Le CABINET des CURIOSITÉS, des ÉTRANGETÉS et des SINGULARITÉS de ÉRIC POINDRON

KRISS IN MEMORIAM

Nous apprenons ce jeudi 19 novembre la disparition de Kriss, de son vrai nom Corinne Gorse,  une des voix les plus symboliques de France Inter et de FIP qui avait débuté à 20 ans, en 1968, à France Inter, des suites d'une longue maladie.

Elle y rencontre Pierre Codou et Jean Garretto, alors producteurs de  « l’0reille en coin », qui lui proposent de réaliser des interviews et d’animer les dimanches après midi.

En 1971, toujours sous l’impulsion de Jean Garretto et de Pierre Codou, KRISS participe à la réflexion sur le projet « FIP 514 » : France Inter Paris, devenu tout simplement FIP. Elle fut ainsi la première « fipette ». Avec sa célèbre « voix en minijupe », elle incarnait pleinement le « ton FIP ». Cette radio, très innovante pour l’époque, proposait un programme essentiellement composé de musique, d’informations et de flashs sur l’état de la circulation dans Paris. Ces flashs avaient un ton et un humour qui furent la marque de KRISS.

Par la suite, elle a animé plusieurs émissions sur France Inter dont « Roue libre » (1996-1999), « Portraits sensibles » (2000-2004), qui lui donnèrent une notoriété dans l’art de l’interview humaniste et insolite. Depuis 2005 elle animait « Kriss Crumble » puis « Crumble » le dimanche matin entre 12h et 13h, toujours sur France Inter.

Reportages, montage, écriture, sketches, interviews intimes : Kriss a joué de toutes les cordes de la radio, sauf sans doute celles de la flagornerie ou du culte du show business.

Elle faisait partie des animateurs –producteurs qui aiment remettre en question leur travail. Une émission a trouvé ses marques ? C’est le moment d’en proposer une autre, de demander à changer d’heure, de thème, de forme. Parce que le seul sillon qu’elle creusait était justement celui du renouveau toujours possible : cet « esprit d’aventure » qui rend le monde et ses habitants infiniment plus agréables à fréquenter. Ce sont ces habitants, discrets, inconnus, généreux, courageux, un brin hors-piste, qu’elle découvrait et faisait découvrir aux auditeurs.
La dernière émission enregistrée date du 21 juin 2009. Sur le site internet de France inter, elle avait écrit un message à ses auditeurs, où elle racontait sa lutte contre la maladie. "Merci à vous, merci à la direction de ne pas me laisser tomber dans cette période un brin « hard » ! Et aussi merci à la vie qui, par certains chocs, vous incite à porter un oeil neuf sur ce qui l'enrichit", indiquait son message.
Jean-Luc Hees, président de Radio France (France Inter, Fip...) a salué "la grande tendresse" et la générosité de Kriss. "C'est quelqu'un qui avait une empathie formidable avec tous les gens", a-t-il déclaré jeudi sur France Inter.

Ceux qui l'ont connue se souviendront d'une personne magnifique, drôle et lumineuse...

LUNE & OEUF

« J'aimerais maintenant rapporter les choses extraordinaires et surprenantes que j'ai observées durant mon séjour sur la Lune. »
Lucien de Samosate, Histoires vraie

« Une poule est l'artifice qu'utilise un oeuf pour produire un autre oeuf. » Umberto Eco

« La poule et la lune ont presque la même forme mais la lune était la avant la poule. » Professeur Coriolis

807 ET - PRESQUE - FIN...

Voilà, c'est fini, comme le chante Jean-Louis Aubert, et pour mes amis anglophones, this is the end, comme le chantait Jim Morrison (un peu plus glamour). Demain lundi nous vous offrons un bouquet d'une quarantaine de 807, et le 807e sera publié mardi à 8h07.

Le titre du billet peut être lu comme une promesse (chouette bientôt une saison 2), comme une précaution (ne fermons pas la porte) ou comme une technique de mauvais commercial (viendez souvent sur mes blogs pour savoir quand reprendront les 807 alors que je sais la fermeture définitive).
Je vous sens hésitants, est-ce du lard ou du cochon mexicain ? Allez, je suis bon : option 2. J'ai besoin de temps pour terminer trois livres, et les 807 m'en prennent énormément. Le numéro 807 me paraît un bon chiffre pour une pause.

Sincèrement, je ne sais pas encore si cette pause sera définitive. Mais il est certain que si les 807 reprennent du service, ce ne sera pas avant fin janvier. Et j'en profiterais pour changer la formule, pour trois raisons : ne pas lasser, donner plus de liberté aux auteurs et diminuer ma charge de travail.
Et comme je l'écris dans le 806e, merci à tous.

Frank Garot, du blog VERS MINUIT

LES 807  Déclinaison d'un aphorisme de Chevillard
 

ENSOR À PARIS

Première rétrospective présentée à Paris depuis 1990, cette exposition entend montrer le jeu de rupture et de continuité perpétuellement pratiqué par Ensor.

La continuité, ce sont les héritages naturaliste et symboliste qui marquent ses débuts ainsi que la tradition des masques, du travestissement, du grotesque et de la satire, du carnaval, héritée de son enfance à Ostende, ville à laquelle il est viscéralement attaché. La rupture, c'est la dramatisation de l'usage de la couleur et de la lumière. C'est également l'invention d'un nouveau langage où les mots s'imposent, à côté des images, pour signifier crûment des idées et celle d'un nouveau système narratif où pullulent les personnages et les actions. Par sa cinglante ironie, son sens de la dérision et de l'auto-dérision, sa couleur intense, son expressivité, Ensor, peintre étrange et inclassable, trouve sa place parmi les précurseurs de l'expressionnisme.

Musée d'Orsay, du 20 octobre 2009 - 4 février 2010

POUR VISITER LE MUSÉE ENSOR CLIQUER ICI

L'AFRIQUE EN CHAMPAGNE

L'association Interbibly, en partenariat avec les libraires de Champagne-Ardenne, propose jusqu'au 25 novembre un festival consacré à la littérature africaine.


Dans le cadre de cette manifestation, la bibliothèque de Saint-André-les-Vergers a reçu Abdourahman A. Waberi. Né à Djibouti, Abdourahman A. Waberi a enseigné en France avant de se consacrer à l'écriture. À travers son œuvre constituée de poèmes, de nouvelles et de romans, il peint avec amour son pays, mettant en exergue sa grandeur et ses blessures. Quatre autres écrivains sont les invités de ce festival : Wilfried N'Sondé, André Brink, Ken Bugul et Véronique Tadjo
Mme Martre, responsable de la bibliothèque de Saint-André, a souligné qu'il revient à la bibliothèque dryate d'ouvrir ces rencontres d'auteurs.
Éric Poindron, éditeur du Coq à l'âne et animateur de la soirée, présente tout d'abord l'écrivain ainsi que son dernier livre, Passage des larmes. Puis il laisse la parole à Abdourahman A. Waberi qui répond aux diverses questions soulevées par son parcours et son œuvre.
On lui doit une belle définition du travail de l'écrivain : « Tu écriras, tu peindras et tu sculpteras dans la pluie de la lumière d'Afrique. Tu te consumeras dans l'exécution de ton œuvre. Qui sait, tu lui survivras peut-être… ».


BON SANG NE SAURAIT...

Pour la famille Bennet, qui compte cinq filles à marier, l'arrivée de deux jeunes et riches célibataires dans le voisinage est une aubaine: enfin, des cœurs à prendre, et des bras supplémentaires pour repousser les zombies qui prolifèrent dans la région ! Mais le sombre Mr Darcy saura-t-il vaincre le mépris d'Elizabeth, et son ardeur au combat ? Les innommables auront-ils raison de l'entraînement des demoiselles Bennet? Les sœurs de Mr Bingley parviendront-elles à le dissuader de déclarer ses sentiments à Jane? Surtout, le chef-d'œuvre de Jane Austen peut-il survivre à une attaque de morts-vivants ?

Vous le saurez en lisant :

Orgueil et préjugés et zombies de Seth Grahame-Smith et - surtout - Jane Austen (Flammarion)

Une petite pochade sangionlante et fort réussie.

BON SANG NE SAURAIT...

Mon ami Jean-Paul Fontaine, docte compagnon féru de sciences et parfois d'insolite, m'a envoyé ce texte savant et apssionnat qui devrait, à n'en jamais douter, réjouir tous les amateurs de curiosités médicales...

 

Étude anatomique du mouvement du cœur et du sang chez les animaux,

 

par William Harvey

 

Cet extrait constitue la traduction du chapitre VIII du livre le plus important de l’histoire de la médecine : Exercitatio anatomica de motu cordis et sanguinis in animalibus, publié en 1628.

 

Pour la première fois, l’auteur démontre que le sang, dans un mouvement circulaire, va depuis le ventricule gauche du cœur jusqu’au bout des membres par les artères, puis remonte des extrémités vers le ventricule droit par les veines, repart de là vers les poumons et termine le circuit fermé dans le cœur gauche. Toute la physiologie moderne est née de cette découverte de la double circulation du sang.

 

Dès 1553, le médecin et théologien espagnol Michel Servet, brûlé comme hérétique, avait deviné que la cloison du cœur n’était pas perforée, contrairement au dogme du médecin grec Galien, et que le sang de l’artère pulmonaire allait aux poumons et revenait au cœur. L’anatomiste flamand André Vésale, pour la cloison, puis son élève italien Realdo Colombo, pour la circulation pulmonaire, avaient copié Servet, respectivement en 1555 et en 1559, sans le citer, par crainte de l’Inquisition qui sévissait encore, considérant que, créé à l’image de Dieu, le corps de l’homme était sacré et ne pouvait être disséqué. En 1569, le médecin italien Andrea Cesalpino, à qui on doit le mot « circulation », avait découvert la direction du sang dans les veines et avait envisagé la circulation générale. L’anatomiste italien Girolamo Fabrizi d’Acquapendente, plus connu sous le nom de Fabricius, avait publié sa découverte des valvules des veines en 1603 et montré qu’elles étaient dirigées vers le cœur, mais sans conclure qu’elles ramenaient le sang au cœur. Certains de ces médecins avaient pu connaître les écrits, révélés en Europe en 1547, d’Ibn al-Nafis, médecin syrien du XIIIe s. qui réfutait la communication inter-ventriculaire et décrivait la circulation pulmonaire. 

 

L’auteur, William Harvey (1578-1657), était alors médecin de Charles Ier, roi d’Angleterre, d’Ecosse et d’Irlande, et professeur d’anatomie au Collège des médecins de Londres. Fils aîné d’un commerçant  de Folkestone, il avait obtenu son doctorat en médecine en 1602 à l’Université de Padoue, où son maître avait été Fabricius. Il s’était installé à Londres, avait épousé la fille d’un confrère en 1604, avait été nommé médecin de l’hôpital Saint-Bartholomew en 1609 et professeur d’anatomie en 1615. S’appuyant sur l’anatomie expérimentale appliquée à de nombreuses variétés d’animaux, il avait enseigné ses théories sur la circulation dès l’année suivante. Sur les conseils d’un confrère, il fit imprimer son ouvrage par un jeune imprimeur anglais installé à Francfort. Sa propagation se fit rapidement et la 5e édition parut à Amsterdam en 1645. Plusieurs médecins réfutèrent la découverte d’Harvey, mais les objections se firent à l’image de celles, aussi ridicules qu’incompréhensibles aujourd’hui, de Jean Riolan fils, « le prince des anatomistes », et de Gui Patin, doyen de la Faculté de médecine de Paris. Le premier aurait déclaré : « Il n’y a aucune raison d’accepter que le sang circule et que la tradition soit foulée au pied, pour le seul caprice d’un médecin anglais. » Le second traita Harvey de « circulateur », jouant sur le sens du mot latin « circulator » qui signifie « charlatan ». Même ses malades l’abandonnèrent. Il ne tarda pourtant pas à avoir des partisans, dont l’illustre Descartes, dès 1637, et le roi Louis XIV qui institua en 1673 une chaire d’anatomie pour enseigner les découvertes nouvelles. L’ouvrage sera traduit en anglais en 1653 et en français en 1879. Cette découverte ouvrit la voie à d’autres, en physiologie (capillaires sanguins, vaisseaux lymphatiques, hématose pulmonaire) et en thérapeutique (injection intra-veineuse, transfusion), jusqu’à l’utilisation de la circulation extra-corporelle, au moyen d’un cœur-poumon artificiel, en chirurgie cardiaque. 

 

Pendant la guerre civile, remportée par Olivier Cromwell, Harvey avait suivi son souverain à Oxford où il fut directeur du Collège Merton en 1645. Après la défaite du roi, il renonça à ses charges, défendit sa théorie de la circulation dans deux Dissertations anatomiques sur la circulation du sang adressées à Jean Riolan fils en 1649, et poursuivit ses recherches sur la reproduction animale, jusqu’à la parution en 1651 de ses Exercitationes de generatione animalium où il eut l’intuition, prouvée en 1827, que tout être humain provenait d’un œuf.  

 

Docteur Jean-Paul Fontaine

 

« [C]e qui me reste à dire (…) sur la masse du sang qui passe dans les artères, et sur son origine, est si nouveau et si peu admis, que je crains non seulement la jalousie de quelques personnes, mais l’inimitié de tous, tant il est vrai que la routine et une doctrine adoptée, profondément enracinée dans notre esprit, sont pour nous comme une seconde nature, surtout quand le respect de la grande antiquité vient s’y joindre. Néanmoins, que le sort en soit jeté ! J’ai confiance dans la loyauté des savants et dans leur amour pour la vérité. En considérant la grande quantité de sang que je trouvais dans les vivisections et les ouvertures d’artères, la symétrie et l’étendue des ventricules et des vaisseaux afférents et efférents, je me disais souvent que la nature (n’ayant rien fait en vain) ne pouvait avoir donné en vain à ces vaisseaux une telle étendue ; enfin, en réfléchissant à l’admirable mécanisme des valvules, des fibres et de toute la structure du cœur, à l’abondance du sang mis en mouvement, à la rapidité de ce mouvement, je me demandais si le suc des aliments ingérés pouvait suffire à renouveler incessamment le sang incessamment épuisé ; je compris que les veines seraient vidées et épuisées, et que, d’autre part, les artères se rompraient par cet afflux continuel de sang, si le sang ne retournait par quelque voie des artères dans les veines et ne revenait dans le ventricule droit du cœur.

Je me suis donc d’abord demandé si le sang avait un mouvement circulaire, ce dont j’ai plus tard reconnu la vérité ; j’ai reconnu que le sang sortant du cœur était lancé par la contraction du ventricule gauche du cœur dans les artères et dans toutes les parties du corps, comme par la contraction du ventricule droit, dans l’artère pulmonaire et dans les poumons ; de même passant par les veines, il revient dans la veine cave et jusque dans l’oreillette droite, et passant par les veines pulmonaires, il revient dans le ventricule gauche.

On peut donc appeler ce mouvement du sang, mouvement circulaire (…) [G]râce au mouvement du sang, toutes les parties de notre corps sont alimentées, réchauffées, vivifiées par l’afflux d’un sang plus chaud, d’un sang complet, chargé de vapeurs et de vitalité, d’un sang (pour ainsi dire) nutritif. Arrivé aux différentes parties du corps, le sang se refroidit, se coagule, devient inactif ; il retourne alors à son principe, c’est-à-dire au cœur, comme au dieu créateur et protecteur du corps, pour y reprendre toute sa perfection : là il trouve une chaleur naturelle, puissante, qui est le trésor de la vie, qui est riche en esprits vitaux, riche (pour ainsi dire) en parfums, puis il est de nouveau envoyé dans tous les organes, et ce mouvement circulaire dépend des mouvements et des pulsations du cœur.

Ainsi le cœur est le principe de la vie et le soleil du microcosme (comme on pourrait en revanche appeler cœur du monde le soleil), c’est par lui que le sang se meut, se vivifie, résiste à la putréfaction et à la coagulation : en nourrissant, réchauffant et animant le sang, ce divin organe sert tout le corps, il est le fondement de la vie et l’auteur de toutes choses ; mais nous en parlerons mieux en discutant sur la finalité du cœur.

Ainsi les veines sont des vaisseaux qui ramènent le sang ; il faut les diviser en deux ordres, la cave et l’aorte, non pas parce qu’elles se jettent chacune dans un côté du cœur différent (comme le dit Aristote), non pas (comme le croit le vulgaire) parce que leur structure est différente, car chez beaucoup d’animaux (comme je l’ai dit) la structure de la veine ne diffère guère de celle de l’artère,  mais ce qui les distingue profondément, ce sont leurs fonctions et leurs usages ; la veine et l’artère, appelées toutes deux veines par les anciens, avec raison (comme l’a remarqué Galien) sont des vaisseaux qui amènent tous deux le sang : l’artère du cœur dans les organes, la veine des organes dans le cœur ; l’une part du cœur, l’autre y va ; l’une contient un sang froid et épuisé, impropre à la nutrition, l’autre un sang chaud, complet et nutritif. »

 

 Etude anatomique du  mouvement du cœur et du sang chez les animaux, par William Harvey, chapitre VIII.

 

Traduction du latin par le docteur Jean-Paul Fontaine.

 

Jean-Paul Fontaine, docteur en médecine, est aussi historien du livre, chercheur et auteurs de plusieurs ouvrages sur l'histoire du livre. Il est aussi le directeur de publication et le rédacteur en chef de La Nouvelle Revue des Livres Anciens.

La Nouvelle Revue des Livres Anciens

PETIT PEUPLE

Mais qui est donc ce petit diable polisson ?

IL PLEUT, IL PLEUT...

Le ciel est gris, c'est flagrant. Gris sans intérêt. Gris quelconque. Il a plu, c'est tout aussi flagrant. Ce matin un - apprenti météorologue a déclaré à la rdio : « La pluie viendra du ciel. » Nous voilà prevenus. Tous aux abris, en attendant d'autres prévisions...

Le gardien vous recommande la lecture de :

Rire d'homme entre deux pluies, admirable livre-bohèmo-nostalgique de Claude Duneton (Grasset)

Un roman classique, définitivement moderne, cocasse, énorme et tendre ; c'est "la vie de bohème" dans les années 1970. Un retour dans le même neuvième arrondissement de Paris revisité. Le narrateur s'appelle Robert - mais comme la vie, parfois, nous change le nom de baptême, à la fin il est devenu Jean. L'amoureuse se nomme Carolina, par goût du romanesque. L'ami, c'est Clément, dit Le Tiaf, dit Moineau... Il s'envolera. Elle s'encourra, loin, sous le bonnet du monde. Mais Paris s'appellera Paris, tout du long. L'amour se dira "tendresse". La folie s'en prendra aux murs, la mort aux vivants. La pluie viendra, entre deux rires finalement... A la fin de ce roman, le narrateur est devenu lui-même, un "homme fait", comme on dit. Il s'est endurci. Selon les mots du poète : « On est partis dans la vie avec les conseils des parents, ils n'ont pas tenu devant l'existence. »

BNF

C'est dans la grande salle de lecture de la BnF, rue de Richelieu, conçue et construite par le grand architecte du second Empire Henri Labrouste, que l'écrivain et vidéaste Alain Fleischer a imaginé cette spectaculaire exposition sur la lecture.
© BnF

DIDERODÉON

En passant à la station Odéon il y a quelques jours, je surpris Diderot, un bras chargé d'une liasse de journaux.

Merci pour votre  admirable Cabinet de curiosités qu'on voudrait ne jamais quitter !
 
Merci d'y avoir signalé La Mercerie Ambulante
 
l'ambuleuse, Marie-France Dubromel

CHOSES VUES :  Diderot à La station Odéon, le 10 11 2009.

POUR DÉCOUVRIR

LA MERCERIE AMBULANTE

CLIQUER ICI

ROI DE PATAGONIE

Ils se souviennent d'Achille Laviarde, Hommage au Rémois, roi de Patagonie...
 
Le saviez-vous ? La cité rémoise (entendez la ville de Reims) a compté un « roi de Patagonie » parmi ses citoyens. Des Rémois continuent de perpétuer la mémoire de ce personnage fantasque et humaniste qu'était Achille Laviarde.
« Joyeux anniversaire à vous Achille Ier, Achille le jovial, à la personnalité jamais égalée ! » : Alain Pouillart, debout sur les marches d'un immeuble de la rue du Barbâtre, s'adresse aux « Patagons d'esprit et de cœur » réunis devant un immeuble totalement anonyme. C'est ici, au n° 201, qu'est né, en 1841, Achille Laviarde « roi d'Araucanie et de Patagonie », titre hérité du prédécesseur, Antoine de Tounens. Achille Ier ne mettra jamais les pieds en Patagonie mais nommera cependant des « consuls » dans toute la France… Le personnage se fera remarquer plus par ses actions pro bonapartistes et sa vie joyeuse que par son action royale. « Que pouvait-il faire de plus ? Il fut un « relais » et c'est grâce à lui qu'on parle encore des Araucans et des Patagons », écrit Monique Ernotte-Johann, belle-sœur de Marie-France Ernotte, arrière-arrière arrière petite cousine d'Achille.
Humaniste et hyperactif
Ingénieux - il invente une machine à boucher les vins -, cavalier et nageur émérite, il stoppe un cheval emballé, repêche des passants tombés à l'écluse Fléchambault. Il soutient le candidat bonapartiste Edouard Werlé. Actif, il fonde la fanfare « l'Union », ancêtre de l'Harmonie du 3e canton. Sa lointaine parente, Marie-France, déplorant que les écrits ne mentionnent que le côté truculent et fêtard, insiste sur sa générosité : « Il savait dépenser sans compter pour les causes qu'il défendait ». Propriétaire à Reims du « Château des Grenouilles Vertes » (rasé en 2001), il en ouvre les grilles pour distribuer aux démunis fruits et légumes de sa propriété.
Hommage bon enfant
Samedi, l'hommage s'est voulu aussi joyeux que l'était le bouillant Achille : Jean-Marc Devavry, membre de l'Harmonie du 3e canton, a joué sur son « bugle » des airs de l'époque du cabaret « Au Chat Noir », une aubade de style montmartroise... repris en chœur par l'assistance ! Le drapeau patagon a été déployé et Jacques Cohen, adjoint au tourisme, a rendu un hommage empreint d'humour à « ce Rémois ambitieux » qu'il n'a pas hésité à appeler « Notre Chichille ! », précisant « Certains se moquent de ce roi chimérique, mais les gens sérieux ne sont pas toujours moins fous que les fous ». Des paroles qu'Achille a dû apprécier…


MUSÉE DE MONTMARTRE SUITE MAIS PAS FIN

La Mairie de Paris n’a pas fait attendre ni le public, ni la presse, pour faire savoir, dans un communiqué daté du 12 novembre, que : « En ce qui concerne l’Hôtel de Rosimond, siège actuel de l’association- société du Vieux Montmartre et son Musée - et l’hôtel Demarne attenant, la Ville propose également de lancer, dans les mois suivant la fin d’activité, un appel à projets privés pour la reprise des lieux. Ces projets devront présenter une dimension culturelle, en lien avec l’arrondissement. »

Pourquoi donc chasser une association « privée » comme le « Vieux Montmartre » et présentant « une dimension culturelle, en lien avec l’arrondissement » pour caser un organisme tout aussi « privé » et devant accomplir la même mission culturelle ? Mystère…

Mystère ? Oh, pas vraiment, on peut penser, comme votre serviteur, que ces merveilleux bâtiments une fois vidés de leurs occupants, la Ville de Paris se chargera de laisser filer la situation, négligeant tout entretien des locaux – comme elle en a la détestable habitude – et que ces lieux, une fois dégradés, peur être squattés, seront alors mis en vente. Le prix du mètre carré – justifiera alors cette cession à des promoteurs, qui feront de ces bâtiments un carré réservé pour propriétaires chanceux, « typical of Mountmartreux ».
Fi de la dimension culturelle du Musée de Montmartre ! Quelle dimension culturelle ? Quoi ? Carco, Dorgelès, les impressionnistes, Renoir, Le Moulin de la Galette, et même – même ! – le Sacré-Cœur ? Connais pas…

Le grand problème dans cette histoire semble être, une fois de plus, l’ignorance de certains décideurs qui n’ont, probablement, jamais posé leurs augustes pieds sur le sol de la Butte. Ils croient peut-être que Montmartre se résume à la place du Tertre et à tout son attirail de souvenir « made in China » ?  Un reportage diffusé la semaine dernière sur une chaîne de télévision montrait les nombreux peintres chinois chargés de barbouiller des toiles « authentiques » figurant les coins les plus célèbres de la Butte…

Depuis toujours, le Musée de Montmartre forme justement, une sorte de « contrepoids » à toute marée touristique de pacotille. Pour qui veut la véritable – et passionnante – histoire de ces lieux, il suffit de pousser la porte de la rue Cortot. Là, les parisiens, les provinciaux, et les touristes, bienvenus, peuvent appréhender la véritable dimension artistique et spirituelle de Montmartre.
Une mauvaise gestion est reprochée aux administrateurs du Musée. Ah ?

Pourtant,  et je cite la réponse à la dépêche envoyée par ces mêmes administrateurs : « La Mairie, en tant que membre de droit, est titulaire de 4 sièges à notre Conseil d’Administration ; or les réserves sur la gestion, exprimées aujourd’hui, n’ont jamais été formulées en Conseil. »

Dans le même temps, la Mairie refusait d’accroître sa subvention, modeste, de 40 000 € plus la compensation du loyer qui est dû à la Ville.

Un peu  légère, cette Mairie de Paris qui, courant  2009 fit trois propositions successives contradictoires :

En février, devant la situation financière difficile : « Procédez à une liquidation judiciaire ».

En mars : On va vous aider (report du paiement du loyer) et étudier une solution pour pérenniser le Musée : gestion déléguée, transformation en Musée municipal ou augmentation de la subvention.

Et enfin fin octobre, après sept mois de silence : On vous coupe les vivres, donc nous vous suggérons une dissolution volontaire.

Un grand numéro de danse administrative, digne des plus beaux cancans Montmartrois !


Pourtant, pourtant, dans le communiqué de presse cité plus haut, la Ville se dit prête « à reprendre à tout moment contact avec l’Association pour étudier un plan de redressement sérieux ».

