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N.B. De nombreuses surprises sont à venir… Et à défaut de crémaillière, nous pendrons les incorrigibles optimistes. Enfin, nous méditerons ce mot de Voltaire : « Puissent tous les hommes se souvenir qu’ils sont frères. »

BOUM BADAMOUM ! SUITE…







 

Et, une petite dernière « pour la route… »

 

Je rentrai dans ma cariol sur la route de Gray. j’avais bu a cause de la chaleur deux blanc cassice a l’onseice. J’ai donc eu besoin de satisfaire une grande envie d’urine. Jé arraité la voiture sur le baur de la route prais d’un ta de pierres et de materiau rapport aux travois eczécuté mintenant pour l’élaictricitai.

Jé commencé a uriné et en fesan ce besoin, jé en maniaire d’amuzement dirigai mon jai en zigue saque a l’entours. Alors mon jai a rencontrai un bou de fille électrique qui etait par terre au lieu d’etre accroché au poto. Une grosse étincelle a soté sur moi et un grand coup m’a raipondu dans le fondement et des les partis que lotre medecin y appelle tete y cul. Je me suis évanouillé et quand je sui revenu dans la connaissance, jé vu que ma chemise et mon pantalon été tout brulé a la braguette. Je sui assuré par votre maison et je voufrai etre un demnisé. Jé droit a ce Con m’a dit et je vous demande votre opinion. Mais dommage son de 93 francs o plus juste. Depuis le sinistre, jé les burnes toutes noires et ratatinés. ma verge est tuméfié, gonfle et violace. Le medecin a dit devant du monde qui peut répété : avec les faits nomaines électrics, on ne sait jamais.

 

BOUM BADAMOUM !












 

 On les attendait,  elles sont là !!! Voici les dernières perles de nos assureurs

 

C’est devenu une tradition : régulièrement, le centre de documentation et d’information de l’assurance publie les bévues les plus amusantes trouvées dans le courrier des assurances. L’orthographe, le vocabulaire et la grammaire sont d’origine…

 

Je vous serais obligé de m’adresser le courrier concernant mon accident a un de mes amis M …. car, pour la passagère blessée, ma femme n’est pas au courant, et il vaut mieux pas. Je compte sur votre compréhension pour ne pas déshonorer un honnête père de famille?

 

En qualité du plus mauvais client de votre agence (neuf accrochages en 1 an), je vous demande d’avoir le plaisir de résilier mon assurance auto avant la date d’échéance.

 

En avançant, j’ai cassé le feu arrière de la voiture qui me précédait. J’ai donc reculé, mais en reculant j’ai cabossé le pare-chocs de la voiture qui me suivait.

C’est alors que je suis sorti pour remplir les constats, mais en sortant j’ai renversé un cycliste avec ma portière. C’est tout ce que j’ai à déclarer aujourd’hui.

 

Je vous demanderais de ne tenir aucun compte du constat amiable. Vous comprendrez en effet que je fus brusquement pris d’une émotion subite : arrière défoncé, présence de la police, choc psychologique, tout concourrait à ce que je mette des croix au hasard.

 

Vous savez que mon taxi est transformé en corbillard et que je n’y transporte que des morts. Mes clients ne risquant plus rien, est-il bien nécessaire que vous me fassiez payer une prime pour le cas ou ils seraient victimes d’un accident ?

 

Vous me dites que d’après le Code Civil, je suis responsable des bêtises de mes enfants. Si c’est vrai, les personnes qui ont écrit cela ne doivent pas avoir, comme moi, neuf enfants à surveiller.

 

Vous m’écrivez que le vol n’existe pas entre époux. On voit que vous ne connaissez pas ma femme.

 

Ne pouvant plus travailler à la suite de mon accident, j’ai du vendre mon commerce et devenir fonctionnaire.

 

A votre avis, est-il préférable d’acheter un chien méchant qui risquera de mordre les gens mais protégera votre maison contre les voleurs ou de garder mon vieux toutou. Je vous pose la question parce que de toutes façons c’est vous qui paierez les pots cassés, soit en indemnisant les blessés, soit en remboursant les objets volés.

