le brandissent pour cacher leur néant.
* En-fin :
Quels sont les cinq livres qui vous accompagnent (en essayant d’éviter les grands classiques, les géants ou les écrivains indépassables) ?
Les Jardins statuaires de Jacques Abeille.
Une histoire illisible de Claude Ollier.
Le monde englouti de J.G. Ballard.
Le Nom des singes d’Antoine Volodine.
Gothique charpentier de William Gaddis.
(*) – Rappelons toutefois à nos lecteurs que l’on peut trouver, en français, quelques livres de Cesar Aira – chez Christian Bourgois ou André Dimanche – à commencer par le petit chef d’oeuvre Un épisode dans la vie du peintre voyageur, aux éditions André Dimanche (Note du gardien).
Crédit photo maison de Dickens : Livres-coeur.

RÉFLEXIONS SUR LES LIVRES
Par Catherine H-S
1 – Qu’est-ce qu’un livre ?
Un livre est un petit cercueil de mots qui attendent leur sens. Comme Paul Valéry, je pense que c’est le lecteur qui donne vie au livre. Un livre a autant de vies que de lecteurs.
2 – À quoi sert un livre ?
A s’évader dans une dimension parallèle et découvrir de nouveaux horizons qui enrichissent l’existence. Tvetan Todorov le dit magnifiquement.
3 – Quel est le livre qui vous a le plus marqué (vous pouvez expliquer pourquoi) ?
The Blind Assassin de Margaret Atwood, pour sa perfection narrative qui s’avère le cadre parfait pour les passions humaines à l’œuvre.
Ruth, de Elizabeth Gaskell, pour ce qu’il révèle des affres de la femme du XIXe siècle qui compromet sa chasteté. Gaskell ne voulait même pas que ses filles le lisent. Pour moi, Ruth vaut largement Tess of the D’Ubervilles de Thomas Hardy, de la même période sur le même sujet.
4 – Quel est le livre que vous préférez (vous pouvez en citez plusieurs) ?
J’aime One Good Turn de Kate Atkinson et The Emperor’s Children de Claire Messud. Ils m’ont permis de bonnes escapades en même temps qu’une réflexion sur la vie.
5 – Quel est le livre qui vous a le plus dérangé (en bien, en mal, qu’importe) ?
Human Croquet de Kate Atkinson. J’adore tous ses autres romans mais j’ai dû me forcer à finir celui là. Rêve et réalité se contredisent et se côtoient, la résolution finale se fait attendre et s’avère peut satisfaisante. Je suis une maniaque des intrigues bien ficelées!
6 – Quel est le livre que vous n’avez pas pu terminer (vous pouvez en citer plusieurs) ?
Vernon God Little de DBC Pierre. Pour tout Booker Prize qu’il est, je n’arrive pas à y voir plus qu’un Catcher in the Rye raté.
7 – Quel est le livre que vous n’avez jamais lu et que vous vous êtes promis de lire (vous pouvez en citez plusieurs) ?
Il y a tellement de grands classiques dont on a tellement entendu parler que l’on a l’impression de les connaître intimement… Et pourtant, en cherchant bien, on s’aperçoit que l’on ne les a vraiment pas lus. J’ai eu de bonnes surprises comme ça, en me décidant finalement à empoigner l’Éducation Sentimentale ou la Chartreuse de Parme.
Il reste sur ma liste (entre autres) quelques mastodontes: A la Recherche du Temps Perdu de Proust (que j’ai essayé de lire trop tôt je pense), Light in August de Faulkner, Dubliners de Joyce.
8 – Quel est le livre que vous souhaiteriez faire découvrir (à un ami, au public) ou éditer si vous étiez éditeur ?
Un des textes de pensée sociale victorienne sur lesquels je travaille, et que les troubles actuels semblent rendre à nouveau pertinents.
9 – Quel est le livre que vous ne lirez jamais (vous pouvez en citer plusieurs) ?
Never say never. Il existe plus de livres que je ne lirai pas que de livres que je lirai. Mais je me réserve le droit de choisir et de changer d’avis tout au long de ma vie. Les hasards des rencontres font parfois bien les choses, comme pour les personnes.
10 – Quel est le livre le plus « illisible » que vous ayez lu (vous pouvez en citer plusieurs) ?
The French Revolution (1837) de Thomas Carlyle. Il a fallu plusieurs tentatives, étalées sur cinq ans, allant parfois jusqu’à la page 200 ou 300. J’ai fini par lire les 1000 pages au printemps 2006, avec en toile de fond sonore le bruit des manifestations parisiennes. C’était très adapté aux descriptions du peuple français comme particulièrement effervescent et prompt à l’insurrection.
11 – Quel est le livre que vous avez le plus acheté pour offrir (vous pouvez en citer plusieurs) ?
Emma de Jane Austen (pour faire découvrir à mes proches le sujet de mon mémoire de maîtrise) et Behind The Scenes at the Museum de Kate Atkinson (je le trouve original et susceptible d’intéresser mes amis).
13 – Quel est le livre dont la « bonne » réputation vous semble la plus injustifiée (vous pouvez en citer plusieurs) ?
Je n’attache pas suffisamment d’importance à la « réputation » des livres pour m’insurger très souvent ou bien longtemps de leur caractère justifié ou non. Comme pour le cinéma, j’ai une assez bonne idée préalable de ce qui va me plaire. J’ai tendance à le choisir en priorité, en risquant tout de même parfois les surprises ou les outsiders. Ceci dit, j’ai toujours eu du mal avec Henry James…
14 – Quel est le livre dont vous connaissez des phrases ou des passages par cœur (vous pouvez en citer plusieurs) ?
Hernani de Victor Hugo. Une pièce de théâtre alors que je préfère les romans, c’est assez inattendu. Mais les alexandrins sont si mémorables, surtout lorsqu’ils président à la bataille entre classiques et romantiques…
15 – quel est le livre dont… Vous pouvez continuer la phrase.
… vous aimeriez être l’auteur?
The Blind Assassin de Margaret Atwood.
15 bis – quel est le livre dont… Vous pouvez continuer la phrase.
… vous ne vous vantez pas de l’avoir lu?
Les ouvrages dit « chick lit », autrement un peu frivoles, faciles et mettant souvent en scène des femmes dont l’expérience est, à un titre ou à un autre, édifiante (en bien ou en mal) et source d’inspiration ou de réflexion. Plus intéressants qu’Arlequin (un chevalier en armure de lumière n’y apporte pas toutes les réponses), et invariablement mieux écrits, ils permettent souvent une immersion dans un univers alternatif, une échappatoire dont on sort rafraîchi(e).
Exemples: Katherine Pancol (Les Yeux jaunes des crocodiles) dans le domaine français, Candace Bushnell côté US (Lipstick Jungle plutôt que Sex and The City)
Enfin :
Quels sont les cinq livres qui vous accompagnent (en essayant d’éviter les grands classiques, les géants ou les écrivains indépassables) ?
J’ai évité les grands classiques comme Jane Austen (Pride and Prejudice). Je ne citerai que des femmes afin d’œuvrer à la parité, même si j’apprécie aussi les auteurs masculins (W. M. Thackeray, P. G. Woodehouse, Nick Hornby, David Lodge etc). Le roman, qui est ma forme d’écriture préférée (plus que le théâtre, la poésie, voire même la nouvelle) me semble être un genre qui se prête particulièrement bien à la plume féminine, surtout au cours des deux derniers siècles.
Je ne suis pas sûre cependant que l’on puisse parler d’une écriture féminine, car c’est un continuum : on pense et on écrit comme un être vivant, et les caractéristiques intellectuelles et langagières dites masculines ou féminines peuvent se retrouver chez les deux sexes. Si l’on peut discerne parfois quelques tendances générales d’écriture chez les femmes et chez les hommes, les exceptions sont multiples, surtout chez ceux ou celles qui s’affranchissent des cadres de pensée habituels.
Par exemple, George Eliot faisait preuve d’une capacité remarquable à représenter des scènes qui lui étaient étrangères, mais dont elle avait saisi un simple instantané en passant devant une porte entrebâillée. Ainsi, elle osait mettre en scène des milieux sociaux et religieux différents du sien, dépourvus de présence (et de possibilités d’observation) féminine. A l’inverse, Jane Austen ne s’aventure jamais à dépeindre un moment strictement entre hommes, et s’en tient surtout au milieu social où elle évolue.
Ma sélection :
North and South de Elizabeth Gaskell
An Unsuitable Job for a Woman de P. D. James
The Blind Assassin de Margaret Atwood
The Emperor’s Children de Claire Messud
One Good Turn de Kate Atkinson


Voilà les quelques premières réponses aux questionnaire…

Bonjour,
J’ai attendu d’être un peu remise de mes vacances avant de répondre à votre questionnaire, et c’est bien dommage parce que j’aurais aimé recevoir un livre (comme un gamin qui réclame un bonbon !!! )
Il est toujours enthousiasmant de parler des livres qu’on aime, et j’imagine que n’importe quelle autre addiction produit le même résultat. Mais j’ai des goûts très définis et l’âge m’est devenu un argument très pratique pour justifier mon entêtement à ne pas aimer autre chose que ce que j’aime. Encore que parfois… par surprise, on me fait découvrir un livre sur lequel je n’aurais jamais baissé les yeux en librairie, et j’en suis toute enthousiasmée, et je l’offre autour de moi… comme un bonbon ! (Le curieux incident du chien pendant la nuit)
J’ai hâte de lire les réponses de vos lecteurs, mais prenez votre temps et celui qu’il fait au bord de l’eau – et même, voire de préférence, dans l’eau – et rapportez-moi un coquillage, s’il vous plaît. Un tout frais.
Amicalement (et sans doute un peu trop familièrement – excusez-moi)

LE QUESTIONNAIRE
1 – Qu’est-ce qu’un livre ?
La porte des rêves, la porte de l’espace, de la découverte, de l’ouverture, de l’apprentissage, de la rencontre, et… j’en oublie !
2 – À quoi sert un livre ?
Téléportation
3 – Quel est le livre qui vous a le plus marqué (vous pouvez expliquer pourquoi) ?
Il y a eu tellement de livres indélébiles que je ne saurais en choisir un seul. Au hasard, et sans préjudice de ceux que je ne cite pas :
Des villes dans la Plaine, de Cormac McCarthy. Paradis, de Toni Morrison.
SF : Les Maîtres chanteurs, de Orson Scott Card., En terre étrangère de Robert A. Heinlein et Les chroniques martiennes de Ray Bradbury.
Polar : parmi les 2409 « série Noire » parus entre 1945 et 1995 : Une perle aux cochons de Lee Gardner.
Divers : Le sourire du flamand rose de Stephen Jay Gould (paléontologiste).
4 – Quel est le livre que vous préférez (vous pouvez en citez plusieurs) ?
Cela dépend des jours. Entre autres : Silas Marner, de George Eliot
5 – Quel est le livre qui vous à le plus dérangé (en bien, en mal, qu’importe) ?
Méridien de sang, de Cormac McCarthy. C’était mon premier contact avec un auteur inconnu : un livre qu’on m’avait offert. Après dix pages, j’ai posé le livre et couru à la première librairie venue pour acheter, de l’auteur, tout ce qui était en rayon. Mais je n’ai jamais pu reprendre la lecture de Méridien de sang. Le choc avait été trop fort. Curieusement, j’ai préféré le style épuré de ses romans ultérieurs.
6 – Quel est le livre que vous n’avez pas pu terminer (vous pouvez en citer plusieurs) ?
Il y en a beaucoup dont je n’ai pas continué la lecture après les premières pages, voire le premier paragraphe. Difficile de les citer : je les oublie aussitôt. En revanche, ils ont tous en commun de n’avoir pas de style (encore que certaines lectures de délassement s’accommodent très bien d’une absence de style lorsque l’auteur est nanti d’autres qualités : qu’il ne tire pas à la ligne, qu’il ne sombre pas dans le pathos, qu’il n’éclabousse pas tout d’hémoglobine et mène efficacement son histoire).
7 – Quel est le livre que vous n’avez jamais lu et que vous vous êtes promis de lire (vous pouvez en citez plusieurs) ?
La divine comédie, de Dante.
Les poètes de langue anglaise ou américaine souvent cités à l’écran.
Le Golem de Gustav Meyrink.
8 – Quel est le livre que vous souhaiteriez faire découvrir (à un ami, au public) ou éditer si vous étiez éditeur ? J’enrage de constater qu’aucun éditeur n’a jamais découvert le blog qui m’émerveille chaque fois que j’y vais, et j’y vais tous les jours depuis plusieurs mois. J’ai été une boulimique de lecture toute ma vie et là, sur ce blog jamais gnan-gnan, jamais le cœur en bandoulière (ce que je déteste en littérature et dont le Web-2 nous abreuve) je me régale à chacun de ces textes accompagnés de photos personnelles : tant de pudeur, d’observations minimalistes, d’imagination, de fraîcheur et de sagesse en même temps, d’inquiétude aussi et de regards sans complaisance ! Ce blog est riche de trésors miniatures. J’en ressors l’âme rafraîchie, et ce qui fait le paradoxe, c’est que l’amateur de SF que je suis repart grandie de ces textes qui regardent surtout au sol, à la trace, à la vie des choses mortes. Une merveille merveilleuse, comme dirait Pagnol ! On pourrait en tirer un choix de textes et photos, pour nourrir les soirées tranquilles ou même laisser filer les heures d’un voyage en train ou en avion…car il faut y entrer… disponible : sans ça, pas de magie ! A lire et à relire.
9 – Quel est le livre que vous ne lirez jamais (vous pouvez en citer plusieurs) ?
Tous les livres à vomir du genre violence+sexe+écriture approximative. Il y en a des collections entières. Le pire, c’est l’absence d’écriture, je crois : on peut prendre du recul vis-à-vis du reste.
10 – Quel est le livre le plus « illisible » que vous ayez lu (vous pouvez en citer plusieurs) ?
L’être et le néant de Jean Paul Sartre. Pour un exposé en terminale, avec quelques-uns de ses autres livres. J’ai fait des cauchemars pendant longtemps.
11 – Quel est le livre que vous avez le plus acheté pour offrir (vous pouvez en citer plusieurs) ?
Pour ne citer que les plus récents : Mma Ramotswé détective de Alexander McCall Smith, Chinoises de Xinran, La route de Cormac McCarthy. (J’évite souvent d’offrir du Cormac McCarthy, trop déconcertant ou trop violent – voir L’obscurité du dehors, un livre lancinant d’une violence insoutenable)
13 – Quel est le livre dont la « bonne » réputation vous semble la plus injustifiée (vous pouvez en citer plusieurs) ?
La série des Harry Potter, même si j’ai beaucoup ri en lisant le premier. Le second m’a ennuyée et je n’ai pas passé les premières pages du troisième. Et quant à l’écriture… Mais on ne peut pas avoir raison contre le monde entier !
14 – Quel est le livre dont vous connaissez des phrases ou des passages par cœur (vous pouvez en citer plusieurs) ?
Je n’apprends jamais par cœur car l’expérience m’a appris que je ne découvre plus rien dans un texte mémorisé. S’il me reste des bribes, j’ai plaisir à en retrouver le fil occasionnellement : c’est alors une redécouverte. Voici une phrase pourtant, jamais oubliée, et qui n’a jamais perdu de son impact sur moi : « Et lorsqu’il eut passé le pont, les fantômes vinrent à sa rencontre… » Mais il s’agit d’un film…
15 – quel est le livre dont… Vous pouvez continuer la phrase.
… vous ne pourrez jamais vous passer ?
- Merci de me poser la question… Euh….Oui ?…. BFffffffffffffiiiiiiiii…. Vous savez…. Et si on formulait la question ainsi : quel est le rayon de votre bibliothèque dont vous ne pourrez jamais vous passer ?
- C’est d’accord !
- Alors je range sur ce rayon mes polars, SF, poètes et divers … Euh… Quelle longueur, ce rayon ? parce qu’en dessous de … Mmmmm… quelques mètres… disons la longueur d’un hall de gare – pas celle de Triffouillis – les – oies, entendons-nous bien : non, quelque chose comme la gare de Wroclaw :

Le hall central de la gare
* En-fin :
Quels sont les cinq livres qui vous accompagnent (en essayant d’éviter les grands classiques, les géants ou les écrivains indépassables) ?
- Silas Marner de George Eliot
- Les liaisons dangereuses de Choderlos de Laclos
- Poèmes de Federico Garcia Lorca
- La nuit du jabberwock de Fredric Brown
- Le concombre masqué, BD de Mandryka
Comme il y a du beau monde dans les titres ci-dessus, j’ajoute ces petites choses :
SF : L’hôpital des étoiles de James White (et sa suite : chirrgien galactique) Le troisième tome n’est jamais paru en France, à ma connaissance, car la collection a été arrêtée juste avant sa date de parution ! (Le Masque Science Fiction)
Polars : Un sacré culot ! de Frank McAuliffe (Série Noire hilarant) et ses suites. La fille du temps de Joséphine Tey (une enquête étonnante sur le meurtre des enfants d’Edouard menée aujourd’hui depuis son lit d’hôpital par un inspecteur de police). La vie secrète d’Algernon Pendleton (qui sait que les objets ont une âme) de Russel Greenan.
… c’est tout pour aujourd’hui !

Ne résistant évidemment pas à l’envie de recevoir un présent rare de ta part, je te joins le questionnaire (je te l’aurais tout de même joint sans la promesse d’un cadeau).
1 – Qu’est-ce qu’un livre ? Un ensemble de feuilles, entouré d’une couverture et collé, broché, agrafé ou cousu à celle-ci. Il peut parfois être publié.
2 – À quoi sert un livre ? Un bon livre ne sert à rien, précisément.
3 – Quel est le livre qui vous à le plus marqué (vous pouvez expliquer pourquoi) ? Le Prophète de Khalil Gibran. Car, en quelques pages, il dit tout.
4 – Quel est le livre que vous préférez (vous pouvez en citez plusieurs) ? Il y en a tant… Tout Perec, tout Flaubert, tout Pouy, tout Barnes, tout Nabokov, tout Benacquista, tout Coe, tout Selby Jr presque tout Vian et quelques Céline.
5 – Quel est le livre qui vous à le plus dérangé (en bien, en mal, qu’importe) ? Récemment, Les Bienveillantes, de Jonathan L.
6 – Quel est le livre que vous n’avez pas pu terminé (vous pouvez en citer plusieurs) ? Cent mille milliards de poèmes de Queneau (manque de temps).
7 – Quel est le livre que vous n’avez jamais lu et que vous vous êtes promis de lire (vous pouvez en citez plusieurs) ? A la recherche du temps perdu.
8 – Quel est le livre que vous souhaiteriez faire découvrir (à un ami, au public) ou éditer si vous étiez éditeur ? Tous les textes d’Antoine Volodine et tous les poèmes de Daniel Biga.
9 – Quel est le livre que vous ne lirez jamais (vous pouvez en citer plusieurs) ? N’ayant aucun a priori…
10 – Quel est le livre le plus « illisible » que vous ayez lu (vous pouvez en citer plusieurs) ? La Route des Flandres de Claude Simon
11 – Quel est le livre que vous avez le plus acheté pour offrir (vous pouvez en citer plusieurs) ? Sonates de Bar, d’Hervé Le Tellier et Un Cabinet d’amateur de Georges Perec
13 – Quel est le livre dont la « bonne » réputation vous semble la plus injustifiée (vous pouvez en citer plusieurs) ? Tous les livres d’Amélie Nothomb, à l’exception du premier.
14 – Quel est le livre dont vous connaissez des phrases ou des passages par cœur (vous pouvez en citer plusieurs) ? Voyage au bout de la nuit de Céline.
15 – Quel est le livre dont… Vous pouvez continuer la phrase. Quel est le genre de livres dont on ne parle pas assez en France ? Les recueils de nouvelles
Nicola Millet et professeur et écrivain. Il fait partie de la clique des enfants de Georges Perec et est l’auteur de L’École BusSonnière, pétits voyages & nouvelles rémoises (éditions du Coq à l’Ane).