Pourquoi cet énervement, alors ? Mettons-nous autour d’une table et discutons, comme l’écrivent les responsables du Musée :  « Si ce plan devait passer par la solution du repreneur privé, avec la clause de dimension culturelle qu’elle évoque, l’Association le Vieux Montmartre serait d’accord pour incarner cette référence culturelle avec ses collections et son Musée classé Musée de France. »

La mémoire des lieux, la littérature, la peinture et toute la foule des oubliés de la Bohême exigent que nous fassions le nécessaire, voire l’impossible, pour sauver une fois de plus ce lieu magique et magnifique : le Musée de Montmartre.

Rodolphe Trouilleux



 

Pour signer la pétition et faire signer

CLIQUEZ ICI

Pour suivre l’actualité du Musée de Montmartre

PARIS SECRET & INSOLITE

L'ÉTRANGE (*) QUESTIONNAIRE DE PACÔME THIELLEMENT

Pacôme Thiellement est écrivain, critique, vidéaste et prophète. Il travaille sur la pop music, la magie noire, le vedettariat, les eskimos, la folie qu’on enferme, les fantômes, la bande dessinée, Twin Peaks, l’hypnose, la grande note, les extra-terrestres, la gnose, l’art de la mémoire, les Ishrâqîyûn, le Grand Guignol, l’Ordre du Soleil Rouge, la montée aux extrêmes, les freaks, les renards, les dogons, l’Imam caché, les jumeaux, les chapeaux, Thelonious Monk, l’ère des fils, les élections et les voyages astraux. Son dernier livre Cabala, Led Zeppelin occulte a paru aux édition Hoebeke.

L'ÉTRANGE (*) QUESTIONNAIRE DE PACÔME THIELLEMENT

(*) Bizarre, extraordinaire, singulier, surprenant. Le Robert


1 – Écrivez la première phrase d’un roman, un nouvelle, ou d’un livre étrange à venir.
J’ai commencé à l’aimer longtemps après avoir connu son corps astral.


2 – Sans regarder votre montre, quelle heure est-il
15h41


3 – Regardez votre montre, quelle heure est-il ?
15h41


4 – Comment expliquez-vous cette – ou ces – différences du temps ?
Il n’y en a pas encore.


5 – Croyez-vous aux prévisions météorologiques ?
Sur un plan symbolique, oui.


6 - Croyez-vous aux prévisions astrologiques ?
Plus encore, mais avec système d’inversion, de polarités, et surtout d’événements contre-intuitifs.

7 – Regardez vous le ciel, et les étoiles, quand il fait nuit ?
Depuis Paris, les étoiles sont remplacées par des traînées de couleur rouge, violette, fushia. Je les regarde mais je ne les vois pas.


8 – Que pensez-vous du ciel et des étoiles quand il fait nuit ?
Je pense que les étoiles nous ont abandonné pour la même raison que les extraterrestres ont commencé à nous visiter. Et que le ciel change de style pour que la Terre puisse continuer à communiquer avec nous.


9 – Avant de répondre à ce questionnaire, que regardiez-vous ?
Mes e-mails.


10 – Que vous inspirent les cathédrales, les églises, les mosquées, les calvaires, les synagogues et autres monuments religieux ?
Je les aime comme la face lumineuse d’une histoire terrible, comme j’aime le beau visage d’une femme sans cœur, ou la belle couverture d’un très mauvais livre.


11 – Qu’auriez-vous vu si vous aviez été aveugle ?
La forme exacte des musiques de Bud Powell.


12 – Qu’auriez-vous aimé « voir » si vous aviez été aveugle ?
Les sautes d’humeur de ma bien aimée, dessinées comme une carte d’état-major.


13 - Avez-vous peur ?
Oh oui.


14 – De quoi avez-vous peur ?
De la sentimentalité extrême des pires crapules.


15 - Quel est le dernier film horrible que vous avez vu ?
Antichrist de Lars von Trier vu il y a trois semaines et revu, hier après-midi.


16 - De qui avez-vous peur ?
De mon meilleur ami, s’il existe.


17 - Vous êtes vous déjà perdu ?
J’attends encore qu’on me retrouve.


18 - Croyez-vous aux fantômes ?
Oh oui, sans doute.

Oeuvre de Anna di prospero

 

19 - Qu’est-ce qu’un fantôme ?
Le résidu psychique, la rémanence d’un temps qui aurait dû passer, et ne passe pas. Les Qlippoth de la puissance de nos prédécesseurs. Les principes d’une mauvaise orientation.


20 - En l’instant, à l’exception de l’ordinateur, quel(s) bruit(s) entendez-vous ?
Nathalie, qui tient le standard dans les locaux de Sycomore Films, en conversation avec quelqu’un.


21 - Quel est le bruit le plus effrayant que vous ayez entendu – « la nuit avait l’allure d’un cri de loup », par exemple - ?
Un clochard avec une voix de démon qui récitait les horaires des trains de la Gare de l’Est et suggérait des changements avantageux.


22 – Avez-vous fait quelque chose d’étrange aujourd’hui ou ces derniers jours ?
J’ai discuté avec un rabbin bizarre de petite taille et avec une voix aigüe dans le bus ce matin, qui m’a dit que « les commentaires disaient : Malheur à la femme qui pense comme l’homme ».


23 – Êtes-vous déjà allé dans un confessionnal ?
Oui. J’ai eu une période néo-chrétienne, entre dix-huit et vingt ans.


24 – Vous êtes au confessionnal ; alors confessez-moi l’innommable.
J’ai l’impression que mes sentiments exacerbés et mes passions démesurées sont pour une bonne part la marque d’une complaisance épouvantable vis-à-vis de moi-même et une façon de me masquer le fond détaché, neutre et indifférent qui persiste dans la majeure partie de mes jours.


25 –Sans tricher, qu’est-ce qu’un « cabinet de curiosités »
Une fenêtre sur notre freak intérieur.

26 –Croyez-vous à la rédemption ?
Aucun des deux termes n’est adéquat. La métaphysique commence quand s’arrête la croyance, et la rédemption n’est que la traduction sentimentale et mièvre de la notion de délivrance.


27 – Avez-vous rêvé cette nuit ?
Mal.


28 - Vous souvenez-vous de vos rêves ?
Quand je décide la veille de faire l’effort de les noter au réveil, toujours. Sinon, jamais.


29 - Quel est le dernier rêve que vous avez fait ?
Dans les deux derniers dont je me souvienne, je tuais quelqu’un (le président français, la tête trouée et accrochée au cintre d’une penderie ; un très mauvais ami, noyé dans un canal après avoir calomnié une personne chère à mon cœur).


30 – Que vous inspire le brouillard ?
Une grande tendresse.


31 - Croyez-vous aux animaux qui n’existent pas ?
Les animaux qui n’existent pas ont existé ou existeront. Tout ce qui a été pensé arrivera.

32 - Qu’est-ce que vous voyez sur les murs de la pièce ou vous êtes ?
Un tableau abstrait posé à l’envers.


33 - Si vous deveniez magicien, quelle est la première chose que vous feriez ?
Je ferais apparaître les chapitres manquants des Mémoires d’un névropathe du Président Schreber.


34 - Qu’est-ce qu’un fou ?
Je suis incapable de répondre à cette question.


35 - Etes-vous fou ?
Si je pense que je le suis, je ne le suis pas. Mais si je dis que je ne le suis pas, et que je pense que, disant que je ne le suis pas, je le suis, alors je pense que je le suis, et je ne le suis pas. Personne n’arrivera jamais à être fou.


36 – Croyez-vous en l’existence des sociétés secrètes ?
Les sociétés secrètes cessant d’être secrètes à partir du moment où elles sont identifiées comme telles, elles n’existent que tant que je ne crois pas en elles. Donc c’est non.


37 – Quel est le dernier livre étrange que vous ayez lu ?
La Pléiade des Ecrits Gnostiques, terminé il y a moins d’un mois.


38 – Aimeriez-vous vivre dans un château ?
Non. Je n’aime pas les trop grands espaces. Je reconstruirais probablement un appartement à ma taille dans une des ailes de celui-ci, et laisserais le reste se remplir de résidus psychiques et de Qlippoth. Beurk !


39 – Avez-vous vu quelque chose d’étrange aujourd’hui ?
La manière dont est apparu un de mes collègues à Sycomore Films, Wolfgang, en tournant le dos après avoir sonné à la porte, et retourné la tête. Comme s’il s’apprêtait à partir au moment où il entrait.


40 – Quel est le denier film étrange que vous avez vu ?
Probablement Les Quatre de l’Apocalypse de Lucio Fulci.


41 – Aimeriez-vous vivre dans une gare désaffectée ?
Oui. Mais pas trop grande.


42 – Etes-vous capable de deviner l’avenir ?
Seulement sur des points très déterminables liées aux psychismes des personnes concernées.


43 – Avez-vous déjà pensé vivre à l’étranger ?
Oui.


44 – Où ?
Chez les Inuits, en pays Dogon, à Sienne, à Dublin, dans les îles.

45 – Pourquoi ?
Parce que je ne m’étais pas encore dit que je rencontrerais les mêmes situations et les mêmes problèmes fondamentaux qu’elles que seraient mes décisions ou mes choix.


46 – Quel est le film le plus étrange que vous avez vous ?
Une sorte de biopic réinventée de Gertrude Stein, avec de longues scènes avec Hemingway dans un bordel et Fernande Picasso en pique-nique. C’était il y a plus de quinze ans, à la télévision, et je ne me souviens ni du titre ni du réalisateur. Et également un long film avec un homme enfermé dans une cabine téléphonique, que personne ne se décide à aider, il y a encore plus longtemps, et qui m’a traumatisé enfant.


47 – Auriez-vous aimé vivre dans un presbytère ?
Probablement, mais j’aurais eu tort.


48 – Quel est le livre le plus étrange que vous avez lu ?
Le Journal Occulte d’August Strindberg. Sexe et Caractère d’Otto Weininger.


49- Préférez-vous les sabliers ou les globes terrestres ?
Les sabliers.


50 – Préférez-vous les loupes anciennes ou les armes blanches
Les armes blanches.


51 – Qu’y a-t-il, selon toute vraisemblance, dans les profondeurs du Loch Ness
Une zone de bifurcation.


52 – Aimez-vous les animaux empaillés ?
J’en ai horreur.

Momie, catacombes de Palerme

53 – Aimez-vous marcher sous la pluie ?
Absolument.


54 – Que se passent-ils dans les souterrains ?
On transforme le visible.


55 – Que regardiez-vous quand vos yeux ce sont détachés de ce questionnaire ?
Mon tabac de pipe.


56 – Que vous inspire cette phrase célèbre : « dès qu’il eut franchi le pont, les fantômes vinrent à sa rencontre » ?
Dès que j’eus franchi le mien, ils se transformèrent en professeurs.


57 – Sans tricher, d’où est tirée cette phrase célèbre : « dès qu’il eut franchi le pont, les fantômes vinrent à sa rencontre » ?
Nosferatu de Murnau, non ? Mais les surréalistes en ont fait quelque usage de leur cru.


58 – Aimez-vous marcher la nuit dans la forêt ou les cimetières ?
Bien sûr.


58 – Écrivez la dernière phrase d’un roman, d’une nouvelle, d’un livre étrange à venir.
Alors tout était déjà là, mais caché, et il me fallait relire tout ce que j’avais écrit, pour retrouver les réponses aux questions que je m’étais posé trop tard, abruti comme je l’avais été par les mauvaises questions qu’on m’avait suggéré.


59 – Sans regardez votre montre, quelle heure est-il ?
16h40


60 – Regardez votre montre. Quelle heure est-il ?
16h31.

 

Avant d'achever comme il se doit 2009 et de revenir sur les bilans culturels annuels (le mois prochain), Chronic'Art (novembre 2009) demandé au Professeur Pacôme Thiellement, pop-star véritable trop injustement dans l'ombre, de jouer les futurologues pour Chronic'art. Si l'on s'en tient à l'actualité, ses travers les plus terrifiants comme ses espoirs les plus mirifiques, que nous réservent les années 2010, 2011 et 2012 ? Notre guest fait le tableau du futur immédiat. Pour rire ou pleurer dans les chaumières.

ICI BAS - LA GUERRE TOTALE

le blog de Pacôme Thiellement

CLIQUEZ ICI
 

TEL EST PRIX (LITTÉRAIRE)...

Le Renaudot vu par Eric Chevillard...

Lundi 9 Novembre 2009

« Je découvre dans cette librairie que le prix Renaudot vient d’être attribué à un certain Frédéric Beigbeder (jamais entendu parler). J’ouvre son livre à la dernière page comme j’aime à le faire, pour en lire une phrase au hasard : À l’aide de ses dents en avant héritées de moi, Chloé mordille sa lèvre inférieure. À l’aide de ses dents… ne dirait-on pas qu’il va être question d’un outil, d’une bêche, d’une pince-monseigneur ? L’ellipse de la relative ensuite – initiative hardie destinée à alléger l’ensemble – se révèle hélas malencontreuse. Avec ces dents en avant qu’elle tient de moi eût été plus heureux, à défaut d’être plus charmant. Chloé mordille donc sa lèvre inférieure à l’aide de ses dents et non à l’aide de ses pieds comme nous aurions pu le penser sans cette indispensable précision de l’auteur, ni du reste à l’aide des pieds de celui-ci, employés déjà, nous le voyons, à de puissants travaux d’écriture justement récompensés. »

« L’imposteur avance désormais à visage découvert. Il est fêté pour cela, parce qu’il fait crânement étalage de sa médiocrité au lieu de mourir de honte. Notre société ne peut qu’approuver l’aplomb de cette nullité satisfaite. »

Pour découvrir L'AUTOFICTIF, le blog salutaire de Eric Chevillard

CLIQUEZ ICI

LE VATICAN ET LES EXTRA-TERRESTRES

Le Vatican a tenu une conférence sur la possibilité d’une vie extraterrestre et ses conséquences pour l’Eglise catholique.Cette conférence de 5 jours a rassemblé environ une trentaine de scientifiques afin de débattre sur la possibilité d’une vie ailleurs que sur notre planète. Ce n’est pas la première fois que le Vatican débat de l’existence d’une vie extraterrestre dans l'univers. En 2005 déjà, une conférence du même genre s’était tenue, organisée par l'observatoire du Vatican.

Le révérend Jose Gabriel Funes, qui dirige l’observatoire du Vatican, a déclaré que la science et la religion n’étaient pas incompatibles et que cette question d’une existence extraterrestre ne remettait en aucune façon en cause la foi en Dieu. L’an passé, il avait déclaré dans le journal du Vatican :

« Si des formes de vie sont découvertes ailleurs dans l'univers, elles peuvent être considérées comme des créatures de Dieu [..] Cela ne contredit pas notre foi parce qu’on ne peut délimiter la liberté qu’a pris Dieu lors de la création. »

SACRÉ LIVRE SACRÉ !

Emprunté à mon ami Yves Letort, libraire consciencieux que l'on peut retrouver sur FEUILLES DAUTOMNE

LIRE OU NA PAS LIRE PROUST ?

Lu ce matin les propos pour le moins provocateur de Germaine Greer, écrivain - et provocatrice - de langue anglaise :

« Si vous n'avez pas lu Proust, ne vous en faites pas. Vous n'avez pas besoin de combler cette lacune dans votre développement culturel. En revanche, si vous avez lu en entier "A la recherche du temps perdu", alors vous devriez vous faire du souci. Proust le savait très bien, lire son œuvre trop longtemps est du temps perdu, temps qui serait mieux utilisé en allant rendre visite à un proche atteint de démence, méditer, promener le chien ou apprendre le grec ancien. »

(...)

« La lecture en est infernale, il y a 2 408 pages, 1,25 million de mots, et le livre est tellement lourd qu'on ne peut pas le lire au lit ou dans son bain (pour autant qu'on puisse jamais le lire, avec ses minuscules polices et ses toutes petites marges). »

(...)

« Proust utilise les virgules et les points-virgules pour faire ce qui devrait être fait par des points, qui sont bien trop rares, et le plupart du temps mal placés. Les phrases peuvent atteindre des milliers de mots et des partitions de propositions subordonnées, si bien que le lecteur ne se souvient pas de la proposition principale, ou s'il y en a jamais eu. »

Les amateurs de mauvaise foi en auront pour leur argent. Ceux qui n'ont pas lu Proust (je ne parle pas de ceux qui « relisent » Proust, c'est d'un chic !) pourront relever la tête, bomber le torse, arrêter de se flageller et baiser la tête dans les soirée. Les voilà sauvés. Même s'il reste, Joyce, Cervantès, la correspondance de Voltaire, Le Mahabharata, Les Trois royaumes ou l'oeuvre de Chrétien de Troyes.

Pour revenir à Proust, on peut toujours l'écouter à défaut de le lire. C'est ce que propose les éditions Thélème : A la recherche du temps perdu - tiens, tiens ! - en 111 CD, soit environ 140 heures d'écoute. J'ai calculé pour vous, cela fait 5,83 jours à ne faire que ça ! Nuis comprises. Si vous dormez 12 heures (en vous couchant longemps de bonne heure, il s'entend) ce qui n'est pas recommandé pour la santé et la lucidité, comptez douze jours, à la louche. Imaginez maintenant que vous ne souhaitiez pas lire Proust et que vous êtes raisonnables et raisonnablement lettré. Vous disposez alors de 12 jours libres que vous pouvez employer comme bon vous semble. Aussi, ma question est la suivante :

QUE FERIEZ VOUS SI L'ON VOUS DONNAIT DOUZE JOURS ?

N.B. Toutes les réponses sont les bienvenus, à commencer par les extravagantes

NOUS NOUS SOUVENONS...

807 ETC.

53 300 000, c'est le nombre d'occurrences trouvées en tapant  « 807 » sur le plus célèbre des moteurs de recherches (le 10/11/2009 à 19 h 06)

LES 807

HOMMAGE À PIERRE SYLVAIN

Les éditions Verdier font part du décès de Pierre Silvain, le 30 octobre 2009 à Paris, auteur de Julien Letrouvé, colporteur. Son roman Les Couleurs de l’hiver sera publié au mois de mars 2010. Assise devant la mer est paru en septembre 2009.

Né au Maroc, de parents d’origine limousine. Enfance passée dans le bled, études secondaires à Casablanca, école des Beaux-Arts, puis études de droit à Rabat, à l’issue desquelles il entre dans l’administration des Finances où il fait carrière, parallèlement à ses activités littéraires. Quitte le Maroc après l’indépendance de ce pays, en poste à Sarrebruck, avant son affectation à Paris. Collaboration à la revue Réalités secrètes, dirigée par René Rougerie et Marcel Béalu. Voyage en Chine, l’année précédant la Révolution Culturelle. Aux États-Unis, rencontre Carson McCullers, à laquelle il dédie un de ses livres, La Fenêtre. Nombreux autres voyages, notamment au Japon, en URSS, au Proche-Orient, en Ouzbékistan, en Europe Centrale. A été membre du PEN-Club. Membre fondateur de l’Association Noésis, pour le développement des cultures francophones et hispanophones.

Julien Letrouvé, colporteur...

Nul ne sait d’où vient cet homme qui marche – Julien Letrouvé, colporteur, fut un enfant abandonné – nul ne sait non plus où il va, sinon, peut-être, rejoindre, au bout de son errance, une femme qui l’attend dans son imagination égarée : celle qui lit les livres.
   Car la première des deux rencontres éblouissantes et décisives qui nous sont contées dans le récit, est celle d’une paysanne dont la voix et la présence, dans la chaleur souterraine de l’écreigne, enchanta les veillées de son enfance tandis qu’elle faisait la lecture, à une petite assemblée de femmes occupées à filer, des petits livres de colportage de la Bibliothèque bleue.
   La seconde aura lieu près du champ de bataille de Valmy – dans les premières années de la République, menacée sur ses frontières, et déjà saisie par le sombre pressentiment de la Terreur –, cette fois avec un jeune homme, déserteur de l’armée prussienne. Elle fera basculer son destin.

Quelques lignes de Julien Letrouvé, colporteur.

 La marchandise, comme disait M. Garnier sans mettre dans ce mot rien d’irrespectueux à l’égard des ouvrages de l’esprit desquels il tirait ses revenus, consistait en livres, livrets, fascicules brochés, calendriers, almanachs et composts, quelques images de piété gravées en couleur, d’autres, peut-être, que leurs sujets par trop licencieux empêchaient qu’elles fussent exposées. M. Garnier laissa courir un regard amoureux, comblé, sur les exemplaires les plus demandés de sa Bibliothèque bleue. Il n’était pas sûr que Julien Letrouvé se fît, ainsi que lui, une idée assez haute de son métier, de la marchandise particulière qu’il colportait et par là de l’espèce de mission qui lui était tacitement dévolue. Mais pouvait-on savoir, Julien Letrouvé se livrait avec tant de retenue, et s’il avait eu un mot à dire pour dissiper les incertitudes que ses silences entretenaient, aurait-il su trouver celui qu’il fallait ? Aussi, quand il déclara avec assurance que cette fois il ne prendrait que les contes, les légendes et les romans, à l’exclusion de tout ce qui était calendriers, prédictions, vie des saints et des rois, recettes et médecines, chansons, féeries et diableries, cantiques, manuels de bonne préparation à la mort, jardins de l’honnête amour et tant d’autres qu’il laissait à ses confrères les mercerots qui ne faisaient pas tant de manières pour se charger du tout-venant, M. Garnier eut-il le sentiment de voir surgir des ténèbres d’incompréhension qui la lui avaient cachée la face insoupçonnée d’un jeune homme à la volonté duquel il se prit, sidéré, à répondre d’un secouement de tête, en signe d’approbation. C’était, à n’en point douter, l’époque qui lui fournissait de tels motifs de perplexité qu’il se proposait d’approfondir plus tard.
   Julien Letrouvé avait approché sa boîte, il en retira le couvercle doublé d’un drap fin couleur de sable, comme celui qui en tapissait le fond. Il dit résolument à M. Garnier que ceux des livres qu’il tenait à emporter étaient, sans qu’il y eût d’ordre de préférence dans son énumération, L’Histoire de Fortunatus, Mélusine, La Patience de Grisélidis, Gracieuse et Tersinet, La Complainte du Juif errant ainsi que Till l’Espiègle et La Princesse de Clérac, par Monseigneur de Dalbour. Il prendrait aussi La Farce de Maître Pathelin, La Jalousie du Barbouillé et la petite brochure où il y avait l’éloge funèbre du bedeau picard Michel Morin qui fut si grand carillonneur en son temps. Après une hésitation, il ajouta très vite qu’il avait choisi, enfin, La Forêt des merveilles.

BELA LUGOSI'S ALIVE

by Tod Browning

LE MUSEE DE MONTMARTRE NE DOIT PAS DISPARAITRE !

Je suis resté un peu interdit à l'annonce de cette étonnante nouvelle : la fermeture possible du Musée de Montmartre. J'avais même du mal à y croire. Comment une institution parisienne aussi ancienne pourrait-elle être purement et simplement supprimée, comme cela, d'un trait de plume adminsitratif ?

C'est pourtant la triste vérité. L'Hôtel de Ville de Paris, jugeant ce lieu probablement trop démodé, peut-être pas assez "branché", ne donnera pas de subvention cette année, ne renouvellera pas le bail du bâtiment - dont la Ville de Paris et propriétaire - et demande que l'association, Société Historique et Archéologique du Vieux Montmartre soit dissoute !

Ainsi, par la volonté de quelques uns, cette association fondée par un groupe de passionnés en 1886 devra, non-seulement plier bagages, mais en confier le contenu - une très riche collection - au Musée Carnavalet et à la Bibliothèque Historique de la Ville de Paris.

C'est un peu vite oublier que si les ruelles de la butte attirent autant de touristes aujourd'hui, c'est justement parce le "Vieux Montmartre" et les passionnés qui en faisaient partie, se chargèrent de veiller à leur conservation.

Si Claude Charpentier ne s'était pas personnellement investi dans les années cinquante, dans son fameux "plan de sauvegarde de la butte Montmartre", que resterait-t'il aujourd'hui ? Montmartre serait devenu un quartier comme les autres, sans âme, d'une affligeante banalité.

Devons-nous céder le terrain définitivement aux vendeurs de souvenirs à deux sous ? Montmartre doit-il ressembler à un décor de cinéma ?

Le Musée de Montmartre, à travers ses expositions, a su montrer depuis des années quelle était la véritable valeur de ces lieux, son riche passé, loin des clichés de pacotilles. Utrillo, Willette, le cabaret du Chat noir, Renoir, Alphonse Allais, Erik Satie, le maquis, le Lapin agile, les moulins, les chansonniers, que sais-je encore, vivent encore rue Cortot grâce au Musée de Montmartre. Doit-on les oublier définitivement ?


Le « gymnopédiste »


Si l'on supprime le Musée de Montmartre, c'est un lieu de mémoire qui sera définitivement fermé au public, un lieu charmant et accessible à tout un chacun.

Mais que veut on faire de ces bâtiments une fois libérés ? Une résidence de luxe, où de riches habitants paieront au prix fort le droit de respirer l'air de la Butte ?

On ne me fera pas croire que ces lieux seront livrés aux promoteurs, "restaurés" à grands frais, puis revendus à la découpe ?

Non, je ne crois pas que monsieur le Maire de Paris soit animé par de telles intentions... D'ailleurs, n'a-t'il pas écrit lui même dans une lettre adressée au Musée de Montmartre le 30 septembre 2009 :

« … Je forme le souhait que la réunion qui sera organisée par le Secrétariat Général, d’ici la fin du mois d’octobre, en lien avec mon adjointe chargée du Patrimoine, Danièle POURTAUD, et le Maire du 18ème arrondissement, Daniel VAILLANT, soit à cet égard décisive et détermine, avec vous les conditions dans lesquelles pourra perdurer cette mission patrimoniale. »

Une seul question se pose : que vont devenir les bâtiments une fois libérés ?

Nous ne pouvons pas rester insensibles devant une telle injustice, et les élus de la Mairie de Paris doivent revenir sur leur décision. Tout le monde peut se tromper.

Signez et faites signer la pétition autour de vous, pour que ce lieu magique, le Musée de Montmartre, poursuive sa mission de service public, salutaire pour tous ceux qui ne veulent pas oublier que Montmartre, mondialement connu, mérite qu'un lieu soit dédié à sa mémoire.

Rodolphe Trouilleux

Pour signer la pétition  en ligne

CLIQUEZ ICI

L'ETRANGE (*) QUESTIONNAIRE DE CLARO

Claro écrit des traductions (*), des livres (**), un blog et publie des auteurs américains (***). Il a par ailleurs onze doigts, ce qui n'est pas un mince avantage, et son clavier fonctionne au phosgène, ce qui le rend dangereux.

