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N.B. De nombreuses surprises sont à venir… Et à défaut de crémaillière, nous pendrons les incorrigibles optimistes. Enfin, nous méditerons ce mot de Voltaire : « Puissent tous les hommes se souvenir qu’ils sont frères. »

SUR LES PAS DE VIDOCQ

Vidocq aux Batignolles, Balade Conférence

RDV Samedi 10 avril 2010 à 14h30 – Place Richard Baret – Paris 17ème

« Vidocq aux Batignolles » est une balade conférence, ouverte à tous, proposée dans le cadre de l’Atelier d’Histoire Locale du festival du Rififi aux Batignolles. Cette balade sera commentée par Rodolphe Trouilleux, historien, auteur de nombreux ouvrages retraçant l’histoire de Paris et du désormais célèbre guide Paris Secret et Insolite.

Pour confirmer votre présence à la conférence (si ce n’est pas déjà fait) ou pour plus d’information sur l’Atelier d’Histoire Locale, envoyez un message à histoirelocale@gmail.com.

Vers 1830, au moment où Vidocq tentait d’arrêter les agissements d’une bande de voleuses, les « diablesses », la petite ville des Batignolles-Monceaux accédait à l’indépendance administrative. En effet, depuis toujours, ce territoire n’était qu’une annexe de Clichy-la-garenne. Depuis la fin du XVIIIe siècle, un hameau, situé près de notre « place de Clichy », s’était développé, autour du fameux « Père Lathuile ».
En parcourant les rues des Batignolles, nous tenterons de reconstituer, par l’imagination, la configuration des lieux en 1830 : une chapelle au milieu des champs, une mairie « provisoire », des spéculateurs avisés, des omnibus peu confortables, un air « plus pur que celui des autres communes », une brasserie, une pompe à eau, un marché couvert, de la boue dans les rues non pavées, des réverbères à huile et, plus loin, au milieu des Epinettes, le cabaret « de la petite Louve » où se réunissait la bande des Diablesses des Batignolles.
 

Le gardien qui connaït l’érudtion avenante et la bonhommie du Sieur Trrouilleux, ne peut que vous recommander la promenade détéctivesque….

LA JOURNÉE DE LA PROCRASTINATION

Devoir à rendre, rapport à boucler, facture à payer… et si jeudi vous décidiez de tout remettre au lendemain, pour participer à la «première journée mondiale de la procrastination» lancée par une jeune maison d’édition.
La procrastination consiste simplement à remettre au lendemain ce qui peut être fait aujourd’hui. Un comportement séduisant à bien des égards, mais qui peut être pathologique, se révèle souvent difficilement supportable pour l’entourage et a parfois de lourdes conséquences matérielles.

Signer le bulletin de notes du petit dernier ? Demain. Remplir la déclaration d’impôt ? Ce week-end. Prendre rendez-vous chez le dentiste ? La semaine prochaine. Réviser pour le bac ? Pendant les vacances. Aller voir sa vieille mère ? Plus tard, comme l’écrivain François Weyergans, lui aussi sujet à la procrastination, l’a mis en scène dans Trois jours chez ma mère

« La procrastination c’est une défense immunitaire face à une société extrêmement rude, un moyen positif de se défendre des assauts du monde contemporain », assure David d’Equainville, fondateur des éditions Anabet. Il a lancé un site Internet dédié à cette pratique (www.demaincestbienaussi.com) et édite en France un livre consacré à ce sujet de société, « Demain c’est bien aussi ».

La journée du 25 mars est « tout sauf un mot d’ordre », explique-t-il. C’est l’occasion «d’appuyer sur la touche pause, un temps de mise à distance, de réflexion».

Quant au livre, il « aborde la procrastination d’un point de vue positif », indique-t-il. Traduit de l’allemand – 30.000 exemplaires ont été vendus en Allemagne -, il « nous montre comment adapter le monde extérieur à nos capacités d’organisation limitées ».

Kathrin Passig et Sascha Lobo, « tous deux ceinture noire en procrastination », analysent le phénomène, décortiquent son fonctionnement, mais donnent aussi nombre de conseils pour procrastiner sereinement.

Ils listent ainsi « 10 choses que l’on peut laisser tomber sans mauvaise conscience », comme « contracter des assurances superflues », « ranger ses dossiers dans son ordinateur » ou « essuyer la vaisselle : cela se fera tout seul tôt ou tard ».