Bonjour à vous,
Quelques réponses à votre sympathique questionnaire…
1 – Qu’est-ce qu’un livre ? Des pages plutôt bien assemblées.
2 – À quoi sert un livre ? A être lu, regardé, touché, senti, entendu… mais est-ce que vous vous demandez tout le temps à quoi vous servez, vous ?


3 – Quel est le livre qui vous à la plus marqué (vous pouvez expliquer pourquoi) ? Dernièrement, Lambeaux de Charles Juliet. Parce que les mots y sont simples, humbles, profonds.
Gracq, mais je ne peux choisir. Sinon, Mrs Dalloway mais en vérité, je ne sais plus trop pourquoi ! Et d’autres encore.
Le jeu des questions/réponses ne peut sûrement pas traduire l’émotion qu’est une lecture.
4 – Quel est le livre que vous préférez (vous pouvez en citez plusieurs) ? La question qui me pose problème. L’idée de préférence aussi, d’ailleurs. Je n’en sais strictement rien. Et ne souhaite peut-être même pas le savoir.
5 – Quel est le livre qui vous à le plus dérangé (en bien, en mal, qu’importe) ? Voyage au bout de la nuit, peut-être. Avant, Au coeur de ce pays de Coetzee.
6 – Quel est le livre que vous n’avez pas pu terminé (vous pouvez en citer plusieurs) ? Pour l’instant aucune idée.
7 – Quel est le livre que vous n’avez jamais lu et qu vus vous êtes promis de lire (vous pouvez en citez plusieurs) ? Les Misérables, à terminer.
8 – Quel est le livre que vous souhaiteriez faire découvrir (à un ami, au public) ou éditer si vous étiez éditeur ? Simplement celui dont j’estimerais qu’il devrait être lu.
9 – Quel est le livre que vous ne lirez jamais (vous pouvez en citer plusieurs) ? Je suis ouvert à toutes les propositions.
10 – Quel est le livre le plus « illisible » que vous ayez lu (vous pouvez en citer plusieurs) ? J’essaie de lire quelque chose que je me sens capable de lire.
11 – Quel est le livre que vous avez le plus acheté pour offrir (vous pouvez en citer plusieurs) ? Ah, j’essaie de varier les plaisirs.
13 – Quel est le livre dont la « bonne » réputation vous semble la plus injustifiée (vous pouvez en citer plusieurs) ? Un livre de Balzac, peut-être. Mais je ne sais lequel.
14 – Quel est le livre dont vous connaissez des phrases ou des passages par cœur (vous pouvez en citer plusieurs) ? Dans Les Fleurs du mal, quelques poèmes…
15 – quel est le livre dont… Vous pouvez continuer la phrase. Quel est le livre dont on ne demandera jamais à quoi il est utile ?
Je me suis toujours dit que répondre à un questionnaire comme celui-ci n’était pas chose facile. Tout simplement parce que d’ici un moment j’aurais changé d’avis.
Tenez-moi au courant si vous le publiez, ou autre…
Bien à vous
Découvrir le blog de PITOU

J’ai rempli un questionnaire sans réussir à parler d’Amélie Nothomb, encore une occasion de ratée.
Je fuis les tags, et je n’aime pas les questionnaires : mes réponses ont le chic pour les rendre inintéressants. Non seulement je n’aime pas les remplir, mais je n’aime pas les lire. Très souvent, les réponses sonnent faux. On a l’impression que l’interrogé cherche, pour chaque question, la réponse la plus subtile possible, celle qui semblera à la fois candide et brillante. Et, en traitant les questions une par une, il rend une copie non cohérente, mensongère. Une identité fabriquée.
Quand j’ai vu débarquer sur ce blog le questionnaire d’Éric Poindron, j’ai grogné, ce questionnaire mono-thématique me paraissait répétitif, suspect. Le genre de questionnaire assené par un flic soupçonneux ou un sergent finaud qui cherche à vous coincer (le flic soupçonneux, je ne le rencontre que dans les polars, tandis que le sergent finaud, j’y ai eu droit pendant quelques heures en Amérique du Sud, je raconterai ça un jour. Dans une nouvelle, on ne me croirait pas. Sur ce blog, ça passera.). Mais le questionnaire venait d’Éric Poindron, le cher tenancier du Cabinet de curiosités, l’illustre fondateur du Club des prosélytes de Jeeves, alors je m’y suis collé. Histoire de montrer le bon exemple que vous suivrez, bien sûr. Eh, Éric, sors la bouteille de Noilly Prat et les vieux biscuits salés, ceux de la boîte en fer, je t’envoie des visiteurs ! »
Finalement, il n’est pas mal du tout, ce questionnaire, bravo Eric, c’est ce que j’ai écrit de mieux depuis très longtemps. Et, tiens, puisqu’on en cause, dans mon prochain billet, il y aura les réponses d’un autre auteur, Anouar Ben Malek, à un autre questionnaire. Vous le lirez, vous méditerez, et là je ne plaisante plus. Anouar est un type bien ; vous le rencontrerez à Lauzerte. Si, parmi vos amis, vous n’avez pas de types bien, venez vous en faire de nouveaux, de meilleurs, à Lauzerte.
1 – Qu’est-ce qu’un livre ? Quand il est bon, c’est un auteur qui raconte une histoire. Quand il est excellent, c’est une histoire qui raconte un auteur.
2 – À quoi sert un livre ? À rien, par pitié ! La peste soit de la littérature utilitaire. Celle qui sert à prouver, à convaincre, à démontrer, par exemple, ne sert qu’à me faire fuir.
3 – Quel est le livre qui vous à la plus marqué (vous pouvez expliquer pourquoi) ? « L’Odyssée », d’Homère, en version pour enfants puis en version intégrale, lu dans la foulée. Pourquoi ? J’étais encore très enfant, c’était le premier livre sans images que je lisais, et j’avais visé gros. Je l’ai avalé jusqu’au bout. Avalé est le bon terme : une bonne partie des « Chants » a évidemment échappé à mon entendement. Ils ne m’en paraissaient que plus magiques.
4 – Quel est le livre que vous préférez (vous pouvez en citer plusieurs) ? « Histoires comme ça », et toutes les nouvelles de Kipling. J’y ajoute « Kim » et « Puck, lutin de la colline », du même auteur. Les nouvelles de F.S.Fitzgerald. « Le Livre de sable » de J.L. Borges et quelques autres nouvelles du même auteur, dont « La loterie de Babylone » et « Guayaquil ». « Le nom de la rose » d’Umberto Eco. « Les Fleurs du mal » de Baudelaire. Il en manque, j’en ai d’autres, je ne les trouve plus. Ils ne devaient pas être si préférés que ça. Ah, tiens, « Cent ans de solitude » de Garcia Marquez.
5 – Quel est le livre qui vous a le plus dérangé (en bien, en mal, qu’importe) ? La Bible.
6 – Quel est le livre que vous n’avez pas pu terminer (vous pouvez en citer plusieurs) ? Environ deux sur trois, et je n’exagère pas. J’ai une pratique donjuanesque de la lecture, je ne me fais jamais un devoir de finir un livre qui ne m’apporte rien. Ou plus rien au bout de cent pages.
7 – Quel est le livre que vous n’avez jamais lu et que vous vous êtes promis de lire (vous pouvez en citez plusieurs) ? (L’intégralité de) La Comédie humaine. C’est déjà beaucoup.
8 – Quel est le livre que vous souhaiteriez faire découvrir (à un ami, au public) ou éditer si vous étiez éditeur ? Les Fleurs du Mal, à l’époque de leur condamnation.
9 – Quel est le livre que vous ne lirez jamais (vous pouvez en citer plusieurs) ? Jamais ? Je suis incapable de répondre à cette question, car une telle pensée ne m’a jamais traversé l’esprit. Et si je vous citais le livre X d’un auteur Y, il est à parier que je m’empresserais de le lire. Même Musso ? Même Marc Lévy ? Roooh, vous alors….
10 – Quel est le livre le plus « illisible » que vous ayez lu (vous pouvez en citer plusieurs) ? – Ulysse de James Joyce, que je n’ai pas encore pu complètement lire mais je le lirai un jour jusqu’au bout (j’ai cependant lu le début et les quelques pages de la dernière phrase).
- Marelle de Cortázar (illisible mais très bien quand même).
11 – Quel est le livre que vous avez le plus acheté pour offrir (vous pouvez en citer plusieurs) ?
Longtemps, je n’ai jamais acheté de livres pour les offrir, cela me semblait constituer une sorte d’immixtion de ma pensée dans celle d’autrui.
Maintenant que j’écris, mon point de vue a changé, et je ne me gêne plus pour m’immiscer. « Le plus acheté pour offrir », c’est, ce sont les miens (La Diablada, Le Vertige des auteurs) je suis désolé de cette immodestie. Et plus fréquemment encore « L’Étage de Dieu », difficile à trouver hors du Nord-Pas-de-Calais. Je vais aussi offrir « Qui comme Ulysse », mais pas tout de suite, je ne veux pas plomber les ventes en période de lancement (hé, chaque unité compte).
Mais, récemment, j’ai aussi acheté pour offrir « Le Cœur cousu » de Carole Martinez, « La Princesse et le pêcheur » de Minh Tran Huy, « La Collecte des monstres » d’Emmanuelle Urien, et « La Donation » de Florence Noiville. Je ne sais pourquoi, j’aime offrir des livres dont je connais personnellement l’auteur (il faut aussi que je l’aime bien, et son livre aussi). Avant, je n’en connaissais aucun, je ne savais donc pas quoi offrir.
Maintenant que je rencontre des écrivains, c’est très chic, je peux offrir leur œuvre en ajoutant « C‘est une amie ». Le récipiendaire s’en fiche (de cette amitié, pas du livre), mais je me sens meilleur. Je précise ici, pour ne pas me fâcher, que ce n’est pas parce que je n’offre pas un livre que je ne l’aime pas. Ni que je n’aime pas son auteur. Je dis ça pour quelques autres amies qui ont écrit de très bons livres. Je pense notamment à Françoise Guérin (A la vue, à la mort) et à la troisième mousquetaire.
Ah, j’ai aussi offert, il y a peu, les Ultimes dialogues de J.L. Borges avec Osvaldo Ferrari. Et pourtant nous n’avons pas vraiment été amis, Borges et moi. Disons que je suis son ami, son proche, mais il ne l’a jamais su.
13 – Quel est le livre dont la « bonne » réputation vous semble la plus injustifiée (vous pouvez en citer plusieurs) ? « À la recherche du temps perdu » de Marcel Proust. Il y a dans le statut de cette œuvre une vertu qui m’échappe.
14 – Quel est le livre dont vous connaissez des phrases ou des passages par cœur (vous pouvez en citer plusieurs) ? « Histoires comme ça » de Kipling. Il y en a d’autres, mais c’est en poésie et en théâtre.
15 – Quel est le livre dont… Vous pouvez continuer la question… et y répondre. « Quel est le livre dont vous voudriez retrouver la trace, ou le titre ? » , c’est bien ça, la question ? Il y en a deux.
Une bande dessinée des années 50-60 dans laquelle les héros arrivent à Bagdad par un métro clandestin expressissime qu’ils découvrent par hasard dans un souterrain.
Un roman français du XXème siècle dans lequel on dit, à propos d’une femme qui vient de mourir « Encore une qui ne pétera plus ». Ce livre a été la quête de toute une vie, j’en parlerai prochainement dans un billet sur l’excellent, – l’autre excellent – blog Mot compte double
Je me relis, il est très bien, ce questionnaire. Mais je n’ai pas réussi à parler d’Amélie Nothomb. C’est dommage. Maintenant que je cohabite avec Christine Angot, j’aimerais bien devenir ami d’Amélie Nothomb. On parlerait peut-être de moi dans Lire. Tandis que là, pas une ligne sur moi dans leur numéro spécial sur les auteurs de la rentrée littéraire. Je suis vexé comme un pou. Si vous connaissez des gens bien placés chez Lire, dites-le leur, il en est encore temps.

Voici mes réponses pour cet instant T car femme varie…
1 -Qu’est-ce qu’un livre ? Un ami
2 – À quoi sert un livre ? A vivre
3 – Quel est le livre qui vous à la plus marqué (vous pouvez expliquer pourquoi) ? Je crois que c’est le tout premier que j’ai lu toute seule jusqu’au bout comme une grande à 7 ans : Michel Strogoff
4 – Quel est le livre que vous préférez (vous pouvez en citez plusieurs) ? Ce n’est pas possible de n’en citer qu’un, et en plus, je suis du genre à tomber dans les filets d’un auteur et à avaler à la file tous ses livres
5 – Quel est le livre qui vous à le plus dérangé (en bien, en mal, qu’importe) ? J’étais Dora Suarez / Robin Cook (lire ci-dessous) ; en gros, les livres qui me font faire des cauchemars qui se répètent Tellement l’horreur est grande
6 – Quel est le livre que vous n’avez pas pu terminé (vous pouvez en citer plusieurs) ? J’étais Dora Suarez / Robin Cook (je n’ai pas réussi à lire après les pages sur l’automutilation de l’assassin,), sinon, c’est plutôt que comme j’en ai toujours 3 ou 4 en cours, il y en a que j’oublie, bref la paresse
7 – Quel est le livre que vous n’avez jamais lu et qu vus vous êtes promis de lire (vous pouvez en citez plusieurs) ? Tous ceux que j’achète et qui sont en attente ( il y en a une flopée)
8 – Quel est le livre que vous souhaiteriez faire découvrir (à un ami, au public) ou éditer si vous étiez éditeur ? Mon dernier coup de cœur, bien sûr
9 – Quel est le livre que vous ne lirez jamais (vous pouvez en citer plusieurs) ?I l y en a trop ; il y a bien sûr ceux que je feuillette et rejette à la vue de la 4ème de couverture, ou au bout de 10 pages
10 – Quel est le livre le plus « illisible » que vous ayez lu (vous pouvez en citer plusieurs) ? Tous les livres de Christian Metz sur le cinéma
11 – Quel est le livre que vous avez le plus acheté pour offrir (vous pouvez en citer plusieurs) ? Dalva / Jim Harrison
13 – Quel est le livre dont la « bonne » réputation vous semble la plus injustifiée (vous pouvez en citer plusieurs) ?
14 – Quel est le livre dont vous connaissez des phrases ou des passages par cœur (vous pouvez en citer plusieurs) ?
15 – quel est le livre dont… Vous pouvez continuer la phrase.
Je laisse tomber les 3 dernières questions
• En-fin : Quels sont les cinq livres qui vous accompagnent (en essayant d’éviter les grands classiques, les géants ou les écrivains indépassables) ?
Donc, je n’ai pas droit à : La reine Margot, L’ile au trésor, L’île mystérieuse, L’homme qui rit, Belle du seigneur
Je vais en citer 4 que trimballerai au bout du monde dans un baluchon et qui ne sont pas des romans :
– La poétique de la rêverie, de Bachelard, qui me remonte toujours le moral
– Histoires d’une image, de Nicolas Bouvier (en particulier à cause de la photo des tous ces Japonais endormis dans leur wagon)
– La pensée métisse de Serge Gruzinski
– Et le Grévisse, d’où il m’est difficile de sortir quand je commence à y plonger le nez
Ma friandise de l’été, ça a été le livre d’Anne Wiazemsky « Jeune fille », plein de malice et d’humour
Brigitte Loret est bibliothécaire à la Bibliottèque François Mitterrand.


LES LIVRES DE ZORGLUB
1 – Qu’est-ce qu’un livre ? Un parallélépipède de feuilles de papier noirci avec plus ou moins de talent.
2 – À quoi sert un livre ? Pour citer Dominique Roux (« La mort de L.-F. Céline », p.38) : «Ecrire, ce n’est pourtant pas faire du zen, c’est sauver d’autres hommes avec soi.». Donc, lire c’est… Ça aide à vivre…
3 – Quel est le livre qui vous à la plus marqué (vous pouvez expliquer pourquoi) ? Le Feu : journal d’une escouade d’Henri Barbusse : récit du poilu dans son jus… un magnifique plaidoyer contre la guerre.
4 – Quel est le livre que vous préférez (vous pouvez en citer plusieurs) ?
Enfance de Maxime Gorki
Last exit to Brooklyn d’ Hubert Selby Jr.
Le voyage au bout de la nuit & Mort à crédit » de Louis-Ferdinand Céline
La vie devant soi & La promesse de l’aube & Chien Blanc de Romain Gary
Body & Des mules et des hommes d’Harry Crews
Demande à la Poussière & Bandini & La Route de Los Angeles de John Fante
Pulp & Hollywood & Le Capitaine est parti déjeuner et les marins se sont emparés du bateau de Charles Bukowski
La peau et les os de Georges Hyvernaud
Le Feu : journal d’une escouade d’Henri Barbusse
…et bien d’autres
5 – Quel est le livre qui vous à le plus dérangé (en bien, en mal, qu’importe) ?
Last exit to Brooklyn d’ Hubert Selby Jr. ; je ne savais pas que l’on pouvait écrire comme cela.
Le Festin nu de William S. Burroughs ; la drogue ne passera pas par moi
Et d’autres mais je risque de me répéter.
6 – Quel est le livre que vous n’avez pas pu terminé (vous pouvez en citer plusieurs) ?
Siva de Philip K. Dick ; incompréhensible
Ferdydurke de Witold Gombrowicz ; pareil
Tropique du Cancer d’Henry Miller ; trop décousu
Sur la route de Jack Kerouac ; n’arrive pas à accrocher malgré de multiples essais
7 – Quel est le livre que vous n’avez jamais lu et qu vus vous êtes promis de lire (vous pouvez en citez plusieurs) ? Bukowski en V.O. (surtout sa poésie)
8 – Quel est le livre que vous souhaiteriez faire découvrir (à un ami, au public) ou éditer si vous étiez éditeur ?
La vie devant soi de Romain Gary
9 – Quel est le livre que vous ne lirez jamais (vous pouvez en citer plusieurs) ? Les livres de la nouvelle génération d’écrivain français ; Musso ou autres… En général pour moi un bon écrivain est un écrivain mort.
10 – Quel est le livre le plus « illisible » que vous ayez lu (vous pouvez en citer plusieurs) ?
Siva de P.K.Dick pour en citer un
11 – Quel est le livre que vous avez le plus acheté pour offrir (vous pouvez en citer plusieurs) ?
La vie devant soi – Romain Gary
La promesse de l’aube – Romain Gary
13 – Quel est le livre dont la « bonne » réputation vous semble la plus injustifiée (vous pouvez en citer plusieurs) ?
L’attrape-coeurs de J.D. Salinger ; le pire de tous
Bonjour tristesse de Françoise Sagan ; à mal vieilli
La Reine des pommes de Chester Himes
On achève bien les chevaux d’ Horace MacCoy
14 – Quel est le livre dont vous connaissez des phrases ou des passages par cœur (vous pouvez en citer plusieurs) ? aucun ; pas assez de mémoire c’est pour cela que dans mon blog je recopie des extraits
15 – quel est le livre dont… Vous pouvez continuer la question… et y répondre.
Informaticien de son état, j’ai découvert LA Littérature sur le tard (je lisais avant de la littérature dite de genre ; SF, Stephen King, Fantastique, que j’ai lâchement abandonnée). Et depuis je n’ai jamais lu autant. Je tiens un blog plus pour « historiser » mes lectures et faire partager des extraits de textes de la littérature que je trouve pertinents.
Les 5 livres qui m’accompagnent :
Le Feu : journal d’une escouade d’Henri Barbusse
Abattoir 5 – Kurt Vonnegut
Oblomov – Ivan Gontcharov
Education Européenne – Romain Gary
Mort à crédit – LF Céline