ÉTRANGE (*) QUESTIONNAIRE DE CLARO

(*) Bizarre, extraordinaire, singulier, surprenant. Le Robert


1 – Écrivez la première phrase d’un roman, un nouvelle, ou d’un livre étrange à venir.
Quand l'horloge indiqua minuit, Walter Oberghast sur qu'il n'apprendrait jamais à nager.

2 – Sans regarder votre montre, quelle heure est-il
Dix-sept heures et beaucoup de poussières.

3 – Regardez votre montre, quelle heure est-il ?
Dix-sept heures et cinquante-huit minutes.

4 – Comment expliquez-vous cette – ou ces – différences du temps ?
Je ne les explique pas – pire, je les réfute.

5 – Croyez-vous aux prévisions météorologiques ?
Uniquement celles qui traitent des pluies d'astéroïdes.

6 - Croyez-vous aux prévisions astrologiques ?
Dans la mesure où elles cherchent à nous ridiculiser.

7 – Regardez vous le ciel, et les étoiles, quand il fait nuit ?
Oui, mais je m'arrange pour que ni le ciel ni les étoiles ne se formalisent.

8 – Que pensez-vous du ciel et des étoiles quand il fait nuit ?
C'est un beau boulot, honnête et franc, un peu mégalo parfois.

9 – Avant de répondre à ce questionnaire, que regardiez-vous ?
Mon écran d'ordinateur.

10 – Que vous inspirent les cathédrales, les églises, les mosquées, les calvaires, les synagogues et autres monuments religieux ?
Un profond respect pour les guerres de religion.

11 – Qu’auriez-vous vu si vous aviez été aveugle ?
Le bout de mon nez.

12 – Qu’auriez-vous aimé « voir » si vous aviez été aveugle ?
Des fesses dans de la dentelle.

13 - Avez-vous peur ?
Non, je suis comme le lion dans le magicien d'Oz.

14 – De quoi avez-vous peur ?
De faire une embolie avant de finir mon livre en cours.

15 - Quel est le dernier film horrible que vous avez vu ?
Blanche-Neige et les Sept Nains, de Walt Disney.

16 - De qui avez-vous peur ?
Des gens qui font un peu trop bien les liaisons quand ils parlent.

17 - Vous êtes vous déjà perdu ?
Ça m'arrive en permanence, surtout quand je lis.

18 - Croyez-vous aux fantômes ?
Par transparence, oui.

19 - Qu’est-ce qu’un fantôme ?
Une empreinte qui a perdu la main.

20 - En l’instant, à l’exception de l’ordinateur, quel(s) bruit(s) entendez-vous ?
Concerto n°26 en do majeur de Mozart. L'océan atlantique. Le frigo qui glousse.

21 - Quel est le bruit le plus effrayant que vous ayez entendu – « la nuit avait l’allure d’un cri de loup », par exemple - ?
Le silence de l'ordi qui ne s'allume pas quand on le met en marche.

22 – Avez-vous fait quelque chose d’étrange aujourd’hui ou ces derniers jours ?
Oui, j'ai écrit des choses que je n'avais encore jamais écrites (et j'ai aussi mangé de la méduse).

23 – Êtes-vous déjà allé dans un confessionnal ?
Jamais, j'ai trop peur des trous dans les parois.

24 – Vous êtes au confessionnal ; alors confessez-moi l’innommable.
Je n'ai jamais voulu coucher avec ma mère.

25 –Sans tricher, qu’est-ce qu’un « cabinet de curiosités »
Un musée interlope.

Androïd de Francis Junod

26 –Croyez-vous à la rédemption ?
Pour les abrutis, oui.

27 – Avez-vous rêvé cette nuit ?
Oui, deux fois et demie.

28 - Vous souvenez-vous de vos rêves ?
Souvent.

29 - Quel est le dernier rêve que vous avez fait ?
J'étais poursuivi par des ours.

30 – Que vous inspire le brouillard ?
L'idée du couteau.

31 - Croyez-vous aux animaux qui n’existent pas ?
Absolument – je suis persuadé qu'un jour je verrai un chien digne de ce nom.

32 - Qu’est-ce que vous voyez sur les murs de la pièce ou vous êtes ?
Des fenêtres.

33 - Si vous deveniez magicien, quelle est la première chose que vous feriez ?
Je changerai le président de la république en crotte de nez.

34 - Qu’est-ce qu’un fou ?
Quelqu'un qui a du temps à perdre pour les choses importantes.

35 - Etes-vous fou ?
A partir d'un certain nombre de verres d'absinthe ou de milliers d'octets, oui.

36 – Croyez-vous en l’existence des sociétés secrètes ?
Bien sûr, il n'en existe pas d'autres.

37 – Quel est le dernier livre étrange que vous ayez lu ?
Dark Carnival, une bio de Tod Browning.

38 – Aimeriez-vous vivre dans un château ?
Oui, surtout dans le cellier.

39 – Avez-vous vu quelque chose d’étrange aujourd’hui ?
Une vague qui a failli m'engloutir alors que je la brocardais à la légère.

40 – Quel est le denier film étrange que vous avez vu ?
The Unholy Three, de Tod Browning.

41– Aimeriez-vous vivre dans une gare désaffectée ?
Je n'aime pas le train-train à ce point.

42 – Etes-vous capable de deviner l’avenir ?
Hélas oui.

43 – Avez-vous déjà pensé vivre à l’étranger ?
Oui, mais je n'irais pas jusqu'à dire que cela relève de la pensée.

44 – Où ?
En Haute-Marne.

45 – Pourquoi ?
C'est nulle part et partout, comme Dieu.

46 – Quel est le film le plus étrange que vous avez vous ?
Un film amateur me montrant en train de marcher à un an.

47 – Auriez-vous aimé vivre dans un presbytère ?
Avec des nonnes, oui.

48 – Quel est le livre le plus étrange que vous avez lu ?
Les Chants de Maldoror.

49- Préférez-vous les sabliers ou les globes terrestres ?
Les sabliers, mais vides.

50 – Préférez-vous les loupes anciennes ou les armes blanches
Les armes blanches, blanches, blanches.

51 – Qu’y a-t-il, selon toute vraisemblance, dans les profondeurs du Loch Ness
Une crevette à l'ego surdimensionnée.

52 – Aimez-vous les animaux empaillés ?
Tant qu'ils ne remuent pas trop, oui.

53 – Aimez-vous marcher sous la pluie ?
Le sucre que je suis se méfie.

54 – Que se passent-ils dans les souterrains ?
Des éboulements.

55 – Que regardiez-vous quand vos yeux ce sont détachés de ce questionnaire ?
Mon briquet.

56 – Que vous inspire cette phrase célèbre : « dès qu’il eut franchi le pont, les fantômes vinrent à sa rencontre » ?
Un souvenir littéraire qui m'échappe et va me tracasser des heures entières si je ne googlise pas très vite.

57 – Sans tricher, d’où est tirée cette phrase célèbre : « dès qu’il eut franchi le pont, les fantômes vinrent à sa rencontre » ?
Je ne savais pas que Google était de la tricherie.


58 – Aimez-vous marcher la nuit dans la forêt ou les cimetières ?
Je ne répondrais qu'en présence de mon avocat.

58 – Écrivez la dernière phrase d’un roman, d’une nouvelle, d’un livre étrange à venir.
Et maintenant, partez.

59 – Sans regardez votre montre, quelle heure est-il ?
Dix-huit heures vingt-deux.

60 – Regardez votre montre. Quelle heure est-il ?
Dix-huit heures seize.

(*) - Traducteur entre autres de Mark Z. Danielewski, Hubert Selby Jr, Thomas Pynchon ou Salman Rushdie.

(**) - écrivain, entre autres de Madman Bovary (Verticales) ou l'inclassable et admirable Le Clavier cannibale (Éditions Inculte)

(***) - directeur de collection de 'inclassable et admirable « Lot 49 » (éditions du cherche midi), en hommage à Thomas Pynchon, où l'on peu lire, entre autre, le tout aussi inclassable et admirable Arrêter d'écrire de David Markson.

 

Pour découvrir

LE CLAVIER CANNIBALE

Le Blog de Claro

CLIQUER ICI

ELLI & JACNO 1982

JACNO RIP

1957 - 2009, Le dandy de la pleine lune...

« MONSIEUR X »

Ce texte sensible de mon ami Thierry Pernin qui porte sont accuité en bandoulière...

Monsieur X se lève tôt
il est d’origine tchèque
et à cause de son nom
on le prétend misérable
580 euros par mois
ce n’est certes pas Byzance
mais l’étranger s’en accommode
il s’est fixé une mission
le monde est encrassé
excepté sa garçonnière
un simple coup de balai
et au diable la poussière
il arbore un gilet jaune
la porte s’est refermée
et tel un éclair dans le couloir
il dévale les escaliers
la nuit a été calme 
pas de bouteilles cassées
sans ses antidépresseurs
Monsieur X aurait le cafard
Mais il évite de ressasser
il vient de traverser le sas
le hall de décompression
Monsieur X presse la pas
il s’est fixé un objectif
20 heures par semaine
une manne pour la ville
ou tout du moins l’imagine-t-il
quand aux services techniques
il prend son balai et sa pince
l’ensemble de l’équipement
ces armes d’adoubement
telles qu’il les envisage
entre les mains de son chef
le jour de la célébration
hardi chevalier sur la voie
bien entendue publique
notre héros regarde l’heure
il mange avec sa mère
toujours à la cantine   
la ville fait bien les choses   
Madame X jubile     
son fils lui offre des roses

Thierry Pernin,  4 novembre 2009

UN CHAPLIN INÉDIT

En vente sur eBay, une boîte de film toute rouillée contenant un vieux bout de pellicule. C’est surtout la boîte qui intéressait le collectionneur anglais Morace Park, parce qu’« elle était jolie ». Alors il l’a achetée, pour 3£20 (3,57€). Mais le titre inscrit sur la première image de la bobine, Charlie Chaplin in Zepped, lui a fait prendre conscience qu’il ne s’agissait pas simplement d’un « vieux film » comme le décrivait l’annonce de vente. Park raconte au Guardian qu’il s’est renseigné sur le web : « Je l’ai googlisé, et je n’en ai trouvé aucune trace sur Internet. ». Puis il s’est adressé à un de ses voisins, ancien employé du British Board of Film Classification, qui a lui-même associé à l’enquête Michael Pogorzelski, historien du cinéma et directeur des archives de l’académie américaine des arts et des sciences du cinéma.

Le verdict de l’historien est incroyable : « C’est une trouvaille extrêmement intéressante. Un film de Charlie Chaplin inconnu et non référencé. » La pellicule de nitrate, datée de décembre 1916 et éditée en Egypte, contient un petit film 35 mm mélangeant prises de vues réelles de Charlie Chaplin et images d’animation. D’une durée de sept minutes, le film montre Chaplin transporté sur un nuage des États-Unis en Angleterre, puis faisant décoller un dirigeable zeppelin, avant de tourner le bombardier en ridicule en coupant la scène par un plan du Kaiser Wilhem sortant la tête d’une saucisse. Les zeppelins étaient utilisés durant la première guerre mondiale par l’Allemagne, et ont notamment été impliqués dans plusieurs raids contre le Royaume-Uni en 1915. Morace Park et son voisin, John Dyer, ont émis l’hypothèse que le film était une pièce de propagande visant à désamorcer la terreur inspirée par ces engins.

Mais la pellicule ne fut jamais projetée au public. Selon Michael Pogorzelski, il pourrait s’agir d’un montage réalisé par le studio Essanay, avec qui Chaplin avait signé un contrat en 1914 avant de prendre ses distances. Essanay avait la propriété des prises de vues de l’acteur extraites de trois films déjà exploités, mais n’avait pas obtenu son autorisation d’y mêler de nouveaux plans de zeppelins dans un remontage de propagande. « Un acte de création ou de piratage, selon le côté de la barrière duquel vous vous trouvez », plaisante Pogorzelski. David Robinson, auteur de la biographie Chaplin : His Life and Art, affirme qu’une véritable bataille juridique avait éclaté entre Chaplin et Essanay lorsque le studio avait tenté de recycler un maximum d’images de films précédemment produits, tels que Burlesque on Carmen, pour continuer à tirer profit du succès de la star. La controverse juridique aurait entraîné l’avortement du projet. Mais l’explication de Robinson ne provient que de sa connaissance de la carrière du réalisateur et, n’ayant pas encore visionné la bobine découverte par Park, il n’exclut pas que celle-ci puisse également contenir des images inédites : « Il y a toujours une chance qu’on découvre un tout nouveau gag de Chaplin ! » Il estime que sa valeur pourrait alors atteindre les 40 000 livres sterling (44 600 euros).

La façon dont le film est passé des archives du studio aux annonces d’eBay, quant à elle, reste un mystère. Park et Dyer, actuellement à Los Angeles, continuent leurs investigations.

© Camille Gévaudan pour LIbération

FRANCE CULTURE

Merci Eva

France culture, par Arnaud Fleurent-Didier, extrait de l'album La Reproduction, 2009.

GILLES LAPOUGE EN LITTÉRATURE

A l’occasion du millième numéro de La Quinzaine, Gilles Nadeau a interviewé les membres du comité de rédaction. Voici les extraits vidéo de l’interview de Gilles Lapouge, journaliste, écrivain, critique et collaborateur de La Quinzaine depuis 1968.

photo de Gael Le Ny

Pour voir les vidéos

CLIQUEZ ICI

CHARLES FORT ET LE "FORTÉANISME"

« Une procession de damnés.

Par les damnés j'entends bien les exclus.

Nous tiendrons une procession de toutes les données que la Science a jugé bon d'exclure. »

Le Livre des damnés.

Charles Hoy Fort dit Charles Fort (né à Albany, USA, le 9 août 1874 et mort à New York le 3 mai 1932)est un écrivain inclassable, visionnaire peut-être et un mythe sûrement. Il est le père fondateur du mouvement fortéen (le néologisme fortéen a été forgé sur base du nom de Charles H. Fort) et le précurseur sans doute du réalisme fantastique. Assez méconnu dans les milieux intelectuels francophone, il jouit, le monde anglo-saxon d'une très grand réputaion. Le magazine Fortean Times est la publication la plus importante de ce mouvement. Les lecteur français pourront, quant à eux, découvrir LA GAZETTE FORTÉENNE.

Son œuvre s'est attachée à recenser et documenter des phénomènes non expliqués ou extraordinaires (pluies de grenouilles, apparitions de crocodiles sur les côtes anglaises, chute lente de météorites ultra-légères, vestiges archéologiques liliputiens, observations d'engins volants non-identifiés, etc.) et à proposer des hypothèses quelquefois singulières. Dans l'introduction du Livre des damnés, Charles Fort se décrit comme un "intermédiariste". « Nous vivons une quasi-existence » écrit-il, dans "un état intermédiaire entre le réel et l'irréel.")

Toutefois, Charles Fort est le premier chercheur « sérieux » sur les phénomènes paranormaux, les ovnis, et toutes sortes de sujets inexpliqués. Mais il se singularise de ses descendants, par son ton mordant, humoristique, provocant et, paradoxalement sceptique. Pour lui, on ne peut rien prouver, on observe seulement, on constate. Robert Benayoum a assez bien défini sa méthode : « la connaissance par l'absurde ». « Peut-être, suis-je le pionnier d'une littérature à venir dont les traîtres et les héros seront des raz-de-marée et des étoiles, des scarabées et des tremblements de terre. » C.H. Fort (traduction de Robert Benayoun, 1955)

Quelques héritiers

En 1939, Eric Frank Russell publie dans la revue Unknown son roman Sinister Barrier (Guerre aux Invisibles), totalement basé sur les théories de Charles Fort. Ses écrits auraient eu une influence notable sur Lovecraft, qui le cite dans deux de ses nouvelles (Le descendant et Celui qui murmurait dans les ténèbres). Certains passages du Livre des damnés rappellent d'ailleurs la prose de l'auteur au sujet des Grands Anciens. Le Mélanicus de Charles Fort n'est pas sans évoquer le Cthulhu de Lovecraft.

Le livre des damnés est publié en français pour la première fois en 1955 aux éditions des Deux Rives, alors que Louis Pauwels y est directeur littéraire de leur collection "Lumière interdite" et que Jacques Bergier assure la préface de l'ouvrage. Malheureusement, il passe quasi inaperçu. La sortie en 1960 du best-seller Le Matin des Magiciens, une introduction de 500 pages au réalisme fantastique de Pauwels et Bergier, où les auteurs présentent Charles Fort comme l'un de leurs modèles, lui offre un regain d'intérêt, renforcé par la publication de larges extraits de l'œuvre dans les revues à grand tirage "Planète" numéros 29 et 30 de l'été 1966, ce qui permettra une seconde édition en 1967 par Éric Losfeld. Mais l'auteur reste encore largement méconnu en France, et seul son second livre Lo! sera également traduit, 15 ans plus tard chez Belfond en 1981. Aujourd'hui, toutes les éditions françaises de Charles Fort sont épuisées ou presque. Une nouvelle traduction du Livre des damnés vient cependant de paraître en 2006 (Editions Durante...)

Dans le monde de la science, Charles Fort occupe une position comparable à celle des cryptozoologues et l'on a souvent présenté Charles Fort comme « l'ennemi de la science ». Il partage avec les dadaïstes le goût de la provocation, de la dérision, une liberté totale de création. Charles Fort ne doit d'ailleurs pas être confondu avec l'ésotérisme ou l'occultisme. « Je ne crois rien de ce que j'écris ». Pour lui, la croyance n'a pas sa place dans la science, seule « l'acceptation temporelle » est envisageable. Du reste, charle Fort écrit « je pese » mais jamais « je crois ». De la même façon que les dadaïstes ont apporté à l'art, Charles Fort semble être le précurseur d'une science en mouvement, prête à se remettre en cause à tout moment, sachant bien à quel point toute connaissance est relative.


EDITO de Jean-Luc Riveira (la Gazette Fortéenne tome 1)

Le premier volume d’une publication comme celle-ci requiert sans doute quelques mots d’introduction pour expliquer sa venue au monde, car le Fortéanisme n’est guère connu en France.

Fortéanisme

Ce néologisme vient de Charles Fort (1874-1932), un américain qui consacra sa vie à rechercher dans la littérature scientifique et journalistique des bibliothèques de New York et de Londres tous les faits anomaliques que la science de son époque rejetait ou ignorait, et ce dans tous les domaines. Il en résulta quatre livres :

The Book of the Damned (1919), New Lands (1923), Lo ! (1931) et Wild Talents (1932). Leur parution suscita un certain enthousiasme chez des écrivains et intellectuels qui aboutit à la création de la Fortean Society par Tiffany Thayer en 1931, dont Fort refusa la présidence car il ne voulait pas être à la tête d’un mouvement d’idées. La société publia Doubt, première revue fortéenne au monde. À partir de là, l’étude des faits étranges et des idées bizarres et rejetées se développa dans le monde anglo-saxon, trouvant un nouvel essor avec l’apparition des premières “soucoupes volantes” en 1947 et le développement de la parapsychologie. Des auteurs comme Vincent Gaddis et John Keel furent parmi les pionniers de cette nouvelle discipline, dont les organes principaux furent Fate Magazine et les nombreuses publications de Ray Palmer. Aujourd’hui, la grande revue du fortéanisme est le Fortean Times de Londres, né de la passion de Bob Rickard, qui a donné naissance il y a quelques années aux remarquables Fortean Studies à parution annuelle.

Mais que recouvre ce terme de Fortéanisme ? Il englobe un grand nombre de domaines différents qui vont de l’ufologie à la cryptozoologie, en passant par la parapsychologie, l’occultisme, les conspirations, le folklore, la mythologie, les sciences et cosmologies alternatives, les théories archéologiques sur les civilisations disparues ou inconnues etc…

La liste est sans fin car les centres d’intérêt des fortéens sont aussi variés que divers. Leur caractéristique principale est de ne pas être enfermés dans un domaine particulier et d’être ouverts à toutes les idées, y compris les plus excentriques.

La France a été peu touchée par le fortéanisme pour diverses raisons. La première est sans doute la barrière de la langue — Le Livre des Damnés a été traduit en français en 1955 grâce à Jacques Bergier, ce pionnier dont il faut saluer la mémoire et l’influence, Lo ! Le Nouveau livre des Damnés ne paraîtra qu’en 1981 — et la difficulté de trouver les diverses éditions publiées quasi-confidentiellement. Une seconde est la spécialisation à outrance de la plupart des auteurs français : lorsque l’on est un ufologue, on ne connaît pas la cryptozoologie ou la parapsychologie et inversement. À l’exception de Jacques Bergier qui essaya de faire connaître les fortéens américains et italiens en publiant dans les années 1970 quelques volumes de traductions chez Albin Michel, dans la collection Les Chemins de l’Impossible, il n’y a quasiment rien. Enfin, le ridicule qui est attaché dans notre pays à tous ces domaines hors norme constitue un obstacle puissant au développement de ces études.

Depuis plusieurs années, au travers de nombreuses discussions avec Joseph Altairac et Michel Meurger, je caressais le rêve de publier en France une revue proprement fortéenne, à côté des diverses revues ufologiques et parapsychologiques qui existent, ayant un contenu non pas commercial comme celui de certains magazines distribués en kiosque mais calqué sur le modèle des Fortean Studies et de The Anomalist. Le soutien enthousiaste de Philippe Marlin, président de l’Association L’Œil du Sphinx, et d’un certain nombre de chercheurs et amis français et étrangers, a permis à ce projet d’aboutir et de constituer un reflet du fortéanisme mondial contemporain. Vous tenez le résultat entre vos mains.

Ce premier volume est dédié avec admiration et affection à la mémoire d’un grand chercheur, qui nous quitté l’année dernière : Bernard Heuvelmans, le père de la cryptozoologie et un esprit universel, curieux de toutes choses. In memoriam.


Pour en savoir plus

cliquez sur

LA GAZETTE FORTÉENNE

 N.B. Les illustrations sont les couvertures d'un comics américains (DC comics) tentant à prouver à quel point "L'esprit" et le personnage de Charles Fort est encore « vivant » aujourd'hui.

LE SOUDARD ÉBERLUÉ

Jour de pluie, en ai profité, entre deux activités pécuniaires pour relire ce court texte finement troussé que j'avais déjà lu - et fort aimé - cette été...

Le colonel Riltamer ne manque pas de savoir vivre, ce qui l'a conduit à jouir de l'âge de sa retraite en comptant les morts pour la France, pour le Roi ou pour l'Empire. L'homme sage n'aspire qu'a marier sa fille, et à soigner une goutte expiatoire du péché de bonne chère. La sauce voilà l'ennemi. Un penchant qu'il partage avec quelques autres briscards de son acabit, loin de cette acné politique qui marque l'éternelle adolescence de la Nation. Mais le péril est en la demeure et la confusion pénétrante, qui passe la porte de la maison Riltamer tel un fantôme, retrouvé flottant dans la scène. Aux armes, citoyen. Un roman " dix-neuvième ", parisien et bordelais, par l'auteur marseillais du  Crapaud qui fume. Un peu d'histoire, un peu de polar et une langue XIXe très rigoureuse. Un livre confidentiel pour étoffer toute bibliothèque qui se respecte.

LE SOUDARD EBERLUÉ, de Serge Scotto (L'écailler du sud, Marseille)

SEI SHONAGON

Dame Sei Shonagon est une femme de lettres japonaise qui a écrit vers l'an 1000 ce qui est considéré comme une des œuvres majeures de la littérature japonaise et mondiale et parfois comme la première forme romancée.

Son œuvre majeure s'intitule Notes de chevet (Makura no soshi), un texte inclassable, annonçant, dans la littérature « moderne », la notion fragment. C'est une collection de listes, de poésies, de complaintes et d'observations glanées tout au long de son séjour à la cour durant l'Époque de Heian. Dans le Makura no soshi, Sei Soanagon inaugure un genre nouveau, une sorte de journal qui mélange anecdotes et réflexions où l'auteur donne libre cours à son esprit. Après la mort en couches de l'impératrice Sadako (1000), nous n'avons aucun détail sur sa vie, mais on estime que ses Notes de chevet ont été achevées entre 1001 et 1010.

Pillow book

Le gardien vous recommande la lecture de :

Notes de chevet, de Sei Shonagon (Gallimard, collection Connaissance de l'Asie)

Message d'OrnithOrynque

Bonjour à vous,

J'ai trouvé ce livre par hasard chez un bouquiniste, d'abord attiré par la collection, de référence, puis j'ai été totalement happé par les extraits que je picorai (j'ai un bec, rappelez-vous :)!), et m'étais fait la même reflexion que vous : étonnament moderne.

Merci pour votre lien. OrnithOrynque

HOMMAGE À HUBERT COMTE

Hubert Comte n'est plus. C'est l'ami Daniel Maja qui m'a appris sa disparition. C'est un écrivain qui, pour moi, a beaucoup compté car, chaque fois que je le lisais, j'entendais aussi l'homme me chuchoter de si belles choses. Il avait fait une brillante carrière dans le monde de l'édition. Mais il était aussi écrivain, voyageur, dessinateur, collectionneur et critique d'art... Il demeure l'auteur de nombreux ouvrages, dont de beaux livres consacrés aux outils, à l'histoire du livre, à son père, à l'huitre, à l'enfance, ou à l'art. On peut découvrir une grande partie de son oeuvre aux belles éditions VOLETS VERTS. Ses livres sont des compagnons de vie.

LE DANDY DADA

Ce 6 novembre 2009 ...

Sera l'anniversaire des 80 ans de la mort de Jacques Rigaut,
Une pensée pour lui,


Ceux qui seront à Paris pourront toujours aller déposer unerose sur sa tombe au cimetière Montmartre.


« Je serai un grand mort »

Jean-Luc Bitton

DÉCOUVRIR LE BLOG

JACQUES RIGAUT

« work in progress », souvent méconnu, du biographe à l'oeuvre...

SACRÉS FOUS LITTÉRAIRES !

 

Si les fous en tout genre sont fort nombreux et les littéraires presque autant ne croyez surtout pas que les « fous littéraires » sont légion. En effet, notre sujet ne supporte guère l’arithmétique et un demi fou plus un littéraire à demi ne feront jamais un « fou littéraire », espèce rare, singulière, mal connue et, pour tout écrire, en presque voie d’extinction. Insistons toutefois sur le presque puisque, depuis peu, une société savante et incongrue s’est donnée pour mission – sous la houlette de Warc Ways, libraire et collectionneur, et Marc Décimo, écrivain et universitaire – de redorer le blason de ses figures étonnement lettrées mais hélas aussi ternies.

