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ÉROTIQUE DE LA LECTURE

 

Par Marie-Lucile Kubacki

On désire lire. On ouvre un livre. On pénètre dans l’histoire. On caresse des pages et des idées. On dévore un récit. On lèche un style. Plaisir de la lecture. Goût des mots. Du livre au lit, il n’y a qu’une couverture. Du livre aux lèvres, le même désir. L’écrivain Roland Barthes parle d’une érotique de la lecture. Dans la lecture, un désir, celui de lire, de savoir, et son objet, le livre, son contenu. La lecture est intime. On s’isole pour lire. Souvent dans une chambre. Le texte appelle le sexe autant que le sexe appelle le texte. C’est une longue histoire.

Dans l’Enfer de Dante, on trouve une lectrice, Françoise, parmi les âmes damnées. Françoise explique qu’elle est tombée dans l’adultère à cause d’une lecture :

« Un jour nous lisions l’histoire de Lancelot
Quand l’amour nous a pris
Et nous n’avons pu lire davantage »

Le désir existait avant la lecture mais c’est la lecture qui a révélé le désir en posant des mots sur ce qui, jusqu’ici, n’était pas nommé. Le motif parcourt la littérature et revient sans cesse. Dans Le Rouge et le Noir, c’est dans la bibliothèque que tombent amoureux Julien Sorel et Mathilde de la Môle. Dans la bibliothèque que se dit et se vit l’amour. Il arrive parfois que la table d’écriture devienne elle-même chair. C’est sur le dos d’une courtisane que Valmont, le libertin machiavélique des Liaisons Dangereuses écrit à la femme qu’il veut séduire.

« La table même sur laquelle je vous écris, consacrée pour la première fois à cet usage, devient pour moi l’autel sacré de l’amour »

Emma Bovary et Léon, parlent de leurs amours à travers leurs lectures. Le livre est prétexte à l’aveu et alibi de la déclaration. On parle de soi à travers lui. Graziella, l’héroïne de Lamartine, désire son amant quand il lui fait la lecture :

« Elle regardait avec de grands yeux bien ouverts tantôt le livre, tantôt mes lèvres, d’où coulait ce récit (…) elle l’ouvrit, comme si elle eût pu, à force de volonté, en comprendre les caractère. Elle lui parla, elle
l’embrassa » (1)

Embrasser le livre c’est déjà embrasser les lèvres. Le livre est un entremetteur.
La littérature est érotique. Offrez des livres.

(1) Sce. Anfray C., La lectrice ou la révélation du désir. Etude de la scène de lecture dans les romans du XIXe siècle, Revue d’Histoire Littéraire de la France 2005/1, Vol. 105, p. 111-119)

La liseuse de roman (1853)

de Antoine Wiertz

20 FÉVRIER

Mon bon professeur P
je vous souhaite un soyeux anniversaire
 
c’est un jour à tailler les arbres
en forme de nuages
et les nuages
en formes de rivières
 
Il faudra marcher
dans les bois
et chercher

les empreintes de bêtes

que laisse la nuit

lorsqu’elle rêve

 

Il faudra faire avec

les petites choses

les noeuds de fils de pêche

les coups de vents

les coups de dents

 

Il faudra faire avec

et continuer

à dormir dans les livres

à faire des tartes aux enfants

à graffitter les solitudes

à regarder devant

 

Mon bon profeseur P

à la bonne votre

et à la tienne

Thomas V.

Thomas Vinau

anime les blogs

ETC-ISTE

FISH OFR SALE

GALERIE DE PORTRAITS EN FORME DE PATATES

VENISE ENCORE…

Photo de Christian Garcin, écrivain et voyageur raffiné, envoyée par l’auteur

DIDERODÉON

En passant à la station Odéon il y a quelques jours, je surpris Diderot, un bras chargé d’une liasse de journaux.

Merci pour votre  admirable Cabinet de curiosités qu’on voudrait ne jamais quitter !
 
Merci d’y avoir signalé La Mercerie Ambulante
 
l’ambuleuse, Marie-France Dubromel

CHOSES VUES :  Diderot à La station Odéon, le 10 11 2009.