 

Vous me dites que Mlle X réclame des dommages-intérêts sous prétexte qu’elle a été légèrement défigurée après l’accident. Sans être mauvaise langue, il faut bien avouer que même avant l’accident, cette malheureuse n’avait jamais éveillé la jalousie de ses concitoyennes.

 

Depuis son accident, ma femme est encore pire qu’avant. J’espère que vous en tiendrez compte.

 

Ils m’ont trouvé 2,10 grammes d’alcool dans le sang et ils vont me condamner. Sur 6 à 8 litres de sang qu’on a dans le corps vous avouerez que c’est pas tellement (personnellement j’aurais cru que j’en aurais eu plus).

DE L’ÉROTISME AU THEATRE

Le festival des marionettes de Charleville-Mézières a fermé ses portes. Ouvrons-en d’autre ensemble, plus coquines celles-là, en souvenir d’un éphémère, illustre et confidentiel théatre qui fit la joie des spectateurs avisés et peu bégeules…

HISTOIRE DU THÉÂTRE ÉROTIQUE
DE LA RUE DE LA SANTÉ

par l’Illustre Brisacier

I

Si l’hypocrisie n’était pas, par excellence, la vertu théologale de notre triste époque, ce Théâtre, conçu d’après l’idée simple de Molière, de réjouir les honnêtes gens, n’aurait aucunement besoin d’introduction. On lèverait la toile, et le spectacle commencerait, après l’ouverture exécutée par les violons.

Mais, hélas! l’esprit criminaliste de nos contemporains, tous magistrats stagiaires à la sixième chambre, voit matière à procès et à scandale dans les actions les plus ingénues, et réclame à grands cris des explications.

Ce sont ces explications que nous allons ne pas leur fournir.

II

Ce que nous prétendons écrire, n’est que l’histoire pure et succincte du Théâtre érotique de la rue de la Santé (*), théâtre bizarre, irrégulier, sauvage, excessif – mais où l’on a ri d’un rire franc, et qui a eu le privilège de réunir, dans la communion de la gaîté, un petit nombre d’artistes et d’hommes de lettres bien portants.

La Bohème élégante et poétique de la rue du Doyenné, le cénacle qui rassemblait Théophile Gautier, Gérard de Nerval, Lassailly, Arsène Houssaye, encore non millionnaire, et Chassériau, et Marilhat, et tant d’autres, morts régulièrement ou enterrés dans un Institut vague et indéterminé, ou simplement devenus de grands poètes contraints de rendre compte des ouvrages de M. Dennery, pour gagner l’argent nécessaire à l’entretien des vices qu’ils ont pu conserver, n’a plus aucune raison d’être. Elle a disparu – avec les beaux enthousiasmes et les fiers élans qui faisaient battre le coeur des vaillants de 1830.

Mais le bourgeoisisme envahissant, la vie de café, le besoin incessant de faire de la copie, n’ont pu discipliner entièrement la bande des hommes de lettres vivaces et des artistes en qui le sang des aïeux circule, malgré tout. A de certains moments, la gent irritable sent ses nerfs agacés, et veut, à toute force, protester, fût-ce entre quatre murs et dans le fond d’une cave, contre la tyrannie des soirées officielles et des réunions où les peintres sont mêlés aux boursiers, et les poètes aux journalistes graves.

En ce temps-là (1861), M. Duranty venait d’ouvrir, dans le jardin des Tuileries, un théâtre de marionnettes, salué à son aurore par les acclamations de la haute et de la basse presse, marionnettes littéraires, qui pétaient des alexandrins, en guise de poudre, aux yeux des militaires et des bonnes d’enfants, mais qui ne tardèrent pas à devenir pareilles aux marionnettes des Champs-Elysées, et durent se résigner à jouer la farce traditionnelle de Polichinelle battant sa femme, et finalement emporté par le Diable.

III

M. Amédée Rolland que les récents succès des Vacances du Docteur et de l‘Usurier de Village avaient mis en vue, demeurait alors dans une sorte de ville de province enclavée, au fond des Batignolles, entre les fortifications et les premières maisons de Clichy-la-Garenne. Sa maison avait pour locataires M. Jean Duboys, l’auteur de la Volonté et des Femmes de Province, M. Edmond Wittersheim, et M. Camille Weinschenck, un voyageur revenu du Japon, et que la difficulté de son nom qui se brait, se miaule, ou s’aboie peut-être, mais ne se prononce pas, faisait appeler, simplement, 4025.