En ce début de XXIe siècle, en une époque fade ou le politiquement correct et la pensée unique sont de règle, où la raison n’est que ruine de la fantaisie, il est venu le temps d’exhumer et de considérer enfin – pour éviter que ne meurt une seconde fois les grandes œuvres des petits auteurs – la cohorte des « fous littéraires, Hétéroclites, excentriques, irréguliers, outsiders, tapés, assimilés et tous les autres…»

Désormais, il existe un institut (I.I.R.E.F.L, Institut International et d'Explorations sur les Fous Littéraires) et une revue  du mêm nom qui porte haut les couleurs de la folie littéraire. Ecoutons sont président, Marc Ways, en énoncer la presque profession de foi :

« C’est avant tout le  travail de toute une équipe. Un président sans son équipe n’est rien. Et une équipe sans un président qui soulève les montagnes, n’est rien. Nous sommes complémentaires  et nos différences font l’unité de nos recherches & travaux. C’est notre diversité qui tire l’Institut et les Cahiers vers le haut ; Nous sommes très exigeants pour nous mêmes et envers tous les contributeurs. Nous n’avons pas droit à l’erreur. Nous sommes attendus au tournant. Nous suscitons des convoitises et de nombreuses personnes aimeraient bien mettre la main sur le gâteau : comme disent les mêmes : « Pas même en rêve, n’y pensez pas »

Le gardien, membre du comité scientifique de la dite revue, en ses qualités de bibilopathonomade, a souhaité inviter quelques membres distingués à éclairer nos chancelantes lanternes. Aussi, bienvenue chez les fous, mais littéraires…

 Le gardien - bibliopathonomade : Messieurs, qui êtes vous ?

Marc Décimo : Marc Décimo, maître de conférence habilité à diriger des recherches, Régent du Collège de ’Pataphysique. Le résultat d’une longue tradition littéraire en quête de sensations d’exotisme, « d’impressions d’Afrique » si vous voulez. L’univers d’un auteur qu’on découvre doit troubler.J’ai essayé d’écrire sur un certain nombre de sujets lorsque le besoin s’en faisait sentir. Marcel Duchamp disait qu’il ne comprenait pas qu’on en soit encore à lire Mallarmé, Lautréamont et Rimbaud alors qu’existaient Jean-Pierre Brisset et Raymond Roussel. Il m’est donc apparu urgent de faire une thèse sur Brisset ; on en avait trente-sept neuf sur Proust, trente-huit trois sur Queneau, et rien du tout sur Brisset. J’ai commencé mon travail dans les années 1980 et ça fait 20 ans que ça dure. Là vient de sortir en poche L'Esprit de la modernité révélé par quelques traits pataphysiques – ou Le Brisset facile (Les Presses du réel).

André Stas : André Stas, écrivain, imagier, Régent de la Chaire Fondamentale des Travaux Pratiques d’Aliénation Mentale au Collège de Pataphysique.

Tanka : Doctorant en langue et littérature de françaises (Université McGill, Montréal). Je rédige une thèse sur le paradigme de la folie littéraire.Passions en vrac : Queneau, Vian, Jarry, pataphysique, excentricités et marginalités littéraires et artistiques…

Marc Ways : T’es de la police…. ? Marc Ways, président et fondateur de L’I.I.R.E.F.L. Je n’ai aucun titre, ni diplôme ; Mai 68 a eu raison de ma scolarité et j’ai été viré du Lycée. Merci, en fait… Autodidacte et fier de l’être. Formé à l’école de la vie. Grand fanatique d’estampes. Dingue de Jacques Callot depuis l’âge de douze ans. Passionné d’Art, de livres et de fous littéraires



Qu’est-ce qu’un fou littéraire ?

 

Marc Décimo : Cette appellation a été donnée par Charles Nodier en 1835. Elle a été constamment reprise, notamment par Raymond Queneau et André Blavier. En dépit des questions qu'il soulève, ce terme est aujourd'hui générique mais assez complexe à définir et discutable. Comment définir ce qui est « littéraire » de ce qui ne le serait pas ? Ce qui serait « fou », de l'autre versant ? Comment caractériser l'hétéroclite ? Par des faisceaux de traits : idées aberrantes à défendre coûte que coûte (dont, selon les époques et les lieux, la frontière dépendrait), mégalomanie, absence de doute… ? Le « fou littéraire » ne manque pas de sel et s'il vient à lui en manquer, sa nullité devient par équivalence une qualité.

André Stas : Jusqu’à présent, il est de coutume de considérer comme tel un écrivain qui, sans maître aucun, publia (le plus souvent à compte d’auteur) un ou plusieurs ouvrages qui ne lui valu(ren)t aucun disciple. Aucun retentissement possible, aucun lectorat pour ces Objets littéraires non identifiés.

Marc Ways : Bien malin, celui qui pourra répondre. C’est un concept qui voit le jour avec Charles Nodier, repris par Messieurs Queneau & Blavier. Mais d’autres approches existent : Lacan, Foucault…
L’Institut a aussi pour vocation de faire évoluer les définitions anciennes. Ne devons-nous pas vivre avec notre XXI ème siècle en faisant voler en éclats certains concepts ? Nos illustres prédécesseurs étaient très attachés à la notion de «  publication à compte d’auteur ». Nodier insiste sur le fait que le livre doit être imprimé. Queneau et Blav emboîtent le pas.
Je serais plus nuancé et puis, je n’aime pas les doctrines, les concepts rigides ; tout est évolution, la notion de F.L., aussi est en pleine mutation. Les outils de comm évoluent, le reste suit avec. Un exemple : les blogs ne remplacent-ils pas l’édition à compte-d’auteur ?
 
Selon vous, quels sont les conditions à remplir pour être « classé »  dans les fous littéraires ?

 

Marc Décimo : Il faut des auteurs qui ont couché par écrit des choses qui ne tiennent pas debout. Un type richissime qui passe sa vie et une partie de sa fortune à réaliser le livre encyclopédique et définitif sur la brouette à travers les âges. Un autre s'inquiète de savoir d'où les sons, les phonèmes du français proviennent, et il trouve. Par exemple, Paul Tisseyre Ananké-Hel ! écrit pour démontrer que l'homme a imité les cris des bêtes préhistoriques, mammouths, aurochs et autres. On tient un sujet lorsque cette inventivité extravagante vous fait sourire intérieurement et laisse perplexe. Le fou littéraire échappe aux savoirs en vigueur et il ne doit pas réussir à franchir le seuil de la croyance sociale.


André Stas : Assez paradoxalement, d’avoir été découvert par les traqueurs du genre.

Tanka : Blavier vous dirait d’abord de mettre en italique ou entre guillemets l’expression de fous littéraires.  Et il n’a pas tort.
Pour les questions deux et trois, je vous renvoie d’abord ici à la conférence que j’ai prononcée dans le cadre du colloque Les fous littéraires et artistiques, tenu à la Bibliothèque nationale de France le 1er avril 2009 (intitulée « Pour une histoire de la folie littéraire.  De Charles Nodier à André Blavier : en quête d’immoralité »).  [En libre consultation, semble-t-il, à la BnF.  Je n’ai pas la possibilité, malheureusement, de vous donner une copie du texte.  Le colloque a été filmé par les soins de la dite BnF].
En quelques mots, je me contenterai de dire que ces questions sont fort complexes et prêtent à beaucoup d’ambiguïté (Queneau et Blavier m’auront déjà plagié par anticipation sur cette réflexion).
En effet, la locution et le corpus causent problème.
La locution : l’association des termes « folie » et « littéraire » est quelque peu péjorative.  Bien après ses recherches initiales sur la question, Queneau note dans son article sur « Defontenay » dans Les petits romantiques français qu’il vaut mieux « parler non de “fous littéraires”, mais d’“hétéroclites” ».  On n’est pas plus avancé me direz-vous !  Je vous sens insister : qu’est-ce qu’un fou littéraire ?  Vous imaginez bien que je vous renverrai principalement aux définitions de Nodier et Queneau.
Le corpus : pourquoi exclure généralement (et légitimement) les mystiques, occultistes, spirites, socialistes, et autres illuminés, visionnaires, théosophes… comme le font Blavier, Queneau et d’autres, à l’encontre de Gustave Brunet par exemple (Les fous littéraires.  Essai bibliographique sur la littérature excentrique, les illuminés, visionnaires, etc.).  Parce qu’ils sont bêtement sots et médiocres ?  (pour paraphraser Queneau dans Comprendre la folie), ou alors qualifiés à tort de fous, d’aliénés ?  Parce qu’ils sont trop éloignée de notre compréhension par leur mode de pensée théologique ? (Queneau encore).  Ou encore pour restreindre un corpus qui tend à être très englobant ?  Sans oublier que la « catégorie » de la folie littéraire (certains préférerons par ailleurs employer le terme d’excentricité littéraire et culturelle) et ses constituants varient considérablement dans le temps et selon les cultures.  C’est donc dire qu’on arriverait peut-être à une piste de réponse en historicisant la question.  Mais c’est là tout le projet de ma thèse !  Je vous prie d’être un peu patient !

Marc Ways : Publier à compte d’auteur. Ne rencontrer aucun succès, ne pas avoir d’article dans la presse. Pas de disciple, ne pas faire école ou secte. Rester dans un oubli et un isolement total. C’est dingue, non….

Etes vous fous, littéraires, ou les deux ?

 

Marc Décimo : Tout dépend de l’idée que vous vous faites de la folie et de la littérature. Tout dépend de la lorgnette. Cependant, pour ne pas esquiver, disons que les universitaires sont des variétés de fous littéraires qui ont la particularité de s’entourer de garde-fous, pour tenter d’éviter de dire ou d’écrire des bêtises, ce qui ne les empêche pas forcément. Quant à la littérature, n’est-on pas en train d’en faire, là ?


André Stas : Nous sommes des érudits mutants, du seul Sérieux qui soit : le Sérieux pataphysique.

Marc Ways
: Je ne suis ni fou, ni littéraire. Suis un pragmatique avec les pieds sur terre et la tête sur les épaules. Mais pour monter un tel INSTITUT, il faut être complètement BARGE, de chez Barge…. En vérité, je vous le dis….


 Faut-il être fou pour s’intéresser aux fous littéraires ?

 

Marc Décimo : Il y a toujours et partout des gens curieux qui surgissent, des gens qui aiment sourire et se réjouir de voir et d'entendre des choses talentueuses. Ce sont donc des personnes de formations et de statuts divers, d'horizons variés. Des biologistes, des matheux, des médecins, des bibliothécaires, des archivistes, des archéologues, des psy, des étudiants, des amateurs, des caissières. C'est une question d'aptitude et d'altitude, vous voyez ?, de connivence. Si vous avez l’esprit un peu pionnier, si vous êtes un tantinet explorateur, un continent s’offre à vous. Pourquoi se priver de s’aventurer parmi les fous littéraires ?


André Stas : Faut-il être comédien pour lire une comédie ? Faut-il être rugbyman pour lire un essai ?

Tanka : La question des fous littéraires exige beaucoup de rigueur et de dignité.  Sachant à l’abord que nul génie ne sera exhumé, les fous littéraires sont susceptibles d’intéresser le plus censé des mortels.  Si Robert Challe (écrivain français du XVIIe s.) est un génie, ou disons plutôt un écrivain important exhumé récemment, il n’a rien à voir avec ce qui nous occupe, ni non plus ses réanimateurs.  C’est donc dire qu’on ne trouvera pas de génie parmi les fous littéraires ou très peu s’en faut, parions-le.  À moins que ce ne soit le contraire, je ne sais plus…

Marc Ways
: NON, damned….mais posséder une bonne dose de pensées qui ne sont pas coulées dans le moule. S’intéresser aux F.L. est aussi une note d’espoir, un voyage dans l’imaginaire et dans une littérature en marge.

Pourquoi avoir crée une association, puis une revue sur les fous littéraires ?

 

Marc Décimo : L’association est en France le cadre juridique dans lequel on s’agite, non ? Faire une revue, c’est chic. C’est du luxe. C’est un instrument incomparable. Imaginez-vous en concert un pianiste virtuose qui ne jouerait pas sur un piano à queue Steinway, Bosendorfer ou Yamaha ? Il faut savoir faire partager son domaine d’étude, sans quoi c’est stérile. La confrontation à la différence, à l'autre ne manque jamais de changer le regard que l'on porte. On s'interroge. On ne peut pas non plus republier in extenso tous les fous littéraires : Il faut donc pouvoir donner aux gens une idée de nos trouvailles. Parce qu’en plus on est plusieurs et comme vous le savez, plus on est de fous…


André Stas : Pour ma part, c’est pour avoir l’occasion de continuer l’œuvre de mon ami le T. S. André Blavier.

Marc Ways
: Notre Institut et les Cahiers de l’Institut existent afin de donner une nouvelle chance à des auteurs qui ont tout raté. À l’aube du XXIe siècle, dans un monde où le politiquement correct et la pensée unique sont de règle, où la raison n’est que ruine de la fantaisie, il est venu le temps d’exhumer et de considérer enfin – pour éviter que ne meurent une seconde fois les grandes œuvres des petits auteurs – la piétaille des « Fous Littéraires, Hétéroclites, Excentriques, Irréguliers, Outsiders, Tapés, Assimilés… »
Œuvrons afin que ces Écrivains ne soient pas que des Écrits Vains et essayons de devenir des empêcheurs de penser en rond…
Le fonds littéraire de l’Institut est maintenant riche de quelques 1500 titres.



Quel sont, à votre avis, les fous littéraires les plus remarquables et  pourquoi ?

 

Marc Décimo : Le plus grand d'entre eux. Incontestablement, c’est Jean-Pierre Brisset (1837-1919). Il démontre par des jeux de mots que l'homme descend de la grenouille. A l'aube de l'humanité, elles parlaient français. Tout a commencé lorsqu'un jour la grenouille, qui n'a pas de sexe apparent, s'est métamorphosée encore. Elle a vu poindre dans d’atroces douleurs à son bas-ventre un appendice, et « coa ? coa ? » s'est-elle écriée. – Quoi ? Qu'est-ce que c'est ? Que sexe est ? Keksekça ? Brisset a laissé une Œuvre de plus de 1000 pages, qui lui a valu d'être couronné Prince des Penseurs en 1913 par Jules Romains, Stephan Zweig, Max Jacob et tout le petit monde qui gravitait autour d’Apollinaire. Brisset a fasciné toute leur vie Marcel Duchamp et André Breton.

Paul Tisseyre Ananké-Hel ! (1873-1931) est imposant non seulement par ses Visions préhistoriques mais aussi par un livre, Rires et Larmes dans l’armée (1907). Ses récits, par moments insoutenables, y dénoncent les exactions de l’armée française en Afrique au début du XXe siècle et la vie misérable au Bat’ d’Af’. C’est un écrivain engagé. Son escadron se perd enfin dans le désert et il revient… le seul survivant. C’est un épisode terrible. Il a égorgé son chameau pour en boire le sang et survivre et il entend des voix. Celles des animaux préhistoriques, que les phonèmes du français imitent donc.

Il y a des cas passionnants. Je tiens sous le coude quelques livres…


Tanka : Brisset, sans doute, risque d’arriver en tête, ce dernier ayant été remarqué par Breton (il apparaît dans son Anthologie de l’humour noir).

André Stas : Il s’agit d’épiphénomènes, fort différents les uns des autres. Mais certes, reconnaissons que Jean-Pierre Brisset (Prince des penseurs), Paulin Gagne (l’avocat des fous), Berbiguier de Terre-neuve du Thym et ses Farfadets, le Marquis de Camarasa et ses Causeries brouettiques, Francisque Tapon-Fougas l’éternel candidat, Eugène Samsonovici (Homère II) et sa Mélodramatique et frauduleuse descente en enfer, le Prince Korab, Pierre Roux, etc. sortent du lot.
Mais certains scientifiques « s’égarant » valent aussi le détour, comme le Dr. Bérillon et sa Polychésie de la race allemande ou le Dr. Binet-Sanglé et sa Folie de Jésus ou encore La fin du secret.

Marc Ways
: Queneau l’a écrit et dit. Il a été déçu de ne pas rencontrer plus dé génies et de bons textes sur les kilomètres de rayonnages de la BnF. Il faut un moral d’acier pour lire les auteurs classés parmi les F.L. C’est très chiant la plupart du temps. Indigeste même. Mais, c’est notre boulot….
Il y a quelques génies parmi les « tapés littéraires » :
Jean-Pierre Brisset, Paulin Gagne, Berbiguier, Chassaignon, le Marquis de Camarasa, Pierre Roux, Tapon-Fougas, le Prince Korab, et d’autres.
POURQUOI : parce que 150 ans après la publication des textes, nous avons toujours envie de les lire. Croyez-vous que Brisset ait berné tout le monde ; C’est à mon avis le F.L. par excellence. Un type qui fait descendre l’homme de la grenouille et qui met au point toute une grammaire, n’est pas fou, mais GÉNIAL André Breton l’a compris avant tout le monde, en le faisant entrer dans son Anthologie de l’Humour Noir. Et pensez-vous que notre Marc Décimo aurait passé 20 ans de sa vie sur Brisset, s’il n’en valait pas la peine ?
Et Paulin Gagne, l’homme qui voulait transformer le Lac de Genève en un immense pot-au-feu. J’adore…. Et un écrivain qui développe le concept de la Philantropophagie (mangez-vous les uns les autres, mes frères), génial non ?

 

 

Quel est le fou littéraire qui, toujours à votre avis, mériterait qu’on le connaisse un peu mieux et, pourquoi pas, on le réhabilite ?

André Stas :
Léon Boudin et l'ébouriffant Plutôt la mort - roman d'amour. D'ailleurs c'est fait vu que j'ai réussi à convaince un éditeur de le rééditer.

Tanka : Au risque de détruire notre corpus ?  Ne l’oublions pas, un fou littéraire est, par définition, inconnu.  Mieux vaut taire cette question au risque de passer pour abruti !


Marc Ways :  Ils sont nombreux et ils y a aussi tous ceux qui ne sont pas encore répertoriés, les échappés du Blavier. Croyez-moi, ils sont légions.
Une réhabilitation pour : Pierre ROUX, Le Prince KORAB, Le Marquis de CAMARASA

Est-ce qu’il existe, à l'instar de Théophile de Giraud, auteur de
« De l'impertinence de procréer »,  des fous littéraires oubliés, dédaignés ou vivants ?

 

André Stas : On en découvre ça et là de nouveaux, du moins si la chance daigne nous sourire. Mais il n’est pas inscrit « fou littéraire » sur leurs livres et un certain flair est nécessaire pour les détecter. Il doit y en avoir de vivants mais qui, bien évidemment, seraient sensiblement contrariés qu’on les considère comme des « fous ».

Tanka : Si on présume que chaque culture nous réserve son lot de fous littéraires, on peut croire que le corpus est foisonnant.  Encore faut-il avoir le temps et la possibilité d’errer et de se retirer (pour longtemps peut-être) dans nos bibliothèques nationales ou provinciales respectives…

Marc Ways : OUI. DANS LES TROIS CATÉGORIES. Les oubliés sont ceux qui ne sont pas forcément répertoriés (encore), les dédaignés : nous abordons un chapitre difficile qui ne fait pas consensus ; Je pense à des fouriéristes, des mystiques, des sectaires bien allumés. Pourquoi se priver de leurs écrits délirants ?
Des VIVANTS, oui…… mais achtung : en les faisant entrer dans l’Institut, nous risquons des procès en diffamation de leur part ou de la famille. Prudence. Mais, reconnaissons que c’est bien tentant.

Quels sont les fous littéraires que vous conseilleriez de lire afin  de faire partie de la grande famille des amateurs de folies littéraires…

 

Marc Décimo : Jean-Pierre Brisset, Paul Tisseyre, Edgar Bérillon, Paulin Gagne... mais s’initier au « patoiglob » de Benjamin Bohin n’est pas mal non plus. Au-delà de l’attrait exercé par le fou littéraire, il faut aussi se poser la question de leurs conditions d’apparition et de ce que l’on en fait.


André Stas : Léon Boudin et l’ébouriffant Plutôt la mort – Roman d’amour.
D’ailleurs, c’est fait vu que j’ai réussi à convaincre un éditeur assez allumé pour le rééditer.

Tanka
: On ira d’abord lire l’anthologie de Blavier. Par ailleurs, on n’oubliera pas d’aller lire ses classiques en parallèle des fous littéraires, question de ne pas sombrer dans la démence…

Marc Ways : Brisset, Gagne, Roux, Korab, Camarasa, et tous les autres aussi.


Est-ce que la folie littéraire est contagieuse ?

 

Marc Décimo : La folie littéraire ne s’attrape pas. L’étiologie de la folie littéraire est bien plus complexe. Par voie de lecture, elle a cependant un effet contagieux : elle provoque souvent le sourire, parfois le rire, c’est-à-dire une distance, et toujours la perplexité. On se réfugie dans ce que Breton a nommé après Freud « l’humour de réception ». C’est l’expérience de l’inquiétante étrangeté, de l’autre ; on se sent définitivement exotique à ce qui est écrit. On en ressort différent.

Après avoir par exemple lu Brisset, on n’entend plus jamais ce qui se dit de la même oreille. Jamais plus. J’ai fait il y a dix ans dans l’Orne, à La Ferté-Macé, le coin natal de Brisset, un exposé sur sa façon de concevoir et d’entendre la langue française. Un peu plus tard, ce n’est pas grand le patelin, on s’est retrouvé à l’unique bistrot ouvert à 21 heures… eh bien, tout le monde faisait au comptoir du Brisset en s’émerveillant des étranges éclats possible que décèle le familier de la langue… Jean-Pierre Brisset est le rénovateur poétique de la langue française, ça n’a pas échappé à Duchamp, qui l’a confié à Robert Desnos.

André Stas : La question est mal posée : c’est l’intérêt pour la folie littéraire qui est contagieux. Certes ! Cela intéresse de plus en plus de gens. Lors de la journée organisée autour du thème le 1er avril dernier à la B.N., près d’une centaine de personnes assistaient en permanence aux exposés puis posaient nombre de questions pertinentes.

Tanka : Je dirais plutôt qu’elle est potentiellement transmissible.  La marginalité aura toujours un certains succès… dans les cercles restreints du moins !

Marc Ways : Oui, une fois le virus attrapé, il est difficile d’en guérir et nous allons de l’avant pour trouver d’autres auteurs dits «  Fous littéraires »



Est-ce que le grand public peut et doit s’abonner à la revue et pourquoi ?

  

Marc Décimo : Le grand public fait bien ce qu’il veut. Nous ne sommes pas encore assez fous pour vouloir diriger les autres. S’il veut sourire, rire parfois, frémir et s’informer sérieusement et multiplier et renouveler les approches qu’on peut faire de la littérature et de la folie, si c’est là son désir, il sera réjoui. On propose des cas. On propose des études. C’est une revue internationale, ouverte à toutes sortes de collaborateurs, et pluridisciplinaires. Il n’est pas rare que les fous littéraires soient des artistes.


André Stas : Un lectorat plus étendu ne serait pas pour nous déplaire, d’autant plus que la plupart des articles, pour pointus qu’ils soient, sont parfaitement « lisibles » et intéressants.

Marc Ways : Pas le grand public, pourquoi êtes vous restrictif ? Le PUBLIC. Point barre, qu’il soit petit, gros, barbu, juif ou noir, intelligent ou con. De gauche ou de droite.
Viens à nous public adoré, sans toi c’est la fin des haricots. Nous sommes déjà boudés par les grands médias nationaux, qui reçoivent des services de presse et qui ne répondent pas. Alors que le public prouve que nous sommes une entreprise de salubrité publique.
Notre ambition est de publier une revue de qualité, riche en informations, mais avec une règle fondamentale : ne pas être sorbonnale & snobinarde.

Quel est l’actualité à venir autour des fous littéraires ?

Marc Ways : Une actualité riche. Un numéro 04 des Cahiers à paraître en novembre. Sortie prévue en même temps que le colloque des 26, 27, 28 novembre à Pont-à-Mousson, dans le lieu très prestigieux de l’Abbaye des Prémontrés. Aussi nous en profitons pour remercier vivement le Conseil Régional de Lorraine, le centre Régional du livre en Lorraine et sa dynamique directrice madame Aurélie Marand, le Conseil général de Meurthe et Moselle, la DRAC et Monsieur Jacques Deville, qui ont cru en nous. Le programme du colloque est à découvrir ICI

 

Le gardien du cabinet vous recommande la lecture de :

 

Les fous littéraires, de André Blavier (éditions des cendres). L'ouvrage de référence en matière de «fous littéraires». «Ils sont ou ne sont pas dans le Blavier...» L’auteur n'a cessé de fréquenter (littérairement) les hétéroclites (francophones). La première édition (1982) était depuis longtemps introuvable. On se réjouit d'avoir accès à nouveau aux inventions des fous littéraires.

 

L'apprenti administrateur, de Nicolas Cirier (Plein chant). Une rareté et un numéro d'équilibriste typographique !

 

Balance de la nature, de Marie Le Masson Le Golft (Les presses du réel - Avant-gardes)

 

Œuvres natatoires, de Jean-Pierre Brisset (Les presses du réel - Avant-gardes)

 

Œuvres complètes, de Jean-Pierre Brisset (Les presses du réel - Avant-gardes)

L'Esprit de la modernité révélé par quelques traits pataphysiques – ou Le Brisset facile, de Marc Décimo (Les Presses du réel, Poche)

 

Jean-Pierre Brisset – Prince des penseurs, inventeur, grammairien et prophète, de Marc Décimo (Les presses du réel)

 

Le Diable au désert – Ananké Hel ! – suivi de Paul Tisseyre-Ananké : Rires et larmes dans l'armée !, de Marc Décimo (Les presses du réel - Avant-gardes)

 

Entre les poires et les faux mages, de André Stas (éditions des Cendres) – Prix Xavier Forneret de l’humour noir 2009. Un petit chef d’œuvre selon le gardien !

 

I.I.R.E.F.L

Institut International et d'Explorations sur les Fous Littéraires

Cliquez ICI

ATTENTION POÈTE

A relire et à méditer..