POUR DÉCOUVRIR

LA MERCERIE AMBULANTE

CLIQUER ICI

« MONSIEUR X »

Ce texte sensible de mon ami Thierry Pernin qui porte sont accuité en bandoulière…

Monsieur X se lève tôt
il est d’origine tchèque
et à cause de son nom
on le prétend misérable
580 euros par mois
ce n’est certes pas Byzance
mais l’étranger s’en accommode
il s’est fixé une mission
le monde est encrassé
excepté sa garçonnière
un simple coup de balai
et au diable la poussière
il arbore un gilet jaune
la porte s’est refermée
et tel un éclair dans le couloir
il dévale les escaliers
la nuit a été calme 
pas de bouteilles cassées
sans ses antidépresseurs
Monsieur X aurait le cafard
Mais il évite de ressasser
il vient de traverser le sas
le hall de décompression
Monsieur X presse la pas
il s’est fixé un objectif
20 heures par semaine
une manne pour la ville
ou tout du moins l’imagine-t-il
quand aux services techniques
il prend son balai et sa pince
l’ensemble de l’équipement
ces armes d’adoubement
telles qu’il les envisage
entre les mains de son chef
le jour de la célébration
hardi chevalier sur la voie
bien entendue publique
notre héros regarde l’heure
il mange avec sa mère
toujours à la cantine   
la ville fait bien les choses   
Madame X jubile     
son fils lui offre des roses

Thierry Pernin,  4 novembre 2009

LES NOUVELLES DU DIMANCHE

Mon bon professeur p

comment allez vous ?
ici le soleil joue au ping-pong avec la pluie
nous sommes bien heureux en ce moment et bien débordés aussi
avec notre petit gaspard
j’ai une minerve autour du cou
à cause d’une méchante voiture
qui n’aime pas les poètes distraits dans mon genre
ma boite d’allumette qui raconte une histoire bizarre
avec des vieilles photos est sortie
j’essaierai de vous l’envoyer
si je trouve un moyen de la protéger du voyage postal
je voulais vous demander
si vous pouviez ôter de votre blog
mon un jour du sucre
dont je viens de signer un contrat d’exclusivité avec Motus
ce qui me vaut mes premiers à-valoir littéraire
bigre!
et par la sainte pute vierge en bois qui vieille sur les pirates
je vous souhaite un dimanche
de joie
amitié

Thoams












Cher professeur V.,

Contrairement à vous 

Je ne me suis pas cassé le cou

Car je n’ai toujours ni permis

Ni voiture

Et les premières gelées

Ne m’on pas pas encore fait glisser

La semaine fut belle :

Le talentueux Casajordi au téléphone pour un projet de collection

Qui pourrait vous intéreser

Que je lance chez un bel éditeur parisien

Il faudra que je vous raconte

Et puis l’ami Christophe Borhen aussi

J’aime bien le téléphone quand il permet de se rapprocher

Et puis Eva et Daniel Maja m’ont fait le plaisir

De venir aux cabinet de Curiosités

Nous avons bu du champagne

Et parlé des amis.

C’est ça, voilà, c’était une chouette semaine.

Et maintenant il fait nuit

Prenez soin de vous camarde


Eric

DES NOUVELLES DU PROFESSEUR THOMAS

REPONSES SAUVES DU VENT

amigo
j’ai tout bien reçu
c’est épatant !
tu seras avec Jérôme Lafargue
et on attend le troisième de cette série
ce sont des pures réponses de professeur P
je ne sais pas quand ce sera en ligne
te tiens au jus
je connaissais cette phrase d’issa, mais dans une autre version :

tous en ce monde
sur la crète d’un volcan
à contempler les fleurs

c’est une de mes phrase préféré, depuis longtemps
sinon ici ça va
on prépare l’arrivé de gaspard des bois
premier du nom
j’essaie de sauver des oisillons mais sans succé pour l’instant
tout en fumant des cigares
j’espère qu’un jour nous viendrons descendre une bouteille dans ton cabinet en t’écoutant raconter des anecdotes d’écrivains
prends soin de toi et des tiens
bise

Thomas

REPONSES SAUVES DU VENT

Questionnaire pour auteurs à tendance bordélique

Fleur de banque, de Justine Smith

PARIS VU PAR…. JEAN-LUC BITTON

Paris, tour Eiffel… Non, Paris Tour Saint-Jacques… C’est ce Paris-là qui compte. même si il n’existe guère, du fond de ma campagne, je joue avec comme si c’étaient des soldats de plombs… Et voilà l’ami Jean-Luc Bitton, gardien de Jacques Rigaut et de beaucup d’autres, Piéton de Paris, voyageur nocturne – et poète qui s’ignore – qui m’envoie la belle tour avec un petit mot de son cru… c’est Paris… Paris, tour Saint-Jacques, le vrai Paris, mon Paris.

Libre de ses gangues qui l’emprisonnaient depuis de longs mois
Elle surgit blanchie, rincée, sublime dans le ciel estival de Paris
Ses gargouilles comme des proues  prêtes à nouveau
A cracher le plomb en fusion sur la plèbe, de l’or sur queques-uns…
She’s the tower of my brother Jacques !