Ils présentent « un guide des bonnes manières » à l’usage des procrastinateurs ou LOBO (initiales de Lifestyle Of Bad Organisation), pour ménager leur entourage non LOBO : « ne pas promettre », « annuler à temps », «exiger des échéances»…

« À ce jour, les chercheurs ne sont pas tombés d’accord sur les origines de la procrastination », écrivent-ils, passant en revue les différentes hypothèses: « la procrastination est une mauvaise habitude », «celui qui procrastine a peur de l’échec », « les procrastinateurs sont perfectionnistes », etc.

En tout cas les procrastinateurs sont nombreux. Selon Passig et Lobo, « les activités de procrastination occupent environ un tiers du temps de veille quotidien d’un étudiant ». Et 20 à 30% de la population globale est considérée comme « lourdement procrastinatrice ».

Plutôt que de vous effrayer, plutot procrastiner…

FANTASTIQUE !

LITTÉRATURES JEUNESSE DES LIVRES POUR TOUS !


Samedi 27 mars 2010, des rencontres passionnantes auront lieu à la librairie l’Escale Littéraire (Paris XIVe) avec Anne Robillard, Fabrice Colin, Daph Nobody et Benjamin Lacombe

La littérature dite « littérature jeunesse » est extrêmement riche et séduisante. Si beaucoup d’adultes en lisent, elle est pourtant souvent considérée – à tort – comme une catégorie de littérature réservée uniquement aux juniors et aux adolescents.

En partenariat avec le site spécialisé en « littérature jeunesse et adolescente » Les Histoires Sans Fin (www.leshistoiressanfin.com), la librairie L’Escale Littéraire organise, le samedi 27 mars 2010 de 14 heures à 19 heures, quatre rencontres passionnantes, avec trois auteurs et un illustrateur :

Anne Robillard L’auteure québécoise a vendu en France plus de 1,5 million d’exemplaires des neuf premiers tomes des Chevaliers d’Emeraude. Elle viendra nous parler du tome 10 qui vient de paraître ainsi que de sa nouvelle série A.N.G.E (Éditions Michel Lafon) dont le premier tome paraît le 4 mars. Le grand public s’y retrouvera sans aucun problème.

Fabrice Colin pour la Saga Mendelson (Seuil jeunesse). Cette saga romanesque en trois tomes, traitée comme une véritable enquête, est l’une des séries les plus étonnantes de la littérature adolescente d’aujourd’hui. La série pourra également convaincre un large public.

Benjamin Lacombe est l’un des illustrateurs les plus connus. Il est en effet devenu l’une des figures incontournables de l’illustration jeunesse française. Son nouveau livre, adapté d’Edgar Allan Poe, Contes Macabres (Soleil Production), est destiné aux adultes.

Daph Nobody est un jeune auteur qui surfe avec talent sur la vague « vampires », dans son roman Blood Bar (Éditions Sarbacane). Grand admirateur de Stephen King, il ne dépareille pas de son modèle.

L’après-midi permettra bien sûr au public de rencontrer les quatre auteurs, d’acquérir et de se faire dédicacer leurs ouvrages.

Parallèlement, des discussions avec les auteurs seront organisées. L’objectif de cet après-midi est de faire découvrir aux adultes que ces livres, bien entendu destinés avant tout à un public jeune, peuvent tout aussi bien ravir les plus grands, à l’instar de Harry Potter, de La Croisée des Mondes ou même de la série Twilight. 

Les exilés de Fabrice Colin

Pour en savoir plus

LES HISTOIRES SANS FIN

Toute la culture de la littérature jeunesse

DIFFICULTÉS

Cher taulier, sans rapport avec le billet, puis-je te suggérer de limiter le nombre de billets affichés par page. Le scrolling devient difficile sur ton blog. D’autres lecteurs ont-ils la même expérience ?

APPAS

L’ADIEU AU LIVRE

D’une main, le président de la République veut déterrer Albert Camus pour le panthéoniser et, de l’autre, il enterre le livre et la lecture en France. Effectivement, un décret daté du 15 novembre supprime carrément le poste de directeur du livre et de la lecture au ministère de la Culture pour le transformer en directeur général des médias et des industries culturelles.