PÉTITION D'UN VOLEUR À UN ROI VOISIN

par Pierre François Lacenaire, brigand et poète 

Pétition d'un voleur à un roi voisin

Sire, de grâce, écoutez-moi :
Sire, je reviens des galères...
Je suis voleur, vous êtes roi,
Agissons ensemble en bons frères.
Les gens de bien me font horreur,
J'ai le coeur dur et l'âme vile,
Je suis sans pitié, sans honneur :
Ah ! faites-moi sergent de ville.

Bon ! je me vois déjà sergent :
Mais, sire, c'est bien peu, je pense.
L'appétit me vient en mangeant :
Allons, sire, un peu d'indulgence.
Je suis hargneux comme un roquet,
D'un vieux singe j'ai la malice ;
En France, je vaudrais Gisquet :
Faites-moi préfet de police.

Grands dieux ! que je suis bon préfet !
Toute prison est trop petite.
Ce métier pourtant n'est pas fait,
Je le sens bien, pour mon mérite.
Je sais dévorer un budget,
Je sais embrouiller un registre ;
Je signerai : " Votre sujet ",
Ah ! sire, faites-moi ministre.

Sire, que Votre Majesté
Ne se mette pas en colère !
Je compte sur votre bonté ;
Car ma demande est téméraire.
Je suis hypocrite et vilain,
Ma douceur n'est qu'une grimace ;
J'ai fait... se pendre mon cousin :
Sire, cédez-moi votre place.


Fils d'honorables commerçants établis près de Lyon, élève au lycée de cette ville puis au petit séminaire d'Alès dont il est chassé, Pierre françois Lacenaire (1803-1836) entame sa licence en droit à Chambéry. Ses indélicatesses et ses débauches le contraignent à chercher refuge à Paris en 1825. Il sait s'y faire accueillir par les journaux de l'opposition. Mais un duel malheureux, en 1829, avec un neveu de Benjamin Constant, qu'il tue, le prive de ressources ; il vole et revend alors un cabriolet, ce qui lui vaut un an de prison purgé à Poissy. Il fait là, dira-t-il, son « université criminelle » et, dès sa sortie, fonde une association de malfaiteursCoupable d'avoir assassiné Chardon, un ancien camarade de prison, et sa mère ainsi que d'avoir agressé un garçon de banque rue Montorgueil à Paris, la malfaiteur Pierre-François Lacenaire est condamné à mort par les assises de la Seine. Lors de sa détention à la Conciergerie, Lacenaire rédigera ses mémoires qui contribueront largement à faire naître le mythe du dandy assassin et voleur.  La censure de la Monarchie de Juillet frappent également Les Mémoires, révélations et poésies de Lacenaire écrits par lui-même, à la Conciergerie dont le texte publié quelques mois plus tard est expurgé. Pierre-François Lacenaire y évoque ainsi les motivations de sa " vengeance " à l’égard d’une société qui n’a, selon lui, pas su lui donner la place qui lui revenait. L’ouvrage donnera néanmoins corps au mythe qui vient de naître. Le 9 janvier 1836, Lacenaire est guillotiné au petit matin, barrière Saint-Jacques à Paris.  Le caractère exceptionnel de l’affaire ne réside pas dans la nature du crime. Pierre-François Lacenaire n’est pas un tueur en série et sa culpabilité bien établie ne nécessite aucune révision posthume. Il est condamné à mort en novembre 1835 pour quelques faux en écriture et pour deux assassinats crapuleux. L’originalité de la cause gît tout entière dans la personnalité de Lacenaire. De son procès à sa mort sur l’échafaud en janvier 1836, ce dandy criminel, poète à ses heures, ne cesse de se mettre en scène. Objet de fascination et de scandale, il subvertit le théâtre judiciaire, détourne la règle du jeu. Mais ce qui importe, ce n’est pas Lacenaire mais les Mémoires de Lacenaire, œuvre en action, œuvre dont l’écho, de Lautréamont à Char, de Breton - que l'on retrouve dans L'anthologie de l'humour noir -  à Debord, est considérable.

N.B. Il s'entend qu'une bibliothèque ne contenant pas les mémoires, les poèmes et quelques correspondances de Pierre-François Lacenaire est une bibliothèque incomplète.

J'arrive à la mort par une mauvaise route, j'y monte par un escalier

Pierre-François Lacenaire

BOB GARCIA ET LE SPECTRE DU TOCARD

Ce courrier bien triste et SCANDALEUX de l'immense bob Garcia Holmesien et tintinophile honnête :

« Je suis auteur de polars aux éditions du Rocher, Payot-Rivage, etc. (Testament de Sherlock Holmes, Duel en enfer, etc.) En marge de mon travail d’écrivain, j’ai publié par passion cinq petites études tintinophiles, tirées en moyenne à 500 exemplaires chacune, dans le cadre d’une  association loi 1901 (Promocom) dont le but est de faire connaître Tintin auprès du jeune public. Certains de ces ouvrages contiennent quelques vignettes de Hergé au titre de la courte citation graphique et conformément à la convention de Berne de 1974 (Acte de Paris), afin d’illustrer le propos. Ni Promocom, ni moi-même n’avons gagné un centime avec ces publications quasi confidentielles. Un premier jugement – Tribunal de Nanterre – dans le procès opposant Moulinsart/Rodwell à Promocom/Garcia a admis le principe de la courte citation graphique. Moulinsart a fait appel.  Le jugement en appel – Tribunal de Versailles – infirme sur le principe de courte citation graphique et me condamne à payer 48.619,76 euros pour contrefaçon, sur des accusations mensongères et non démontrées de Moulinsart (on me demande par exemple de retirer des images de Tintin d’un de mes ouvrages qui n’en contient aucune !)

L’association Promocom étant acculée au dépôt de bilan, et ne pouvant pas moi-même payer cette somme (je ne suis pas imposable en 2009), j’ai donc proposé par voie d’avocat une solution de conciliation à Moulinsart qui connaît fort bien ma situation financière. Réponse de Moulinsart : commandement de payer avec saisie-vente de ma maison, au plus tard mercredi 28 octobre. Je souhaite dénoncer les procédés orduriers de Rodwell et de Moulinsart, en montrant la violence et l’acharnement dont ils font preuve à mon égard. Un proche de Rodwell a annoncé publiquement devant témoins que « Rodwell veut la peau de Bob Garcia. Jusqu’à quand les juges vont-ils donner raison à un tel personnage ? »

Et Victor de Sepausy de Actualitté ajoute :

ll est bien connu que la société qui gère les droits de l’héritage laissé par Hergé, Moulinsart SA, ne fait pas dans la dentelle. Dès qu’un soupçon de contrefaçon est présent dans une œuvre, éditeurs, diffuseurs et auteurs se retrouvent devant la justice. Dernièrement, c’est la Fnac qui vient d’être condamné à payer 30 000 euros pour avoir permis la diffusion de cinq livres qui présentent des contrefaçons de l’œuvre de Hergé.

Pour l’auteur de ces livres, il faudra débourser presque 50 000 euros. Ce pauvre Bog Garcia, grand connaisseur de Tintin, vient de perdre un procès engagé à son encontre par la Moulinsard SA. Il a publié entre 2005 et 2008 cinq ouvrages tous en rapport avec les aventures de Tintin. On retrouve dans cette série, un Tintin au pays du polar, un Tintin à Baker Street ou encore Hergé, la bibliothèque imaginaire.

La Fnac, de son côté, va contre-attaquer mais Bob Garcia se trouve bien démuni, n’ayant pas les mêmes fonds pour se défendre que la Moulinsart SA. Cette nouvelle affaire autour de la gestion agressive de l’héritage laissé par Hergé ne va pas faire une bonne publicité à celui qui apparait comme le grand ordonnateur de ces pratiques : Nick Rodwell, gérant de la société et mari de Fanny Rodwell, l’héritière de l’empire Hergé.

Suite au courrier bien triste et SCANDALEUX de l'immense bob Garcia Holmesien et tintinophile honnête, reçu ce mot de Fanderge :

Rodwell et ses rodwellers ne sont pas à une ordurerie près :


- Rodwell utilise les "fils autistes" de deux journalistes pour expliquer l'acharnement médiatique dont il s'estime victime
- Rodwell interdit les journalistes d'images lors de l'inauguration merdique du musée Hergé
- Rodwell s'acharne sur les associations d'Amis de Hergé partout dans le monde...
- Rodwell s'attaque à une école maternelle qui envisageait de faire un spectacle sur Tintin en fin d'année
- Rodwell empêche une brocante d'objets tintinophiles, etc.

Ce n'est plus un secret pour personne de dire que Rodwell déteste Hergé et Tintin. Il règle ses comptes avec son illustre prédecesseur (et avec Fanny) mais ce n'est pas aux tintinophiles de payer les pots cassés. Un bon psychiatre ferait mieux l'affaire.


Bob Garcia, qui ne ferait pas de mal à une mouche, risposte par l'humour en ouvrant un blog
« Bob Garcia et  le spectre du tocard »... auquel il faut adhérer. Ca ne devrait pas être triste.



Découvrir le blog

BOB GARCIA ET LE SPECTRE DU TOCARD

ET SOUTENIR BOB GARCIA

en CLIQUANT ICI

MERCI DE RELAYER L'INFORMATION

LA DIAGONALE DU FOU

Un « clouage » digne d'un prix de beauté...

FINITUDE

Parce que la semaine est terminée, c'est le moment de découvrir une maison d'édition délicate...

Depuis 2002, Finitude publie, au rythme d'une dizaine de titres par an, de la littérature française ou étrangère, et construit peu à peu un catalogue dans lequel se mêlent des auteurs d'hier et d'aujourd'hui. On croise là des livres oubliés à redécouvrir, des inédits d'auteurs plus ou moins célèbres et des œuvres de jeunes écrivains

Incroyable ! Un livre de Finitude se retrouve dans la première sélection du Prix Décembre en compagnie de sept autres titres, et pas des moindres, des poids lourds de la rentrée littéraire (Besson, Liberati, Mauvigner, Toussaint, etc.). Qui est l'heureux élu ? 21 irréductibles de Raphaël Sorin. L'année prochaine, Fintitude tente le Goncourt.

Raphaël Sorin nous offre vingt et un entretiens avec des écrivains dont il a croisé le chemin, vingt et un « irréductibles » qui se nomment Marc Bernard, Henri Pollès, Henri Thomas, André Fraigneau, Louis Calaferte, Marcel Mariën, Béatrice Appia (sur Eugène Dabit), Edmond Jabès, Georges Schehadé, Georges Simenon, Michel Ohl, Julien Green, Gérard Macé, Roland Dumas (sur Roger Gilbert-Lecomte), Ghérasim Luca, Jean Hugo, Christian Guillet, Bernard Frank, André Pieyre de Mandiargues, Yves Martin et Elias Canetti.

DÉCOUVRIR LES ÉDITIONS FINITUDE

LETTRES OUVERTES

Les divagations de Raphaël Sorin

QUI ?

Saurez-vous deviner qui est ce singulier voyageur ?

Indice sur demande même si la devinette est assez facile...

COURAGE BOB !

Ce courrier bien triste et SCANDALEUX de l'immense bob Garcia Holmesien et tintinophile honnête :

« Je suis auteur de polars aux éditions du Rocher, Payot-Rivage, etc. (Testament de Sherlock Holmes, Duel en enfer, etc.) En marge de mon travail d’écrivain, j’ai publié par passion cinq petites études tintinophiles, tirées en moyenne à 500 exemplaires chacune, dans le cadre d’une  association loi 1901 (Promocom) dont le but est de faire connaître Tintin auprès du jeune public. Certains de ces ouvrages contiennent quelques vignettes de Hergé au titre de la courte citation graphique et conformément à la convention de Berne de 1974 (Acte de Paris), afin d’illustrer le propos. Ni Promocom, ni moi-même n’avons gagné un centime avec ces publications quasi confidentielles. Un premier jugement – Tribunal de Nanterre – dans le procès opposant Moulinsart/Rodwell à Promocom/Garcia a admis le principe de la courte citation graphique. Moulinsart a fait appel.  Le jugement en appel – Tribunal de Versailles – infirme sur le principe de courte citation graphique et me condamne à payer 48.619,76 euros pour contrefaçon, sur des accusations mensongères et non démontrées de Moulinsart (on me demande par exemple de retirer des images de Tintin d’un de mes ouvrages qui n’en contient aucune !)

L’association Promocom étant acculée au dépôt de bilan, et ne pouvant pas moi-même payer cette somme (je ne suis pas imposable en 2009), j’ai donc proposé par voie d’avocat une solution de conciliation à Moulinsart qui connaît fort bien ma situation financière. Réponse de Moulinsart : commandement de payer avec saisie-vente de ma maison, au plus tard mercredi 28 octobre. Je souhaite dénoncer les procédés orduriers de Rodwell et de Moulinsart, en montrant la violence et l’acharnement dont ils font preuve à mon égard. Un proche de Rodwell a annoncé publiquement devant témoins que « Rodwell veut la peau de Bob Garcia. Jusqu’à quand les juges vont-ils donner raison à un tel personnage ? »

Et Victor de Sepausy de Actualitté ajoute :

l est bien connu que la société qui gère les droits de l’héritage laissé par Hergé, Moulinsart SA, ne fait pas dans la dentelle. Dès qu’un soupçon de contrefaçon est présent dans une œuvre, éditeurs, diffuseurs et auteurs se retrouvent devant la justice. Dernièrement, c’est la Fnac qui vient d’être condamné à payer 30 000 euros pour avoir permis la diffusion de cinq livres qui présentent des contrefaçons de l’œuvre de Hergé.

Pour l’auteur de ces livres, il faudra débourser presque 50 000 euros. Ce pauvre Bog Garcia, grand connaisseur de Tintin, vient de perdre un procès engagé à son encontre par la Moulinsard SA. Il a publié entre 2005 et 2008 cinq ouvrages tous en rapport avec les aventures de Tintin. On retrouve dans cette série, un Tintin au pays du polar, un Tintin à Baker Street ou encore Hergé, la bibliothèque imaginaire.

La Fnac, de son côté, va contre-attaquer mais Bob Garcia se trouve bien démuni, n’ayant pas les mêmes fonds pour se défendre que la Moulinsart SA. Cette nouvelle affaire autour de la gestion agressive de l’héritage laissé par Hergé ne va pas faire une bonne publicité à celui qui apparait comme le grand ordonnateur de ces pratiques : Nick Rodwell, gérant de la société et mari de Fanny Rodwell, l’héritière de l’empire Hergé.

ANNUAIRE

 Attention ce modeste annuaire est un work in progress des amis, des lieux et visites indispensables. Il sera mis à jour quotidiennement. J'attends vos propositions

L'ALAMBLOG Littérature, petits éditeurs, secon rayon & -belle - compagnie

L'@ROBASE STR@TEGIQUE Nouvelles & contes improbables

ANATOLIA  Samuel Brussel, Le plus grand éditeur

APPAS rayonnant phare de la littérature européenne moderne

ARMAND ARAPIAN Les déambulations poétiques du chanteur baryton  français dorigine grecque et arménienne

ÉDITIONS ATTILA  Minuscule éditeur gigantesque

L'AUTOFICTIF l'écriture au quotidien de Eric Chevillard

LE BATEAU LIBRE Le blog de Frédéric Ferney

LE BATEAU LIBRE L'émission littéraire de Frédéric Ferney

BIFFURES CHRONIQUES sur l'actualité, les médias et les livres, coups de coeur, textes courts et humour, par Lois de Murphy

LE BLOG À LUC Essai magnifiques, laboratoire graphique et poétique

BOB GARCIA ET LE SPECTRE DU TOCARD Afin de rendre Tintin aux enfants

CASAJORDI Graphisme et autres fantaisies

Casajordi pour coll. particulière Marc Ways et l'I.I.R.E.F.L.

CARNET DE JLK Riches heures de lecture et d'écriture, par Jean-Louis Kuffer, journaliste et écrivain suisse romand

LE CASTOR ASTRAL EDITEUR  musique,  Littérature, OULIPO, poésie, essais, & « Curiosa et caetera»

LE CLAVIER CANNIBALE Le blog de Claro, écrivain électrique

LA CLEF D'ARGENT Maison spécialisée dans la littérature fantastique classique et contemporaine

CHEZ CLARABEL Des livres, de la passion de lire et des dessous chic

COURS TOUJOURS Petites choses sans aucune importance de Eric de Jeager

CYNTHIA 3000 Editeur Jarryesque

DANIEL MAJA Des nouvelles au jour le jour de la vie brève... une balade graphique dans des chemins peu balisés...

 DAVID COLLIN Littérature, exploration, laboratoire

DECTOR DUPUY Caviar Caviardage, art, rue & co

DÉSORDRE Désordre verigineux de Philippe de Jonckheer

DESORDRE Comment Philippe de Jonckheer est arrivé à un tel désordre

LE BLOC-NOTE DU DESORDRE Photographie et  littérature, des auteurs contemporains, photographies personnelles

DISGRESSIONS Carnets, pérégrinations éditoriales, notes prises au jour le jour, fragments désordonnés de Joseph Vebret

ENT'REVUES La revue des revues

ETC ISTE etc-iste. mots,textes,poèmes,miettes, poussières, brindilles,vétilles et autres broutilles de Thomas Vinau, poète

L'EXPERIENCE DU DÉSORDRE Réflexions, fictions et questions

FANTOMATIK Gentleman cambrioleur d'images

LES FÉERIES INTÉRIEURES Blog consacré au poète Saint-Pol-Roux dit « le magnifique », à son oeuvre, à ses contemporains, à ses fulgurances

FEUILLES D'AUTOMNE Le blog de Yves Letort « libraire en chambre » jubilatoire & consciencieux

FRANçOIS MATTON Carnet de dessins inclassables, esquisses de projets pour des livres à paraître, manuel de survie pour Robinson citadins...

FOUS LITTÉRAIRES Institut International de Recherches et d’Explorations sur les Fous Littéraires,
Hétéroclites, Excentriques, Irréguliers, Outsiders, Tapés, Assimilés,
sans oublier tous les autres…

GALERIE DE PORTRAITS EN FORME DE PATATE petites histoires incroyables

GEORGES FLIPO Blog normal d'un auteur normal - en tous cas, c'est qu'il croit...

GUY DAROL Rien ne te soit inconnu

LE GROGNARD Littérature, Idées, Philosophie, Critique, Débats

HUBLOTS Les délicats aléas littéraires de Philippe Annocque

ICI BAS La guerre totale par le grand Pacôme Thiellement

 INGRID THOBOIS Ecrivain, voyageuse, poète, vivante

INQUISITOR Histoire, Torture, horreur, supplice, malefice, Raspoutine, magie, Bathory par Elric Warrior

INSTANTS CLÉMENTS Carnet de Frédéric Clément déposé sur un banc, feuilleté par le vent ou qui peut

JACQUES RIGAUT L'Excentré Magnifique, « work in progress » de Jean-Luc Bitton, souvent méconnu, du biographe à l'oeuvre...

LITTERATURE & COMPAGNIE Arborescence, adresse, encyclopédies, etc.

LUTECEWOMAN Du glam-mum avec Miss Aurélie B.

LE MAGAZINE DES LIVRES Donner à lire ou relire, sans querelles inutiles ni stérile acrimonie

LE MAGAZINE LITTÉRAIRE Le journal des livres et des écrivains

LA MERCERIE AMBULANTE Déambulations urbaines. Inventaires du dérisoire et de l'oubli, de l'étoffe dont on tisse les rêves, tout simplement

MONSIEUR TOUSSAINT LOUVERTURE éditeur d'exception

MUSÉE D'AILLEURS Musée de la science fiction, de l'utopie et des voyages extrordinaires

MYTHOLOGIE DES LUCIOLES archives photographiques et iconographiques d'hier souvent,d'aujourd'hui parfois

PARIS SECRET ET INSOLITE Les promenades et découvertes érudites, nostalgiques et rares de Rodolphe Trouilleux

LA PORTE OUVERTE Textes rares, inavouables & fantastiques

REGARD AU PLURIEL Réfléxion ouverte sur l'art, sur la création, sur le traitement du réel

RÉPONSES SAUVÉES DU VENT Questionaire pour auteurs à tendances bordéliques

LA REVUE DES RESSOURCES Webzine situationniste. Rubriques de créations et de critiques littéraires, d' entretiens et de dossiers, de « Biblionomadie »

SOCIÉTÉ SEHRLOCK HOLMES DE FRANCE Élémentaire mon cher détective

STRICTEMENT CONFIDENTIEL Revue littéraire et conoclaste animée par Sophie K

SURNATEUM Le Muséum d'Histoire Surnaturelle explore depuis quelques décennies déjà les univers étranges et parallèles qui existent aux frontières de notre réalité

TAKUHERTZ  Boîte à jouets et malle de voyage pour l'espace public, les écrits urbains et quelques surprises de la vie.

LE TIERS LIVRE François Bon, littérature & Internet, ateliers d'écriture, édition numérique

VOYAGE AU BOUT DE LA LETTRE Aimer les mots. Aimer un mot, le répéter, s'en gargariser.

ÉDITIONS VOLETS VERTS où le bonheur d'éditer

ZOÉ LUCIDER L'arbre à palabres

LES 807 Déclinaisons d'un aphorisme d'Éric Chevillard, deux fois par jour, à 8h07
 

 

FEU SEGHERS

L’édition, c’est pas de la poésie. Robert Laffont gèle les Editions Seghers


Le courrier n'apporte plus que des mauvaises nouvelles. Les amis de Bruno Doucey ont reçu une lettre de ce passionné de poésie qui dit « Mon silence n'est pas un désert » sur le répondeur de son téléphone, et qu'on croyait toujours directeur des éditions Seghers. Il y explique avoir lui-même reçu une lettre au cours de l'été. Elle lui signifiait son licenciement économique en même temps que le gel de sa maison. Il a quitté ses fonctions mardi dernier.

Seghers appartient aux éditions Robert Laffont, qui appartiennent au groupe Editis, qui appartient au groupe espagnol Planeta. Au sein de cette chaîne de commandement, on ne sait pas qui a fait le choix de geler une des dernières maisons d'éditions consacrées à la poésie, qui a publié Jacques Roubaud, Andrée Chedid, Erri de Luca, Italo Calvino et Pablo Neruda. Elle sera désormais repliée sur la gestion de son fonds.

Dans sa lettre, Bruno Doucey regrette cette décision :

« Elle m'apparaît d'autant plus abusive que j'aurai fait tout ce qui était en mon pouvoir pour éviter une situation qui risque de condamner le renouveau insufflé à cette maison. Aucune de mes propositions - rachat des Editions Seghers par un éditeur indépendant ou transfert de la marque vers un pôle éditorial susceptible de le développer - n'aura été retenue par la direction du groupe.»

La direction du groupe, on a tenté de la joindre. Elle a refusé de s'exprimer, et nous a proposé de lui envoyer un « courrier postal ». Que des mauvaises nouvelles, on vous dit.

© David Cavilioli pour BibliObs

Et j'en profite pour vos joindre la letttre de l'ami Bruno qui nous réserve quelques belles surprises pour l'avenir proche...

 
Plateau du Vercors, mardi 27 octobre 2009
 
Chers auteurs et amis,
 
Certains d’entre vous le savent déjà : les Éditions Robert Laffont et le groupe Éditis, qui appartiennent aujourd’hui au groupe espagnol Planeta, ont pris la décision de geler les Éditions Seghers qui seront désormais strictement repliées sur la gestion de leur propre fonds. Aussi ai-je reçu au cours de l’été, de Monsieur Leonello Brandolini d’Adda, PDG des Éditions Robert Laffont, une lettre de licenciement économique dont le préavis s’achève aujourd’hui même. 
 
Comme vous pouvez l'imaginer,  cette  décision  n'est  pas  la  mienne et je ne peux que m'y soumettre. Elle m’apparaît d’autant plus abusive que j’aurai fait tout ce qui était en mon pouvoir pour éviter une situation qui risque de condamner le renouveau insufflé à cette maison. Aucune de mes propositions - rachat des Éditions Seghers par un éditeur indépendant ou transfert de la marque vers un pôle éditorial de la développer - n’aura été retenue par la direction du groupe.
 
La  soudaineté  de  mon  départ ne m'empêchera pas de vous dire combien les années passées à vos côtés ont compté pour moi et pour l'édition de poésie. Je  suis heureux et fier d'avoir pu mener à bien des projets éditoriaux qui auront rassemblé plusieurs centaines de voix venues de tous les continents. À l’heure du départ, j’en sens la présence fraternelle à mes côtés et sais quelle force cela représente. Les livres publiés
sous ma direction durant toutes ces années l’auront été avec vous, grâce à vous, et je vous en remercie. Ce qui a été semé continuera à vivre.

Je remercie également celles et ceux qui m'ont témoigné attention et amitié au cours des  mois compliqués qui viennent de s'écouler. Qu'ils soient rassurés : je continuerai  à défendre les mêmes valeurs et à placer, comme j'ai tenté de le faire au sein des éditions Robert Laffont, le sens, l’engagement et la défense de la poésie au cœur du projet éditorial.
 
Soyez assuré de ma vive et fidèle amitié en poésie,
 
Bruno Doucey

MIDNIGHT SUMMER DREAM

 

By the Stranglers

Woke up on a good day
And the world was wonderful
A midnight summer dream had me in its spell

I dreamt about an old man
Sat and watched the rain all night
He couldn't sleep a wink as all the drops fell

He told me of the beauty
Hidden in our foreheads
He told me of the ugliness
We show instead

And when we put a foot wrong do we learn
From all the pain
A midnight summer dream as he watched the rain

Then at midnight he poured another drink
And bent my ear
After midnight we sat up half the night
Or maybe more
And he began to tell me what it was all for

I woke up in an armchair
He had gone I don't know where
Left me there to sit and look at the rain

Don't remember much at all
But his words were echoing
A midnight summer dream and then wake again

Maybe I'll never find him
Maybe he's gone forever
Maybe I'll have to sit here
Watching the weather

One thing's pretty certain helped me
Make it in the night
Showed me somewhere else between wrong and right

And at midnight if you can't sleep
Then I can bend your ear
After midnight we'll sit up half the night
Or maybe more
And I'll begin to tell you what it is all for

Wake up on a good day
And the world feels wonderful
Midnight summer dream has me in its spell.

L'ÉTRANGE QUESTIONNAIRE DE SOPHIE K.