Cher Eric Poindron,
Je trouve votre bouteille dans un commentaire déposé chez Loïs de Murphy. J’ose vous renvoyer mes réponses en me doutant que je ne vais guère alimenter votre bibliothèque hétéroclite. J’ai suivi votre invitation et l’ai, une fois rebouchée la bouteille, confiée de nouveau à la mer. Vous reviendra-t-elle ?
C’est moi qui suis votre obligé,
Papistache.
1 – Qu’est-ce qu’un livre ? Alors là, j’ai dépassé le demi-siècle de lecture et je n’avais jamais entendu une telle question. Je n’ai pas de réponse toute prête, sinon qu’une de mes filles s’endormait toujours avec un livre dans son lit, dès son plus jeune âge, et qu’au réveil, les angles cartonnés de la couverture lui laissaient des marques sur le visage. Un livre, ce serait un doudou qui laisse des empreintes !
2 – À quoi sert un livre ? Un seul livre, à mon avis, ne doit pas servir à grand chose. J’ai connu une chèvre qui en avait mangé un. Était-ce celui-là ?
3 – Quel est le livre qui vous a le plus marqué (vous pouvez expliquer pourquoi) ? “Lancelot du Lac” parce qu’il m’a aidé à comprendre “Don Quichotte”.
4 – Quel est le livre que vous préférez (vous pouvez en citer plusieurs) ? Pièges et difficultés de la langue française de Jean Girodet.
5 – Quel est le livre qui vous a le plus dérangé (en bien, en mal, qu’importe) ? Dont la lecture m’a le plus dérangé ? Parce que, sinon, d’habitude, c’est moi qui dérange les livres. Celui dont la lecture m’aurait le plus dérangé, je ne vois pas… c’est que… dérangé… il n’y avait pas besoin d’un livre. La lecture de certains, peut-être, aurait pu un peu m’arranger… mais ce n’est pas la question.
6 – Quel est le livre que vous n’avez pas pu terminer (vous pouvez en citer plusieurs) ? Eh ! Je ne suis pas encore tout à fait mort. Vous me donnez combien pour essayer de les reprendre, ces livres dont j’ai cru bon de différer la lecture ?
7 – Quel est le livre que vous n’avez jamais lu et que vous vous êtes promis de lire (vous pouvez en citez plusieurs) ? Je croise, sur la Toile, de braves personnes que l’écriture chatouille, qui n’ont jamais publié aucun livre et j’aimerais, s‘ils osaient l’aventure, être de leurs premiers lecteurs.
8 – Quel est le livre que vous souhaiteriez faire découvrir (à un ami, au public) ou éditer si vous étiez éditeur ? Oh ! Mais je n’ai jamais rien découvert du tout, j’arrive toujours après les autres.
9 – Quel est le livre que vous ne lirez jamais (vous pouvez en citer plusieurs) ? Non, mais attendez, je peux toujours être coincé dans un ascenseur ou un télésiège.
10 – Quel est le livre le plus « illisible » que vous ayez lu (vous pouvez en citer plusieurs) ? Je ne sais rien lire qui soit illisible. S’il faut entendre “illisible” dans le sens d’un jugement de valeur, c’est moi qui serait, souvent, mal comprenant.
11 – Quel est le livre que vous avez le plus acheté pour offrir (vous pouvez en citer plusieurs) ? Indubitablement, “L’Imagier du Père Castor” !
13 – Quel est le livre dont la « bonne » réputation vous semble la plus injustifiée (vous pouvez en citer plusieurs) ? Et je suis qui, moi ?
14 – Quel est le livre dont vous connaissez des phrases ou des passages par cœur (vous pouvez en citer plusieurs) ? Vous demandez cela à un homme qui a son propre numéro de téléphone inscrit sur un bristol dans son portefeuille.
15 – Quel est le livre dont… Vous pouvez continuer la question… et y répondre.
Quel est le livre qui se trouve à portée de votre main dont vous pensez qu’aucun lecteur potentiel de ce présent questionnaire ait jamais entendu parler ? Histoire d’une bouteille de J. Baudrillard Librairie CH. Delagrave 15, rue Soufflot, 438-1901, Imp. Paul Brodard.
Papistache ou la Présentation courte d’un long bonhomme d’un mètre quatre vingt-trois centimètres et quatre millimètres.
Conçu une nuit de Saint-Sylvestre, porté une demi-douzaine d’heures, il est né un matin de janvier 2007 à 6 h 01, déjà vieux, chauve et sage !
Il se ressource au contact de l’humus et s’oxygène en plantant un genou en terre.
Physiquement, c’est la silhouette de Don Quichotte, sa curiosité s’apparente à celle de Pinocchio, son âme s’inspire de l’épopée de Lancelot du Lac et le Philémon de Fred est son camarade de jeux.
Le os de l’Espagnol, les articulations de l’Italien, la candeur du Breton, et l’épaisseur de papier du dernier, vous vous doutez que derrière s’agite un montreur de marionnettes.

Mais devant le spectacle de Guignol et Gnafron, qui se soucie d’apercevoir la tête de celui qui, par nécessité professionnelle, se tient derrière le castelet ?
Découvrir PAPISTACHE & les PAPISTACHERIES

Cher Eric,
Je vous renvoie votre questionnaire bibliophile, trouvé en commentaire chez LES CARNETS DE JLK. Merci pour votre cabinet de curiosités, j’aime y promener l’oeil, je m’y retrouve, dans cette odeur de brocante improbable...
Pascal
1 – Qu’est-ce qu’un livre ? Ce à quoi le monde devrait aboutir, selon Mallarmé
2 – À quoi sert un livre ? A se cacher dans son angle, selon Quignard
3 – Quel est le livre qui vous a le plus marqué (vous pouvez expliquer pourquoi) ? Les Confessions du Chevalier d’Industrie Felix Krull, de Thomas Mann, sans doute parce qu’il est inachevé.
4 – Quel est le livre que vous préférez (vous pouvez en citer plusieurs) ? Lors d’une promenade en forêt, mon père m’a dit que la neige était comme un livre ouvert. J’aime bien ce livre-là.
5 – Quel est le livre qui vous a le plus dérangé (en bien, en mal, qu’importe) ? Le Coran (me rappelle plus de l’auteur)
6 – Quel est le livre que vous n’avez pas pu terminer (vous pouvez en citer plusieurs) ? Je ne me souviens même plus du début, et encore moins du titre.
7 – Quel est le livre que vous n’avez jamais lu et que vous vous êtes promis de lire (vous pouvez en citez plusieurs) ? De combien de gigabytes disposez-vous, sur votre blog ?
8 – Quel est le livre que vous souhaiteriez faire découvrir (à un ami, au public) ou éditer si vous étiez éditeur ? Celui qui contiendrait tous les autres, mais je ne l’ai pas encore trouvé.
9 – Quel est le livre que vous ne lirez jamais (vous pouvez en citer plusieurs) ? De combien de tétrabytes disposez-vous ?
10 – Quel est le livre le plus « illisible » que vous ayez lu (vous pouvez en citer plusieurs) ? Un vieux livre de prière (en hébreu, je crois).
11 – Quel est le livre que vous avez le plus acheté pour offrir (vous pouvez en citer plusieurs) ? Un Barbare en Asie, d’Henri Michaux
13 – Quel est le livre dont la « bonne » réputation vous semble la plus injustifiée (vous pouvez en citer plusieurs) ? Le Necronomicon, d’Abdul Al Hazred

14 – Quel est le livre dont vous connaissez des phrases ou des passages par cœur (vous pouvez en citer plusieurs) ? Le Necronomicon, d’Abdul Al Hazred
15 – quel est le livre dont… Vous pouvez continuer la question… et y répondre.
-Quel est le livre dont vous souhaitez vous débarrasser au plus vite ?
-Celui que j’achève d’écrire.
Né à Bâle en 1975, Pascal Janovjak est écrivain et critique, auteur notamment de Coléoptères (éditions Samizdat, Genève). Il sévit de temps à autre sur le blog de LES CARNETS DE JLK


LES LIVRES DE ALAIN D’ALCHÉ
1 – Qu’est-ce qu’un livre ? Un ami qui vient m’apporter connaissances, distraction et ouverture d’esprit !
2 – À quoi sert un livre ? A tout! Même parfois à caler un pied de table !
3 – Quel est le livre qui vous à la plus marqué (vous pouvez expliquer pourquoi) ? La Puissance et la Gloire! de Graham Greene qui m’a fait comprendre qu’il y a toujours une étincelle divine dans l’âme humaine la plus vile.
4 – Quel est le livre que vous préférez (vous pouvez en citez plusieurs) ?
Les clefs de Royaume A.J. Cronin
L’île mystérieuse J. Verne
Cyrano de Bergerac E. Rostand
Les Carnets du Major Thompson P. Daninos
Les trois Mousquetaires A. Dumas
Pourquoi j’ai mangé mon père R. Lewis
Les Fables La Fontaine

Oeuvre de Thomas Allen
5 – Quel est le livre qui vous à le plus dérangé (en bien, en mal, qu’importe) ?
Le meilleur des mondes A. Huxley
Au nom de tous les miens! M. Gray
Jamais sans ma fille! B. Mahmoody
6 – Quel est le livre que vous n’avez pas pu terminer (vous pouvez en citer plusieurs) ?
Aimez-vous Bhrams F. Sagan
L’Archipel du Goulag A. Soljetnystine
Guerre et Paix L. Tolstoï
Le Capital K. Marx
7 – Quel est le livre que vous n’avez jamais lu et que vous vous êtes promis de lire (vous pouvez en citez plusieurs)
La légende des siècles V. Hugo
Le monde perdu A. Conan-Doyle
De l’origine des espèces C. Darwin
8 – Quel est le livre que vous souhaiteriez faire découvrir (à un ami, au public) ou éditer si vous étiez éditeur ?
Nous, les chiens P. Achard
Le vieil homme et la mer! E. Hemingway
Mon taxi et moi A. Breffort
9 – Quel est le livre que vous ne lirez jamais (vous pouvez en citer plusieurs) ?
Le Coran
Mein Kampf
Les pensées de Mao Tsé Toung
10 – Quel est le livre le plus « illisible » que vous ayez lu (vous pouvez en citer plusieurs) ?
Un roi sans divertissement J. Giono
Récidives B. Henri-Lévy
Vendredi où les limbes du Pacifique M. Tournier
Jonathan Livingston le Goëland R.Bach
11 – Quel est le livre que vous avez le plus acheté pour offrir (vous pouvez en citer plusieurs) ?
Les récrés du Petit Nicolas R.Gosciny-Sempé
Le petit monde de Don Camillo G.Guareschi
La rubrique à brac Gotlib
13 – Quel est le livre dont la « bonne » réputation vous semble la plus injustifiée (vous pouvez en citer plusieurs) ?
Da Vinci Code D. Brown
Pour qui sonne le glas? E. Hemingway
A la recherche du temps perdu M.Proust
14 – Quel est le livre dont vous connaissez des phrases ou des passages par cœur (vous pouvez en citer plusieurs) ?
Cyrano de Bergerac E. Rostand
Alice au Pays des Merveilles L. Caroll
Marius M. Pagnol
Les lettres de mon moulin A. Daudet
Les Fables La Fontaine
15 – quel est le livre (sans images) que j’ai lu en premier (à neuf ans) :
Le Grand Cirque P. Closterman
En-fin :
Quels sont les cinq livres qui vous accompagnent (en essayant d’éviter les grands classiques, les géants ou les écrivains indépassables) ?
Rocambole P.A. Ponson du Terrail
L’île mystérieuse J.Verne
Le fantôme de Madame Muir R.A. Dick
Les contes du Chat perché M.Aymé
Les Robots (l’Intégrale) I. Asimov
P.S: Je n’ai pas cité P.G. Wodehouse, puisque je fais parti du Club c’était inutile…


LES LIVRES DE CACTUS AIME LE MOT DIT
1 – Qu’est-ce qu’un livre ? une autoroute vers un autre monde !?
2 – À quoi sert un livre ? à voyager , donc !
3 – Quel est le livre qui vous à la plus marqué (vous pouvez expliquer pourquoi) ? l’herbe rouge ! plus pour Vian que pour l’herbe malgré les apparences souvent trompeuses)?
4 – Quel est le livre que vous préférez (vous pouvez en citer plusieurs) ?L’herbe rouge – les mots – Compté , pesé , divisé – les filles du feu
6 – Quel est le livre que vous n’avez pas pu terminé (vous pouvez en citer plusieurs) ? tous les d’Ormesson ?
7 – Quel est le livre que vous n’avez jamais lu et que vous vous êtes promis de lire (vous pouvez en citez plusieurs) ? Love boat
8 – Quel est le livre que vous souhaiteriez faire découvrir (à un ami, au public) ou éditer si vous étiez éditeur ? Cairn ( Nathalie Lepinay et Laurent Sbernini )
9 – Quel est le livre que vous ne lirez jamais (vous pouvez en citer plusieurs) ? la Bible
10 – Quel est le livre le plus « illisible » que vous ayez lu (vous pouvez en citer plusieurs) ? ceux de d’Ormesson !
11 – Quel est le livre que vous avez le plus acheté pour offrir (vous pouvez en citer plusieurs) ? les fleurs du mal
13 – Quel est le livre dont la « bonne » réputation vous semble la plus injustifiée (vous pouvez en citer plusieurs) ? Le manifeste du parti communiste
14 – Quel est le livre dont vous connaissez des phrases ou des passages par cœur (vous pouvez en citer plusieurs) ?? l’herbe rouge !
(mes amitiés à Clopine dont j’attends le deuxième livre )

BIBLIOLIBRIUS & LIVRES-VALISES A RANGER DANS UNE MALLE-BIBLIOTHÈQUE OU UN CABINET DE LECTURE & DES SINGULARITÉS
par Eric Poindron

Pour le bon docteur Jean-Paul Fontaine, auteur de Le Livre des livres et BiblioLexique, à paraître aux éditions de cendres.

– BIBLIOBELISQUE – Livre en forme de monument égyptien et, peut-être, écrit en hiéroglyphes ou dans un langage abscons (La Grammaire logique, ou théorie d’une nouvelle analyse mathématique résolvant les questions les plus difficiles, 1. du participe passé, 2. du participe présent, 3. du placement des pronoms après l’impératif. En tout treize règles logiques, les seules vraies et sans aucune exception, résumées en douze mots, de Jean-Pierre Brisset, chez l’auteur et à la librairie de J.-B. Fruchy, Leroy frères successeurs, 1878).
André Labarre fait remarquer que, quelque écrit qu’il soit, l’obélisque de la place de la Concorde n’est pas un livre.(Pascal Quignard.)

– BIBLIOBSCÈNE – Livre à ne pas mettre entre tout les mains (Le pornithorynque est un salopare, de Alain Créhange, éditions Mille et une nuits ; et l’auteur d’ajouter que « quand les mots se reproduisent, c’est uniquement pour le plaisir »).
– BIBLIOCIEUX – (de ocieux, oisif, mais vieilli.) Livre emprunt d’une certaine fainéantise (OIblomov, d’Ivan Gontcharov, écrivain russe atteint peut-être d‘Oblomovisme – ou du moins de procrastination -puisqu’il mit plus de dix ans à écrire son chef-d’oeuvre).
– BIBLIOBSCUR – Livre sur lequel toute la lumière n’a pas été faite (La chouette aveugle, de Sadegh Hedayat, éditions José Corti)
– BIBLIOCTAÈDRE – Livre qui possède huit côtés et difficile à ranger dans une bibliothèque classique (Le Tour du jour en quatre vingt Mondes, de Julio Cortazar – à la manière de V. Jerne – auteur aussi, puisque nous y sommes de L’Octaèdre – éditions Gallimard).
– BIBLIOCCULTE – Livre terrifiant ou du moins mystérieux. (Le Cénacle Troglodyte ou la Bibliothèque de Babel, de Élias Thomasov, éditions du Malin Plaisir, 2003. Où il est question des égarements physiques, historiques et philosophiques de l’auteur, dans les entrailles de Reims, ville des sacres, à la recherche d’un lac souterrain et d’une bibliothèque hypothétique et supposée légendaire).

– BIBLIOCTOGÉNAIRE – Très vieux livre (La Mort de Mathusalem, de Isaac Bashevis Singer – qui déclarait : « Les fantômes aiment le yiddish et, pour autant que je sache il le parlent tous »- éditions Stock).

– Le BIBLIOHMMÈTRE – Livre servant à mesurer les résistance électriques qui n’aurait pas déplu à Benjamin Franklin (Le Marchand de paratonnerre de Hermann Melville, auteur aussi de « l’absurde » chef d’oeuvre Bartleby le scribe qui « I would prefer not to », ou par « Je préférerais ne pas) – Voir BIBLIORAGEUX.

– BIBLIOLÉ-OLÉ – Livre de corps de garde (Les Gaillardises du sieur Mont Gaillard, Dauphinois, suivies d’autres poésies du même auteur, de Pierre de Faucherand, mont-Gailalrd, publié d’après d’après l’édition original de 1606, Librairie E.Sansot & Cie Éditeurs, Collection Varia Curiosa, Paris, 1905).
– BIBLIOLFACTIF – Livre à forte odeur – de soufre ? (Le Parfum de Patrick Süskind qui conte les mésaventures de Jean-Baptiste grenouille, fils de catin, parfumeur à ses heures perdues et asssasin horspair ; Le Nez de Nicolas Gogol).
– BIBLIOLOPHÈRNE - Livre presque biblique et rabelaisien qui « coupe court » à un certain nombre de légende et de « fortes têtes » (‘Mémoires des bourreaux Sanson, Sept générations d’exécuteurs, de Henri Clément Sanson – dernier, et heureusement, de la lignée – P. Dupray de la Mahérie et compagnie, 1862 ; Anatole Deibler. Les Carnets d’exécutions, de Anatole Deibler – 1885 – 1939 – éditions L’Archipel, 2004 ; Anatole Deibler, L’homme qui trancha 400 têtes », de Gérard A. Jaeger, éditions Le Félin, 2001).
– BIBLIOMEGA – Le dernier livre (Les Cavaliers de l’apocalypse, de Henri Vernes ou Fin de partie, de Samuel Beckett, éditions de Minuit)

– BIBLIOMNIBUS – Livre en état de marche qui auraît plu au « stylé » Raymond Queneau (L’École BUSsonnière, petits voyages et nouvelles rémoises, de Nicolas Millet, éditions du Coq à l’Ane)

– BIBLIOMNIPRÉSENT – Livre que l’on ne peut égarer (La Boussole du club des cinq, d’Enid Blyton sans oublier Dagobert, le chien des cinq qui ne porte culotte – courte – ni à l’endroit, ni à l’envers – éditions Hachette bibliothèque rose).