L’effet Camus n’est donc qu’une manœuvre du prestidigitateur de l’Elysée pour camoufler la casse annoncée du livre en France. Bien joué ! Un beau leurre médiatique, sans compter les éructations nauséabondes de Eric Raoult jaloux de ne pas passer à la postérité comme Marie N’Diaye.

Très peu d’échos de cette suppression dans la presse, à part François Bon et l’excellente initiative – salutaire provocation au débat public -malheureusement pas du tout suivie de Lalie Walker et Francis Mizio.

Les fossoyeurs du livre ont-ils gagné la guerre ou juste une bataille ?
Le livre avait déjà beaucoup de mal à résister à la conjoncture économique et à notre époque de l’image. Et pour l’aider, notre ministre de la Culture, auteur lui-même et neveu d’un passionné de littérature, n’a pas trouvé mieux que de supprimer la direction qui lui était consacrée. Une page se tourne, peut-être la dernière.

Très mauvais horizon pour les auteurs, lecteurs, libraires, bibliothécaires, critiques, éditeurs, traducteurs… sur une planète éditoriale qui n’était déjà pas au beau fixe. Après la Poste, l’Education nationale, le secteur de la Santé, la série noire continue au pays de Voltaire.

Mais, cette fois, la casse de la lecture et du livre risque de passer complètement inaperçue. Une manif de bibliothécaires, auteurs, libraires, éditeurs, journalistes, attachées de presse, sera sans aucun doute moins efficace qu’une prise de bitume par des cheminots, pompiers, enseignants.

La marge de manœuvre est aussi étroite que l’esprit des technocrates ayant eu cette belle idée. Ont-ils lu dans leurs livres d’Histoire que les dictateurs adoraient au dessert les livres flambés ? Bien sûr, j’exagère et cette suppression n’a rien à voir avec la période sombre du pays de René Char. Cela dit, attention à la crise de foie démocratique.

Frédéric Mitterrand n’en parlera pas à Montreuil
Dix jours après ce décret s’ouvre le salon international du livre Jeunesse à Montreuil. Frédéric Mitterrand quittera son quartier de la place Valois pour aller l’inaugurer. Quel sera le contenu de son discours d’ouverture ? Fera-t-il allusion à la grande décision prise récemment ?

Pas du tout. Il évoquera le rayonnement de la littérature jeunesse et saluera le travail réalisé par tous les acteurs de la chaîne du livre sans qui cette manifestation ne pourrait se tenir :

« La vitrine de notre pays qui s’est toujours battu pour la création littéraire. Blabla…. Merci à untel, merci à une telle… »

Et, cornaqué par une poignée de collaborateurs, il ira serrer les mains qu’on lui désignera et retraversera la Seine. Sur le chemin du retour, il relira Martin Eden de Jack London et trouvera formidable la trajectoire de cet auteur né sans livres. Espérons que le décret du 15 novembre ne vienne pas perturber sa lecture.

A quand le dernier livre publié, les librairies transformées en bars branchés, les bibliothèques en horlogeries de luxe, les maison d’édition en boîte de nuit… Autres temps, autres mœurs. Mais pas de panique, nous pourrons regarder en boucle les œuvres de Dany Boon et, pour changer de registre, celles de Jean-Marie Bigard. Peut-être aurons-nous droit aux oeuvres complètes de Guaino ?

Albert Camus écrivait « Je fus placé à mi-distance de la misère et du soleil ». Aujourd’hui, on aurait plutôt tendance à écrire : « Nous survivons entre casse sociale et inculture bling bling“’.

PS : Cher Ministre de la Culture-sans-livres, jetez un p’tit coup d’œil gauche de l’entrée du salon du livre Jeunesse et vous découvrirez un ‘magnifique’’ camp de Roms à ciel ouvert dans la carcasse d’une usine. Cette vision vous rappelera-t-elle la lecture de Panait Istrati ?

© Un article de mon ami Mouloud Akkouch pour Rue 89

L’AFRIQUE EN CHAMPAGNE

L’association Interbibly, en partenariat avec les libraires de Champagne-Ardenne, propose jusqu’au 25 novembre un festival consacré à la littérature africaine.