A la suite d’un déjeuner où était invité M. Lemercier de Neuville (Lemerdier, dans l’intimité), on émit le projet d’appliquer l’idée de M. Duranty à un théâtre libre, où la fantaisie se donnerait carrière, et qui servirait de prétexte à réunir dans un souper semi-mensuel une vingtaine de gens d’esprit, éparpillés aux vingt coins de Paris.

Le projet eût été un simple propos d’après boire, sans M. Lemercier de Neuville, sorte de maître Jacques, apte à plus de choses que l’ancien, qui trouva immédiatement le moyen de faire une réalité d’une idée en l’air ; – et le 27 mai 1862, un public – -très particulier – était convié d’assister à l’inauguration solennelle de l’Erotikon Theatron.


IV

Ce théâtre était installé dans une salle vitrée, antichambre de la maison.

M. Lemercier de Neuville en fut à la fois l’architecte, le maçon, le peintre, le machiniste et le directeur. Le privilège lui en fut, bien entendu, solennellement concédé (*).

Au-dessus de la porte d’entrée, on lisait cette maxime, empruntée à la sagesse de Joseph Prudhomme :

SANS ORDRE ON N’ARRIVE A RIEN.

Ladite maxime servit d’épigraphe aux affiches des représentations, données PAR ORDRE, puisque sans ordre on n’arrive à rien.

Les inscriptions étaient nombreuses dans la maison. Locataires et visiteurs avaient tous l’esprit épigraphique.

Chaque pièce avait donc une appellation particulière, qui se justifiait.

Sur la porte des lieux, on lisait :

PARLEZ A PONSON.

On finit par dire : « Je vais chez Ponson » pour : « Je vais aux lieux. »

Le domestique de la maison se composait de deux femmes : Tronquette, sorte de négresse blanche, longtemps au service de Titine, personne de moeurs légères, qui a fait les beaux jours du café du Rat mort, après avoir fait ceux de M. Amédée Rolland, et de quelques autres gens de lettres. Tronquette était chargée de faire les lits de ces messieurs, mais son occupation essentielle consistait à ne jamais se laver les mains ni la figure. M. Auguste de Châtillon lui demanda un jour si elle se lavait autre chose ; Tronquette lui répondit : « Venez-Y voir ! »

La femme de Léonidas eût dit : « Viens le prendre ! »

L’autre femme était la cuisinière Aimée – semblable à toutes les cuisinières possibles.

Aimée et Tronquette couchaient ensemble dans un petit pavillon, à l’entrée du jardin, sur la porte duquel était écrit :

PARLEZ A TRONQUETTE.

M. Albert Glatigny fut surpris un jour dans ce pavillon, excitant violemment les deux pécores aux voluptés de la tribaderie.

La vertu de Tronquette se manifestait en ce moment sous la forme d’un manche à balai, qu’elle brandissait sur la tête, la vraie tête (1), de ce poète immoral, mais convaincu.

Chaque chose, chaque animal du jardin avait un nom particulier, destiné à illusionner les étrangers sur sa nature et son origine :

Le puits se nommait : – Les Sources du Nil ;
Un puisard : – L’Hippocrène ;
Un espace sablé, réservé pour faire des armes : – Le Champ-de-Mars ;
La cage aux chiens : - La Ménagerie ;
Follette, chienne caniche : – Lionne de l’Atlas ;
Pip, chien ratier : – Tigre du Bengale ;
Un chat empaillé, enchaîné au sommet du puits : – Singe du Pérou, rapporté par le capitaine Camil ;
La cage aux poules portait cette inscription : – Coq de Gruyère, donné par le consul de France à Batignolles ;

Une pie noire, aux ailes éboutées, qui sautillait çà et là, avait été baptisée Perle noire, en l’honneur de la pièce de M. Sardou.