– BIBLIONOMATOPÉIQUE – Livre qui fait beaucoup de bruit. (Défense De Jouer De La Trompette À Jéricho Après 20 Heures, de Ephraïm Kishon – écrivain et joueur d’échecs qui survécut à la shoah et déclara : « ils ont fait une erreur, ils ont laissé un satiriste en vie » – éditions Solar).
– BIBLIONÉREUX – Livre rare, donc cher ; ou l’inverse (Chronicon Babylonis, de – Caetani, Benedetto – qui fut elu pape en 1294, prit le nom de Boniface VIII et que l’on jugea hérétique – édition établi par Eloi David Collin de Plancy, Editions du Malin Plaisir, 2004. Livre rare ; Catalogue d’une très riche mais peu nombreuse collection de livres provenant de la bibliothèque de feu M. le comte J.-N.-A.de Fortsas dont la vente se fera à Binche, le 10 août 1840, à onze heures du matin, en l’étude et par le ministère de Me Mourlon, Notaire, rue de l’Église, n°9 – livre(s) cher(s) – éditions des cendres).
– BIBLIOPHÉLIQUE _ Livre dramatique, shakspearien, qui prend l’eau et peut mener au suicide (Bains de mer, bains de rêve, de Paul Morand, Guilde du livre, Lausanne, 1960).

– BIBLIOPIACÉ – Livre dangereux, interdit et mauvais pour la santé. A la manière de Thomas de Coincey, par exemple (Confessions d’un automate mangeur d’Opium, de Fabrice Colin et Mathieu Gaborit, éditions du serpents à plume ; et qui n’est pas sans rappeler un autre livre).
– BIBLIOPTIMISME – Livre de belle humeur. (Les Rencontres Fantaisies et Coq-a-L’Asne Facetieux du Baron Gratelard, tenant sa Classe ordinaire au bout du Pont-Neuf ; Avec ses gaillardises admirables & conceptions joyeuses, de Antoine Girard, dit Tabarin. A Troyes, chez J. A. Garnier, Avec Permission, Petit in-12, 1738).

– BIBLIORACLE – Livre divinatoire et « à peu près (Grand livre ou petit traité sur la vie, la mort, la résurrection & les oeuvres anthumes et posthumes des astrologues champenois – prophètes, magiciens, devins, spécialistes ès science théurgiques, mathématiques et astronomiques, de jean François Cornu, in Mystères et Diableries en Champagne-Ardenne, contes, fééries, légendes, espiègleries, fables ét récits extrordinaires, Éditions du Coq à l’Ane – Où l’auteur, Homme de droit, de paix et bibliomane fait la lumière sur l’astologue aveugle ; Commelet le conjectural ; Colluche le disciple inconnu ; Jean Bélot, curé de Mil-Monts ; Pierre de Larivey, Champenois, chanoine, traducteur & astrophile ; Armande des jardins, baronne de Neuf-château, et quelques autres. Document rare).
– BIBLIORAGEUX – Livre qui peut avoir mauvais caractère (Dictionnaire de l’argot des typographes, suivi d’un choix de coquilles typographiques célèbres ou curieuses, de Eugène Boutmy, correcteur d’Imprimerie et polygraphe patenté, Flammarion et Marpon 1883). Voir aussi BIBLIOHMMÈTRE.
– BIBLIORAL – Livre qu’il faut lire à haute voix ( Les Oraisons funèbres de Bossuet, ou Les Sermons de Bourdaloue, toutefois nettement plus indigeste que la tarte du même nom).
– BIBLIORDINAIRE – Livre assez quelconque. (Propre à rien, de Gabriel Chevalier, spécialiste des urinoirs ruraux ou pire encore Scène de la vie d’un propre à rien de Joseph von Eichendorff – qui ne devait pas être si ordinaire puisque il inspira à Strauss l’un de ses quatres des Lieds, et sans doute le plus beau Im Abendrot, Dès l’aube.)
– BIBLIORFÈVRE – Livre de grandes valeur (Vie de Benvenuto Cellini par lui même, de Benvenuto Cellini – orfèvre et sculpteur ou Les Bijoux de la castafiore, de Hergé).
– BiBLIORGIAQUE – Livre « léger » à lire à plusieurs (Les Trois mousquetaires au couvent, opérette en trois actes, livret de Paul Ferrier et Jules Prével).
– BIBLIORIFICE - Livre creux (Voyage autour de mon crâne, de Frigyes Karinthy ou Voyage au centre de la terre, ou aventures de quelques naufragés dans des pays inconnus, anonyme et traduit de l’anglais par M. J. Saint Albin, même s’il l’on sait aujourd’hui que nous le devons à Jacques-Auguste-Simon, dit Collin de Plancy. Le livre a sans dout influencé Jules Verne pour son propre Voyage au centre de la terre)
– BIBLIORNICAR - Livre égaré (Le Monde perdu de Sir Athur Conan Doyle ou Robinson Crusoé de Daniel Defoe).
– BIBLIORNITHORYNQUE – Livre traitant des animaux improbables (Histoire naturelle des dragons, de Michel Meurger – spécialiste aussi des lycanthropes, de Gille de Rais, un « drôle d’animal », et des monstres lochnessien et lacustres – éditions Terre de brumes).

ou « Le Rhiocéros qui lisait Nietzsche », de Peter S. Beagle (Gallimard, Folio SF)

– BIBLIORPHELIN - Livre qui n’a pas trouvé sa place dans une bibliothèque (Sans famille, d’Hector Malot, écrivain de grande probité qui vivait à Fontenay-sous-bois dans un chalet).
– BIBLIORTIE - Livre qui ne manque pas de piquant et que l’on peut jeter même s’il ne faut jamais jeter un livre. (La Mustardographie. Traité en manière de dialogue Par lequel toutes personnes peuvent facilement apprendre et pratiquer l’honnête art du Moutardier, de de Mathieu Varille & Marius Audin Lyon, aux deux collines, 1935, in-18 illustré de 6 bois originaux de Bernard-Aldebert, tirés en marron. Tirage à 500 exemplaires tous numérotés. Opuscule érudit et farfelu qui conte l’histoire des producteurs de moutarde et des moutardiers et ce jusqu’à ceux de la Perfide Albion qui surent reconvertir leur moulin en changeant de grains à moudre…).
– BIBLIORIGAMI – Livre imprimé sur papier « japon » qui peut ressembler, par exemple, à un cygne, une « cocotte » ou à un petit bateau. (Hiden Senbazuru Orikata ou Secret de pliages des milles (*) grues – (*)qui portent bonheur au Japon – 1797).

– BIBLIORRIFIQUE – Livre à déconseiller aux pleutres aux esprits crédules et aux insomniaques (Naissance du fantôme, une anthologie, de Jean-David Jumeau-Lafond – arrière petit fils du peintre symboliste Carlos Schwabe, auteur de la toile superbe et macabre La Mort du fossoyeur – édtitions de la Bibliothèque).

– BIBLIOSTROGOT – Livre de caractère vaguement gothique (Pour ne pas citer les livres célèbres que les lettrés connaissent ou découvriront sans peine dans les bonnes histoires de la littérature, anglais et française, nous avons choisi Le Vampire, de John William Polidori, médecin de Lord Byron qui se suicida à l’acide prussique. Ce ne fut pas la seul sottise qu’il commît dans sa vie, rassurons-nous…).
– BIBLIOTOMATE – Livre qui n’a rien d’humain et donts les ressorts sont plus mécaniques que dramatiques – La Poupée sanglante et La machine à assasiner, de Gaston Leroux, éditions de l’aube)

BIBLIOULIPIEN Livre qui peut posséder plusieurs queues et plusieurs têtes (Je me souviens… de La Disparition de La Belle Hortense, La Belle jardinière, durant 53 jours et de ses ces Exercices de style, ses Cent Mille Milliards de Poèmes. Toi qui connais du monde, Le Voleur de nostalgie, Le Château des destins croisés, Les Villes invisibles et et La Vie mode d’emploi. Si par une nuit d’hiver un voyageur…Pas un jour sans Les Revenentes, collectif et introuvable. Avec toutefois l’aimable participation de Georges Perec, Raymond Queneau, Italo Calvino, Jacques Roubaud, Paul Fournel, Hervé Le Tellier & votre serviteur).
– BIBLIOVIDIEN – Livre qui peut prendre plusieurs apparences, appelé aussi livre des Métamorphoses (Mon caméléon, de Francis de Miomandre, écrivain prolixe et poétique qui aimait prendre ses aises et l’apéritif à La Closerie des lilas).

– BIBLIOVIPARE –Livre fragile que n’aurait pas renié Christophe Colomb. (Les Grenouilles, de Cyriël bruysse (Éditions finitude, collection, les contes songuliers, nantes)Catalogue des reptiles et batraciens du département de l’Aube et étude sur la distribution géographique des reptiles et batraciens de l’est de la France, de Victor Collin de Plancy, 1878 – ministre plénipotentiaire en Extrême-Orient. Premier ambassadeur de France en Corée du Sud (1853-1922) – et fils de Jacques Auguste Simon Collin de Plancy, démonologue, Voltairien à demi, calottin et auteur d’une oeuvre dense et pseudonymique contenant notemment le célèbre Dictionnaire infernal ou Bibliothèque Universelle sur les êtres, les personnages, les livres, les faits et les choses, qui tiennent aux apparitions, à la magie, au commerce de l’enfer, aux divinations, aux sciences secrètes, aux grimoires, aux prodiges, aux erreurs et aux préjugés, aux traditions et aux contes populaires, aux superstitions diverses, et généralement à toutes les croyances merveilleuses, surprenantes, mystérieuses et surnaturelles.)
– BIBLIOVNI – Livre qu’il est mal aisé de définir (Les Foux littéraires d’André Blavier, éditions des cendres ; les Floux itinéraires que personne n’a encore pris le temps de rédiger ni eu le courage d’emprunter ou Le Nouveau et Le Nouveau Nouveau magazin d’écriture, de Hubert Haddad, éditions Zulma).

A suivre…
Je tairai le nom de ce Pic de la Mirandole « à la diable », mais il se reconnaitra… Plus vaniteux qu’érudit, il croyait tout connaitre et tout posséder; pourtant il lui manquait l’essentiel : Le Grand livre de l’humilité. François Régulus-Delusnes, Cabochard et pied-de-cochon, éditions du du Puit qui fuit & du trou sans fond.

Et comme il est souvent écrit : la liste ne saurait être exhaustive. Alors à vot’ bon coeur… Messieurs les bibliopathes.
Quelques livres-valises envoyés par Nicolas Millet à ranger et à classer de toute urgence…
– BIBLIOBOLE (verser sa) : Expression vieillie signifiant offrir un livre de petite valeur pécuniaire mais de grande valeur littéraire. Les livres publiés par les éditions Mille et une nuits ou les éditions Librio sont particulièrement adaptés aux biblioboles.
– BIBLIOCTET : Synonyme, trop peu répandu, de livre numérique.
– BIBLIOFFICINE : Livre prétendant pouvoir se substituer au corps médical. (Anticancer de David Servan-Schreiber, éd. Robert Laffont ou La Méthode simple pour en finir avec la cigarette d’Allen Carr, éd. Pocket)
– BIBLION-DIT : Livre rencontrant un grand succès, mérité ou non, suite au bouche-à-oreilles. (L’élégance du hérisson, Muriel Barbéry, éd. Gallimard)
– BIBLIOPINEL : Ouvrage dont les pages sont particulièrement coupantes (L’Ecriture comme un couteau, d’Annie Ernaux, éd. Stock ou Le Couteau sur la nuque, d’Agatha Christie, éd. du Masque). Ou livre aux propos tranchants (Note de l’éditeur)
Un écrivain n’ a de devoir qu’envers son travail. (Charles Bukowski, Le capitaine est parti déjeûner et les marins se sont emparés du bateau)
J’ai écrit parce que c’était la seule façon de parler en se taisant (Pascal Quignard, Petits traités)
Je me souviens de l’étudiant qui m’avait laissé ce mot : « Il suffit d’oser d’abord écrire une ligne, puis une page et très vite l’écriture devient un rendez vous, que vous ne pouvez remettre sans mauvaise conscience ».

“Je n’ai pas plus fait mon livre que mon livre ne m’a fait , et quand personne ne me lira, ai-je perdu mon temps à m’être entretenu tant d’heures oisives à pensements – il faut lire ici pensées – si utiles et agréables”. Ainsi on pourra, à l’égal de Montaigne qui collectionnait les citations latines, graver sur une poutre ce conseil extrait des Essais – livre II chapitre XVIII dit Du démentir.
Les étudiants des ateliers d’écriture – que j’anime pour l’Université de Reims Champagne-Ardenne – sont nombreux à me demander des livres théoriques, ou moins, concernant l’atelier et la pratique de l’écriture. Au fil de mes modestes expériences, voilà une bibliographie personnelle qui référence à quelques titres sérieux qui me semblent essentiels. Ecrits par des écrivains ou des animateurs d’atelier -parfois les deux -, ils permettent une approche kaléidoscopique et reflexive de cet « étrange labeur, à la fois obsssession et voyage à l’intérieur de soi…
– LA LANGUE À L’ŒUVRE, LE TEMPS DES ÉCRIVAINS À L’UNIVERSITÉ, ouvrage conçu et coordonné par Patrick Souchon (Presse du réel)
par Marie-Odile André
Rendant compte des actions menées depuis 1997 dans le cadre de l’opération Le temps des écrivains à l’université et dans les grandes écoles par la Maison des écrivains, en liaison avec le ministère de l’Éducation nationale et avec l’appui de divers partenaires, cet ouvrage peut se lire de différentes façons.
Interventions croisées
On notera d’abord qu’il effectue ce qu’il prône – le dialogue, le décloisonnement, la pluridisciplinarité – puisqu’il se présente sous la forme d’interventions croisées d’écrivains et d’universitaires, mais aussi de bibliothécaires ou de responsables culturels. On pourra regretter seulement la part trop limitée laissée aux étudiants (un seul texte).
Il constitue également un précieux répertoire d’expériences et de propositions du fait de la diversité des actions évoquées : diversité des institutions (facultés de lettres et sciences humaines, mais aussi de sciences, École nationale des sciences de l’information et des bibliothèques, écoles d’architecture, institut universitaire de formation des maîtres, instituts universitaires de technologie…), des partenaires (bibliothécaires, libraires, plasticiens, acteurs…), des modalités (lectures de textes ou ateliers d’écriture, ouverture ou non au public extérieur, intégration ou non au cursus universitaire), des durées (invitations ponctuelles, mais aussi principe de la résidence d’écrivain) ou des lieux (dans ou hors les murs). Les multiples formes adoptées témoignent d’une volonté de souplesse et d’un souci d’adaptation au terrain lui-même, lié à un constat qui s’impose à la lecture de l’ouvrage : Le temps des écrivains a souvent servi de relais – précieux sans nul doute pour les enseignants – à des actions antérieurement existantes et à des expériences nouvelles où volontariat et bénévolat sont largement de mise.
Un ouvrage militant
C’est pourquoi l’ouvrage est aussi militant. Face aux réticences institutionnelles qui demeurent, il défend la pertinence même d’une action culturelle à l’université et sa nécessité face à des publics étudiants nouveaux pour qui pratique culturelle et lecture ne vont pas toujours de soi, pour qui un travail personnel sur la langue peut s’avérer utile, y compris chez les scientifiques, afin qu’elle devienne un véritable instrument de pensée et d’enrichissement personnel. Il propose que l’université, plutôt que de se cantonner à l’étude des écrivains morts et de quelques très rares écrivains vivants déjà canonisés, s’ouvre à la littérature immédiatement contemporaine, pour l’étudier, mais aussi pour la défendre et la promouvoir. Il souligne enfin l’apport que constitue pour les enseignants eux-mêmes et pour les étudiants l’intervention de ce tiers qu’est l’écrivain : parce qu’il est, par son statut même, salutairement dérangeant ; parce que sa présence physique rend possible une non moins salutaire désacralisation ; parce que le texte lu ou dit trouve ou retrouve force et sens pour l’auditoire ; parce que, dans les ateliers d’écriture, les étudiants pénètrent dans le laboratoire où se fabrique le texte et approchent ainsi le travail de l’écrivain et l’écrivain au travail.
L’ouvrage propose encore un bilan critique qui met en évidence les questions ou difficultés rencontrées par les participants. On y affirme, en particulier, la nécessité de ne pas confondre les rôles de l’écrivain et du professeur (y compris lorsqu’un même intervenant est les deux à la fois) afin que le dialogue reste possible et fructueux. On y réfléchit à ce que doit être l’apport de l’université : loin de faire concurrence aux institutions culturelles existantes, elle doit trouver sa place par une réflexion sur ce qu’elle peut apporter de spécifique. Certains intervenants s’interrogent aussi sur les limites des actions menées : nombre inévitablement réduit d’étudiants touchés ; risque aussi que ces actions servent d’alibi permettant de faire l’économie de transformations plus fondamentales (des programmes, des modalités d’enseignement de la littérature). D’autres rappellent la nécessité d’une démarche et d’une réflexion rigoureuses qui ne cèdent ni à certains effets de mode ni aux sirènes d’un subjectivisme généralisé.
Un symptôme
L’existence même de l’ouvrage peut enfin être lue comme un symptôme. Celui de la crise du littéraire dans la mesure où le livre pose implicitement la question de ce que vaut la littérature, du sens et du rôle qui sont les siens, de la place qu’elle occupe dans les sociétés contemporaines et dans les cursus scolaires et universitaires. Celui d’une transformation en profondeur des préoccupations et des approches : quelque trente ans après que l’on a proclamé la mort de l’auteur, celui-ci semble plus vivant que jamais : c’est à lui que s’adosse le sens d’une pratique de l’écriture comme engagement du sujet, c’est sa présence physique qui donne voix et corps aux textes, c’est lui qui apparaît comme le support privilégié d’une communication intime avec le lecteur. Mais, symptôme de la crise du littéraire, la démarche prônée par l’ouvrage est peut-être aussi symptôme de la sortie de cette crise puisqu’il fait le pari que les écrivains vivants puissent faire vivre la littérature et que celle-ci, pour retrouver place et valeur, puisse réaffirmer tout à la fois sa spécificité irréductible en tant qu’expérience personnelle et le rôle social irremplaçable que lui confère cette spécificité même (Marie-Odile André).
– TOUS LES MOTS SONT ADULTES : MÉTHODE POUR L’ATELIER D’ÉCRITURE, de François Bon, François (Fayard)
Au début des années 1990, François Bon s’est lancé dans l’aventure des ateliers d’écriture. Il en conduit un peu partout en France, suscitant et écoutant la parole de publics en situation extrême, lycéens de banlieues difficiles, Rmistes à la dérive, détenus, mais aussi enseignants ou acteurs de théâtre. Autant d’échanges et de découvertes radicales dont son œuvre porte trace et qui dessinent, en filigrane, un traité de poétique personnelle. Tous les mots sont adultes, dit Maurice Blanchot, et l’on peut réaliser une partie de soi-même dans l’écriture d’un texte, entrer de plain-pied dans le mystère de la littérature, se laisser guider dans l’atelier des écrivains. L’expérience s’est enrichie au fil des années, des rencontres, des lectures d’où cette nouvelle édition, augmentée et revisitée, qui renforce l’appui et la curiosité sur les pistes inédites du contemporain, celles qui permettent de construire soi-même un cycle d’ateliers plutôt que d’en transposer les recettes. Le monde qui nous entoure n’est peut-être pas autant qu’on le croit un déni à l’imagination littéraire ou créative.
L’auteur, écrivain et animateur d’ateliers d’écriture, fait une cinquantaine de propositions d’écriture, sous la forme fictive d’un parcours de cinq jours. Il suit ainsi un parcours personnel de quelques noeuds fondamentaux des apprentissages liés à l’écriture, se basant sur une étude de quelques lignes écrites par un auteur contemporain essentiel et proposant inventaires du réel, du passé, écriture du rêve, exploration de l’objet, variations, ouvertures sur l’imaginaire.
– LE PROF ET LE POÈTE, de Bruno Doucey (Entrelacs)
« Faut-il enseigner la poésie à l’école ou tenter de vivre à l’école de la poésie ? Que se passe-t-il lorsque le prof est poète, ou lorsque le poète hait le prof ? Plus simplement encore : qu’ont à se dire l’artiste et l’enseignant, l’homme de savoirs et le rêveur de mots ? Ces questions, ce ne sont pas deux personnes distinctes qui se les posent, comme on pourrait s’y attendre, mais une seule, qui dialogue avec elle-même.