Dans le cadre de cette manifestation, la bibliothèque de Saint-André-les-Vergers a reçu Abdourahman A. Waberi. Né à Djibouti, Abdourahman A. Waberi a enseigné en France avant de se consacrer à l’écriture. À travers son œuvre constituée de poèmes, de nouvelles et de romans, il peint avec amour son pays, mettant en exergue sa grandeur et ses blessures. Quatre autres écrivains sont les invités de ce festival : Wilfried N’Sondé, André Brink, Ken Bugul et Véronique Tadjo
Mme Martre, responsable de la bibliothèque de Saint-André, a souligné qu’il revient à la bibliothèque dryate d’ouvrir ces rencontres d’auteurs.
Éric Poindron, éditeur du Coq à l’âne et animateur de la soirée, présente tout d’abord l’écrivain ainsi que son dernier livre, Passage des larmes. Puis il laisse la parole à Abdourahman A. Waberi qui répond aux diverses questions soulevées par son parcours et son œuvre.
On lui doit une belle définition du travail de l’écrivain : « Tu écriras, tu peindras et tu sculpteras dans la pluie de la lumière d’Afrique. Tu te consumeras dans l’exécution de ton œuvre. Qui sait, tu lui survivras peut-être… ».

MUSÉE DE MONTMARTRE SUITE MAIS PAS FIN

La Mairie de Paris n’a pas fait attendre ni le public, ni la presse, pour faire savoir, dans un communiqué daté du 12 novembre, que : « En ce qui concerne l’Hôtel de Rosimond, siège actuel de l’association- société du Vieux Montmartre et son Musée – et l’hôtel Demarne attenant, la Ville propose également de lancer, dans les mois suivant la fin d’activité, un appel à projets privés pour la reprise des lieux. Ces projets devront présenter une dimension culturelle, en lien avec l’arrondissement. »

Pourquoi donc chasser une association « privée » comme le « Vieux Montmartre » et présentant « une dimension culturelle, en lien avec l’arrondissement » pour caser un organisme tout aussi « privé » et devant accomplir la même mission culturelle ? Mystère…

Mystère ? Oh, pas vraiment, on peut penser, comme votre serviteur, que ces merveilleux bâtiments une fois vidés de leurs occupants, la Ville de Paris se chargera de laisser filer la situation, négligeant tout entretien des locaux – comme elle en a la détestable habitude – et que ces lieux, une fois dégradés, peur être squattés, seront alors mis en vente. Le prix du mètre carré – justifiera alors cette cession à des promoteurs, qui feront de ces bâtiments un carré réservé pour propriétaires chanceux, « typical of Mountmartreux ».
Fi de la dimension culturelle du Musée de Montmartre ! Quelle dimension culturelle ? Quoi ? Carco, Dorgelès, les impressionnistes, Renoir, Le Moulin de la Galette, et même – même ! – le Sacré-Cœur ? Connais pas…

Le grand problème dans cette histoire semble être, une fois de plus, l’ignorance de certains décideurs qui n’ont, probablement, jamais posé leurs augustes pieds sur le sol de la Butte. Ils croient peut-être que Montmartre se résume à la place du Tertre et à tout son attirail de souvenir « made in China » ?  Un reportage diffusé la semaine dernière sur une chaîne de télévision montrait les nombreux peintres chinois chargés de barbouiller des toiles « authentiques » figurant les coins les plus célèbres de la Butte…

Depuis toujours, le Musée de Montmartre forme justement, une sorte de « contrepoids » à toute marée touristique de pacotille. Pour qui veut la véritable – et passionnante – histoire de ces lieux, il suffit de pousser la porte de la rue Cortot. Là, les parisiens, les provinciaux, et les touristes, bienvenus, peuvent appréhender la véritable dimension artistique et spirituelle de Montmartre.
Une mauvaise gestion est reprochée aux administrateurs du Musée. Ah ?

Pourtant,  et je cite la réponse à la dépêche envoyée par ces mêmes administrateurs : « La Mairie, en tant que membre de droit, est titulaire de 4 sièges à notre Conseil d’Administration ; or les réserves sur la gestion, exprimées aujourd’hui, n’ont jamais été formulées en Conseil. »

Dans le même temps, la Mairie refusait d’accroître sa subvention, modeste, de 40 000 € plus la compensation du loyer qui est dû à la Ville.

Un peu  légère, cette Mairie de Paris qui, courant  2009 fit trois propositions successives contradictoires :

En février, devant la situation financière difficile : « Procédez à une liquidation judiciaire ».