Les arbres portaient des étiquettes du même genre ;

Un abricotier : – Saucissonnier à l’ail. (Saucissonnierus alliaca : LINNÆUS) donné par M. Champfleury.
Un sapin : – Bretellier des Alpes. (Bretellarium alpinium : LINNÆUS) donnée par M. de Lamartine.
Un prunier : – Cubèbe commun. (Cubebus communis : LINNÆUS) donné par mademoiselle Suzanne Lagier.

Etc., etc., etc.

V

Le Théâtre.

Sur les murailles s’étendait une fresque peinte par M. Lemercier de Neuville, représentant une salle de spectacle où les charges des spectateurs, fort ressemblantes, se prélassaient dans les loges.

Le théâtre, au fond de la salle, ne comportait pas moins de seize plans de profondeur, et était machiné de manière à y représenter des féeries aussi compliquées que la Biche au bois.

Personnel.

Bailleur de fonds et propriétaire:    M. AMÉDÉE ROLLAND.
Directeur privilégié :    M. LEMERCIER DE NEUVILLE.
Régisseur général :    M. JEAN DUBOYS.
Lampiste, machiniste, en un mot toutes les fonctions viles :    M. CAMILLE WEINSCHENCK.

Matériel.

Huit poupées, sculptées par M. Demarsy, acteur de la Porte Saint-Martin ;

Douze costumes, exécutés par les maîtresses des membres de l’administration ;

Trente-six décors, peints par Edmond Wittersheim et Lemercier de Neuville, mais retouchés par M. Darjou, qui avait peint la façade du théâtre.

Deux décors, le salon louis XV et la cuisine, qui servaient dans Signe d’argent, étaient l’oeuvre de l’heureux mortel auquel madame Alphonsine des Variétés a dit un jour : « Sois mon Caïus, je serai ta Caïa ! »

Passons à la liste des ouvrages représentés sur ce théâtre, au cours de l’été de 1862 et de l’hiver 1863, à la fin duquel, à cause du déménagement de M. Amédée Rolland, l’Erotikon Theatron ferma ses portes :

1. Erotikon Theatron, prologue en vers, par M. Jean Duboys ;
2. Signe d’argent, vaudeville en trois actes du même ;
3. Le dernier Jour d’un Condamné, drame en trois actes, par M. Tisserant ;
Un Caprice, vaudeville en un acte, par M. Lemercier de Neuville ;
5. Les Jeux de l’Amour et du Bazar, comédie de moeurs, du même auteur ;
6. La Grisette et l’Etudiant, comédie en un acte, par M. Henry Monnier ;
7. Scapin maquereau, drame en deux actes, en vers, par M. Albert Glatigny.

D’autres pièces avaient été commandées. M. Théodore de Banville avait promis une comédie en prose, et M. Champfleury une comédie en vers.

Des lettres d’invitation (*), imprimées chez Claye, furent envoyées aux personnes dignes d’entrer, et le 27 mai 1862, nous l’avons dit, le théâtre fut inauguré, en présence de MM. Paul Féval, Charles Bataille, Carjat, Alcide Dusolier, Emile Durandeau, Alphonse de Launay, Champfleury, Demarsy, Darjou, Charles Monselet, Poulet-Malassis, Tisserant, Charles de la Rounat, Debillemont, Duranty, Albert Glatigny, Jules Moineaux, Louis Ulbach, le colonel Lafont, Alphonse Daudet, Théodore de Banville, Henry Monnier, Leo Lespès, Omer de l’Ambigu, et de mesdemoiselles Guimond et Antonia Sari.

 

L’auteur comique, dramatique

et apprenti-photographe

Alphonse de Launay photographié par son

Gustave Le Gray

Un journal du temps, le Boulevard, donna le compte rendu de la première représentation, dans son numéro du 1er juin 1862 ; c’était de la prose de Carjat lui-même, écrivant chez lui ; bel exemple pour la Revue des Deux Mondes !

« Encore un nouveau théâtre ! un théâtre d’intimes ! Erotikon Theatron, ce qui veut dire Théâtre des Marionnettes amoureuses. Rassurez-vous, tout s’y passe le plus convenablement du monde ; les coups de bâton y sont toujours protecteurs de la morale, et si la mère ne peut y conduire sa fille, en revanche le plaisir y attire des peintres et des littérateurs de talent.