Par cette conversation intérieure, ce vagabondage de la pensée, Bruno Doucey nous entraîne sur les sentiers de la création poétique. L’analyse et la sensibilité, le discours et la parole, le prosaïque et le poétique y cherchent un terrain d’entente. Peut-être avec l’espoir que la poésie ensemence le travail de l’enseignant et fasse entendre ce que ses mots ne disent pas. »
– PETITE FABRIQUE DE LITTÉRATURE, de Alain Duchesne et Thierry Leguay , (Magnard)
Dans ce drôle de livre, deux amateurs de langage vous invitent à un voyage intrépide : une traversée de la littérature, stylo à la main… Ils vous emmènent loin des sentiers battus, à travers toutes formes de textes qui deviennent source d’inspiration.
Chaque rubrique donne les règles d’un jeu, chaque jeu est reproductible, appropriable, et chaque appropriation en apprend plus sur la littérature qu’un regard vague sur les jugements autorisés
– LE ROMAN, LE JE, de Philippe Forest (plein Feux)
« Autobiographie classique par laquelle un individu cherche à fixer l’image stable et signifiante de son moi, le Roman du « Je » dans ses modalités débouche sur une forme d’expérimentation dangereuse, se défait de toute certitude identitaire. C’est pourquoi, loin de constituer l’exercice narcissique et complaisant souvent dénoncé, le Roman du « Je » dissout toute forme assurée de conscience de soi en enseignant cette seule vérité : l’auteur : le Moi n’existe jamais que comme fiction. »
L’autofiction, c’est tout simplement l’autobiographie soumise au soupçon. Au soupçon, c’est-à-dire au questionnement lucide de la conscience critique. Quiconque raconte son existence la transforme en roman et pénètre ainsi dans le domaine enchanté de la fable. On croit dire le vrai de sa vie et, dès que l’on y réfléchit, on s’aperçoit que tout récit, même le plus intime, a forme obligée de fiction. Chaque épisode vécu se configure spontanément selon les règles qui régissent le grand domaine imaginaire des contes, des épopées, des tragédies, des romans. “La vérité a structure de fiction” disait Jacques Lacan.
En conséquence, si la vérité est fiction, tout écrivain digne de ce nom comprend qu’il faut à la fiction se redoubler, devenir fiction d’elle-même pour espérer reconduire auteur et lecteur vers le lieu éventuel de la vérité. Au nom d’une exigence absolue de sincérité, l’autobiographie croit pouvoir répudier toutes les ressources du romanesque auxquelles elle ne cesse pourtant d’avoir recours. Ce sont ces mêmes ressources que l’autofiction mobilise. Car toute vie, en vérité, est un roman. Et en conséquence, seul le roman sait dire la vie.
L’essai est indisponoble, mais peut être retrouvé dans LE ROMAN, ‘‘LE RÉEL ET AUTRES ESSAIS » de Philippe Forrest, Éd. Cécile Defaut, Nantes)
– THÉORIE DE L’ESPOIR (À PROPOS DES ATELIERS D’ÉCRITURE), de hubert Haddad (Dumerchez)
Essai et témoignage de 20 ans de pratique d’atelier d’écriture, ce livre dessine les fondements de la
réussite des ateliers d’écriture, il donne quelques pistes d’ateliers autour de la question du
sida, réalisés en prison, ou pour le théâtre.
– LE NOUVEAU MAGASIN D’ÉCRITURE, de Hubert Haddad (Zulma).
À la fois livre « Monstre » et « livre-monde », encyclopédie sans mesure ou labyrinthe livresque et gigantesque, « folie » littéraire , « Le Nouveau magasin d’écriture » est un peu tout cela à la fois : un concentré de mille et une bibliothèque qui ravira toux ceux que la littérature passionne, et les mystères de l’écriture fascine. Un livre, unique, essentiel et considérable.

De l’art de la nouvelle et du conte à celui du roman, du sonnet baroque à la poésie contemporaine, du haïku au genre épistolaire, des cadavres exquis surréalistes aux expérimentations oulipiennes, sillonnant entre Rimbaud, Proust, Emily Brontë, Kafka, Borges, René Daumal, André Hardellet, Karl Kraus et cent autres, cet objet littéraire non identifié débride joyeusement l’imaginaire autant qu’il explore les arcanes de la création littéraire – ou comment trouver un sujet, circonvenir une panne d’inspiration, investir de façon ludique la poésie, le théâtre ou le mot d’esprit, s’adonner aux délices de l’analogie et de la métaphore… Foisonnant, passionné, érudit et simple, terriblement excitant, le Nouveau Magasin d’écriture est tout à la fois une encyclopédie subjective, un dictionnaire portatif, un bréviaire de style et un réservoir magique d’inspiration – en somme: un véritable manuel d’écriture et de littérature en action, pour tous les fous de littérature.
– LE NOUVEAU NOUVEAU MAGASIN D’ÉCRITURE, de Hubert Haddad (Zulma)
Pour ceux qui craignaient que le Nouveau magasin d’écriture publié l’année dernière par Hubert Haddad n’ait tari le réservoir d’imaginaire en lançant, en un millier de pages, des méthodes, des sujets, des thèmes ou des anecdotes, voici la réponse flamboyante : plus de six cents pages d’un « nouveau nouveau » magasin, ou plutôt d’un vaste bazar de l’imaginaire où l’on fouille avec jubilation parmi les anecdotes, les citations, les jeux d’esprits, les pistes d’écriture… L’illustration est plus abondante que dans le précédent, et structure (le plus sommairement possible !) le livre en dix-sept albums entrelardés de cinquante-neuf entresols : de la simple suggestion de titre à la méthode sophistiquée, c’est une invitation perpétuelle à ranimer en nous la source de l’écriture.

Et cela marche ! À chaque ligne, à chaque rencontre de mots ou d’images, on est tenté d’interrompre la lecture pour se lancer dans un roman. Ici, dans l’humour — mariage par procuration d’un maharadjah et de la fille d’un mineur du Yorkshire. Parfois grinçant — guillotine à marionnettes, poupées et caniches pour enfants riches désœuvrés. Parfois kafkaïen — assignation discrétionnaire des ombres et reflets pour l’invalidation des images naturelles. Là-bas dans la poésie — le livre inconnu qui rend immortel dès lors que le lecteur y pénètre vraiment. Parfois angoissante — les ruches d’or du scribe amnésique. Et parfois humoristique — Invention de la lumière ou l’ophtalmologue circoncis.
Parfois, ce sont des rencontres de mots qui nous ouvrent des pistes, comme le « rêve frappeur » qui tombe sur vous comme la foudre. Parfois des rencontres d’images, comme le visage d’écorché succédant la tête de Méduse. Ou des rencontres de textes, une fable de La Fontaine et un extrait de Thérèse d’Avila… Si la beauté, selon Lautréamont, peut se définir comme la rencontre fortuite sur une table de dissection d’une machine à coudre et d’un parapluie, nous avons ici du Beau à l’état pur, natif, un gisement de Beau qui réveille en nous des envies d’orpailleurs de l’invisible. Le livre qui rend immortel le lecteur qui y pénètre vraiment ? Ce serait sans doute celui-ci, tant il est difficile d’en sortir.
Le Mot de l’éditeur
Au-delà du monumental Nouveau Magasin d’écriture, ce Nouveau Nouveau Magasin vient confirmer combien l’imaginaire se renouvelle sans cesse au contact de l’art, avec humour, générosité et l’infini pouvoir d’enchantement de la littérature.
On ouvre ce Nouveau Nouveau Magasin d’écriture comme une boîte à secrets : pour rêver, inventer, écrire et… lire ! Comme une machinerie fabuleuse à produire de la fiction et à investir les territoires de l’imaginaire.
Gravures, dessins, tableaux aux forces évocatrices, caricatures ou curiosités d’almanach, c’est tout un monde de textes et d’images qui s’offre à nous. Hubert Haddad a puisé dans l’art symboliste, fantastique ou baroque, mais avant tout chez ces peintres passionnément inspirés par la littérature ou qui ont fait eux-mêmes œuvre de fiction (Goya, Doré, Klinger, Bresdin, Kubin, Rops, Redon…).
Au plaisir des yeux répond celui de l’analyse et de la rêverie. On emprunte dès lors les sentiers qui bifurquent du merveilleux labyrinthe de la fiction universelle.
Aux côtés de Kafka, Valéry, Ovide ou Hugo, mais aussi de nombreux botanistes, inventeurs, grands voyageurs, astronomes ou architectes visionnaires, on y découvre un univers peuplé de monstres, de diables et de girafes, un monde de fantaisie et d’inquiétante étrangeté.
– TOUT LE MONDE DEVRAIT ÉCRIRE, de Ceorges Picard (José corti)
« Pour être au clair avec soi-même, pour savoir de quoi sa propre pensée est réellement capable, l’épreuve de l’écriture paraît cruciale. Peut-être publie-t-on trop, mais il n’est pas sûr que l’on écrive suffisamment. Tout le monde devrait écrire pour soi dans la concentration et la solitude »
Dans cet essai très personnel, Georges Picard part du désir de l’écriture comme « désir de se découvrir autant à soi-même qu’aux autres » pour développer sa conception du travail de l’écrivain, de la lecture et de la littérature. Il défend l’idée d’une littérature exigeante, libre, sourde aux sirènes du marketing et de la publicité, assumant crânement sa marginalité à une époque où sont privilégiés les livres conformes aux standards d’une lecture fluide, rapide et immédiatement digeste.
« Aujourd’hui, la littérature est entrée en résistance contre un ennemi qui n’a pas de visage, qui n’a que l’identité vague et grise de l’indifférence. Cela ne doit pas décourager la passion d’écriture, au contraire. C’est justement parce qu’il n’y a rien à attendre du médiatique et du social en général, qu’écrire ressemble de mieux en mieux à une vocation désintéressée. »
« J’ai appris assez vite que l’écriture ne sauve pas l’écrivain du doute, mais m’en passer serait une abdication devant l’instinct intellectuel qui me pousse à en savoir plus sur ma propre pensée. Ce que je suis est moins en moi que devant moi : je suis plus mon futur immédiat, appelé (happé) par l’écriture qu’un passé figé dans mes précédents livres. Un écrivain doit parfois accepter de renier ce qu’il a écrit pour continuer à écrire. Il a une sorte de devoir d’ingratitude envers les productions passées de son esprit. Renier, le mot est exagéré ; oublier est mieux. Est-ce possible ? Au moins peut-on essayer. (…) Penché sur sa page, tout écrivain est narcissique. L’écriture est le plus ambigu et le plus solliciteur des miroirs. Après vingt ans d’écriture (ce qui est peu, finalement), je me demande quelle surprise j’attends encore de moi. Cette question, je me la pose avant chaque livre ; elle est mon meilleur stimulant. En écrivant, je ne cherche pas à m’étonner, encore moins à surprendre les lecteurs, j’essaye simplement d’animer des zones mal connues de ma sensibilité, d’ébranler le train de ma pensée dont le mouvement ordinairement chaotique et vague est sommé de prendre rythme et forme en se fixant… »

QUELQUES TITRES AUTOUR DE L’ÉCRITURE ET DE LA LECTURE, DE LA POÉSIE, DU VOYAGE ET DES ENGAGEMENTS AFIN DE POURSUIVRE LE VOYAGE AU PLUS PRÈS DES MOTS
– UN ÉPISODE DANS LA VIE DU PEINTRE VOYAGEUR, de César Aira (André Dimanche)
Johan Moritz Rugendas est un « peintre de genre » allemand de la première partie du XIXe siècle, un des plus grands « peintres voyageurs » de son temps, que Humboldt lui-même admirait et considérait comme un maître dans l’art de la « physionomie de la nature ». Rugendas fait deux grands voyages en Amérique latine. Lors du second, en 1837, dans la province argentine de Mendoza, il touche au centre secret dont il avait toujours rêvé : le point « équidistant des horizons », dans les plaines immenses de l’Argentine, où il espère découvrir « l’autre face de son art » et qui l’obligera à créer un nouveau procédé de représentation. Il entreprend ce chemin périlleux en compagnie d’un autre peintre allemand, Robert Krause, d’un vieux guide et d’un jeune cuisinier. Le prix pour lui en est immense, monstrueux : un épisode dramatique interrompt sauvagement la traversée et marque à jamais son corps et sa vie – son art, sa jeunesse.
Ce roman a été salué comme un véritable événement par la critique argentine lors de sa parution, en juin 2000. Il confirme la variété et l’originalité exceptionnelles du talent de César Aira (né à Coronel Pringles, province de Buenos-Aires, en 1949), qui apparaît plus que jamais comme un des écrivains majeurs de la littérature latino-américaine d’aujourd’hui.
LE MOT DE MICHEL LAFON, TRADUCTEUR :
Traduire une fiction est sans doute la meilleure manière de la lire, de l’analyser, de l’aimer. César Aira écrit une page par jour, qu’il ne relit jamais et qui, au bout de trois mois environ, fait un roman d’une centaine de pages, soit quatre romans au bout de l’année, qui construisent, au moins depuis le début des années 90, une des oeuvres majeures de la littérature d’Amérique latine d’aujourd’hui. Pour ma part, j’ai lu « Un épisode dans la vie du peintre voyageur » des dizaines de fois, évidemment, en espagnol puis en français, j’ai vécu avec ce roman pendant des mois, bien plus longtemps sans doute que son auteur, qui passe d’un livre au suivant avec une frénésie qui contribue à son mythe. Je connais peu d’oeuvres de notre siècle qui résistent à ce point à tant de relectures, qui ne finissent pas par décevoir. Non seulement je ne me suis pas ennuyé une seconde, mais j’ai eu à tout instant le sentiment de traduire un chef-d’oeuvre. Cette histoire peut se lire comme un roman d’aventure, un roman historique, un traité d’esthétique, une réflexion poétique, une autobiographie déguisée… Elle offre au lecteur français les délices du dépaysement et de l’étrangeté : la Pampa argentine au 19ème siècle, les Indiens et leurs incursions plus surréalistes que violentes chez les « civilisés », les grands esprits et les artistes de la vieille Europe qui découvrent le Nouveau Monde et qui entreprennent de le représenter, et parmi eux un fascinant peintre voyageur venu d’Allemagne, qui va rencontrer son destin dans un orage. César Aira est « romancier, traducteur et génie », pour reprendre la formule de son double, le poète Arturo Carrera. Un génie comme l’Argentine en a donné quelques-uns à la littérature universelle. Un jour viendra, j’en fais sans grand risque le pari, où l’on parlera de lui comme l’on parle de Jorge Luis Borges : un écrivain unique, irremplaçable, inclassable, qui a réinventé la littérature de son temps, et de tous les temps. Ce jour, à vrai dire, est déjà venu en Argentine et dans quelques autres pays d’Amérique latine. L’Espagne elle-même commence à frémir, ainsi que quelques autres pays d’Europe. Traduire son oeuvre (il y a déjà eu l’an dernier Les Larmes – un autre chef-d’oeuvre – et La Guerre des gymnases, chez le même éditeur), en choisissant minutieusement dans la cinquantaine de livres qu’il a déjà publiés ses romans préférés (je crois que je passe autant de mois à choisir qu’à traduire), est une des plus belles aventures que puisse vivre un passionné de ce pays dont la littérature est comme un miracle permanent, au coeur d’une société dont le destin a si souvent, et encore ces jours-ci, les allures d’une tragédie. (Michel Lafon) Prix des librairies « Mille Pages » pour la meilleure fiction étrangère de l’année ; prix AU.TR.ES de la meilleure traduction littéraire de l’année ; sélectionné par ‘Les Inrockuptibles’ parmi les vingt meilleurs livres de l’année 2001.
– MÉMOIRES DE L’OMBRE, de Marcel Béalu (Gallimard)
Un des joyaux de l’œuvre poétique de Marcel Béalu est sans aucun doute le volume de récits brefs Mémoires de l’ombre.
Poèmes, récits, contes ? L’on y passe insensiblement d’environnements familiers à des univers dont les lois restent opaques, ou ne se découvrent que trop tard, lorsque l’on est irrémédiablement ailleurs, ou que l’on se retrouve prisonnier d’impératifs aussi catégoriques
qu’imprévus. L’harmonie, l’exaltation, cèdent la place à l’inquiétude, à un destin ironique ou grinçant qui fait des protagonistes ses jouets, ou bien parfois s’ouvre alors un monde à découvrir — à vivre ou à rêver.