En mars : On va vous aider (report du paiement du loyer) et étudier une solution pour pérenniser le Musée : gestion déléguée, transformation en Musée municipal ou augmentation de la subvention.

Et enfin fin octobre, après sept mois de silence : On vous coupe les vivres, donc nous vous suggérons une dissolution volontaire.

Un grand numéro de danse administrative, digne des plus beaux cancans Montmartrois !

Pourtant, pourtant, dans le communiqué de presse cité plus haut, la Ville se dit prête « à reprendre à tout moment contact avec l’Association pour étudier un plan de redressement sérieux ».

Pourquoi cet énervement, alors ? Mettons-nous autour d’une table et discutons, comme l’écrivent les responsables du Musée :  « Si ce plan devait passer par la solution du repreneur privé, avec la clause de dimension culturelle qu’elle évoque, l’Association le Vieux Montmartre serait d’accord pour incarner cette référence culturelle avec ses collections et son Musée classé Musée de France. »

La mémoire des lieux, la littérature, la peinture et toute la foule des oubliés de la Bohême exigent que nous fassions le nécessaire, voire l’impossible, pour sauver une fois de plus ce lieu magique et magnifique : le Musée de Montmartre.

Rodolphe Trouilleux

 

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PARIS SECRET & INSOLITE

LE MUSEE DE MONTMARTRE NE DOIT PAS DISPARAITRE !

Je suis resté un peu interdit à l’annonce de cette étonnante nouvelle : la fermeture possible du Musée de Montmartre. J’avais même du mal à y croire. Comment une institution parisienne aussi ancienne pourrait-elle être purement et simplement supprimée, comme cela, d’un trait de plume adminsitratif ?

C’est pourtant la triste vérité. L’Hôtel de Ville de Paris, jugeant ce lieu probablement trop démodé, peut-être pas assez « branché », ne donnera pas de subvention cette année, ne renouvellera pas le bail du bâtiment – dont la Ville de Paris et propriétaire – et demande que l’association, Société Historique et Archéologique du Vieux Montmartre soit dissoute !

Ainsi, par la volonté de quelques uns, cette association fondée par un groupe de passionnés en 1886 devra, non-seulement plier bagages, mais en confier le contenu – une très riche collection – au Musée Carnavalet et à la Bibliothèque Historique de la Ville de Paris.

C’est un peu vite oublier que si les ruelles de la butte attirent autant de touristes aujourd’hui, c’est justement parce le « Vieux Montmartre » et les passionnés qui en faisaient partie, se chargèrent de veiller à leur conservation.

Si Claude Charpentier ne s’était pas personnellement investi dans les années cinquante, dans son fameux « plan de sauvegarde de la butte Montmartre », que resterait-t’il aujourd’hui ? Montmartre serait devenu un quartier comme les autres, sans âme, d’une affligeante banalité.

Devons-nous céder le terrain définitivement aux vendeurs de souvenirs à deux sous ? Montmartre doit-il ressembler à un décor de cinéma ?

Le Musée de Montmartre, à travers ses expositions, a su montrer depuis des années quelle était la véritable valeur de ces lieux, son riche passé, loin des clichés de pacotilles. Utrillo, Willette, le cabaret du Chat noir, Renoir, Alphonse Allais, Erik Satie, le maquis, le Lapin agile, les moulins, les chansonniers, que sais-je encore, vivent encore rue Cortot grâce au Musée de Montmartre. Doit-on les oublier définitivement ?



Le « gymnopédiste »

Si l’on supprime le Musée de Montmartre, c’est un lieu de mémoire qui sera définitivement fermé au public, un lieu charmant et accessible à tout un chacun.

Mais que veut on faire de ces bâtiments une fois libérés ? Une résidence de luxe, où de riches habitants paieront au prix fort le droit de respirer l’air de la Butte ?

On ne me fera pas croire que ces lieux seront livrés aux promoteurs, « restaurés » à grands frais, puis revendus à la découpe ?

Non, je ne crois pas que monsieur le Maire de Paris soit animé par de telles intentions… D’ailleurs, n’a-t’il pas écrit lui même dans une lettre adressée au Musée de Montmartre le 30 septembre 2009 :

« … Je forme le souhait que la réunion qui sera organisée par le Secrétariat Général, d’ici la fin du mois d’octobre, en lien avec mon adjointe chargée du Patrimoine, Danièle POURTAUD, et le Maire du 18ème arrondissement, Daniel VAILLANT, soit à cet égard décisive et détermine, avec vous les conditions dans lesquelles pourra perdurer cette mission patrimoniale. »

Une seul question se pose : que vont devenir les bâtiments une fois libérés ?