Jean-Luc Bitton

 

Le gardien vous recommande la lecture de :

EMMANUEL BOVE : LA VIE COMME UNE OMBRE, de Raymond Cousse & Jean-Luc Bitton (Le castor Astral, éditeur incontournable)

une critique de mon ami Catheline van der Branden:

Emmanuel Bove est un auteur qui n’est pas très connu aujourd’hui, hélas, mais c’est un écrivain d’exception qui a eu beaucoup de succès en son temps, dès la parution de son premier livre, « mes Amis. » C’est grâce à ce bijou que j’ai découvert la plume de Bove, si différente des autres. Un homme qui s’attache au détail insignifiant, celui qui compte le plus, qui met au jour l’essentiel. « La vie comme une ombre » est la biographie de cet homme, et d’une vie qui mérite vraiment d’être contée. Raymond Cousse avait déjà pris l’initiative de faire rééditer la quasi-totalité des écrits d’Emmanuel Bove, et il avait entamé la biographie de l’écrivain après dix années d’investigation, avec l’aide de Jean-Luc Bitton. Raymond Cousse a mis fin à ses jours en décembre 1991, et c’est Jean-Luc Bitton, lui-même un passionné de Bove, qui a pris la relève dans l’écriture dès le deuxième chapitre. Un travail formidable et formidablement réussi, tout y est, tout ce qui a pu être récupéré, la généalogie, les témoignages, les photos, des écrits retrouvés (en dernière section)… Il y a des moments extrêmement touchants, qui nous font retrouver les héros de Bove et nous permettent de reconnaître leur auteur et son univers intérieur, son authenticité. Tout est lié avec délicatesse, cela se lit comme un roman, et pourtant rien n’y est romancé; la vie de Bove méritait une telle biographie. J’ai lu ce livre d’une traite. Bravo aux deux auteurs de cette excellente biographie. Je vous encourage néanmoins à lire Bove avant d’attaquer sa biographie, vous l’apprécierez bien plus.

Et si vous aimez les suicidés-cinglés de la littérature, Arther Cravan, Jacques Vaché ou Jacques Rigaut précipitez-vous sur le blog de Jean-Luc Bitton :

« Ce blog est le livre « Debord » de mon travail en cours sur Jacques Rigaut,  un « work in progress», souvent méconnu, du biographe à l’oeuvre… »

Mon livre de chevet, c’est un revolver. Jacques Rigaut

COMME SUR DES ROULETTES

Salut Professeur
comment vas ?
Le connaissiez-vous
vous
ce Mickael
Quelquechose ?
 
ici ça va
je reste coincé
entre aujourd’hui
et demain
je voudrais bien
voir quelque chose
de formidable
j’attends
le vendeur
de glaces
pour lui tirer
sa cariole
jusqu’au fin fond
des enfers

Salut vous même professeur
Je vais aussi bien que vous
Oui je l’ai bien connu ce Mikael
C’était un Finlandais qui a traversé l’Atlantique
Pour se marier avec une Brésilienne
Même que nous allions ensemble
à la Cinémathèque
et que nous nous baignions dans la  Seine

Ici ça va aussi bien
que vous
Depuis hier
Jusqu’à aujourd’hui
J’entraîne l’équipe de veloféroces
Par tout les temps – même les beaux
Le tour de la ville des Amériques
Ne sera pas du gâteau
Alors on pédale
C’est notre idée fixe
Parce qu’un homme – très bien – averti
en vaut – au moins – dix..

Le gardien

P.S. MISS LUCIOLE vous ajouté à ses promenades favorites…

Et elle a le – bon – sens de la promenade

 

UN JOUR

Bise professeur…
 

Un jour
du sucre
se mis à tomber des arbres
(…)

LA SUITE EST À LIRE AUX

ÉDITIONS MOTUS

Thomas Vinau

ETC-ISTE & FISH FOR SALE

Oeuvre de David Delemare

Salut Professeur Thomas

 

Du Tac au tac !

Un jour
Des arbres
Se mirent à pleurer du sucre

C’était le début d’autre chose
Et pourtant pas tout à fait

Et  l’on se mit
A observer
D’étranges phénomènes

Celui-là devenait
Raconteur de marelles

Ou éleveur
de toupies

Dresseur
de petits pois

Et même
Amuseurs de lanternes

Et que faisait le président ?
Dis-le moi
Ami poète

Il se mit à éternuer
Et les nuages tout mouillés
Lui dégringolèrent sur la tête

Autour de lui
Les singes et les savants
Se mirent à rire

Les populations
Sortirent les instruments de musique

Et firent plus grand bruit
Que tous les beaux discours

Les châteaux de cartes
  Imaginèrent la farandole

Et quelqu’un
Tout là-bas
Dans la foule

Se dit à haute voix
« Tiens c’est peut-être l’été »

Alors les amoureux
Et même les autres

Déchirèrent leur papier
Éteignirent la télé
Et arrêtèrent de voter

Le gardien du cabinet

Et bonjour à la tortue de Jan Fabre.

signé La Mère Castor

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