Marcel Béalu, Photo (et copyright) de Govin Sorel
Son invention constante d’univers de rechange, son intérêt permanent pour le rêve, le placent dans une fraternité thématique avec certains aspects du mouvement surréaliste. Lui-même préfère au mot de surréaliste « les mots de merveilleux, fantastique, surréel, onirisme », et marque ce qui l’en distingue : « je suis surréaliste dans l’invention, rarement dans le langage. Je m’efforce d’écrire une langue classique, compréhensible pour tous ». Et il est vrai que la fluidité, la transparence de sa langue contribuent à faire de ces petits textes des objets lisses, parfaits, dotés d’une harmonie, d’une musicalité interne qui est une des sources de l’enchantement produit.
On songe aussi pour situer Marcel Béalu à d’autres affinités, avec d’autres voix. Comme Julio Cortázar il est à l’affût de « Réalités secrètes », des sentiers permettant d’accéder à d’autres réalités. Comme lui il cherche les points de passage6, il revendique le fantastique comme quête de réalité. Comme lui encore, il apprécie par dessus tout l’art du bref (Colette Noyau, extrait de Le bruit du temps : tempo et condensation dans Mémoires de l’ombre)
L’USAGE DU MONDE, de Nicolas Bouvier (Payot)
Un voyage se passe de motifs. Il ne tarde pas à prouver qu’il se suffit à lui-même. On croit qu’on va faire un voyage, mais bientôt c’est le voyage qui vous fait, ou vous défait. «
Sa lente et heureuse dérive dans les années 1953-1954 entre Genève et le Khyber Pass en compagnie du peintre Thierry Vernet a inspiré ce livre d’un flâneur émerveillé à Nicolas Bouvier.
– NADJA, de André Breton (Gallimard)
Je n’ai dessein de relater, en marge du récit que je vais entreprendre, que les épisodes les plus marquants de ma vie telle que je peux la concevoir hors de son plan organique, soit dans la mesure même où elle est livrée aux hasards, au plus petit comme au plus grand, où regimbant contre l’idée commune que je m’en fais, elle m’introduit dans un monde comme défendu qui est celui des rapprochements soudains, des pétrifiantes coïncidences, des réflexes primant tout autre essor du mental, des accords plaqués comme au piano, des éclairs qui feraient voir, mais alors voir, s’ils n’étaient encore plus rapides que les autres. »

Place Dauphine, où André Breton dîne en extérieur avec Nadja. Elle évoque le souterrain qui passe sous le palais de justice et évite l’hôtel henri IV.
Nadja est un personnage qui semble hors de la réalité. Elle erre dans les rues de Paris sans but, et son nom n’est même pas le sien. Elle explique que Nadja est le nom qu’elle s’est choisi, et qu’en russe, Nadja est le commencement du mot « espérance ». L’auteur va vite se rendre compte qu’elle posséde un étrange pouvoir de fascination, provoqué par sa beauté. Nadja devient alors aux yeux de Breton une sorte de symbole vivant de ce qu’il conçoit du Surréalisme, elle est symbole de l’amour (ce qui annonce ensuite la venue de L’Amour fou), symbole d’une exaltation de la vie en même temps qu’elle paraît montrer des capacités de précognition, ce à quoi Breton préfère imposer sa réserve. Mais, cet être qui semble surnaturel est objet de paradoxes
– FOURMIS SANS OMBRES, une anthologie du Haïku, de Maurice Coyaud (Phébus)
Réédition d’un classique qui enchanta Roland Barthes, où poésie et impertinence cheminent d’un même pas. Les haïkistes nippons, dont Maurice Coyaud a rassemblé ici le plus large florilège, notaient volontiers leurs petits poèmes – trois vers, c’est tout – en marge du récit de leurs randonnées, comme autant de pauses, de points de suspension. M. Coyaud procède à leur manière. Son anthologie n’en est pas vraiment une et c’est tant mieux ; elle prend forme de promenade, de libre divagation à travers le Japon éternel. Ecoutons ces voix qui nous disent que la poésie, même si elle n’est jamais que l’autre nom de l’indicible, ne loge pas au temple que l’on croit : elle suit les chemins vicinaux, dort dans les fossés et chausse les savates de tout le monde. Elle ne cherche rien (puisque chercher est l’un des meilleurs moyens de ne rien trouver), donnant secrètement raison au sage qui nous prévient narquoisement : » Quand vous regardez, contentez-vous de regarder. Si vous réfléchissez, vous mettez déjà hors de la cible. »

– RUMEUR DE LA FABRIQUE DU MONDE, de Christian Doumet (José Corti)
Dédaignant – mais avec un brin de regret – l’ouverture éblouissante (telle celle des Confessions), Christian Doumet entame son œuvre, par une petite réflexion sur l’origine et l’usage du mot pull-over mais c’est à propos de celui de J. Roubaud ce qui donne aussitôt sa tonalité au texte : nous serons en bonne compagnie… l’auteur va alterner des considérations aiguës et caustiques sur la marche du monde, des rencontres avec des amis écrivains (J.P. Richard, Frénaud), des écrivains admirés ou détestés, des inconnus au cours de voyages lointains ou de séjours campagnards, des écoutes ou exercices de musiques.
Les sentences ou observations d’un professeur Yé semblent ponctuer d’une sagesse narquoise et quasi taoïste les élans ou les indignations du narrateur.
Tous ces fragments, par l’humour, la colère, le regard aigu, le retour sur soi sans excessive complaisance tentent l’exactitude, célèbrent les beaux instants sans jamais les diluer dans un lyrisme consolant, mais surtout concourent tous à une recherche obstinée de la « vraie vie ». Brisant les rythmes des fragments l’auteur introduit quatre longs développements plus caustiques notamment sur le monde de l’édition et de la librairie tout en restant un « homme d’esprit ».
– EN LISANT EN ECRIVANT, de Julien Gracq (José Corti)
Le titre de cette œuvre est le plus explicite des quatrième de couverture ; l’absence de virgule entre les deux gérondifs rend le glissement de l’un à l’autre logiquement équivalant, tant il est vrai qu’ « on écrit d’abord parce que d’autres avant vous ont écrit ».
Paru en 1981, En lisant en écrivant rassemble des textes écrits dans les années soixante-dix. Ce livre à la gloire de la littérature marque un tournant dans la réception de Gracq: son public s’élargit, et la critique prend conscience de l’actualité d’une œuvre pourtant peu soucieuse de composer avec son temps. Une seconde image de Gracq apparaît, qui recouvre sans l’effacer celle du «romancier flamboyant» qu’avait fixée Le Rivage des Syrtes: celle d’un critique idéal, lecteur qui tiendrait lui-même compagnie à la lecture comme un «tiers bien-disant».
Le titre du recueil réunit lecture et écriture dans un processus continu, sans origine: on écrit parce qu’on a déjà lu, et que d’autres ont écrit; tout lecteur est un écrivain en puissance, créateur à sa manière; tout écrivain est un lecteur en acte. Cependant ce livre se présente, à la différence des Lettrines, comme un bloc plus homogène, plus compact et plus lourd. En lisant en écrivant, par sa date, offre aussi un point de vue sur l’ensemble de l’œuvre de Gracq. Ce retour sur soi s’attache avant tout à la fiction romanesque et au discours critique qui l’accompagne, laissant de côté l’écriture fragmentaire. Cependant la mention finale, presque narquoise, du dix-huitième siècle, qui «éclairait tout et ne devinait rien», replace la réflexion de Gracq dans un contexte précis, qui est celui de la fin du marxisme. Gracq célèbre dans le roman son élan vers l’éventuel au moment même où s’effondre l’illusion des lendemains radieux. Dès lors notre part de futur et de rêve est contenue tout entière dans le roman, qui est la littérature vivante (Culture France).
– LETTRINES, de Julien Gracq (Jose Corti)
Avec Lettrines, si Julien Gracq inaugure un style d’écriture qui échappe à une définition classique, il ne paraît pas exagéré de penser qu’il renouvelle une forme d’expression originale – appréciée de certains romantiques allemands – que d’autres écrivains vont emprunter après lui. Littérature en fragment, aphoristique, c’ est « un ensemble très libre, une mosaïque de notes de lecture, de réflexions, de souvenirs », dira-t-il dans une interview. Très éloignée de ce que peut être l’écriture du diariste – pas d’introspection ni d’extrait d’œuvre en cours ou à venir –, les Lettrines proviennent de cahiers tenus au jour le jour.
« Les écrivains qui, dans la description, sont myopes, et ceux qui sont presbytes. Ceux-là chez qui même les menus objets du premier plan viennent avec une netteté parfois miraculeuse, pour lesquels rien ne se perd de la nacre d’un coquillage, du grain d’une étoffe, mais tout lointain est absent— et ceux qui ne savent saisir que les grands mouvements d’un paysage, déchiffrer que la face de la terre quand elle se dénude Parmi les premiers: Huysmans, Breton, Proust, Colette. Parmi les seconds: Chateaubriand, Tolstoï, Claudel. Rares sont les écrivains qui témoignent, la plume à la main, d’une vue tout à fait normale. »
– CARNETS, de Julien Gracq (Jose Corti)
« J’écris de manière trop intermittente pour avoir une seule méthode de travail : il m’est arrivé plus d’une fois de passer une année et davantage sans m’y remettre. Quand j’écris, je ne travaille pas avec régularité – pas d’heures fixes –, j’évite seulement le travail d’après dîner, qui entraîne immanquablement l’insomnie : je mets beaucoup de temps à me débarrasser l’esprit de mon écriture du jour. J’essaie simplement, si j’écris un récit ou un roman, de ne pas trop espacer les jours de travail, espacement qui rend plus difficile de reprendre le récit dans le ton exact où je l’ai laissé. Pratiquement, jamais plus de deux heures de travail dans une journée ; au-delà, j’ai besoin de sortir, d’aller me promener. Si j’écris un texte court, dont l’écriture demande à être très surveillée, la marche sert d’ailleurs souvent à la mise au point presque mécanique d’une phrase qui ne m’a pas laissé satisfait : elle produit l’effet d’une espèce de blutage. La phrase qui reste dans mon souvenir à la fin de la promenade – tournée et retournée le long du chemin – s’est débarrassée souvent de son poids mort. En la comparant au retour avec celle que j’ai laissée écrite, je m’aperçois quelquefois qu’il s’est produit des élisions heureuses, un tassement, une sorte de nettoyage. »
J’ai plutôt des habitudes et quelques exigences matérielles. Je n’écris pas dans le bruit, dans les lieux agités et remuants, jamais dehors. Pas d’allées et venues ; une pièce close et tranquille, la solitude ; j’écrirais difficilement ailleurs que devant une fenêtre, de préférence à la campagne, avec une vue étendue devant moi, un lointain.
– De quelle manière écrivez-vous ? Je veux dire : comment se présente une page de votre manuscrit ?
– « Rien ne vous sera caché : j’écris comme presque tout le monde, en commençant par le début et en finissant par la fin ; la seule exception s’est produite quand j’ai écrit une fois une pièce de théâtre. J’écris lentement et laborieusement, un peu en boule de neige. La phrase se charge presque toujours, à peine ébauchée, de rejets et d’incidentes qui tendent à proliférer et qu’il me faut ensuite élaguer en partie. Je rature mal. Presque toujours, pendant que je travaille à une phrase, je jette dans la marge une amorce ou un fragment qui concernent la phrase suivante : une espèce d’appât. »
– 84, CHARRING CROSS ROAD, de Helene Hanff (Autrement ou Le Livre de Poche)
Par un beau jour d’octobre 1949, Helene Hanff s’adresse depuis New York à la librairie Marks & Co., sise 84, Charing Cross Road à Londres. Passionnée, maniaque, un peu fauchée, extravagante, Miss Hanff réclame à Frank Doel les livres introuvables qui assouviront son insatiable soif de découvertes. Vingt ans plus tard, ils s’écrivent toujours et la familiarité a laissé place à l’intime, presque à l’amour. Drôle et pleine de charme, cette correspondance est un petit joyau qui rappelle avec une délicatesse infinie toute la place que prennent, dans notre vie, les livres et les librairies. Livre inattendu et jamais traduit, 84, Charing Cross Road fait l’objet, depuis les années 1970, d’un véritable culte des deux côtés de l’Atlantique.

« (…) ‘en suis réduite à écrire des notes interminables dans les marges de livres qui ne sont même pas à moi mais à la bibliothèque. Un jour ou l’autre ils s’apercevront que c’est moi qui ai fait le coup et ils me retireront ma carte.
– MAGIE DU LIVRE, de Hermann Hesse (José Corti)
Les écrits de Hermann Hesse sur la littérature ont été rassemblés par le second fils de l’écrivain, Heiner Hesse, et édités en deux volumes en 1970. Parti à la recherche des articles publiés par son père sur une période qui s’étend de 1900 à sa mort, en 1962, il découvrit dans une soixantaine de journaux et revues plus de 3000 contributions consacrées à la littérature et n’en retint qu’un dixième.
L’image que l’on avait en Allemagne d’un Hermann Hesse solitaire et vivant hors du temps, évitant toute forme de relation avec ses contemporains, va s’en trouver bouleversée. Pendant une soixantaine d’années Hermann Hesse prend une part très active à la vie littéraire de son temps. Exerçant ce qu’il a appelé lui-même une « critique positive » ou une « critique par amour », il observe, recense, éclaire, explique, se donne pour tâche de faire lire, ne s’intéresse qu’à des écrivains et des œuvres dont il peut se sentir, sur le plan spirituel et artistique, solidaire.
L’autre image que ces textes vont détruire est celle d’un « romantique de la troisième génération » qui persisterait à camper sur ses positions, à ignorer les tentatives et les recherches, sur le plan littéraire, les plus audacieuses de son temps. Il n’est pour s’en persuader que de lire l’article que Hermann Hesse consacre à l’Expressionnisme ou l’amusant dialogue platonicien qui traite de la Nouvelle tonalité. Par ailleurs, les choix de l’écrivain font preuve d’une toujours très grande liberté de jugement et d’un éclectisme jamais démenti avec le temps.
On ne peut, en définitive, que s’étonner devant l’extraordinaire activité du lecteur que fut Hermann Hesse ! Il semble avoir tout lu de ce qui s’est publié de littérature allemande ou traduite en allemand pendant plus de soixante ans. Et en dépit de toutes les épreuves rencontrées, de tous les revers essuyés au cours de sa vie d’écrivain, Hermann Hesse n’a jamais perdu sa foi dans le livre et c’est une véritable leçon d’humilité et de courage qu’il donne, dans ces pages, à d’autres lecteurs, tentés comme lui, au détour du chemin, de renoncer :
« Nous n’avons pas l’intention de déplorer que le livre ait pratiquement renoncé à ses privilèges d’antan et que, tout récemment, aux yeux des masses, il ait perdu, semble-t-il, à cause du cinéma et de la radio, de sa valeur et de sa force d’attraction. Nous n’avons néanmoins pas à craindre une destruction future, au contraire : avec le temps, plus certains besoins de distraction et besoins d’instruction populaire seront satisfaits grâce à d’autres inventions, plus le livre recouvrera de dignité et d’autorité. Car l’idée que l’écrit et le livre ont des fonctions éternelles supplantera bientôt la griserie du progrès la plus infantile. Il apparaîtra que la formulation par le mot et la transmission de ces formulations par l’écriture, ne sont pas que des auxiliaires importants, mais sont surtout l’unique moyen grâce. »
– LA CHAMBRE NOIRE DE LONGWOOD, de Jean-Paul Kaufman (Gallimard – Folio)
Perdue au milieu de l’Atlantique Sud, Sainte-Hélène, l’île d’où on ne s’échappe jamais. Un rocher lugubre, battu par les flots et le vent. Déporté par les Anglais après Waterloo, Bonaparte s’efforcera, pendant cinq ans et demi, de rester Napoléon en dépit des humiliations.Amoureux des îles, Jean-Paul Kauffmann s’est embarqué un jour à bord du seul bateau qui dessert Sainte-Hélène. Il découvre ses falaises noires, ses habitants reclus, son gouverneur britannique, son ex-consul de France érudit et misanthrope, ses prisonniers qui pêchent face à l’océan.Sainte-Hélène : la vie quotidienne dans l’étrange maison de Longwood au temps de Napoléon, la promiscuité, l’ennui, l’humidité, les rats.Récit de voyage et enquête sur les derniers jours de l’Empereur, ce livre décrit avec justesse la captivité et l’enfermement. La chambre noire de Longwood est une méditation sur la mélancolie historique, un huis-clos policier qui atteste que Napoléon a bel et bien été empoisonné. Par la nostalgie de sa gloire et le regret de son passé.

On ne visite pas Longwood, c’est Longwood qui vous visite. (Jean-Paul Kaufmann)
On pourra continer la lecture en découvrant du même Auteur LES ARCHES DE KERGUÉLEN (livre de Poche) et LA LUTTTE AVEC L’ANGE (Table ronde ou Folio).
– LA LEçON D’ANATOMIE, de Danilo Kis (Fayard)
“Cultive le doute à l’égard des idéologies règnantes et des princes. Tiens-toi à l’écart des princes. Veille à ne pas souiller ton langage par le langage des idéologies; Sois persuadé que tu es plus fort que les généraux, mais ne te mesure pas à eux. Ne te crois pas plus faible que les généraux, mais ne te mesure pas à eux. Ne crois pas aux projets utopiques, sauf à ceux que tu conçois toi-même. Montre toi aussi fier à l’égard des princes qu’à celui des masses. Aie la conscience tranquille quant aux privilèges que te confère ton métier d’écrivain. Ne confonds pas le caractère funèste de ton choix avec l’oppression de classe. Ne sois pas obsedé par l’urgence historique et ne crois pas en la métaphore des trains de l’Histoire. Ne saute pas dans le “train de l’Histoire”, car ce n’est qu’une stupide métaphore. Ne t’associe avec personne : l’écrivain est seul. Aie la conscience tranquille : les princes n’ont rien à voir avec toi, car tu es un prince. Aie la consciences tranquille ; les mineurs de fond n’ont rien à voir avec toi car tu es un mineur de fond. Sois mécontent de ton sort, car seul les imbéciles sont contents. Ne sois pas mécontent de ton sort, car tu es un élu. Si tu ne peux pas dire la vérité, tais toi.” (Danilo Kis, poète, yougoslave et Juif).
– EQUINOXIALES, de Gilles Lapouge (Flammarion)
Même le peu d’Amazonie que l’on réussit à attraper est encore trop grand, trop compliqué. Il n’est pas fait pour nous. Il n’est pas au monde, il est un autre. On ne peut rien en dire. Nous n’avons pas de mots pour lui.
(…)
Il serait plus vite fait de forger une langue sur mesure, rien que pour l’Amazonie, et n’ayant cours dans aucun autre pays. Une langue dont la grammaire et le vocabulaire auraient été taillés spécialement pour cette forêt-là.
À condition de prendre certaines précautions : que cette langue soit entièrement incompréhensible. Que sa grammaire soit indistincte et comme volatile, sans règle ni stabilité, sans protocoles ; que ses mots aient le droit de changer de sens, de temps en temps, le droit de capturer la syllabe d’un autre mot, de laisser moisir ses suffixes ou de s’en adjoindre ; que ses amas de syllabes et de consonnes produisent des bruits imprononçables à nos gosiers. Alors, peut-être, commencerait-on à pouvoir dire deux ou trois choses de l’Amazonie.
– LE BRUIT DE LA NEIGE, de Gille Lapouge (Albin Michel)
Gilles Lapouge est un écrivain qui voyage et, quelquefois, un voyageur qui écrit et raconte raconte ses voyages. S’il quitte l’Europe, et l’infinie variété des lumières qui inventent son Histoire, c’est qu’il a lu un roman d’aventure ou rêvé sur un planisphère. Le départ, le périple et le retour au pays natal ne servent qu’à préparer l’instant délicieux où les noms et les mots feront apparaître des déserts et des îles, des frontières et des lagons, des sommets enneigés et des mégalopoles. Et comme tout encre, pour lui, est sympathique, il faut attendre de le lire pour connaître ces merveilles cachées.
Est-il bon guide, cet « écrivain-voyageur » qui confond les points cardinaux, va sur des routes qui n’existent pas, ne nous conduit nulle part et nous égare systématiquement, peut-être exprès ? Le pire si l’on cherche les images et les bonheurs du tourisme et des circuits pittoresques. Le meilleur si l’on aime les mirages, les arrières pays, la beauté invisible des choses les géographies imaginaires ou le bruit de la neige. Tous ces mystères sont contenus dans ce nouveau recueil de textes et de songes où il nous abandonne dans les Iles Sous-le-Vent, les mensonges des contes de fées, les ors et les ruines du continent brésilien, la poésie de toute terre humaine.
– EN ÉTRANGE PAYS, de Gille Lapouge (Albin Michel)
« Ces chroniques ne se connaissaient pas. Elles ne s’étaient jamais rencontrées. Certaines sont spécialisées dans les jardins, dans les vieilles pluies ou dans les vents périmés, d’autres préfèrent les lapins ou les ânes de La Fontaine, il en est qui regardent le ciel, le paradis, le petit Jésus, les anges ou le lac Léman. Les nostalgies au long cours sont agréables. Elles procurent des vertiges. Leur plus belle réussite, c’est qu’elles nous disent que tout est toujours pareil, et que les dames du temps jadis étaient comme les dames d’aujourd’hui et comme les dames de demain. Les séquoias, les renards, les femmes, les soldats de Fontenoy, les chenilles et les lunes meurent comme on fait un clin d’oeil. Toutes choses s’en vont. D’autres choses viennent et elles sont les mêmes. Ce matin, le soleil s’est levé il y a mille ans. Il se couchera tout à l’heure, dans trois millions d’années et le temps, peut-être, est rond comme une bille. »