Fille du journaliste Philippe Koechlin, Sophie K. est auteur-illustratrice depuis la fin des années 80. Elle fait partie des zozos qui ont créé le site littéraire, STRICTEMENT CONFIDENTIEL où elle sévit en tant que chroniqueuse (et commentatrice bavarde et indisciplinée).

 

Sopphika dans tous ses états

L'ÉTRANGE (*) QUESTIONNAIRE DE SOPHIE K.

(*) Bizarre, extraordinaire, singulier, surprenant. Le Robert

1 – Écrivez la première phrase d’un roman, un nouvelle, ou d’un livre étrange à venir. « Jabbor tannezy véritch zo ? » demanda l’homme en me brandissant sa carte de visite sous le nez.

2 – Sans regarder votre montre, quelle heure est-il ? 17h 40

3 – Regardez votre montre, quelle heure est-il ? 17h 38

4 – Comment expliquez-vous cette – ou ces – différences du temps ? Par une différence de rythme, éventuellement.

5 – Croyez-vous aux prévisions météorologiques ? Je ne crois pas à l’exactitude en matière de temps. Je crois à la rébellion du vent.

6 - Croyez-vous aux prévisions astrologiques ? Je ne crois pas à l’exactitude en matière d’astrologie. Je crois à la rébellion de l’être.

7 – Regardez vous le ciel, et les étoiles, quand il fait nuit ? Surtout à la campagne, car on voit les étoiles. En ville, tout est souvent violacé, hélas.

Illustration de Carlègle

8 – Que pensez-vous du ciel et des étoiles quand il fait nuit ? Je retrouve la grande Ourse, je cherche en vain la petite, et je rencontre Mars. Puis je recommence, avec des variantes. Parfois, la petite Ourse s’impose à moi avec férocité, je dois dire, alors je fais semblant de l’ignorer.

9 – Avant de répondre à ce questionnaire, que regardiez-vous ? Une tache de café minuscule sur mon écran d’ordinateur.

10 – Que vous inspirent les cathédrales, les églises, les mosquées, les calvaires, les synagogues et autres monuments religieux ? La contrainte et la superstition pour ce qu’il se passe à l’intérieur ; l’admiration envers les architectes et les corps de métier qui ont dressé certains de ces bâtiments.

11 – Qu’auriez-vous vu si vous aviez été aveugle ? Mes rêves.

12 – Qu’auriez-vous aimé « voir » si vous aviez été aveugle ? L’âme des autres.

13 - Avez-vous peur ? Rarement.

14 – De quoi avez-vous peur ? De l’oubli.

15 - Quel est le dernier film horrible que vous avez vu ? Un documentaire sur les camps de concentration.

16 - De qui avez-vous peur ? Des gens sans âme.

17 - Vous êtes vous déjà perdu ? Oui, souvent.

18 - Croyez-vous aux fantômes ? Je ne sais pas, peut-être…

19 - Qu’est-ce qu’un fantôme ? Un souffle. Ou une vibration. Ou une émanation.

20 - En l’instant, à l’exception de l’ordinateur, quel(s) bruit(s) entendez-vous ? De la musique. Des moteurs. Un oiseau ou deux. Des voix humaines.

21 - Quel est le bruit le plus effrayant que vous ayez entendu – « la nuit avait l’allure d’un cri de loup », par exemple - ? Un silence de mort.

22 – Avez-vous fait quelque chose d’étrange aujourd’hui ou ces derniers jours ? Je fais tout le temps des trucs étranges. L’étrangeté est ma norme.

Oeuvre de Michael Cheval

23 – Êtes-vous déjà allé dans un confessionnal ? Oui, une fois, pour voir comment c’était dedans.

24 – Vous êtes au confessionnal ; alors confessez-moi l’innommable. Non, vous ne comprendriez pas. Les mots ne disent jamais l’innommable.

25 –Sans tricher, qu’est-ce qu’un « cabinet de curiosités » ? Un endroit où un collectionneur réunit des objets intéressants ou surprenants, anciens ou modernes, « magiques » ou non, souvent symboliques.

26 –Croyez-vous à la rédemption ? Je crois à la renaissance intérieure, donc oui, je suppose.

27 – Avez-vous rêvé cette nuit ? J’ai rêvé, mais je ne me souviens pas de quoi. Ah si, je devais trouver un tabac ouvert, il me semble…

28 - Vous souvenez-vous de vos rêves ? Quand il faut, oui.

29 - Quel est le dernier rêve que vous avez fait ? Pas de souvenir précis ces temps-ci au-delà de ce que j’ai écrit au-dessus.

30 – Que vous inspire le brouillard ? La paix.

31 - Croyez-vous aux animaux qui n’existent pas ? Dans d’autres dimensions, oui.

32 - Qu’est-ce que vous voyez sur les murs de la pièce où vous êtes ? Des peintures, dont une de moi. Un baromètre qui se trompe souvent sur le temps (soit il retarde, soit il avance). Une bibliothèque et un miroir ancien. Un scarabée égyptien en métal orné de morceaux de verre colorés. Un miroir de sorcière.

33 - Si vous deveniez magicien, quelle est la première chose que vous feriez ? J’irriguerais le Sahara pour y faire à nouveau pousser ce qui y poussait jadis.

34 - Qu’est-ce qu’un fou ? Un être qui prend la tangente.

35 - Etes-vous fou ? Non, je suis trop à la marge du jeu.

36 – Croyez-vous en l’existence des sociétés secrètes ? Il y en a eu, il y en a, il y en aura toujours. Peu importe.

37 – Quel est le dernier livre étrange que vous ayez lu ? Un ouvrage sur le manuscrit ms 408 (Code Woynich, note du gardien).

38 – Aimeriez-vous vivre dans un château ? S’il est Provençal, éventuellement.

39 – Avez-vous vu quelque chose d’étrange aujourd’hui ? Oui, mais je ne dirai pas quoi.

40 – Quel est le dernier film étrange que vous avez vu ? En quatrième vitesse, que j’ai re-revu.

41 – Aimeriez-vous vivre dans une gare désaffectée ? Pourquoi pas. Mais désaffectée, surtout.

42 – Etes-vous capable de deviner l’avenir ? Parfois.

43 – Avez-vous déjà pensé vivre à l’étranger ? Oui.

44 – Où ? En Italie.

45 – Pourquoi ? Question de racines, d’amour, de climat et d’hirondelles.

46 – Quel est le film le plus étrange que vous avez vous ? La Nuit du Chasseur, de C. Laughton.

47 – Auriez-vous aimé vivre dans un presbytère ? Non.

48 – Quel est le livre le plus étrange que vous avez lu ? Les Dialogues avec l’Ange.

49- Préférez-vous les sabliers ou les globes terrestres ? Les sabliers.

50 – Préférez-vous les loupes anciennes ou les armes blanches ? Les deux.

51 – Qu’y a-t-il, selon toute vraisemblance, dans les profondeurs du Loch Ness ? Les restes de Nessie, fossilisés. Et pas mal de vase.

52 – Aimez-vous les animaux empaillés ? Non, je les aime vivants.

53 – Aimez-vous marcher sous la pluie ? Oui.

54 – Que se passe-t-il dans les souterrains ? Pas grand-chose si on est prudent, mais faut avancer doucement.

55 – Que regardiez-vous quand vos yeux se sont détachés de ce questionnaire ? Le ciel.

56 – Que vous inspire cette phrase célèbre : « dès qu’il eut franchi le pont, les fantômes vinrent à sa rencontre » ? Ca me rappelle Brigadoon, le film de Minelli avec Gene Kelly.

57 – Sans tricher, d’où est tirée cette phrase célèbre : « dès qu’il eut franchi le pont, les fantômes vinrent à sa rencontre » ? De Brigadoon ? …No sé.

58 – Aimez-vous marcher la nuit dans la forêt ou les cimetières ? Ca dépend du temps qu’il fait. Par moins 10, non, pas trop, sauf si je vois un café ouvert pas loin, ou que je sais que je pourrai prendre un bain chaud en rentrant chez moi.

58 – Écrivez la dernière phrase d’un roman, d’une nouvelle, d’un livre étrange à venir. Et il se détendit, enfin prêt à comprendre.

59 – Sans regarder votre montre, quelle heure est-il ? 18h20

60 – Regardez votre montre. Quelle heure est-il ? 18h17

Decouvrir L'INCONTOURNABLE blog STRICTEMENT CONFIDENTIEL

 

ET MAINTENANT, À QUI LE TOUR ?

STEVENSON OU LE BONHEUR

Alberto Manguel par Philippe Matsas

Lequel des deux présenter en premier ? Manguel ? Stevenson ? Optons pour Manguel, optons pour celui qui aurait pu tout aussi bien - lisez « tout aussi brillamment » - nous parler de Poe, de Kipling, de Chesterton ou de Borges. Optons pour celui qui, il y a huit ans déjà, était venu à la Bibliothèque nous raconter, sa passion impunie, la lecture. Essayiste, romancier, critique littéraire, éminent polyglotte, traducteur de réputation internationale - il a vécu tour à tour en France, en Grande-Bretagne, en Italie, en Allemagne, à Tahiti, en France à nouveau -, Alberto Manguel est né à Buenos Aires en 1948. Fils d'un diplomate nommé ambassadeur d'Argentine à Tel-Aviv, il passe sa petite enfance dans la capitale israélienne où il est élevé par une nurse d'origine tchèque qui lui apprend l'allemand et l'anglais. Ce n'est qu'en 1955, de retour dans son pays natal, qu'il ajoute à son bagage linguistique l'espagnol, qui aurait dû être sa langue maternelle. C'est auprès de Jorge Luis Borges que Manguel a appris à conjuguer le verbe lire avec le mot plaisir et qu'il a pris conscience du rapport intime et presque charnel qui peut s'établir entre un texte et son auteur. Sa bibliographie en français est désormais importante, elle comprend même un Dictionnaire des lieux imaginaires ! Elle se compose essentiellement d'essais (plus d'une douzaine) et se clôt à ce jour sur La Cité des mots, une série de conférences prononcées en 2007 à Toronto…

ÉCOUTER ou VOIR la conférence en CLIQUANT ICI

Photo © Philippe Matsas

LES NOUVELLES DU DIMANCHE

Mon bon professeur p


comment allez vous ?
ici le soleil joue au ping-pong avec la pluie
nous sommes bien heureux en ce moment et bien débordés aussi
avec notre petit gaspard
j'ai une minerve autour du cou
à cause d'une méchante voiture
qui n'aime pas les poètes distraits dans mon genre
ma boite d'allumette qui raconte une histoire bizarre
avec des vieilles photos est sortie
j'essaierai de vous l'envoyer
si je trouve un moyen de la protéger du voyage postal
je voulais vous demander
si vous pouviez ôter de votre blog
mon un jour du sucre
dont je viens de signer un contrat d'exclusivité avec Motus
ce qui me vaut mes premiers à-valoir littéraire
bigre!
et par la sainte pute vierge en bois qui vieille sur les pirates
je vous souhaite un dimanche
de joie
amitié


Thoams

Cher professeur V.,

Contrairement à vous 

Je ne me suis pas cassé le cou

Car je n’ai toujours ni permis

Ni voiture

Et les premières gelées

Ne m’on pas pas encore fait glisser

La semaine fut belle :

Le talentueux Casajordi au téléphone pour un projet de collection

Qui pourrait vous intéreser

Que je lance chez un bel éditeur parisien

Il faudra que je vous raconte

Et puis l’ami Christophe Borhen aussi

J’aime bien le téléphone quand il permet de se rapprocher

Et puis Eva et Daniel Maja m’ont fait le plaisir

De venir aux cabinet de Curiosités

Nous avons bu du champagne

Et parlé des amis.

C’est ça, voilà, c’était une chouette semaine.

Et maintenant il fait nuit

Prenez soin de vous camarde


Eric

IN MEMORIAM

Le 25 octobre 1984 à Bolinas, Californie, plusieurs semaines après sa mort, on retrouve le corps de Richard Brautigan. Près du corps de l'auteur âgé de 49 ans se trouvaient un revolver calibre 44 magnum et une bouteille d'alcool. Suicide par coup de feu.


Brautigan avait écrit : 

« Nous avons tous une place dans l'histoire.

La mienne, c'est les nuages. »

Fragile...

A L'ENVERS...

Jour de pluie, eidéponmyg, Paul Staïcu joue Satie...

SALE TEMPS

MéTEMPsycose

Il est plus difficile d'accorder les philosophes que les horloges ; on le vérifiera encore cette nuit si l'on pense à reculer nos - tristes -  heures - , même si il fait un sale temps.


ISOLEMENT - SURVIE

NOÉ est une construction de la même taille qu’une pêcherie, et peut reposer sur des pilotis identiques. NOÉ reprend les techniques de construction navale en bois ( bordage sur couples ), et sert toujours d’abri, ou plus exactement de refuge. Car, jouant avec les codes de l’histoire biblique, elle ressemble à une arche miniature, à un refuge individuel.

La pêcherie est une construction traditionnelle de l’estuaire de la Loire. Sur la rive, elle sert d’abri pour les pêcheurs au carrelet (technique de pêche avec un filet carré suspendu). Même si elles sont fabriquées de bric et de broc, les pêcheries ont fière allure. Dressées sur leurs pilotis, elles s’avancent loin dans l’eau sans craindre le fleuve.

C’est un endroit privilégié pour approcher la nature, écouter, observer, prendre le temps, au rythme du flux et reflux.

Entre terre et eau, l’allure vacillante de la pêcherie est à l’image de la nature environnante, en équilibre. L’actualité nous le rappelle régulièrement : les industries grondent autour et souvent la malmènent.

NOÉ est comme une pêcherie mutant avec la pression de l’environnement : en pleine nature elle adopte paradoxalement les codes du commerce international. Elle est taillée aux dimensions d’un container maritime ( L220xH220xP320 cm), l’espacement des couples rappelle d’ailleurs le rythme de la tôle ondulée. Pour dégager un maximum d’espace dans l’abri, le bordage se fait de l’intérieur, les couples à l'extérieur, à l’inverse des constructions maritimes.

Ancestrales les questions restent les mêmes : que va-t-on mettre dans l’arche ? S’il fallait choisir, qu’est-ce qu’on sauverait du déluge ? Combien de temps nous reste-il ?


Depuis la nuit des temps l’Homme attend une catastrophe irréversible. L’inauguration en début d’année d’une réserve mondiale de semences végétales enfouies dans les glaces de Norvège montre que cette «paranoïa» touche même les États et les organismes internationaux. Prudence, prévention, l’Homme ne sait toujours pas quel recul prendre par rapport à son développement effréné.

Au coeur d’une société où l’individualisme ne cesse de s’accroître, NOÉ veut questionner chaque visiteur d’Estuaire sur la préservation de la Nature : deviendra-t-elle une affaire individuelle à l’exemple de cette arche bi-place, ou restera-t-elle devoir et patrimoine communs ?

Damien Chavialle

Designer formé à l’ENSCI (Paris), Damien Chivialle vit et travaille à Paris. Il développe des dispositifs qui interrogent la mobilité des biens, des personnes et des données dans un monde formaté. La construction d’une arche est synonyme de danger mais, perchée sur pilotis (comme les pêcheries traditionnelles), Noé se présente davantage comme un lieu insolite pour amoureux hédonistes, entre roseaux et marées. Reflet de son époque, Noé évoque la question de la préservation de la nature : deviendra-t-elle une affaire individuelle à l’image de cette arche biplace, ou restera-t-elle devoir et patrimoine commun ?

« ON NE SAIT JAMAIS »

CONSTRUCTION D'UNE ARCHE POUR ESTUAIRE 2009

Le BLOG de l'Artiste

TROMPERIE

« La veuve Raillard, qui vend du vin aux bateliers, a une cave secrète que nous connaissons tous, mais que les commis ignorent. Elle en venait hier, sa clé dans une main, dans l'autre une bouteille, quand les commis l'arrêtent au détour des Ruaux, saisissant sa bouteille. Elle, d'un coup de clef, la brise entre leurs mains. Tout le monde en a ri. La contrebande n'est point une chose qu'on blâme. Peu de gens aujourd'hui mettent dans un contrat le vrai prix de la vente. Le gouvernement trompe, et qui le peut tromper est approuvé de tous. Il enseigne lui-même la fourbe, le parjure, la fraude et l'imposture. D'un empire si saint la moitié n'est fondée. »

Paul-Louis Courrier, extrait de la Gazette du village (1823)

Calendrier perpétuel

807

 « Aussi incroyable que ça paraisse, le Dulcis inexpertis de François Régulus-Deslunes (éditions Le nouvel Esculape) comporte exactement 807 pages ! »

Eric Poindron

807

Déclinaisons d'un aphorisme d'Éric Chevillard,

deux fois par jour, à 8h07

pour particciper

CLIQUER ICI

PEINDRE LE NOIR

On ne devrait pas être dans un musée plus d'une demi-heure. Mais chaque fois pour ne voir qu'un ouvrage.

Umberto Eco

Une de mes obsessions depuis l'enfance, y rester enfermer la nuit (Anne B)

J'ai eu la chance - peut-être même le privilège - d'être enfermé dans un musé (Le palais du Tau, à Reims, à l'ombre des tours de cathédrale, où l'on donnait un repas pour les rois de France après leur mariage ; imaginez un peu  !!!) pour un atelier d'écriture auquel j'étais invité. J'avais aussi emporté un Nagra pour enregistrer les silences, le crayons qui glissent et les chuchotements. Oui l'endroit était peuplée de fantômes. De la tombée à l'aurore. Quand le jour s'est lévé, nous (une dizaine d'écrivains sous la bienveillance de Fabrice Melquiot) étions muets, transmués et hors du temps. Je vous ferai lire le texte que j'ai écrit si ça vous intéresse. (le gardien)

Cher Eric,

En effet c'est un privilège...
Passer la nuit avec les fantômes de Tiepolo, Veronese, Tintoret, Rodin, Monet, Matisse, Picasso, Miro, Giacometti De Kooning, Bacon....et beaucoup d'autres....quel chance ( je l'espère)...
Racontez-moi, faites-moi lire votre texte, Eric
Passez la nuit dans les ténèbres des couleurs et de l'ailleurs, j'espère pouvoir me chuchoter de l'intérieur : même pas peur, que du bonheur (Annne B)

Crayonner le noir


Cette nuit-là, cette étrange nuit, ils avaient enfermé les filles et les garçons – des poètes dit-on – dans le palais ; comme dans ce conte  qui n’existe pas. Cette étrange nuit, là, blanche  et noire comme une nuit de poète – puisqu’ils était poètes. On leur avait offert le palais en forme de T comme on offre le thé. Celui-là lisait roberto Juarroz – Quinzième poésie verticale – et croyait aux fantômes ; cet autre observait le mouvements des gargouilles sur la cathédrale ; cet autre encore  faisait la conversation aux rois gigantesques, transformés en statues. Il faisait froid à pierre fendre les pierres abîmées des cathédrales et des palais. Il fait si froid dans l’Histoire de France. À croire ce poète qui lisait Juaroz et croyait aux fantômes, la nuit était remplie de mots limoneux et en silence ; ce limon qui contient une trace de terre, une boue de poésie, un bout de tout…

Je l’ai entendu celui qui, dans la salle basse, chuchotait à qui l’entendait : « écrivez sur les vignes, sur les fantômes et les oiseaux de cathédrale ; ou écrivez sur vous, mais écrivez. » C’est ce que nous avons fait, les filles et les garçons poètes. Nous avons endossé la robe des prélats et des caudataires pour qu’il fasse moins froid dans notre histoire.

Nouveau sacre, nous sommes les petits rois de l’ombre. C’était cette nuit-là, avec ou sans lune, je ne sais pas. Tout au bout du silence, allongé sur cette banquette, au cœur des étoffes « fleurdelisées » à traquer les pas, et troquer les mots de passage.

(…) Cette « étrange nuit » où vous avec été enfermé dans le palais, et comment vous vous y êtes perdus...

Envie de dormir parce que les fantômes ne font pas assez de bruit. Et ce chien gigantesque, gargouille sans raison et surveille mes rêves à demi. Je me réveille… Cet autre poète armé d’une mine grasse qui crayonne le noir… Et encore des pas en silence… Je n’ai pas rêvé, on a lâché des poètes. Au cœur du tout, du tau ou du thé. Et je me suis réveillé… j’ai déambulé à nouveau dans les salles basses, les souterrains et les endroits où je croyais que l’on donnait des banquets.

Çà et là des poètes dormaient, écrivaient, faisaient des alexandrins ou des vœux, au cœur de cette étrange nuit. J’entendais des chants aussi, des miracles, et des sacres. Ou j’imaginais que c’était vrai.

Et puis je l’ai entendu. Son chant. La si reine. Ma dame blanche et noire. Je suis devenu roi. Au cœur des gouffres en chapelet. J’ai suivi la reine et nous avons dansé dans cette grande salle. Nous nous sommes mariés sans un mot. Elle a seulement chuchoté : « À l’heure de minuit, des musiciens passeront en silence, pourtant tu entendras les chants et les voix. Il n’y aura qu’à recopier ».

Cette nuit, les petites lampes frémissent. Le vent vient de loin, des souterrains et des nuits noires et bleues du petit jour… La belle a attendu l’aurore pour quitter le palais. C'est l'histoire que j'ai raconté.

Il faut savoir s’orienter la nuit en se fiant aux si-reines comme le faisaient autrefois les poètes. À bien y regarder, le palais est une carte. Les rêves remplacent les pas…

COMITÉ SCIENTIFIQUE

Le comité scientifique de l'I.I.R.E.F.L.

Président de l’Institut
Marc WAYS

Comité scientifique

Marc Angenot : Université McGill Montréal, Canada
Michel Arrivé : Université Paris X Nanterre, France
Paolo Albani : Ecrivain
Jean-Baptiste Baronian : Ecrivain et journaliste, Belgique
Christophe Boulanger : Musée d’art moderne Lille métropole, France
Michel Criton : Président de la fédération française des jeux mathématiques, France
Fanchon Daemers : Musicienne, chercheuse, Belgique
Marc Décimo : Université d’Orléans, France
Savine Faupin : Musée d’art moderne Lille métropole, France
Bruno Fuligni : Ecrivain, membre de l'OuPolPot, Paris, France
Andrew Hugill, De Montfort University, Grande-Bretagne
Olivier Justafré, Archives départementales des Côtes-d'Armor. France
Jean-Jacques Lecercle : Université Paris X Nanterre, France
Michèle Nevert : Université du Québec à Montréal, Canada
Michel Pierssens : Université de Montréal, Canada
Éric Poindron, Bibliopathonomade, re-chercheur et curieux en cabinet. France
Walter Redfern : Université de Reading, Grande-Bretagne
Valérie Rousseau : Historienne de l’art. Société des arts indisciplinés, Montréal, Canada
André Stas : Artiste, fils spirituel d’André Blavier, Belgique
Allen Tihier : Université du Missouri, Etats-Unis
Tanka G. Tremblay : Université McGill, Montréal, Canada
Alain Zalmanski : Membre du Mouvement des plieurs de papiers, France

Institut International de Recherches et d’Explorations sur les Fous Littéraires,
Hétéroclites, Excentriques, Irréguliers, Outsiders, Tapés, Assimilés,
sans oublier tous les autres…

L'ÉTRANGE QUESTIONNAIRE DE CHRISTOPHE BORHEN

Christophe Borhen est un honnête hommme et un écrivain - en devenir - de qualité. Il anime le blog LETTRES LIBRES * Cahiers libératoires, carnets limbiques et chroniques littéraires de Christophe Borhen * Dissidences, errances, (ré)jouissances et résistances d'un auteur (presque) anonyme, libertin postlibidineux...

L'ÉTRANGE QUESTIONNAIRE DE CHRISTOPHE BORHEN

(*) Bizarre, extraordinaire, singulier, surprenant. Le Robert

1 – Écrivez la première phrase d’un roman, un nouvelle, ou d’un livre étrange à venir.
Longtemps, je me suis touché de bonheur.

2 – Sans regarder votre montre, quelle heure est-il ?
Je n'ai pas de montre.

3 – Regardez votre montre, quelle heure est-il ?
Je n'ai pas de montre.

4 – Comment expliquez-vous cette – ou ces – différences du temps ?
Les caprices du ciel...

Oeuvre de Melvin Sokolosky



5 – Croyez-vous aux prévisions météorologiques ?
Oui, mais jamais au-delà de trois jours.

6 - Croyez-vous aux prévisions astrologiques ?
Cher Eric, qu'il me soit permis de louer votre sens de l'humour !

7 – Regardez vous le ciel, et les étoiles, quand il fait nuit ?
Oui.

8 – Que pensez-vous du ciel et des étoiles quand il fait nuit ?
Je pense qu'il font bien de m'éclairer.



9 – Avant de répondre à ce questionnaire, que regardiez-vous ?
Le ciel.

10 – Que vous inspirent les cathédrales, les églises, les mosquées, les calvaires, les synagogues et autres monuments religieux ?
Une idée bétonnée de Dieu.

11 – Qu’auriez-vous vu si vous aviez été aveugle ?
Je ne sais pas.

12 – Qu’auriez-vous aimé « voir » si vous aviez été aveugle ?
L'envers du décor.

Oeuvre de Jindrich Styrsky


13 - Avez-vous peur ?
Oui, mais seulement à temps partiel.

14 – De quoi avez-vous peur ?
J'ai peur d'avoir peur à temps plein.

15 - Quel est le dernier film horrible que vous avez vu ?
Je n'ai rien vu...

16 - De qui avez-vous peur ?
J'ai peur de la Camarde. Pourtant, ce n'est pas faute d'aimer les salopes.

17 - Vous êtes vous déjà perdu ?
Oui. Du coup, j'en ai profité pour m'installer.

18 - Croyez-vous aux fantômes ?
La dernière fois que j'ai vu un fantôme, il était dans de beaux draps.

19 - Qu’est-ce qu’un fantôme ?
Un souvenir tenace ?

20 - En l’instant, à l’exception de l’ordinateur, quel(s) bruit(s) entendez-vous ?
J'entends ma chatte qui ronronne, l'attrait de la souris certainement.

21 - Quel est le bruit le plus effrayant que vous ayez entendu –  « la nuit avait l’allure d’un cri de loup », par exemple - ?
Joker.

22 – Avez-vous fait quelque chose d'étrange aujourd’hui ou ces derniers jours ?
Oui.

23 – Êtes-vous déjà allé dans un confessionnal ?
Figurez-vous que j'y suis encore.