« La façade du théâtre, peinte par Darjou, mérite une description spéciale,  – mais Prologus va remplir ma tâche, – Prologus, c’est-à-dire un bouffon personnage, à qui Jean Duboys fait dire des vers charmants, que nous ne pouvons tous citer, faute d’espace, mais dont voici un échantillon :

Messieurs salut ; salut, mesdames ;
Vous les grâces, et vous les flammes,
Intelligences et beautés,
Le personnel de cette scène,
Ce soir, va faire son étrenne
Devant vos doubles majestés.

II ne manquera pas de zèle ;
Mais, ainsi que la demoiselle
Que l’on nomme Anna Bellangé,
Ce personnel assez folàtre
N’a paru sur aucun théâtre
Et désire être encouragé.

Cachez donc bien vos clefs forées,
Point de clameurs exagérées,
Où l’on imite exactement
Les mille bruits de la nature,
Depuis l’orage et son murmure
Jusqu’au chien et son aboîment.

Nous comptons sur votre sagesse
Pour que personne ne transgresse
Cet avertissement léger,
Et même dans notre service,
Nous avons omis la police,
De peur de vous désobliger.

Notre nouveau théâtre a fait des frais énormes ;
Veuillez vous assurer que tout est peint à neuf ;
Arlequin suspendu fait admirer ses formes,
Et Jourdain ses souliers brillants, cirés à l’oeuf.

Pierrot pendu fait la grimace,
Et de son oeil écarquillé,
Il contemple une contrebasse,
Auprès du pot qu’il a pillé.

La triste Melpomène et la folle Thalie
Changent enfin de robe après quatre cents ans ;
L’une va chez Ricourt pour jouer Athalie ;
L’autre reste aux Ducs Jobs, passés, futurs, présents

Voyez s’enrouler sur leurs têtes
La vigne mêlée au laurier,
Rameaux sacrés que les poètes
Aiment surtout à marier.
……………………………..
……………………………..
Du reste notre privilège
Admet tous les genres : ballets ;
Pièces à femmes, et son cortège
De jupons courts et de mollets ;
Drame à canon, si je voulais!…

« Comme vous voyez, ces marionnettes sont assez littéraires, aussi M. Darjou a-t-il peint la façade du théâtre avec non moins d’art que Jean Duboys l’a décrite. Nous lui en faisons nos compliments sincères. »

Cette première représentation fut suivie d’un grand souper. M. Champfleury porta ce toast audacieux :

« A la mort du Théâtre-Français ! à la prospérité des Marionnettes ! »

Des vers furent récités. M. .Acide Dusolier régala une fois de plus ses amis d’un poème qui a pour titre Phanor. On le soufflait.

Quand vint le tour de M. Charles Monselet, M. Duranty se leva, et protesta, au nom de la prose, contre cette avalanche de vers.

Plusieurs personnes réclamant à grands cris les Petites Blanchisseuses, la discussion menaçait de s’envenimer ; M. Monselet y mit un terme, en disant d’une voix grave et émue :

« Messieurs, si je dois être la cause d’une collision, je me retire. »

A deux heures du matin, on se sépara, et M. Champfleury, toujours petit Bineau, en s’en retournant, tira religieusement tous les cordons de sonnettes qu’il put appréhender en son chemin (2).

VI

M. Monselet dînait chez M. Amédée Rolland. Tout d’un coup il se lève, prend sa canne et son chapeau, et déclare qu’il sort pour assister, au Gymnase, à la première représentation de la Perle noire.

« Reste donc, dit M. Lemercier de Neuville, nous nous sommes procuré le manuscrit de la pièce, et nous allons te la jouer. De cette façon, tu rempliras tes devoirs de critique, – et tu auras du dessert. »

On improvisa, séance tenante, une pièce sous le titre de la Perle noire.

M. Monselet eut la bonté de croire qu’il assistait à la première représentation du chef-d’oeuvre de M. Sardou, et, comme de juste, en fit un compte rendu des plus élogieux dans le Monde illustré.