Le titre de ce livre, qui est emprunté à Aragon, dit mon intention : je regarde des spectacles familiers et je tâche d’y déceler, avec le soutien de La Fontaine ou de Perrault, le caché et l’insolite, l’inouï, l’inaperçu. Du spectacle de nos journées, nos yeux ne connaissent que la frange. Que savons-nous du vent et quelles empreintes laisse-t-il après qu’il s’en est allé ? Que sont les ânes devenus ? Chaque année, la France est survolée par cinq cent millions d’oiseaux migrateurs et nous les apercevons à peine. Assommées par les insecticides, les abeilles meurent et quelle serait la couleur d’un monde sans abeilles ni miel ? Comment voyager dans un monde d’avions supersoniques, dans un monde où le Fax et le Mail ont pulvérisé l’espace et le temps ? Dans nos sociétés clinquantes, vouées à la solitude et au leurre, où donc s’est-elle réfugiée la beauté des choses ? Et dans quelles coulisses faut-il se faufiler si l’on veut en retrouver l’éclat et la mémoire ? (Gilles Lapouge)
– BESOIN DE MIRAGE, de Gilles Lapouge (Seuil)
« Mon premier voyage fut au Sahara, avec ma famille, et j’étais minuscule. J’ai vu beaucoup de sables et comme les journées étaient longues j’ai décidé de chasser les mirages. J’en ai trouvé des quantités. Les dunes se sont ornées d’antilopes et de crocodiles, de fêtes et de mariages, avec des lacs et des villes dans l’eau de ces lacs. Ce n’est pas dans le sommeil mais dans la veille que le mirage accomplit ses exploits. Si le rêve manufacture des ciels qui n’existent pas, le mirage est plus modeste. Il n’a pas d’imagination. Il dit le réel. Il nous apprend à voir, du réel, ce que le réel nous dissimule. Le mirage dévoile les choses qui se cachent et la beauté de ces choses. Le mirage exige de la patience. Pour en récolter des spécimens de bonne venue, il faut prendre son temps, ignorer la géographie, mélanger le Nord et l’Est et l’Ouest, perdre le Sud, aller à pas de loup, hanter les mortes saisons, les arrière-pays et les tremblements du temps. Ce livre propose quelques mirages de mes collections. Je les ai capturés un peu partout : en Inde et dans les Îles Sous-le-Vent, dans les ors du Grand Erg occidental et dans les brumes du fleuve Amazone, dans les nuits égarées de l’Islande, dans les dédales où se promènent les enfants. »
– L’ENCRE DU VOYAGEUR, de Gilles Lapouge (Albin Michel)
Un voyageur n’est que de l’encre. Toute exploration est le souvenir d’un ancien manuscrit. Christophe Colomb découvre une Amérique qu’il avait arpentée dans les récits de Marco Polo. Les missionnaires qui ouvrent le Brésil, au XVI siècle, connaissent par coeur les textes des écrivains antiques, Pline le Jeune ou Hérodote. C’est pourquoi ils aperçoivent dans la forêt équatoriale toutes ces amazones.
En lisant, en écrivant,j’ai parcouru quelques recoins de la terre, Inde, Islande ou Tahiti. J’ai ajouté ma peinture aux peintures qui les barbouillaient déjà. Cela m’a permis d’en raviver la fraîcheur, d’en débusquer les surprises, les miracles.
– JAUNE, BLEU, BLANC, de Valéry Larbaud (Gallimard)
L’Hôtel des plus beaux souvenirs est situé au milieu de la plus grande ville de ce continent. L’enfant chétif et, plus tard, le jeune garçon de qui on disait : il a une santé précaire, y a vécu de longues semaines, jadis, sans sortir de sa chambre. …) »"
Notes et notations, petits textes de fiction ou romances… « Un ruban jaune, bleu clair et blanc, a longtemps servi de lien aux manuscrits qui forment à présent cet ouvrage. ».
– LE SECRET DE LA CHAMBRE DE RODINSKY, de Rachel Lichtenstein et Iain Sinclair (Anatolia)
Vers la fin des années soixante, un homme, David Rodinsky, disparaît: la pièce qu’il occupait au-dessus de la petite synagogue de Princelet Street, dans le quartier de Whitechapel à Londres, restera intacte pendant plus de dix ans. L’univers de Rodinsky était celui des juifs de l’Europe de l’Est, un monde nourri des mystères de la Cabale, où les langues et leurs secrets étaient une source inépuisable de magie. Ce monde fut aussi celui d’une perte épouvantable.
Rodinsky capture l’imagination d’une jeune artiste, Rachel Lichtenstein, dont les grands-parents ont quitté la Pologne dans les années trente pour s’établir dans l’East End de Londres. Iain Sinclair lui assure : « Cette pièce est un piège. » Sinclair et elle ont écrit un livre qui retrace la quête de Lichtenstein, partie à la recherche de Rodinsky, et nous présente les méditations de Sinclair sur le voyage de la jeune artiste dans son propre passé.
« La première fois que j’ai vu la chambre, J’ai eu l’impression que quelqu’un avait habité là pendant longtemps, mais qui ? je n’en avais pas la moindre idée. En entrant par hasard, je suis tombé sur des piles imposantes de très vieux ,journaux, le Star, le Herald, l’Evening Standard, des journaux datant de la Première Guerre mondiale. Enjambant ces journaux, j’ai porté mon regard de l’autre côté de la chambre, où il y avait un lit mal fait, négligé, plein de poussière. La première impression que j’ai eue, c’est qu’un homme avait littéralement disparu et s’était changé en poussière dans cette chambre. »
« Ce livre tient du roman d’énigme et du roman policier. C’est l’histoire d’une obsession et d’une possession. On y trouve des gens, des lieux, un mode de vie qui sont tous en voie de disparition. Par-dessus tout, c’est l’histoire d’un homme qui a disparu et d’une femme qui s’est mise à sa recherche et qui, en chemin, s’est trouvée elle-même. » The Guardian.
– UNE HISTOIRE DE LA LECTURE, de Alberto Manguel (Actes-Sud)
Célébration heureuse de la plus civilisée des passions humaines, qualifiée par George Steiner de « lettre d’amour à la lecture », cette histoire écrite du côté du plaisir et de la gourmandise est un livre savant qui se lit comme un roman d’aventures. Parti à la recherche des raisons qui ont fait aimer le livre à travers les âges — et parfois l’ont fait cible d’exécuteurs totalitaires — l’auteur entreprend en effet un voyage dont chaque étape lui est occasion de détours, de visites, de réflexions. La ferveur d’Alberto Manguel est si communicative que l’on se prend à être impatient de la suite comme s’il y avait une intrigue en cours. Et il y en a une… En effet, cette histoire de la lecture est aussi une histoire du lecteur, de sorte que la passion qui la sous-tend s’accompagne d’une véritable étude de mœurs — mœurs des scripteurs, des passeurs, des liseurs, des lecteurs.

« L’astronome qui lit une carte d’étoiles disparues ; le tisserand qui lit les dessins complexes d’un tapis en cours de tissage; les parents qui lisent sur le visage du bébé des signes de joie, de peur ou d’étonnement ; l’amant qui lit à l’aveuglette le corps aimé, la nuit sous les draps (…) – tous partagent avec le lecteur de livres l’art de déchiffrer et de traduire des signes. »
Index abondant et curieux de la lecture ! Ses commencements, ses mystères, ses jeux, ses moeurs… De Babylone à la civilisation maya, des générations de savants ont tenté de devenir des lecteurs d’écritures. Lire l’avenir, lire des images, écouter lire, lire en silence… De Caligula qui ordonna de brûler tous les ouvrages d’Homère au génial Oscar Wilde, chaque récit est une histoire folle, merveilleuse, émouvante. D’une anecdote à l’autre, ce livre, chronique minutieuse des lecteurs et de leurs passions, nous transporte dans un univers quasi mythique.
– LA BIBLIOTHÈQUE LA NUIT, de Alberto Manguel (Actes-Sud)
Qu’elle soit constituée de quelques livres ou de volumes par milliers, qu’elle obéisse à une classification rigoureuse ou aléatoire, qu’elle soit « de Montaigne » ou d’Alexandrie, qu’on veuille la détruire (comme, si près de nous, à Sarajevo, à Kaboul, à Bagdad) ou l’ériger, qu’elle soit mentale, comme chez Borges, ou institutionnalisée – avec heures d’ouverture et réglementations -, qu’elle ait pour résidence de vastes bâtiments aux allures de nefs ou de temples ou qu’elle joue les passagères clandestines dans des cartons, entre deux déménagements, que les livres qui la composent soient ali gnés sur des étagères de bois blanc ou d’acajou massif, qu’est-ce qu’une bibliothèque, sinon l’éternelle compagne de tout lecteur – son rêve le plus cher ?
Pourtant, entre les plaisirs offerts par le chaos généreux d’une caverne d’Ali Baba ou ceux, plus austères, que pro cure le classement, entre infini et rayonnages, faut-il néces sairement choisir ? Et n’y a-t-il pas quelque présomption à vouloir sédentariser, non les livres mais les textes, par défini tion nomades ? Existe-t-il un ordonnancement idéal du grand thésaurus livresque de l’humanité ? Pour peu que, à l’instar d’Alberto Manguel, on ait affronté en combat singulier,- et toute une vie durant, la nature profonde de la bibliothèque, telles sont bien les insondables questions que soulève, in fine, cet espace prétendument banal – voire, pour certains, parfaitement démodé !

Après Une histoire de la lecture, Alberto Manguel offre donc ici un essai « contigu », au propos lumineusement com plémentaire, d’où il appert que construire une bibliothèque, privée ou publique, n’est rien de moins qu’une mise à l’épreuve d’ordre philosophique dont l’avènement annoncé de la bibliothèque électronique ne saurait réduire la portée.
Voyage au coeur de nos livres et histoire de leurs de demeuress, La Bibliothèque, la nuit, en faisant la part belle aux heureuses ténèbres que l’imaginaire de tout lecteur se plaît à hanter, nous rappelle à quel point les livres, réinventant sans fin la « bibliothèque » qui les accueille, sont seuls maîtres de la lumière dans laquelle ils nous apparaissent – ces livres qui en savent décidément sur nous bien davantage que nous sur eux.
– DICTIONNAIRE DES LIEUX IMAGINAIRES, de Alberto Manguel et Gianni Guadalupi (Actes-Sud)
De A, comme Abaton, à Z, comme Zuy, voici qu’un dictionnaire nous offre la plus merveilleuse des invitations au voyage. A partir des univers que de tous temps se plurent à inventer les écrivains du monde entier, Alberto Manguel et Gianni Guadalupi, forts de leur conviction que la fiction est réalité, ont recensé lieux imaginaires et sites chimériques. Ils en rappellent la situation géographique, la topographie, le climat, la faune et la flore, les formes de gouvernement, les transports et moyens de communication, les mœurs et les coutumes locales, les curiosités touristiques ou les spécialités locales… Rien n’étant inventé, on pourra vérifier dans les textes cités l’exactitude de toutes ces informations, qu’enrichissent par ailleurs « les indispensables » du genre : cartes, plans, dessins, assortis de conseils pratiques, si utiles au voyageur…

Labyrinte II, gravure de EriK Desmazières
Recensés avec une extrême rigueur mais loin de tout souci d’exhaustivité, les auteurs et les ouvrages cités ont été choisis selon la seule règle du plaisir. Chaque article de ce dictionnaire, s’il invite à un voyage passionnant à travers l’un ou l’autre des lieux imaginaires, est également prétexte à découvrir — ou à redécouvrir — comme autant d’îles au trésor, des œuvres illustres ou plus secrètes.
Aussi, comment ne pas engager le lecteur à suivre sans délai cette recommandation d’Italo Calvino : « Dans la Bibliothèque du Superflu dont j’aimerais qu’elle trouve toujours une place sur nos étagères, ce Dictionnaire des lieux imaginaires est, sans l’ombre d’un doute, un ouvrage dont la consultation est indispensable » ?
– LE ROI VIENT QUANT IL VEUT, de Pierre Michon (Albin Michel)

« Parmi les entretiens quej’ai donnés depuis 1984,j’en ai réuni trente. On y trouve le jeu de masque que ce genre exige, des contrevérités peut-être, de l’incongru, des traits de mauvaise foi, mais sûrement aussi quelques vérités, pas toutes involontaires. et puis, relisant ces propos, je me dis qu’à défaut de la vérité introuvable, on y trouve enlacés les souvenirs et les lectures qui m’ont constitué : le panthéon aztèque et la chasse à Dieu dans Moby dick, ‘le petit roman de trente pages’ de Lautréamont et le rasoir d’un théologien anglais, une écoute enfantine de Salammbô qui est sa scène primitive, des lieux et des noms. Meleville et Faulkner, Beckett y voyagent parmi des toponymes limousins; Mes mort bavards, Flaubert, Rimbaud et Villon, Giono et Borges, Hugo y fréquentent des prolétaires morts sans discours.J’ajoute que, sij’ai peu touché aux entretiens quej’avais donnés par écrit,j’ai retouché librement ceux qui, enregistrés, avaient été récrits par mes interlocuteurs. que ceux-ci ne me tiennent pas rigueur de cette réappropriation. » (Pierre Michon).
Un livre remarquable, incontournable, définitif.
– LE SECRET DE JOE GOULD, de Joseph Mitchell (Calmann-Lévy)
« Madame, lui a répondu Gould, il est du devoir des gens de bohèmes de se donner en spectacle. Si mon laisser aller vous conduit à penser que je suis ivre mort ou que ma place est chez les fous, cramponnez-vous à cette certitude, cramponnez-vous bien, surtout, cramponnez-vous et étalez votre ignorance. »
Dans le New York de l’après-guerre, Joseph Mitchell imposa un nouveau style journalistique avec ses portraits d’une surprenante humanité. Plus que tout, il aimait les marginaux, « les imposteurs, les fanatiques et les âmes perdues ». Ces qualificatifs s’appliquent parfaitement à Joe Gould, vagabond écrivain de Greenwich Village, qu’il rencontra en 1942 et qui lui inspira ses deux plus beaux articles, réunis dans Le Secret de Joe Gould. Ce livre culte, célèbre dans le monde entier, est traduit en français pour la première fois.

Joseph Mitchell, journaliste vedette de « the New Yorker »
« Joseph Mitchell est un cas rare et précieux, à la fois artiste et reporter. Le Secret de Joe Gould est une merveille, à classer au même rang que les plus grands chefs-d’oeuvre de la littérature. » Salman Rushdie
« Voilà ce qu’aurait pu écrire Borges s’il avait été originaire de New York. » Martin Amis
« Un bon conseil : maintenant que ce livre est enfin disponible, ne vous contentez pas de le lire, faites des provisions d’exemplaires à offrir, au cas où… » Julian Barnes
NEW YOK, THE NEW YORKER ET JOSEPH MITCHELL
Fameux, dès les années 30, pour ses portraits de rue (publiés dans un recueil fort justement intitulé Je tends l’oreille), Joseph Mitchell, qui fuyait «les auteurs distingués, les ministres et les actrices de moins de 35 ans», connut son heure de gloire avec les deux textes magistraux – jusqu’ici inédits en français – qu’il consacra à Joe Gould, alias Pr Mouette, clochard philosophe et haute figure de Greenwich Village.
Joe Gould a donc vraiment existé. Fils de médecin, diplômé de Harvard, ancien mesureur de crânes chez les Indiens du Dakota et futur interné psychiatrique, ce marginal enguenillé a passé l’essentiel de son temps à traîner dans les cafés, consignant dans une multitude de cahiers son Histoire orale de notre temps, au motif que «l’histoire d’une nation ne s’écrit pas sur les champs de bataille mais dans ce que les gens se disent tous les jours».