24 – Vous êtes au confessionnal ; alors confessez-moi l’innommable.
J'aurais du mal : l'innommable est très proche de l'indicible.

25 – Sans tricher, qu’est-ce qu’un « cabinet de curiosités » ?
C’est un contre-programme.

 26 – Croyez-vous à la rédemption ?
Oui, mais seulement preuve(s) à l'appui, que, du reste, je possède... Mais bon, n'entrons pas dans les détails.

27 – Avez-vous rêvé cette nuit ?
Oui.

28 - Vous souvenez-vous de vos rêves ?
Disons que ça arrive.

29 - Quel est le dernier rêve que vous avez fait ?
Le dernier rêve en date dont je me souvienne est l'avant-dernier. Pas d'bol, Eric.

30 – Que vous inspire le brouillard ?
Nuit et  [...].

31 - Croyez-vous aux animaux qui n’existent pas ?
Je crois que non.

32 - Qu’est-ce que vous voyez sur les murs de la pièce ou vous êtes ?
Des dessins d'enfant et un calendrier.

33 - Si vous deveniez magicien, quelle est la première chose que vous feriez ?
J'irais chercher " le lieu et la formule " (Rimbaud).

34 - Qu’est-ce qu’un fou ?
Un homme ou une femme.

35 - Etes-vous fou ?
Je suis un homme.

36 – Croyez-vous en l’existence des sociétés secrètes ?
Secret défense.

37 – Quel est le dernier livre étrange que vous ayez lu ?
Le Livre de la Genèse (relu).



38 – Aimeriez-vous vivre dans un château ?
Oui, mais pas en Espagne.

39 – Avez-vous vu quelque chose d’étrange aujourd’hui ?
Non.

40 – Quel est le denier film étrange que vous avez vu ?
Le Golem (long métrage de Paul Wegener et Carl Boese, 1920)

41 – Aimeriez-vous vivre dans une gare désaffectée ?
Voir réponse 30. Donc non.

42 – Etes-vous capable de deviner l’avenir ?
Oui, d'autant qu'il est plus aisé (et commode) de deviner l'avenir que de lire le passé.

43 – Avez-vous déjà pensé vivre à l’étranger ?
Oui.

44 – Où ?
À Prague ou à Venise.

45 – Pourquoi ?
Pour vérifier des trucs...

46 – Quel est le film le plus étrange que vous avez vu ?
Au cinéma ou dehors ?

47 – Auriez-vous aimé vivre dans un presbytère ?
Oui, mais seul...

48 – Quel est le livre le plus étrange que vous avez lu ?
Fureur et Mystère de René Char. En effet, j'ai toujours trouvé très étrange que l'on puisse oeuvrer dans la " poésie asexuée ".

49- Préférez-vous les sabliers ou les globes terrestres ?
C'est la même chose.

50 – Préférez-vous les loupes anciennes ou les armes blanches ?
Les armes blanches, voyons.

51 – Qu’y a-t-il, selon toute vraisemblance, dans les profondeurs du Loch Ness ?
Euh... Des armes blanches et des loupes anciennes (merci Eric).



52 – Aimez-vous les animaux empaillés ?
Je ne suis pas végétarien.



53 – Aimez-vous marcher sous la pluie ?
Je préfère chanter sous la pluie.

54 – Que se passent-ils dans les souterrains ?
Sans doute les mêmes choses qu'à la surface, mais en plus visible.

55 – Que regardiez-vous quand vos yeux ce sont détachés de ce questionnaire ?
Le répertoire de mon téléphone portable.



56 – Que vous inspire cette phrase célèbre : « dès qu’il eut franchi le pont, les fantômes vinrent à sa rencontre » ?
L'anniversaire de la chute du Mur de Berlin - de part et d'autre s'entend...

57 – Sans tricher, d’où est tirée cette phrase célèbre : « dès qu’il eut franchi le pont, les fantômes vinrent à sa rencontre » ?
J'ai déjà triché.

58 – Aimez-vous marcher la nuit dans la forêt ou les cimetières ?
Non.

59 – Écrivez la dernière phrase d’un roman, d’une nouvelle, d’un livre étrange à venir.
Debout !

60 – Sans regarder votre montre, quelle heure est-il ?
Je n'ai pas de montre.

61 – Regardez votre montre. Quelle heure est-il ?
Je n'ai pas de montre.

LETTRES LIBRES *

Cahiers libératoires, carnets limbiques et chroniques littéraires de Christophe Borhen

 

COMMENTAIRE AU PETITES ANNONCES

Par JPS

Ce ne sont pas des petites annonces, mais des petites quoique authentique mises en garde.

N.B.Les commentaires en gras sont de JPS

Sur un savon DOVE :
« Utiliser comme un savon normal »
Qu'est-ce qu?un savon anormal ?

Sur un tiramisu Tesco's :
« A consommer avant .. voir ci-dessous », et en dessous, juste à côté de la date limite de consommation : « Ne pas retourner »
C'est malin...

Sur un pudding Marks & Spencer :
« Le produit sera chaud après avoir été réchauffé »
Vous m'en direz tant !

Sur la boite d'un fer ROWENTA :
« Ne pas repasser les vêtements à même le corps »
À la rigueur sur le corps de quelqu'un d'autre...

Sur un somnifère Nytol :
« Attention ce produit peut entraîner un état de somnolence »
Du niveau d'un médecin demandant à son patient âgé depuis quand il souffre d'Alzheimer.

Sur un sèche-cheveux SEARS:
« Ne pas utiliser en dormant »
Ça pourrait réveiller votre voisin

Sur un sachet de FRITOS:
« Grand concours, nombreux prix. Gratuit sans obligation d'achat. « Détails à l'intérieur du paquet »
Un concours pour Superman et sa vue aux rayons X

Sur un sirop pour la toux pour enfant :
« Ne pas conduire ou utiliser de machine-outil après absorption »
(pas de moi, je la laisse : ) Je pense que l'on pourrait réduire énormément le taux des accidents sur les chantiers si on arrivait à réduire le nombre d'enfants de 5 ans qui conduisent un tractopelle alors qu'ils sont malades ! 

Sur la plupart des guirlandes lumineuses de Noël :
« Pour usage intérieur et extérieur uniquement »
La guirlande de Noël quantique

Sur un robot de cuisine japonais :
« Ne doit pas être utilisé pour un autre usage »
Les perversions nippones sont impénétrables

Sur un paquet de cacahuètes Steinsbury :
« Avertissement ! : contient des cacahuètes »
C'est gentil de prévenir, il y a tellement de gens sujets aux allergies. On peut en mourir

Sur un paquet de biscuits apéritif American Airlines:
« Instructions : 1. Ouvrir paquet. 2. Manger biscuit
Et après ? Et après ? Quoi moi faire paquet vide  ?..


Et la meilleure pour la fin : Sur une tronçonneuse suédoise :
« Ne pas essayer d'arrêter la chaîne avec les mains ou les parties génitales »
Quelque part entre Malmö et le pôle Nord, quelqu?un a tenté de le faire !..



INVENTION

Le livre est comme la cuillère, le marteau, la roue ou le ciseau. Une fois que vous les avez inventés, vous ne pouvez pas faire mieux. Vous ne pouvez pas faire une cuillère qui soit mieux qu’une cuillère.

Umberto Eco

MUSIQUE MAESTRO !

C'est la crise, d'accord, mais je reste convaincu que les marchands de pose de radio  continuent à s'enrichir par que les futurs auditeurs tiennent à être au courant des dernières mauvaises nouvelles.

Sinon, il vous reste l'opéra et le grand Caruso...

RECUEILLEMENT

Connaissez vous cette endroit ?

PETITES ANNONCES

Il y a quelques mois, le site de petites annonces Craigslist acceptait de supprimer sa rubrique “Services érotiques”, accusée d’encourager la pornographie. Pour le reste, il demeure fidèle à sa philosophie : pas de censure, tout est permis. Voici un échantillon de quelques-unes des pubs, requêtes et petites annonces les plus bizarres répertoriées sur le site. Certaines sont bidon, mais elles n’en reflètent pas moins l’esprit d’un site qui met un point d’honneur à rester ouvert à tout ce que génère le Internet.

J’ai une immense salle de bains - Agée d’une soixantaine d’années, je recherche un colocataire. Les temps sont durs, et j’ai besoin d’arrondir mes fins de mois. Je souhaite louer la salle de bains de mon deux pièces de l’East Village. Elle est grande, on peut facilement y installer un matelas gonflable deux places. Tout ce que je demande, c’est que ni vous ni le matelas ne soyez dans la salle de bains quand j’ai besoin d’y aller. Quand vous serez dans l’appartement, je vous demanderai de vous cantonner à la salle de bains. Je supporterais mal qu’un inconnu se promène dans mon séjour. Cela peut changer quand je vous connaîtrai mieux.

Mitres papales - Avec cette crise terrible, je suis dans l’obligation de mettre fin aux activités de mon entreprise. Je possède PLUS DE 1 300 mitres papales (reproductions) dont je dois ABSOLUMENT me débarrasser. Ces chapeaux viennent de Chine et sont un peu trop petits pour une tête d’adulte ; et, comme ils irritent la peau, il est préférable d’avoir les cheveux longs ou de porter une calotte en dessous (comme le VRAI PAPE). Les chiens n’aiment pas porter ces mitres, mais elles pourraient convenir à un gros chat ou à un chien docile.

Cherche quelqu’un pour cacher des œufs de Pâques dans mon appart en mon absence - J’ai besoin de quelqu’un pour cacher des œufs de Pâques dans mon appart en mon absence ! Ils sont petits et remplis de bonbons ! J’aimerais les chercher moi-même dimanche ! Je suis prêt à payer ! Pas sérieux s’abstenir ! 

J’ai volé votre sac à main et j’ai senti un feeling réciproque - Mardi soir, vers 23 h 30. Sur la 53e rue, entre la 1re et la 2e Avenue. Vous sortiez du métro, je vous ai suivie. Vous regardiez par-dessus votre épaule, vs m’avez vu et vs avez pressé le pas. J’ai couru pour vous rejoindre, je vous ai attrapé le bras, j’ai pris votre sac et je me suis enfui. J’ai tiré une flopée de sacs, mais personne ne m’a fait une telle impression. Pendant un court instant, nos regards se sont croisés et j’ai senti un truc fort. Vous aussi, je pense. Si je n’étais pas aussi timide (ou en train de commettre un délit), je vous aurais demandé votre prénom. Evidemment, je l’ai trouvé ensuite sur votre permis de conduire. Donc Jennifer, si vous avez envie qu’on boive un verre un de ces quatre, contactez-moi. 

Assistant personnel textos - Je reçois 40-50 textos par heure, peux pas gérer à la fois ma charge de travail et mes responsabilités SMS. Ma boîte est vite pleine et il faut la vider toutes les deux heures. C’est un job à plein temps, et il faudra me suivre part

Et pour finir sur un livre...

Exemplaire dédicacé de La République de PlatonPremière édition de La République dédicacée par l’auteur. Evidemment, l’ouvrage est usé (surlignage, soulignage, pages cornées, manque le dos, etc.), mais d’un bon état général vu son âge.  

 

Le gardien vous recommande la lecture de :

Les petites annonces de L'os à moelle, de Pierre Dac.

« Homme sans histoires recherche éditeur pour devenir écrivain », par exemple.

 

TELEX

Les banques affichent une insolente prospérité

Le Monde, Vendredi 16 octobre 2009

Le gardien vous recommande la relecture de :

LE SAVETIER ET LE FINANCIER

du bonhomme Jean de la Fontaine

Un Savetier chantait du matin jusqu'au soir :
C'était merveilles de le voir,
Merveilles de l'ouïr ; il faisait des passages,
Plus content qu'aucun des sept sages.
Son voisin au contraire, étant tout cousu d'or,
Chantait peu, dormait moins encor.
C'était un homme de finance.
Si sur le point du jour parfois il sommeillait,
Le Savetier alors en chantant l'éveillait,
Et le Financier se plaignait,
Que les soins de la Providence
N'eussent pas au marché fait vendre le dormir,
Comme le manger et le boire.
En son hôtel il fait venir
Le chanteur, et lui dit : Or çà, sire Grégoire,
Que gagnez-vous par an ? - Par an ? Ma foi, Monsieur,
Dit avec un ton de rieur,
Le gaillard Savetier, ce n'est point ma manière
De compter de la sorte ; et je n'entasse guère
Un jour sur l'autre : il suffit qu'à la fin
J'attrape le bout de l'année :
Chaque jour amène son pain.
- Eh bien que gagnez-vous, dites-moi, par journée ?
- Tantôt plus, tantôt moins : le mal est que toujours ;
(Et sans cela nos gains seraient assez honnêtes,)
Le mal est que dans l'an s'entremêlent des jours
Qu'il faut chommer ; on nous ruine en Fêtes.
L'une fait tort à l'autre ; et Monsieur le Curé
De quelque nouveau Saint charge toujours son prône.
Le Financier riant de sa naïveté
Lui dit : Je vous veux mettre aujourd'hui sur le trône.
Prenez ces cent écus : gardez-les avec soin,
Pour vous en servir au besoin.
Le Savetier crut voir tout l'argent que la terre
Avait depuis plus de cent ans
Produit pour l'usage des gens.
Il retourne chez lui : dans sa cave il enserre
L'argent et sa joie à la fois.
Plus de chant ; il perdit la voix
Du moment qu'il gagna ce qui cause nos peines.
Le sommeil quitta son logis,
Il eut pour hôtes les soucis,
Les soupçons, les alarmes vaines.
Tout le jour il avait l'oeil au guet ; Et la nuit,
Si quelque chat faisait du bruit,
Le chat prenait l'argent : A la fin le pauvre homme
S'en courut chez celui qu'il ne réveillait plus !
Rendez-moi, lui dit-il, mes chansons et mon somme,
Et reprenez vos cent écus.

LIVRE ECO-LOGIQUE

Il m'est impossible de retrouver mes écrits enregistrés sur les disquettes flexibles, car les ordinateurs actuels ne les lisent plus - sauf, comme certains fous, à garder des générations d'ordinateurs dans ma cave. Alors que je peux admirer mes incunables ad vitam æternam.

Umberto Eco

POUR FRÉDÉRIC MITTERRAND

Mon ami Frédéric Ferney, écrivain, critique littéraire et créateur du BATEAU LIBRE m'a autorisé à reproduire ici le texte bienveillant qu'il consacre à Frédéric Mitterrand. Qu'il soit  remercié doublement : pour l'autorisation, et pour le texte. Nous invitons, par ailleurs, les lecteurs à aller prendre connaissance des remarques des internautes sur le propre blog de Frédéric. Et parce que, d'après Jacques London, « la sincérité permet de s'asseoir auprès des géants », nous sommes fiers de crier haut que nous n'aboyons pas avec la meute.

N.B. Les lecteurs scrupuleux en profiteront pour lire la lettre de coeur que Fred adresse à feu Jacques Chessex.

Pour Frédéric Mitterrand

10 octobre

Le procès qu'on fait à Frédéric Mitterrand était ridicule, il devient abject. Qui sont ces gens qui s'acharnent contre le ministre de la Culture et qui exigent sa tête? Je réponds sans hésiter: des chiens

Frédéric Mitterrand peut irriter ou séduire mais il n'est pas médiocre. Sa sincérité fait trembler, voilà son crime. La morale sectaire, hargneuse, furibonde de M. Hamon, porte-parole du Parti Socialiste, et celle de Mme Le Pen, vice-présidente du Front National (on a honte de constater que c'est la même) me fait vomir.  

Il faut n'avoir pas lu son roman (oui, ce ne sont pas des mémoires, c'est un roman qu'il a fièrement intitulé "La Mauvaise vie") pour accuser aujourd'hui Frédéric Mitterrand d'y faire l'apologie du tourisme sexuel. Il faut être illettré ou stupide pour n'y pas déceler, sous ses bravades, un long tourment. Avec cela, une impatience, une horreur amusée et amoureuse - à vivre, à déchoir, à choquer, à plaire, à (se) décevoir. L'auteur ne se repent ni ne se vante, il expie. De la légèreté à revendre mais pas une lâcheté, pas une seule vilénie. Rien de plus amer, de plus douloureux que ce livre écrit au plus près de soi, contre soi. Une apologie de la pédophilie, vraiment? Les imbéciles!

"Pas le bonheur! Surtout pas le bonheur. Le plaisir! Il faut toujours vouloir le plus tragique", plaidait Oscar Wilde qui par ailleurs s'étonnait: "Les dieux sont étranges. Ce n'est pas uniquement de nos vices qu'ils font des armes pour nous punir. Ils nous mènent à la ruine par ce qu'il y a en nous de bonté, de douceur, d'humanité, d'amour". Et il ajoutait, lucide: "Que c'est affreux d'acheter de l'amour, que c'est affreux de le vendre, et pourtant combien d'heures pourpres l'on peut ainsi arracher à cette lente machine appelée le Temps". Cette noirceur qui corrompt le désir, cette défaillance assumée et revendiquée, ce désespoir est l'une des formes de la vérité.

A l'époque, Nicolas Sarkozy avait jugé le livre de Frédéric Mitterrand "talentueux" et "courageux"; j'espère qu'il ne changera pas d'avis devant les hurlements de la meute.

Quant à l'affaire Polanski, et quelle que soit la faute du cinéaste dont il répondra devant ses juges, qu'un "ministre de la Culture s'occupe des artistes et ne les abandonne pas", c'est peut-être la dernière raison d'être fier de ce pays.

Frédéric Ferney

ATTENTION AU DÉPART...

CROISSANT DE LUNE

Clair ou obscur ?

couleur ou Soulages ?

lune ou soleil ?

nu ou nuit ?

peinture ou femme ?

silence ou chuchotement ?

observer ou / et s'égarer

Oeuvre de Abraham Janssens

On ne devrait pas être dans un musée plus d'une demi-heure. Mais chaque fois pour ne voir qu'un ouvrage.

Umberto Eco

UNE RENCONTRE

« Mon séjour à Paris n’a pas été inutile : j’y ai été bouleversé par les expositions Cézanne et Picasso. La guerre s’annonçait. J’étais de la classe 39, mais j’ai fonctionné avec la classe 40. J’ai été appelé sous les drapeaux et quelque temps après démobilisé. Il me fallait travailler et gagner ma vie. Alors je suis allé m’installer comme vigneron à La Valsière, à quelques kilomètres de Montpellier. Le hasard a voulu que la propriété dont je m’occupais soit limitrophe de celle de Joseph Delteil, l’écrivain. Un jour on se retrouve au coin d’une vigne et on fait plus ample connaissance. Je lui confie que je vis avec de faux papiers pour échapper au STO. Je lui dis que je veux être peintre. Il vient à la maison et là il remarque un petit paysage d’arbres noir et blanc. Il s’exclame : « Le noir et le blanc ! Alors vous, vous prenez la peinture par les cornes, c’est-à-dire par la magie. » Quand on dit ça à un garçon de vingt ans, ça l’aide ! »

Pierre Soulages

PASCAL QUIGNARD

J’aurai passé ma vie à chercher des mots qui me faisaient défaut. Qu’est-ce qu’un littéraire ? Celui pour qui les mots défaillent, bondissent, fuient, perdent sens. Ils tremblent toujours un peu sous la forme étrange qu’ils finissent pourtant par habiter. Ils ne disent ni ne cachent : ils font signe sans repos. Un jour que je cherchais dans le dictionnaire Bloch et Wartburg l’origine du mot de corbillard je découvris un coche d’eau qui transportait des nourrissons. Je me rendis le lendemain à la Bibliothèque nationale qui se trouvait alors rue de Richelieu, dans le IIe arrondissement de Paris, dans l’ancien palais qu’occupait jadis le cardinal Mazarin. Je consultai une histoire des ports. Je notai trois dates : 1595, 1679, 1690. En 1595 les corbeillats arrivaient à Paris le mardi et le vendredi. Les mariniers les délestaient tout d’abord du fret puis ils débarquaient les nourrissons serrés dans leur maillot, fichés tout droits dans leur logette sur le pont ; ils les posaient sur des tonneaux sur la grève ; les petits bébés entravés étaient restitués ensuite un à un à leur mère par un homme qu’on appelait le meneur de nourrissons. Dès l’aube, le lendemain – c’est-à-dire tous les mercredis et les samedis – les corbeillats transportaient de Paris à Corbeil d’autres petits afin qu’ils tètent le sein et sucent le lait des nourrices dans la campagne et la forêt. En 1679 Richelet écrivait corbeillard. En 1690 Furetière écrivait corbillard et le définissait : Coche d’eau qui mène à Corbeil petite ville à 7 lieuës de Paris. C’est ainsi que le corbillard, du temps où vivaient à Paris Malherbe, Racine, Esprit, La Rochefoucauld, La Fayette, La Bruyère, Sainte-Colombe, Saint-Simon, était un bateau de nourrissons qui voguait sur la Seine, longeant les berges, hurlant.

La barque silencieuse, de Pascal Quignard (éditions du seuil)
 

CYNIQUE, POUR DE VRAI

Quand la philo fait "pop"

Alier le principe de plaisir à l'exigence de rigueur, tel était le projet de la première Semaine de la pop philosophie, qui s'est tenue à Marseille, du 1er au 7 octobre. L'événement était organisé par l'association Les Rencontres Place publique, qui s'active depuis 1994 dans le champ de la pensée de l'art, sous le parrainage de quelques grands noms (Umberto Eco, Pierre Nora, Alain Touraine...).

Destinées à attirer un public nouveau, Les Rencontres ont été conçues par leur créateur, Jacques Serrano, comme un outil visant à remédier "au déficit intellectuel et conceptuel du monde de l'art après les années 1980" - ce qu'il appelle parfois, plus laconiquement, "l'intense connerie du monde de l'art". Basées à Marseille, Les Rencontres se sont parfois exportées à New York ou à Bilbao, ce qui témoigne de leur visibilité internationale.

La Semaine de la pop philosophie s'inscrit dans cette logique. Elle a rassemblé des intellectuels et des artistes de tous horizons, et les a soumis au risque de débattre autour d'objets aussi apparemment mal famés que le football, le monokini ou les films d'horreur.

Mais pour quoi faire ? Qu'est-ce que la "pop philosophie" ? Le pari de cette Semaine, tel que nous l'a présenté Jacques Serrano, c'est que la philosophie peut "ne rien céder de ses exigences et de sa rigueur" lorsqu'elle se confronte à des objets supposés indignes d'elle ou s'articule selon des modes d'exposition inhabituels et troublants.

De sorte que le "pop" dont elle se pare ne signifie pas qu'elle adopterait un langage vulgarisé censé être plus accessible au "peuple" - il n'y a pas de pire condescendance. Il consiste plutôt dans une démarche qui déborde les cadres à l'abri desquels la philosophie se sent traditionnellement à l'aise, et qui cherche à faire cohabiter des modes d'expression hétérogènes. C'est ainsi que les stridences envoûtantes du musicien Mathias Delplanque ont pu dialoguer avec les analyses brillantes du philosophe Bastien Gallet, que l'écrivaine Laure Limongi a discouru sur la pulsion de mort devant le générique de la série Dexter ou que Sylvain Dumont a fait jouer Aristote au football.

On dira d'un mot que la Semaine de la pop philosophie fut cynique, mais au meilleur sens du terme, celui des Anciens. Cynique, parce que, en s'efforçant de repérer les analogies de structure entre la Phénoménologie de l'esprit de Hegel et les bluettes dégoulinantes de Barbara Cartland, Mark Alizart (codirecteur du Palais de Tokyo) retrouvait la violence théorique de Diogène, lorsque ce dernier faisait résider la plus haute signification philosophique dans un poisson pourri ou une masturbation publique.

"Ouvreur de portes"

Cynique encore, le choix de faire se dérouler chaque événement dans un endroit différent de la ville, et souvent dans des lieux de vie ou de culture. A l'Underground Café, par exemple, où l'on s'imaginerait plus aisément agoniser d'une overdose qu'entendre un philosophe nous parler du pop art. Or ne pas cantonner la pensée dans ses lieux prétendument propres (les murs de l'université, le hors-monde aseptisé du "colloque"), mais investir des espaces improbables, descendre sur la place publique justement, à la rencontre du réel, c'était rejouer le scandale des cyniques, et tout particulièrement de Cratès, lui qu'on surnommait "l'ouvreur de portes", et qui venait harceler les Athéniens jusque dans leur domicile pour les gourmander philosophiquement.

Cynique aussi l'effort pour inventer de nouveaux gestes philosophiques, comme Diogène (encore lui) démontrait le mouvement en marchant ou enseignait l'éthique à coups de bâton. Cette créativité est par exemple ce qui nous sembla caractériser le "Jeu de la théorie", imaginé par Patrice Maniglier, dans lequel trois philosophes s'affrontèrent, sous le contrôle d'un maître du jeu et selon un système de coups définis par des règles complexes. Certes, cela peut déconcerter. Un homme, dans le public, fit valoir son désarroi : "La philosophie devrait être plus simple, faire apparaître du sens et nous apprendre à être heureux." Il lui fut répondu que la pop philosophie privilégiait la jouissance plutôt que le bonheur.

Et ce qui, de ce point de vue, malgré certains accrocs, emporte une adhésion sans réserve, c'est bien la dynamique qu'ont su créer Jacques Serrano et son équipe tout au long de l'événement. "Le principe fondamental que nous avons cherché à suivre, nous disait-il, c'est de toujours donner le primat au plaisir" : plaisir de se laisser entraîner à réfléchir sur les sujets les plus imprévus, et aussi "plaisir de penser ensemble", qui se prolongeait généralement longtemps après les événements proprement dits.

Le cynisme antique reposait sur l'impératif de "vivre en accord avec la nature". La Semaine de la pop philosophie esquisse la possibilité d'un cynisme moderne, dont la devise serait : "Penser en accord avec la vie". En somme, rajeunir la philosophie en accouplant ce qu'elle a de plus classique, Hegel, Aristote ou Diogène, avec les produits de ce que Deleuze appelait "l'air du temps".

© Stéphane Legrand pour Le Monde

Je cherche un homme...

A MÉDITER

Merci Eva...

DÉCÈS DE GÉRARD BOBILLIER

[1] COMMUNIQUE DE PRESSE DES EDITIONS VERDIER

Les Editions Verdier font part du décès de Gérard BOBILLIER, leur directeur fondateur, le lundi 5 octobre à Carcassonne.