Nous ne pouvons pas rester insensibles devant une telle injustice, et les élus de la Mairie de Paris doivent revenir sur leur décision. Tout le monde peut se tromper.

Signez et faites signer la pétition autour de vous, pour que ce lieu magique, le Musée de Montmartre, poursuive sa mission de service public, salutaire pour tous ceux qui ne veulent pas oublier que Montmartre, mondialement connu, mérite qu’un lieu soit dédié à sa mémoire.

Rodolphe Trouilleux

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TREMPOLINE

On est tombé du Trampoline…

Il y a quelque temps – en mars 2006, pour être précis –, Antoine Gallimard et Francis Esmenard, respectivement PDG de Gallimard et d’Albin Michel, dans une interview accordée à Paris Match, alertaient l’opinion sur le fait que les petits éditeurs encombraient les rayons des librairies. La phrase, restée célèbre, avait fait sourire certains et fait grincer les dents de bien d’autres.
Aujourd’hui, alors que le Salon du Livre de Paris entame la commercialisation de son édition 2010, on est à même de se demander si ses organisateurs ne trouvent pas là aussi que les petits éditeurs encombrent les allées du Parc des Expositions de Versailles.
Depuis des années, le tarif « Trampoline », réservé aux éditeurs réalisant moins de 500 000 euros de chiffre d’affaires, leur permettait de disposer d’un stand de 9 m2 tout équipé pour la somme de 2 000 euros HT.
Au début du mois d’août, Reeds, le concessionnaire du salon, fait parvenir sa proposition commerciale pour 2010. Et là, stupeur (mais stupeur étouffée par la chaleur estivale) : le tarif « Trampoline » est désormais exclusivement réservé aux primo exposants. Pour pouvoir bénéficier d’un stand équivalent, un petit éditeur ayant déjà participé au Salon doit dorénavant débourser plus de 4 300 euros HT, si l’on intègre au tarif de base toutes les « options » – obligatoires (assurance, inscription, compteur électrique, etc.)… Stupeur, indignation, grogne.
Lundi 7 septembre 2009 : une réunion au siège du Syndicat national de l’Édition (SNE), initiée par Reed, a lieu en présence d’une cinquantaine d’éditeurs et de l’équipe du Salon du Livre au grand complet. Là, M. Morisset, le commissaire du Salon, nous explique qu’il a décidé « d’accompagner davantage la petite édition » et que la suppression du tarif « Trampoline » pour les éditeurs ayant déjà exposé vise à simplifier l’offre commerciale.
Pourquoi cette augmentation ? Nulle réponse ne viendra éclairer notre lanterne. Pourtant, il apparaît évident qu’en doublant le tarif des « petits » stands (il est à noter que le tarif des autres n’a, lui, pas évolué), le Salon du Livre risque très vite de se délester des petits éditeurs incapables de suivre cette inflation.
Depuis quelque temps se murmure que certains aimeraient bien voir le Salon retrouver le cadre prestigieux du Grand Palais. Hélas, le mètre carré y est plus rare qu’à la Porte de Versailles et tout le monde ne pourra être de la fête, comme le confirmait dans un entretien à Livres Hebdo en février 2009 Serge Eyrolles président du SNE : « Si on retire les stands marginaux, on peut peut-être y tenir. »
Lundi 20 septembre, Reed a mis au point une nouvelle grille tarifaire destinée aux petits éditeurs, en proposant le stand de 9 m2 à 3 519 €, ce qui « limite » la hausse à 1 519 €. Seulement…
Inutile de rappeler que le Salon du Livre est pour tous les éditeurs – petits et gros – le moyen de nouer de nouveaux contacts avec lecteurs, libraires, bibliothécaires, journalistes…
La majoration de 75 % du stand « Trampoline » est-elle justifiée par le choix d’« accompagner davantage la petite édition », pour reprendre les mots du commissaire du Salon ? Reste à savoir vers où. Vers la sortie ?

Valérie Millet, directrice des éditions du Sonneur
Laurent Seminel, directeur de Menu Fretin.

Photographie de Henri Zerdoun

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