VII

Aujourd’hui, de ce théâtre, il ne reste rien, qu’un souvenir de gaîté et de folie.

Des bourgeois (détournez votre face) se sont installés dans la maison de la rue de la Santé ; – les fresques sont couvertes d’un lait de chaux ; – et les auteurs des bouffonneries gaillardes qu’on va lire se livrent à la composition d’ouvrages sérieux, afin de mériter la peine d’Académie à perpétuité.

L’illustre Brisacier.

Notes :

* Voir les pièces justificatives.
(1) – M. Albert Glatigny a été surnommé par M. Poulet-Malassis « le poète gland. » Intelligenti pauca.
(2) – Voir les Souffrances du professeur Delteil.

Note du gardien :

(*) Aujourd’hui rue de Saussure.

Le gardien vous recommande la lecture de :

Le Théâtre Erotique de la Rue de La Santé,  suivi de Les Deux gougnottes, saynète coquine de Henry Monnier, qui n’a jamais figuré au programme du Théâtre de la rue de la Santé (d’après Pascal Pia).

L’éditionde Poulet-Malassis date de 1864-1866. Bien que signée « L’illustre Brisacier », cette histoire est de Auguste Poulet-Malassis

 

CHUTE ALORS












 

Pourquoi les livres tombent-ils ?

 

La réponse est ICI

 

(…) et on la doit à la formidable maison d’édition

 

MONSIEUR TOUSSAINT LOUVERTURE

 

N.B. Toujours chez Monsieur Toussaint Louverture, cet avis qui ne manquera pas d’encourager les écrivaillons tatillons les plus scrupuleusement forcenés :

 

Écrivez des listes !
Nous vous encourageons à écrire et à nous faire parvenir vos listes étonnantes. Nous aimons déjà ce que vous faites. C’est avec impatience que nous attendons vos listes.

Et c’est à découvrir ICI

 

ATTENTION POÈTE…

A relire et à méditer…

PÉTITION D’UN VOLEUR À UN ROI VOISIN

par Pierre François Lacenaire, brigand et poète 

Sire, de grâce, écoutez-moi :
Sire, je reviens des galères…
Je suis voleur, vous êtes roi,
Agissons ensemble en bons frères.
Les gens de bien me font horreur,
J’ai le coeur dur et l’âme vile,
Je suis sans pitié, sans honneur :
Ah ! faites-moi sergent de ville.

Bon ! je me vois déjà sergent :
Mais, sire, c’est bien peu, je pense.
L’appétit me vient en mangeant :
Allons, sire, un peu d’indulgence.
Je suis hargneux comme un roquet,
D’un vieux singe j’ai la malice ;
En France, je vaudrais Gisquet :
Faites-moi préfet de police.

Grands dieux ! que je suis bon préfet !
Toute prison est trop petite.
Ce métier pourtant n’est pas fait,
Je le sens bien, pour mon mérite.
Je sais dévorer un budget,
Je sais embrouiller un registre ;
Je signerai :  » Votre sujet « ,
Ah ! sire, faites-moi ministre.

Sire, que Votre Majesté
Ne se mette pas en colère !
Je compte sur votre bonté ;
Car ma demande est téméraire.
Je suis hypocrite et vilain,
Ma douceur n’est qu’une grimace ;
J’ai fait… se pendre mon cousin :
Sire, cédez-moi votre place.