Joe Gould, le poète façon mouette, le mytho façon provo.
Traînant sa crasse et ses sarcasmes dans les bars underground de la Grosse Pomme, Gould pouvait tout aussi bien, en échange d’une piécette, d’un gin ou d’une bière, réciter des poèmes ou s’adonner à son exercice favori, à savoir ôter ses chaussures et esquisser un pas de danse en imitant le cri de la mouette. Selon leur humeur, les gloires branchées du moment, poètes, artistes ou journalistes, traitaient Joe Gould avec humour ou condescendance. Joseph Mitchell, lui, dépassa ces loufoqueries pour se pencher sur ce personnage hors du commun et sa fameuse Histoire orale, onze fois plus longue que la Bible (à en croire son auteur) et refusée par toutes les maisons d’édition. Arnaqueur ou génie méconnu, Gould? Là, bien sûr, n’est pas la question. Si, dans Le Secret de Joe Gould, Mitchell réussit à merveille son tableau pointilliste du New York des années 40-50 et le portrait tragi-comique de ce bouleversant roi de la cloche, son premier mérite est de garder au personnage toute sa complexité. Et son mystère (extrait de Olivier Le naire).
– UN DILETTANTE À LA CAMPAGNE, de Patrice Orcel (Gallimard)
Amoureux passionné de musique, de littérature, de philosophie, et tout simplement de la campagne autour de lui, un homme se retire un peu avant l’heure pour jouir en paix de la beauté du monde. Il rêve d’écrire un essai sur les Mémoires de Saint-Simon, œuvre admirée entre toutes, mais son travail n’avance guère.
Dilettante ? Oui, mais loin du personnage distrait, frivole et même un peu paresseux qu’on imagine ordinairement sous ce nom. Son dilettantisme à lui serait plutôt l’une des formes possibles de la sagesse aujourd’hui.
Démangé, titillé par l’envie d’écrire à toute force, notre dilettante remise quelquefois son Saint-Simon et verse dans ses propres Mémoires. Il s’abandonne alors à ses rêveries, s’insinue sans vergogne dans la vie d’une belle marchande de chaussures, d’un savant, d’un notaire et de quelques autres. Il se promène avec eux dans sa campagne périgourdine, à Autun ou ailleurs. Irrité par les mœurs du temps, il ne manque pas une occasion de râler.
Après des péripéties que lui-même n’attendait pas, il nous livre ici ses petites proses.
– COMMENT JE SUIS DEVENU ÉCRIVAIN, de V. S. Naipaul (10 – 18)
» J’avais tout au plus onze ans lorsque j’eus envie de devenir écrivain ; et alors, très vite cela devint une ambition bien ancrée.
» De la révélation précoce de son désir d’écrire, transmis par son père, journaliste autodidacte, à son accomplissement talentueux, V.S. Naipaul, qui a reçu en 2001 le prix Nobel de littérature, retrace pour nous un chemin qui fut long et parfois difficile pour cet homme partagé entre les souvenirs lointains de l’Inde ancestrale, Trinidad, où il fut élevé, et le monde totalement étranger des romans anglais qu’il lisait.
PETITS TRAITÉS – ABÎMES ; SUR LE JADIS ; LES OMBRES ERRANTES, de Pascal Quignard (Folio, Gallimard)
Les Petits traités » furent longtemps inaccessibles. Commencés en 1977, achevés en 1980, refusés par de nombreux éditeurs, les huit volumes ont attendu 1991 pour paraître dans leur intégralité. »
(…)
« C’était à mes yeux une quête mythique. »
(…)
« Les Petits traités recueillent les os calcinés dans ce qui reste du feu le plus ancien, prélèvent les taches sur les rideaux de litière, fouillent les crevasses des grottes, surprennent l’énigme du rejet de la lettre z au bout de l’alphabet français, ramassent les peurs dédaignées, la queue de la cédille, les petits doigts qui parlent, la relique de la pensée ».(Pascal Quignard).
On pourra conntinue la lecture de pascal Quignard avec la suite des Petits traités :
– SORDIDISSIMES – LES APRADISIAQUES, de Pascal Quignard (Grasset)
Le Livre: « Un diptyque Les deux volumes, Les Paradisiaques, Sordidissimes, forment un diptyque. D’un côté le lieu enchanté, de l’autre côté l’objet d’épouvante. Comme dans les contes, c’est l’objet sordide qui permet de s’introduire dans le lieu le plus doux. Il s’agit d’un couple indissociable. Face au monde utérin qu’on quitte dans la naissance, le monde souterrain où on entre dans la mort. Face au lieu perdu involontairement, l’objet qu’on perd activement en le plaçant auprès de la dépouille. Face au site introuvable où le corps se fabrique, la tombe qu’on cherche à signaler à la communauté avec des pierres qu’on amoncelle. Sordidissimes Sordidissimes – le tome V de Dernier royaume – est consacré à l’objet sale et sacré, originaire et voilé, malodorant et contagieux, indigne et précieux. A Rome on appelait « sordes » les habits de deuil, qu’on déchirait, qu’on ne lavait pas. Les Otomi appelaient « Vieux sac » la poche utérine qu’ils vénéraient comme une hotte merveilleuse. Anna Freud demanda à être enterrée dans le vieux manteau de son père qu’elle avait fait reprendre par une couturière dans ce dessein. L’objet sordide est le sexe masculin voilé qu’on dévoile au cours des mystères. Puis c’est l’objet qu’on sacrifie dans la tombe en le plaçant auprès du mort. C’est ce que Georges Bataille appelait la part maudite. C’est ce que Jacques Lacan appela « objet petit a ». C’est ce que les new-yorkais appelèrent junk. C’est ce que les anciens Japonais « blessés » par l’amour cherchaient à exhiber comme autant de « blessures » prestigieuses, petits doigts coupés, fourreaux de pénis découpés, cheveux tranchés, témoignages des bagarres, preuves intimes et rebutantes des sentiments intenses qu’ils portent à ceux ou celles qu’ils aiment. Sordidissimes rassemble toutes ces reliques, miroboles, jokers, gâteaux apéritifs, la fève des rois, la crête du coq, la bûche de Noël, la laisse de mer, les langues mortes, le nombril, tous les secrets, le silence. » Pascal Quignard
– ESSAI SUR L’ART DE LA FICTION, ,de Robert Louis Stevenson (Payot)
Stevenson essayiste ? Théoricien de la littérature ? La France, curieusement, l’avait jusqu’ici ignoré.
Et pourtant, L’Ile au trésor fut bien publié, aussi, comme un manifeste littéraire, encadré, prolongé par une série de textes qui constituent la réflexion la plus novatrice de l’époque sur l’art du roman. La presse unanime a salué l’édition française de ces Essais (sans équivalent, d’ailleurs, en langue anglaise) comme un événement : le seul ensemble théorique d’envergure jamais écrit sur la littérature d’aventures, et au delà sur ce frisson aventureux où Stevenson voyait l’essence même de la fiction.
– CARNETS, de Anton Tchekhov (Chrisitan Bourgois)
Étonnant charivari, pêle-mêle sans pareil : ces Carnets occupent une place à part dans l’œuvre de Tchekhov.
Ici une nouvelle balbutiée, là un laboratoire de noms propres inventés, ailleurs des propos et croquis saisis sur le vif, des aphorismes, des rages, des coups de cœur… Toute une pléiade d’instantanés narratifs. Rarement on aura approché avec tant d’acuité l’attention rare avec laquelle Tchekhov considérait le monde et le travail d’écrivain qui en résultait. On reconnaît sa plume, aussi tendre que caustique, et son impitoyable drôlerie.

Mais ce n’est pas tout. Tchekhov note aussi des adresses, des noms de fleurs qu’il souhaite planter, des compositions de médicaments et, cela, enlacé à des réflexions personnelles, des propos mis dans la bouche de personnages qui, pour nombre d’entre eux, n’apparaîtront pas ailleurs et resteront comme des personnages éphémères, propres à ces pages. Tchekhov est là tout entier, dans son quotidien d’écrivain et même si, à l’évidence, ses Carnets n’étaient pas destinés à la publication, il eût été dommage que le public français en soit privé alors qu’ils ont paru depuis longtemps en Russie.
– MONSIEUR TESTE, de Paul valéry (Gallimard)
« La bêtise n’est pas mon fort. » Le narrateur, qui commence par cette affirmation, est un homme qui a vécu. Il aurait pu être valablement célèbre. Mais, dit-il, « je me suis préféré ». Il rêve « que les têtes les plus fortes, les inventeurs les plus sagaces, les connaisseurs le plus exactement de la pensée devaient être des inconnus, des avares, des hommes qui meurent sans avouer. » Monsieur Teste, qu’il rencontre dans un café, est un de ces héros silencieux.
Dans La Soirée avec Monsieur Teste, Valéry explique pourquoi, à la recherche du succès littéraire, auquel il aurait pu légitimement aspirer suivant le voeu de ses amis, il a préféré autre chose. La recherche du succès entraîne nécessairement une perte de temps : » Chaque esprit qu’on trouve puissant commence par la faute qui le fait connaître. En échange du pourboire public, il donne le temps qu’il faut pour se rendre perceptible… » M. Teste est un homme qui a mieux employé son temps : » J’ai fini par croire que M. Teste était arrivé à découvrir des lois de l’esprit que nous ignorons. Sûrement, il avait dû consacrer des années à cette recherche : plus sûrement, des années encore, et beaucoup d’autres années avaient été disposées pour mûrir ses inventions et pour en faire ses instincts. Trouver n’est rien. Le difficile est de s’ajouter ce que l’on trouve. » Tel était bien sans doute le programme ambitieux que s’était assigné Valéry lui-même à l’époque où il rédigeait cette fameuse Soirée avec Monsieur Teste. » Cet ouvrage a paru pour la première fois en 1896 dans la Revue Centaure. «
– ABRÉGÉ D’HISTOIRE DE LA LITTÉRATURE PORTATIVE, de Enrique Vila-Matas (Christian Bourgois)
Enrique Vila-Matas est un voleur de noms. Dans une valise, il les transporte sur des chemins étrangers. Europe, Afrique rêvée, au gré d’une fantaisie alerte et armée de lectures orientées dans le sens du plaisir et de la grâce. Qu’il ouvre sa valise, les noms s’échappent – Duchamp, Larbaud, Gomez de la Serna et cent autres. » Les textes de l’écrivain barcelonais frappent par leur construction virtuose, comme s’il jonglait avec ses intrigues, bourrées de références littéraires qu’il n’est pas indispensable de décrypter pour les goûter. L’ironie est toujours présente, provoquant un plaisir particulier. L’amusement entraîne le lecteur dans une complicité supérieure à celle que pourrait amener l’identification. Que la réalité en soit réduite à devoir être décrite par la littérature semble un paradoxe très réjouissant à Enrique Vila-Matas. «
– PARIS NE FINIT JAMAIS, de Enrique Vila-Matas (Christian Bourgois)
À l’occasion d’une conférence qu’il doit donner à Barcelone, un écrivain revient sur ses années de bohème et d’apprentissage littéraire à Paris. Sous la figure tutélaire d’Ernest Hemingway, il dit son amour pour cette ville à travers les souvenirs de ses premiers pas dans l’écriture. Maniant en maître l’ironie et la digression, Enrique Vila-Matas nous offre une promenade décalée, à la fois tendre et grinçante, dans la mythique capitale.
Enrique Vila-Matas revisite ironiquement son séjour parisien quand il aspirait à devenir écrivain. Pour imiter son idole Hemingway, le héros choisit de loger dans une chambre de bonne, celle de Marguerite Duras, et d’écrire son premier roman.
– LA RAISON D’ÊTRE DE LA LITTÉRATURE suivi de AU PRÈS PRÈS DU RÉEL, de Gao Xingjian (L’Aube)
« Je ne sais si c’est le destin qui m’a poussé à cette tribune… » Ainsi commence le discours que Gao Xingjian a prononcé à Stockholm, lors de la réception du prix Nobel de littérature. Gao Xingjian réaffirme sa foi dans une littérature libre de toute contrainte, où l’écrivain ne représente que lui-même. Étonné que l’on veuille enfin l’écouter, il explique que la littérature reste la seule consolation pour survivre dans un monde fou… et la seule façon pour l’homme de se sentir vivant dans ce monde-là. II nous a semblé important d’adjoindre à la publication de ce discours les dialogues sur l’écriture échangés par Gao et son ami Denis Bourgeois, dialogues qui viennent confirmer l’opinion de l’auteur: « L’écriture, pour moi, c’est un moyen de supporter l’existence. »


Diogène le Cynique (327 avant J.C), plus connu sous le sobriquet de Diogène le Chien fut le contemporain de Socrate, Platon, Aristote, Épicure et le disciple d’Antisthène qui le rouait de coups de bâton. Il mourut à Corinthe qui lui consacra une colonne surmontée d’un chien, tandis que ses concitoyens lui élevaient une statue. Il fut, selon Aristote, le fondateur de la secte cynique – du grec kunismos «qui concerne le chien» . Cette école était ainsi appelée parce que ses adeptes avaient du chien la vigilance hargneuse et que d’autre part ils se réunissaient au lieu-dit «le chien agile».
C’est Diogène qui, dit-on, vivait nu dans un tonneau, se masturbait sur la place publique, apostrophait les grands. Il aurait répondu au dieu vivant, Alexandre lui-même, qui se proposait d’exaucer tous ses vœux le très fameux et très impertinent «Ôte-toi de mon soleil». À Platon qui venait de définir l’homme comme un animal à deux pattes sans plumes, il aurait présenté un poulet plumé ponctué d’un vigoureux «Voici l’homme selon Platon!». Il parcourait inlassablement les rues d’Athènes, morigénant, insultant, rageant, se proclamant «citoyen du monde». Il écrivit quelques pièces aujourd’hui perdues. Mais ce n’est pas certain. Sa vie est un tissu d’anecdotes scandaleuses, excentriques, provocatrices, rapportées par quelques doxographes, notamment par Diogène Laërce.
Paul Hervieu (1857-1915) s’inscrit dans cette tradition. Son Diogène le chien est un joyau de concision et de style. Il restitue une Athènes étonnamment vivante, celle du IVe siècle des philosophes, avec luxe détails et érudition. Dès les premières pages le lecteur est plongé dans la vie quotidienne de la ville, pénètre avec minutie ses rites et coutumes. Il suit pas à pas les agissements de ce «Socrate en délire» que fut Diogène selon la formule de Platon, se réjouit de ses bons mots, participe à ses intuitions, se scandalise de ses audaces, exulte de ses provocations; et admire avec envie cette liberté sans faille qui est sans le moindre doute la caractéristique majeure de ce philosophe en acte que fut Diogène.
Diogène le cynique, de Paul Hervieu (éditions Manucius)

Le roman du Père Diogène, jamais réédité depuis 1920, met en scène les tribulations d’un professeur d’université qui choisit de vivre et de penser, au début du XXe siècle, selon la tradition des philosophes cyniques de l’Antiquité. Une prose d’aspect tranquille, les mésaventures graves et burlesques de son héros ne doivent pas faire illusion sur l’enjeu véritable de ce texte : la sagesse recherchée à partir du cynisme et du stoïcisme (qui tous deux opposent la « loi naturelle » à la « loi sociale ») a pour monde une communauté universelle sans classes et sans État.
Aujourd’hui à peu près oublié, Han Ryner (1861-1938) est l’auteur d’une cinquantaine d’ouvrages et de très nombreux articles de revue. Son œuvre théorique et romanesque est élaborée à partir de la philosophie grecque, selon une approche qui creuse l’écart entre une visée d’harmonie et les multiples variantes justificatrices de ce qu’il appelle le « dominisme » et le « servilisme ».
Le père Diogène, de Han Ryner (éditions Premières pierres)

Ce premier volume de la série, met aux prises les membres du Club avec un curieux collectionneur dénommé Benjamin Lacurie. Quand certains collectionnent les autographes et d’autres les boutons de culotte, Lacurie semble s’être pris d’une passion irrépressible et quasi-mystique pour… les têtes humaines. Ce sera l’occasion pour le lecteur de faire la connaissance des sept membres du Club Diogène, cinq hommes et deux femmes aux caractères tranchés: Vayec, Franklin, Fédor, le Maréchal, d’Orville, Camille et Lison… autant de pseudonymes, car l’identité réelle, l’existence de chacun des membres sont scrupuleusement conservées secrètes.
Chef d’oeuvre, de Stéphane Mouret et Jérôme Sorre (éditions La Clef d’argent, collection Le Club Diogène).
Chef d’oeuvre de Stéphane Mouret et Jérôme Sorre: Premier volume d’une série intitulée « Le Club Diogène » (on appréciera l’holmesienne allusion), ce roman permet au lecteur de faire la connaissance des membres de ce club qui, par ennui, pour se déprendre de la routine quotidienne, entreprennent des enquêtes sur des affaires bizarres, hors du commun, comme ici la disparition de la tête d’un condamné à mort et de son panier. Ce qui leur permet de tomber sur un collectionneur enthousiaste mais très particulier dont la quête, rien moins que métaphysique, le conduira, in fine, à l’échafaud… On attend la suite des investigations de ces dandys fin de siècle avec curiosité.
(Jacques Baudou, Le Monde)
Dans ce deuxième volume, Vayec apprend à ses dépens qu’on ne courtise pas impunément une prostituée fantôme, surtout si son ancien amant était un marin au long cours. Quant à cette chanteuse sur le retour, tout irait pour le mieux avec elle, s’il n’y avait ce prétendant insistant qui trucide allègrement tous ceux qui tentent de s’en approcher. Et d’ailleurs, ce curieux tueur d’amants, ne ressemble-t-il pas furieusement à Monsieur, le mystérieux initiateur des soirées du Club ?
Vilaines Romances, recueil de Stéphane Mouret et Jérôme Sorre (éditions La Clef d’argent, collection Le Club Diogène).

Vivant dans un tonneau, Diogène de Sinope, personnage entre mythe et réalité, « cherche un homme » à la lumière de sa lanterne éteinte (en plein jour), apostrophe les passants et lance son fameux « ôte-toi de mon soleil » à Alexandre-le-Grand venu lui proposer de l’aide… Bref, il est « médiatique » avant la lettre, c’est-à-dire plus spectaculaire que profond. S’il vivait aujourd’hui, il passerait à la télévision non pour apporter la contradictionaux grands penseurs du petit écran mais pour les entarter en direct. En même temps, il fait montre d’une belle intégrité en vivant jusqu’au bout son vœu de pauvreté et gagne notre sympathie en restant ce rebelle plein de panache. Il nous permet aussi de mieux connaître deux philosophes importants, Antisthène et Platon, et cette Grèce antique, mère de toutes les démocraties. Le tout en alexandrins, que l’auteur souhaite remettre au goût du jour, comme le firent Hugo et Rostand deux siècles après Molière et Racine.
Dessinateur, scénariste, journaliste, Rampal fait une entrée triomphale au théâtre en 1992 avec « Célimène et le Cardinal », une comédie en vers, sept fois nommée aux « Molières » et par deux fois récompensée. Depuis, il a écrit de nombreuses pièces en prose et trois en vers, dont « Esmeralda » (1994) et, tout récemment, « Le Galant sanguinaire ». Avec « Diogène le cynique », Rampal porte la comédie en vers à des sommets d’humour et de virtuosité.
Diogène le cynique, de Jacques Rampal (Les Impressions nouvelles)

Avec Diogène, on rit et on réfléchit. Pourquoi dit-il qu’un enfant est plus sage que lui ? Que demande-t-il aux statues sur la place du marché dans la Grèce antique ensoleillée ?
Une amusante réflexion sur l’amour de la liberté.
La lanterne de Diogène, de Françoise Kerisel, illustrations de Frédérick Mansot (Desclée de Brouwer)

Si le vin est est une boisson divine d’une étrange sorte, et « le fruit de la vigne et du travail des hommes » de l’autres, il peut arriver aussi que le Malin, à défaut de sucre ou de fruits y apporte son grain de sel – ou de souffre. Et c’est au Chili, dans la casablanca vallée, que notre homme vilain s’est mis à sévir. Casillero del diablo, autrement appelé Le Casier du diable est à la fois un vin du nouveau monde est un vin de connaisseur. Cher, certes, mais qui ravira les amateurs de « parkerisation » de fruits noirs et de vin boisé, sur les rouges. En cabernet sauvignon ou en merlot, c’est un vin puissant et difficile à « comprendre », à la première gorgée pour nos palais français. Et puis l’on s’habitue, le vin s’ouvre, se fait plus rond et les fruits se fondent. En blanc, le Casillero exprime son cépage chardonnay comme une symphonie diabolique. Difficile de résister devant tant de tentation…
A découvrir à petite gorgée en lisant – ou en relisant – Le Dictionnaire infernal de l’infortuné Collin de Plancy, par exemple.

Le vin Diogène
Comme un vin pur, sa tonne épanchait les bons mots.
Puis, son front soucieux, ridé par la satire,
Aux phalènes d’amour que sa lanterne attire
Souriait, et, narguant ses rivaux ébahis,
Il frottait sa laideur aux charmes de Laïs…
Diogène, par Hégésippe Moreau, in Poésies

La cuvée Omar Khayam
– CHÂTEAU MICHEL DE MONTAIGNE – appelation Montravel, blanc et rouge.
– 1815 – appéritif à base de vin, avec un grognard sur l’étiquette
LA BIBLIOTHÈQUE AUTOUR DU VIN
A venir…
Gagnez vos places VIP pour Roland-Garros
Jouez maintenant en ligne avec la célèbre émission télé !
Jouez au jeu culte sur internet! Gratuit!
Découvrez la nouvelle version du célèbre jeu en ligne !
Droits de reproduction et de diffusion réservés ©2012 France Télévisions Interactive