Fils d’honorables commerçants établis près de Lyon, élève au lycée de cette ville puis au petit séminaire d’Alix dont il est chassé, Pierre françois Lacenaire (1803-1836) entame sa licence en droit à Chambéry. Ses indélicatesses et ses débauches le contraignent à chercher refuge à Paris en 1825. Il sait s’y faire accueillir par les journaux de l’opposition. Mais un duel malheureux, en 1829, avec un neveu de Benjamin Constant, qu’il tue, le prive de ressources ; il vole et revend alors un cabriolet, ce qui lui vaut un an de prison purgé à Poissy. Il fait là, dira-t-il, son « université criminelle » et, dès sa sortie, fonde une association de malfaiteursCoupable d’avoir assassiné Chardon, un ancien camarade de prison, et sa mère ainsi que d’avoir agressé un garçon de banque rue Montorgueil à Paris, la malfaiteur Pierre-François Lacenaire est condamné à mort par les assises de la Seine. Lors de sa détention à la Conciergerie, Lacenaire rédigera ses mémoires qui contribueront largement à faire naître le mythe du dandy assassin et voleur.  La censure de la Monarchie de Juillet frappent également Les Mémoires, révélations et poésies de Lacenaire écrits par lui-même, à la Conciergerie dont le texte publié quelques mois plus tard est expurgé. Pierre-François Lacenaire y évoque ainsi les motivations de sa  » vengeance  » à l’égard d’une société qui n’a, selon lui, pas su lui donner la place qui lui revenait. L’ouvrage donnera néanmoins corps au mythe qui vient de naître. Le 9 janvier 1836, Lacenaire est guillotiné au petit matin, barrière Saint-Jacques à Paris.  Le caractère exceptionnel de l’affaire ne réside pas dans la nature du crime. Pierre-François Lacenaire n’est pas un tueur en série et sa culpabilité bien établie ne nécessite aucune révision posthume. Il est condamné à mort en novembre 1835 pour quelques faux en écriture et pour deux assassinats crapuleux. L’originalité de la cause gît tout entière dans la personnalité de Lacenaire. De son procès à sa mort sur l’échafaud en janvier 1836, ce dandy criminel, poète à ses heures, ne cesse de se mettre en scène. Objet de fascination et de scandale, il subvertit le théâtre judiciaire, détourne la règle du jeu. Mais ce qui importe, ce n’est pas Lacenaire mais les Mémoires de Lacenaire, œuvre en action, œuvre dont l’écho, de Lautréamont à Char, de Breton – que l’on retrouve dans L’anthologie de l’humour noir -  à Debord, est considérable.

N.B. Il s’entend qu’une bibliothèque ne contenant pas les mémoires, les poèmes et quelques correspondances de Pierre-François Lacenaire est une bibliothèque incomplète.

J’arrive à la mort par une mauvaise route, j’y monte par un escalier

Pierre-François Lacenaire

DES LETTRES












« En Angleterre, l’aristocratie méprise les lettres. A Paris, c’est une chose trop importante. Il est impossible pour des Français habitant Paris de dire la vérité sur les ouvrages d’autres Français habitant Paris. » 

 

(…)

 

« Tôt ou tard, les provinciaux et les étrangers s’apercevront que tous les articles des journaux français sont dictés par la camaraderie. » En revanche, ajoute Stendhal, « rendre compte d’une relation de voyage ou d’un bon livre d’histoire qui vient de paraître à Paris ou à Londres, c’est ce qui leur est absolument impossible par la grande raison qu’avant tout il faudrait le lire et ensuite se donner le temps de le comprendre ».

 

Stendhal,  Extrait de Qui nous délivrera de Louis XIV ? Traité d’égotisme selon Stendhal. (éditions Anatolia)

Pour reconnaître les travers de nos contemporains en lisant un livre écrit il y a deux siècles, l’immense éditeur Samuel Brussell a réuni une anthologie des textes de Stendhal fort savoureux. La France d’aujourd’hui n’est pas si différent de celle que Stendhal raconte au fil de ces chroniques écrites entre 1822 et 1830 ? Au XIXe comme au XXIe c’est la même course au portefeuille – un vrai sport national, avec courbettes et génuflexions. Alors Stendhal passe les sujets à la moulinette : l’Académie française, le style, le copinage. Rien ne change en somme…

 

 

POUR DÉCOUVRIR LES ÉDITIONS ANATOLIA

VIVE LA VIE !












 

RETROUVÉ CE TEXTE envoyé à un magazine par le dénommé Jules Mougin, poète et facteur cosmique qui se fait passer ici – et c’est ce qu’il est, mais pas seulement puisque notre homme, ancien facteur, donc, est aussi un artiste brut et un poète essentiel – pour un quidam. A la première lecture, je fus ébloui. J’ai photocopié souvent le texte et l’ai offert à tout les gens que j’aime et qui m’entoue. Aussi je vous l’offre. Enfin, il vous l’offre…

 

Je suis pour, je suis contre. Et moi, et moi ? Suis retraité des postes. Postes, Télégraphe. S’il vous plait avec un receveur cravaté et des copains. Ah les vélos ! (…) J’ai mon certificat d’études. « S » ou pas. 265 francs par mois, plus 3 sous par dépêche portée. Mon quartier, rue de Sèvres, rue Vanneau, rue du Cherche-Midi, Bon marché, prison militaire. La rue du regard… pour les télés, défense de fumer. La première femme nue, vue, rue Saint-Placide, j’indique pas le numéro de la maison ! Le temps des télégrammes. Des tubes. De l’air comprimée. L’uniforme ; la casquette bleue. Je le fus en 1809, avec brassard, au début. J’habitais avec M’man dans la cour du dragon ; histoire ancienne ? J’ai 91 ans ! le métro, le bus, les gares ne font pas mourir ! Je vis avec Jeanne, ici, dans le Maine-et-Loire. On me fout la paix ! Je fume comme les hautes cheminées. Ah, je vais vous dire ici quand même que, comme mon père, mes poumons abritèrent des BK. Trois ans. La tuberculose, ça se guérit ! Je vais finir ; ici, on cultive les échalotes. Ici, c’est la paix ! Je possède un tilleul et deux cerisiers. Je bois bien. Ni trop, ni moins (…) La cave a des traces de mon écriture. J’ai gravé des dires de Louis calaferte, de Baudelaire et de Marjan. La vie serait tellement belle si il n’y avait pas les guerres. Je vous dis au revoir, monsieur.

 

Jules Mougin, Chemelier, 2003.

  

 

 « … Le jour où la masse des déchets de l’actualité sera réduite en poussière, parmi les étoiles de première grandeur brillera calmement, sans doute avec ironie, celle de ce poète qui s’appelle Jules Mougin. »

 

Louis Calaferte

COLLAGES

Gérard Bertrand est un poète définitif. Il colle comme d’autre percent, écrivent ou poinçonnent. Il promène Kafka, Proust ou big Hitch dans des décors qu’ils imagine et confectionne à leur intention. Il laisse aussi des didascali fantaisistes et poétiques à côté de ces images.

 

Le Club des Hauts Chapeaux

 

Désireux de découvrir le monde, Franz Kafka adhéra au club des Hauts Chapeaux, mais en démissionna vite.

 

 

Les héritiers

 

Franz Kafka n’avait que cinq ans lorsqu’il fit de Jorge Luis, André, Julien et Georges ses colporteurs en passe-menteries.

 

Marcel Proust à Combray

 

Le jeune Proust, dit « le Petit Marcel », qui , sous la protection du Prince Eugène, « longtemps se couchera de bonne heure », hésitait entre les images de sa lanterne magique et les romans de George Sand.

La suite et tout l’univers du « colleur pas copieur » est à découvrir sur le site de l’auteur GERARD BERTRAND

TIMBRÉ

 

 

L’oiseau « fou » et multicolore avait – presque – fait le tour du monde avant de mourir d’épuisement et de prendre un repos bien mérité. Il faisait désormais l’indisposition des gastronomes, l’admiration des ornitologues les plus suspicieux et des philatelistes les plus aguerris.

 

 

 Le gardien vous recommande la lecture de :


LA BÉCASSE À LA CROÛLE, de Maurice Nicolas (édtions Claude Tchou, pour la bibiothèque des INTROUVABLES)

La chasse à la bécasse demande une bonne connaissance des remises habituelles de l’oiseau, une approche qui tienne compte du terrain et des caprices du temps. Le gibier est rusé, inspiré, il utilise au mieux les obstacles pour dissimuler son envol et donne mille excitations au chasseur.

La chasse à la croûle, aujourd’hui interdite en France, se pratiquait au mois de mars, au moment de la parade nuptiale. Le chasseur averti connaissait parfaitement les places de croûle, et savait exploiter les heures matinales ou crépusculaires, propices au tir.
Ce petit livre traduit excellemment ces moments d’émotion et d’attente, de même qu’il rend compte de centaines d’observations de vols – et de ruses ! – de « l’oiseau de la pénombre. »

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