Gérard Bobillier a affronté le cancer qui l’avait frappé depuis plus d’un an, avec un vouloir vivre et un rare courage, une volonté exceptionnelle d’honorer le vivant à son plus haut point de dignité.

Né à Besançon le 12 octobre 1945, Gérard Bobillier s’engage au cours des années 68 dans la cause révolutionnaire avec la détermination et la générosité qui l’ont caractérisé sa vie durant. De la Gauche Prolétarienne, en passant par LIP, Toulouse et les Corbières, où il accompagne en 1976 la lutte des viticulteurs de l’Aude, il a été de tous les combats.

Dans ce pays des Corbières qu’il aimait particulièrement, tout en se méfiant de l’illusion dangereuse d’un enracinement identitaire, il fonde en 1979 avec Benny Lévy et quelques amis les Editions Verdier, étant convaincu que l’au-delà du « tout politique » passe par une mise en réserve de l’engagement politique et par la longue patience de l’étude des textes fondateurs. L’effort exigeant de la pensée suppose d’œuvrer à la circulation des textes et des idées.

Les Editions Verdier ont trente ans cette année. Elles sont riches d’un catalogue qui traduit fidèlement le geste inaugural voulu par Gérard Bobillier. Au premier plan, s’y inscrivent des collections de textes des grandes spiritualités. Tout particulièrement, la collection des « Dix Paroles », longtemps dirigée par Charles Mopsik, à travers la publication des traductions françaises d’ouvrages fondateurs tels que Le Guide des Egarés, de Moïse Maïmonide, les Traités du Talmud, ou encore le Zohar, s’efforce de permettre l’étude des grands textes philosophiques et spirituels de la tradition juive.

La publication de grands textes de la philosophie – qu’il s’agisse Des Premiers Principes de Damascius (dans la traduction de Marie-Claire Galpérine) ou bien De la véracité du philosophe Guy Lardreau, des Essais hérétiques de Jan Patocka, ou bien encore de Rousseau : une philosophie de l’âme, de Paul Audi – obéissait à sa conviction que l’urgence de ce temps est de créer un espace de tension fertile « entre Athènes et Jérusalem ».

De même en est-il des autres textes de pensée et de sciences humaines qui figurent au catalogue : citons au fil des pages les livres de Jean-Claude Milner, de l’historien Carlo Ginzburg ou bien d’Henri Meschonnic.

Enfin, le catalogue Verdier offre à lire des auteurs français ou étrangers parmi les meilleurs de la littérature contemporaine – Gérard Bobillier était convaincu que, dans ce qu’elle a de plus haut, la littérature est la chair de la Pensée. Ainsi a-t-il été l’éditeur de Pierre Michon avec qui il a entretenu un long compagnonnage d’amitié et de pensée, ou encore de Pierre Bergounioux.

Par ailleurs, à côté des éditions Verdier, Gérard Bobillier a impulsé de façon décisive, comme il savait le faire, la création de la Maison du Banquet et des générations, à Lagrasse, dans ce même pays des Corbières, qui organise notamment depuis 1995 le « Banquet du Livre », au mois d’août. C’est là un lieu rayonnant d’étude et d’échange, autour du livre et de la pensée. Sa vie, Gérard Bobillier l’avait dédiée à cette exigence.



TREMPOLINE

On est tombé du Trampoline...

Il y a quelque temps – en mars 2006, pour être précis –, Antoine Gallimard et Francis Esmenard, respectivement PDG de Gallimard et d’Albin Michel, dans une interview accordée à Paris Match, alertaient l’opinion sur le fait que les petits éditeurs encombraient les rayons des librairies. La phrase, restée célèbre, avait fait sourire certains et fait grincer les dents de bien d’autres.
Aujourd’hui, alors que le Salon du Livre de Paris entame la commercialisation de son édition 2010, on est à même de se demander si ses organisateurs ne trouvent pas là aussi que les petits éditeurs encombrent les allées du Parc des Expositions de Versailles.
Depuis des années, le tarif « Trampoline », réservé aux éditeurs réalisant moins de 500 000 euros de chiffre d’affaires, leur permettait de disposer d’un stand de 9 m2 tout équipé pour la somme de 2 000 euros HT.
Au début du mois d’août, Reeds, le concessionnaire du salon, fait parvenir sa proposition commerciale pour 2010. Et là, stupeur (mais stupeur étouffée par la chaleur estivale) : le tarif « Trampoline » est désormais exclusivement réservé aux primo exposants. Pour pouvoir bénéficier d’un stand équivalent, un petit éditeur ayant déjà participé au Salon doit dorénavant débourser plus de 4 300 euros HT, si l’on intègre au tarif de base toutes les « options » – obligatoires (assurance, inscription, compteur électrique, etc.)… Stupeur, indignation, grogne.
Lundi 7 septembre 2009 : une réunion au siège du Syndicat national de l’Édition (SNE), initiée par Reed, a lieu en présence d’une cinquantaine d’éditeurs et de l’équipe du Salon du Livre au grand complet. Là, M. Morisset, le commissaire du Salon, nous explique qu’il a décidé « d’accompagner davantage la petite édition » et que la suppression du tarif « Trampoline » pour les éditeurs ayant déjà exposé vise à simplifier l’offre commerciale.
Pourquoi cette augmentation ? Nulle réponse ne viendra éclairer notre lanterne. Pourtant, il apparaît évident qu’en doublant le tarif des « petits » stands (il est à noter que le tarif des autres n’a, lui, pas évolué), le Salon du Livre risque très vite de se délester des petits éditeurs incapables de suivre cette inflation.
Depuis quelque temps se murmure que certains aimeraient bien voir le Salon retrouver le cadre prestigieux du Grand Palais. Hélas, le mètre carré y est plus rare qu’à la Porte de Versailles et tout le monde ne pourra être de la fête, comme le confirmait dans un entretien à Livres Hebdo en février 2009 Serge Eyrolles président du SNE : « Si on retire les stands marginaux, on peut peut-être y tenir. »
Lundi 20 septembre, Reed a mis au point une nouvelle grille tarifaire destinée aux petits éditeurs, en proposant le stand de 9 m2 à 3 519 €, ce qui « limite » la hausse à 1 519 €. Seulement…
Inutile de rappeler que le Salon du Livre est pour tous les éditeurs – petits et gros – le moyen de nouer de nouveaux contacts avec lecteurs, libraires, bibliothécaires, journalistes…
La majoration de 75 % du stand « Trampoline » est-elle justifiée par le choix d’« accompagner davantage la petite édition », pour reprendre les mots du commissaire du Salon ? Reste à savoir vers où. Vers la sortie ?

Valérie Millet, directrice des éditions du Sonneur
Laurent Seminel, directeur de Menu Fretin.

Photographie de Henri Zerdoun

LE NEVEU DE RAMEAU

Un philosophe revient sur sa rencontre au café de la Régence (1) avec un personnage singulier, le neveu de Rameau, jeune homme marginal accablé par la réussite musicale de son oncle, le célèbre Jean-Philippe Rameau. Il s’ensuit une joute extraordinairement vivante entre les deux hommes…

Rira bien qui rira le dernier, Monsieur le Philosophe !... » , c’est par ces mots d’adieu au café de la Régence que, sur le point de se rendre à l’Opéra, le neveu de Rameau prend congé de Diderot à la suite d’une conversation à refaire le monde entre Raison et Cynisme.

« Mes pensées, ce sont mes catins », c’est ainsi que Diderot a pu caresser ce dialogue improbable, lors de promenades de fin de journée non loin du Palais-Royal, entre « lui » et « moi » où le moraliste va mettre à l’épreuve du doute, les valeurs universelles de la morale confrontées au pragmatisme des intérêts particuliers.

Face au philosophe va se dresser le phénomène de l’anarchiste prêt à faire feu de tout bois pour assouvir l’objectif d’une liberté inconditionnelle destinée à assouvir tous les besoins et plaisirs terrestres.

Foin des contraintes socioculturelles, le séduisant rebelle va s’opposer dans des monologues brillants, mais le plus souvent spécieux, à toutes ambitions citoyennes et à toutes pédagogies progressistes visant à élever le destin de l’humanité.

La fascination de Diderot à l’égard de son interlocuteur virtuel n’aura d’égale que sa conviction relative concernant l’incarnation du génie humain lié au cortège des privilèges auxquels celui-ci ose prétendre.

Grâce à une maïeutique jonglant habilement avec les forces du bien et du mal, ce débat contradictoire, initié au XVIIIème siècle, pourrait avoir l’immense mérite de ne pas prendre les vessies de l’Esprit pour des lanternes de la Civilisation.

En ce 09/09/09, la première de la reprise du spectacle, créé en 2001 dans ce même Théâtre du Ranelagh, célébrait en « générale de presse », le quatuor ayant déjà réuni initialement Nicolas Vaude, Nicolas Marié, Olivier Baumont en compagnie de leur metteur en scène Jean-Pierre Rumeau.

Rénovée avec des fauteuils confortables, la salle offre, plus que jamais, la magie de ses lambris au bénéfice d’une acoustique plus feutrée. Néanmoins sa profondeur reste un paramètre avec lequel les comédiens doivent s’accorder.

Ainsi, l’interprétation trublionesque de Nicolas Vaude, en phase avec les digressions étourdissantes d’une gamberge lutine, imprime un rythme étourdissant à sa composition du « neveu » dont parfois, les inflexions du spectre vocal aboutissent assourdies, aux derniers rangs d’orchestre.

En charge de témoignages musicaux fort bienvenus, Olivier Baumont consacre sa maîtrise du clavecin, à calmer le jeu ébouriffant de cet esprit follet auquel l’autre Nicolas semblerait davantage assister ensorcelé que dans l’audace de la répartie.

D’ailleurs à la décharge du rôle, Diderot ne s’offre même pas le prestige de la dernière réplique, puisque sans piper mot :

« Rira bien qui rira le dernier, Monsieur le Philosophe !... ».

Quand je relis Le Neveu de Rameau, ce qui régulier, je ne peux m'emêcher de penser à Paul Léautaud qui s'écriait : « comme ça, il ne tombera pas dans de mauvaise main ! » Et moi désormais d'imitier le vieil hermite de Fontenay...

(1) - Célèbre café du Palais Royal fréquenté par les philosophes, Benjamin Franklin et la gent échiquéenne.

Et si vous passez Boulevard Saint Germain,

arrêtez vous devant le philosophe et rendez-lui hommage...

LE NEVEU DE RAMEAU, de Denis Diderot

Adaptation de Nicolas VAUDE, Nicolas MARIE et Olivier BAUMONT
Mise en scène : Jean-Pierre RUMEAU

Avec Nicolas VAUDE, Nicolas MARIE etOlivier BAUMONT au clavecin

Pour découvrir une présentation vidéo, cliquez ICI

Théâtre le Ranelagh
5 rue des vignes - 75016 Paris

www.theatre-ranelagh.com

 En 1755, Alexandre Jean Joseph Le Riche de La Pouplinière, fermier général sous le règne de Louis XV, fait construire dans son domaine de Boulainvilliers un théâtre à l'extrémité de l'allée de son château. Mécène éclairé, il rassemble autour de lui tout un cénacle d'artistes et d’intellectuels parmi lesquels figurent de grands noms tels que Voltaire, Quentin de La Tour, Van Loo, Stamitz, Rameau... La Révolution laissa intact le château et le parc de Passy, mais en 1815, les jardins de la propriété furent particulièrement dévastés par les Anglais selon les sources requises dans le Dictionnaire historique, topographique et militaire de 1838. M. Cabal, notaire revendit le domaine en 1826 à des spéculateurs qui tracèrent à la place du domaine un nouveau quartier appelé Boulainvilliers. De ce terrain fragmenté en parcelles, Louis Mors, célèbre constructeur automobile acquiert une large partie sur laquelle il fit construire en 1894 un théâtre à l’emplacement du salon de musique de la Pouplinière. Ce passionné de musique favorisa l’émergence des esthétiques musicales du début du 19e et du 20e siècles en programmant des artistes comme Bizet, Terrasse, Wagner… L’inauguration de ce magnifique salon de musique en chêne sculpté de style néo-renaissance œuvre d’Alban Chambon, est inauguré le 25 avril 1900 par Camille Chevillard, ancien directeur de l’Orchestre Lamoureux avec un orchestre de 80 musiciens interprétant pour la première fois en France "l'Or du Rhin" de Wagner. En 1931, la salle transformée devient un cinéma d'art et d'essai, haut lieu cinématographique de la capitale fréquenté par des personnalités comme Gérard Philippe ou Marcel Carné. Puis, le théâtre s’est diversifié et chaque direction a favorisé d’autres projets, mêlant tantôt des programmations musicales, tantôt des programmations éclectiques mêlant théâtre, musique et cirque.

ADSL CONTRE PIGEON VOYAGEUR

L’ADSL dépassé ? Rien ne vaut un pigeon voyageur...

Lasse de la lenteur de l’opérateur national Telkom, une société sud-africaine a comparé le transfert de données par Internet et par volatile. Winston le pigeon, une carte mémoire de 4 gigas fixée à la patte, a mis 1 heure et 8 minutes pour parcourir les 67 kilomètres séparant deux filiales de l’entreprise.

Téléchargement compris, le transfert des données a pris 2 heures, 6 minutes et 57 secondes. Dans le même temps, seulement 4 % des données avaient été transmises par Internet, rapporte le Mail & Guardian. Sur des distances pouvant être couvertes par un pigeon, le messager ailé est toujours gagnant, calcule Boing Boing, puisqu’il peut porter jusqu’à 48,2 g, soit le poids de 23 cartes SD de 64 GB. Mais le pigeon le plus performant serait bien en peine de transférer fût-ce un seul bit d’information entre Le Cap et New York. Le débit devrait s’améliorer lorsque le nouveau câble sous-marin en fibre optique, long de 17 000 kilomètres, reliant l’Afrique du Sud et de l’Est à d’autres réseaux, sera opérationnel.

CHEZ PIERRE MAC ORLAN

En route pour Saint-Cyr-sur-Morin avec l'aventurier immobile...

Cazotte

« J'ai fait un honnête exercice. J'ai grand appétit, et je souperai fort bien de tout ce qui se trouvera : ensuite je dormirai d'un très bon somme jusqu'au matin. Je me lèverai frais et dispos. J'irai partout où me porteront la curiosité, la dévotion ou la fantaisie. Après-demain, si Naples m'ennuie, le reste du monde est à moi. »

Jacques Cazotte, « Aventure du pèlerin », extrait de Les Prouesses inimitables d'Ollivier, marquis d'Edresse, 1763

Jean-François de la Harpe (1739-1803) était poète, auteur dramatique, critique, traducteur, rédacteur au Mercure et académicien, élu en 1776 au fauteuil 21. Il fut aussi fort versatile en politique ami, disciple et imitateur - ! - de voltaire. il fut aussi l'ami de Marmontel, de d'Alembert ou de Mademoiselle de Lespinasse. Le tsar Paul Ier, voyageant à Paris, invita plusieur fois La Harpe à sa table. Notre homme fut aussi révolutionnaire avec passion au début de la révolution. Emprisonné durant quelques mois 1794, il abjura et renonça aux idées des philosophes qu'il avait partagées auparavant.

La prophétie de Cazotte

Jean-François de La Harpe
(1739-1803)

Il me semble que c'était hier, et c'était cependant au commencement de 1788. Nous étions à table chez un de nos confrères à l'Académie, grand seigneur et homme d'esprit;  la compagnie était nombreuse et de tout état, gens de robe, gens de cour, gens de lettres, académiciens, etc. On avait fait grande chère, comme de coutume. Au dessert, les vins de Malvoisie et de Constance ajoutaient à la gaieté de la bonne compagnie cette sorte de liberté qui n'en gardait pas toujours le ton : on en était venu alors dans le monde au point où tout est permis pour faire rire.

Chamfort nous avait lu de ses contes impies et libertins, et les grandes dames avaient écouté sans avoir même recours à l'éventail. De là un déluge de plaisanteries sur la religion : et d'applaudir. Un convive se lève, et tenant son verre plein : « Oui, messieurs, s'écrie-t-il, je suis aussi sûr qu'il n'a pas de Dieu que je suis sûr qu'Homère est un sot. » En effet, il était sûr de l'un comme de l'autre; et l'on avait parlé d'Homère et de Dieu, et il y avait là des convives qui avaient dit du bien de l'un et de l'autre.

La conversation devient plus sérieuse; on se répand en admiration sur la révolution qu'avait faite Voltaire, et l'on convient que c'est là le premier titre de sa gloire : « Il a donné le ton à son siècle, et s'est fait lire dans l'antichambre comme dans le salon. »

Un des convives nous raconta, en pouffant de rire, que son coiffeur lui avait dit, tout en le poudrant : « Voyez-vous, Monsieur, quoique je ne sois qu'un misérable carabin, je n'ai pas plus de religion qu'un autre »

On en conclut que la révolution ne tardera pas à se consommer; qu'il faut absolument que la superstition et le fanatisme fassent place à la philosophie, et l'on en est à calculer la probabilité de l'époque, et quels sont ceux de la société qui verront le règne de la raison. Les plus vieux se plaignent de ne pouvoir s'en flatter, les jeunes se réjouissent d'en avoir une espérance très vraisemblable, et l'on se félicitait surtout l'Académie d'avoir préparé le grand oeuvre et d'avoir été le chef-lieu, le centre, le mobile de la liberté de penser.

Un seul des convives n'avait point pris de part à toute la joie de cette conversation, et avait même laissé tomber tout doucement quelques plaisanteries sur notre bel enthousiasme : c'était Cazotte, homme aimable et original, malheureusement infatué des rêveries des illuminés. Son héroïsme l'a depuis rendu à jamais illustre.

Il prend la parole, et du ton le plus sérieux : « Messieurs, dit-il, soyez satisfaits ; vous verrez tous cette grande révolution que vous désirez tant. Vous savez que je suis un peu prophète, je vous répète : vous la verrez. »

On lui répond par le refrain connu : « Faut pas être grand sorcier pour ça. »

- Soit, mais peut-être faut-il l'être un peu plus pour ce qui me reste à vous dire. Savez-vous ce qui arrivera de cette révolution, ce qui en arrivera pour tous tant que vous êtes ici, et ce qui en sera la suite immédiate, l'effet bien prouvé, la conséquence bien reconnue ?

- Ah ! voyons, dit Condorcet avec son air sournois et niais; un philosophe n'est pas fâché de rencontrer un prophète.

- Vous, Monsieur de Condorcet, vous expirerez étendu sur le pavé d'un cachot, vous mourrez du poison que vous aurez pris pour échapper au bourreau, du poison que le bonheur de ce temps-là vous forcera de porter toujours sur vous.

Grand étonnement d'abord; mais on se rappelle que le bon Cazotte est sujet à rêver tout éveillé, et l'on rit de plus belle.

« Monsieur Cazotte, le conte que vous faites ici n'est pas si plaisant que votre Diable amoureux ; mais quel diable vous a mis dans la tête ce cachot, ce poison et ces bourreaux ? Qu'est-ce que tout cela peut avoir de commun avec la philosophie et le règne de la raison?

- C'est précisément ce que je vous dis : c'est au nom de la philosophie, de l'humanité, de la liberté, c'est sous le règne de la raison qu'il vous arrivera de finir ainsi, et ce sera bien le règne de la raison, car alors elle aura des temples, et même il n'y aura plus dans toute la France, en ce temps-là, que des temples de la Raison.

- Par ma foi, dit Chamfort avec le rire du sarcasme, vous ne serez pas un des prêtres de ces temples-là.

-Je l'espère ; mais vous, Monsieur de Chamfort, qui en serez un, et très digne de l'être, vous vous couperez les veines de vingt-deux coups de rasoir, et pourtant vous n'en mourrez que quelques mois après. »

On se regarde et on rit encore. « Vous, Monsieur Vicq-d'Azir, vous ne vous ouvrirez pas les veines vous-même;  mais, après vous les avoir fait ouvrir six fois dans un jour, après un accès de goutte pour être plus sûr de votre fait, vous mourrez dans la nuit. Vous, Monsieur de Nicolaï, vous mourrez sur l'échafaud ; vous, Monsieur de Bailly, sur l'échafaud...

- Ah! Dieu soit béni ! dit Roucher, il paraît que monsieur n'en veut qu'à l'Académie ; il vient d'en faire une terrible exécution ; et moi, grâce au Ciel...

- Vous ! vous mourrez aussi sur l'échafaud.

- Oh! c'est une gageure, s'écrie-t-on de toute part, il a juré de tout exterminer.

- Non, ce n'est pas moi qui l'ai juré.

- Mais nous serons donc subjugués par les Turcs et les Tartares ? et encore !...

- Point du tout, je vous l'ai dit : vous serez alors gouvernés par la seule philosophie, par la seule raison. Ceux qui vous traiteront ainsi seront tous des philosophes, auront à tout moment dans la bouche toutes les mêmes phrases que vous débitez depuis une heure, répéteront toutes vos maximes, citeront tout comme vous les vers de Diderot et de La pucelle... »

On se disait à l'oreille : « Vous voyez bien qu'il est fou (car il gardait le plus grand sérieux). Est-ce que vous ne voyez pas qu'il plaisante? et vous savez qu'il entre toujours du merveilleux dans ses plaisanteries.

- Oui, reprit Chamfort; mais son merveilleux n'est pas gai ; il est trop patibulaire. Et quand tout cela se passera-t-il ?

- Six ans ne se passeront que tout ce que je vous dis ne soit accompli...

- Voilà bien des miracles (et cette fois c'était moi-même qui parlais) ; et vous ne m'y mettez pour rien ?

- Vous y serez pour un miracle au moins aussi extraordinaire : vous serez alors chrétien. » Grandes exclamations. « Ah ! reprit Chamfort, je suis rassuré ; si nous ne devons périr que quand La Harpe sera chrétien, nous sommes immortels.

- Pour ça, dit alors Mme la duchesse de Gramont, nous sommes bien heureuses, nous femmes, de n'être pour rien dans les révolutions. Quand je dis pour rien, ce n'est pas que nous ne nous en mêlions toujours un peu ; mais il est reçu qu'on ne s'en prend pas à nous, et notre sexe...

- Votre sexe, Mesdames, ne vous en défendra pas cette fois, et vous aurez beau ne vous mêler de rien, vous serez traitées tout comme les hommes, sans aucune différence quelconque.

- Mais qu'est-ce que vous nous dites donc là, Monsieur Cazotte ? C'est la fin du monde que vous nous prêchez.

- Je n'en sais rien ; mais ce que je sais, c'est que vous, Madame la duchesse, vous serez conduite à l'échafaud, vous et beaucoup d'autres dames avec vous, dans la charrette du bourreau, et les mains liées derrière le dos.

- Ah ! j'espère que, dans ce cas-là, j'aurai du moins un carrosse drapé de noir !

- Non, Madame, de plus grandes dames que vous iront comme vous en charrette, et les mains liées comme vous.

- De plus grandes dames! quoi ! les princesses du sang ?

- De plus grandes dames encore... » Ici un mouvement très sensible dans toute la compagnie, et la figure du maître se rembrunit. On commençait à trouver que la plaisanterie était forte.

Mme de Gramont, pour dissiper le nuage, n'insista pas sur cette dernière réponse, et se contenta de dire du ton le plus léger : « Vous verrez qu'il ne me laissera pas seulement un confesseur !

- Non, Madame, vous n'en aurez pas, ni personne. Le dernier supplicié qui en aura un par grâce sera... »

Il s'arrêta un moment. « Eh bien, quel est donc l'heureux mortel qui aura cette prérogative ? - C'est la seule qui lui restera : et ce sera le roi de France. »

Le maître de la maison se leva brusquement, et tout le monde avec lui. Il alla vers M. Cazotte, et lui dit avec un ton pénétré : « Mon cher Monsieur Cazotte, c'est assez faire durer cette facétie lugubre;  vous la poussez trop loin, et jusqu'à compromettre la société où vous êtes et vous-même. » Cazotte ne répondit rien, et se disposait à se retirer, quand Mme de Gramont, qui voulait toujours éviter le sérieux et ramener la gaieté, s'avança vers lui.

« Monsieur le Prophète, qui nous dites à tous notre bonne aventure, vous ne dites rien de la vôtre. »

Il fut quelque temps en silence et les yeux baissés.

« Madame, avez-vous lu le siège de Jérusalem dans Josèphe ?

- Oh! sans doute; qu'est-ce qui n'a pas lu ça ? Mais faites comme si je ne l'avais pas lu.

- Eh bien, Madame, pendant ce siège, un homme fit sept jours de suite le tour des remparts, à la vue des assiégeants et des assiégés, criant incessamment d'une voix sinistre et tonnante : Malheur à Jérusalem! malheur à moi-même ! Et dans le moment une pierre énorme, lancée par les machines ennemies, l'atteignit et le mit en pièces. »

Et, après cette réponse, M. Cazotte fit sa révérence et sortit.

Le gardien vous recommande la lecture de :

Monsieur Cazotte monte à L'échafaud, de Claude Taittinger (librairie Académique Perrin)

Cazotte de Gérard de Nerval in  Les Illuminés (Folio Gallimard)

Le Diable amoureux, de Jacques Cazotte (Garnier Flammarion ou FMR-éditions du Panama)

EXTRAITS

Bird in the Hand II, oeuvre de Kate Street

LE DERNIER DES HUSSARDS

Michel Déon est bien vivant. En atteste un Cahier de l'Herne à paraître, un nouveau livre chez Gallimard, des extraits de son journal, et des mots sans langue de bois, entre douceur de vivre et rigueur absolue. Encore vert, l'auteur du Jeune homme vert..

Nous rentrons dans la période des prix littéraires. Ont-ils une vertu ?
Je ne peux pas cracher dessus. D'abord parce que j'ai reçu le prix Interallié en 1970 pour Les Poneys sauvages, grâce notamment à Blondin, Guimard et un communiste. Puis j'appartiens aux jurys des prix Giono, Larbaud, Nimier. M'irritent les magouilles, les renvois d'ascenseur... Vous seriez étonnée de voir comme dans un jury personne ne lit. Voilà pourquoi j'ai présidé avec bonheur, pendant dix-sept ans, le prix Audiberti, créé à Antibes. J'avais accepté à une condition: il y a un jury, mais c'est moi qui décide du lauréat. Le maire avait trouvé une formule parfaite: "Michel Déon a beaucoup aimé les livres de M. Untel et le jury l'a approuvé à l'unanimité." [Rires.] On a ainsi primé Lawrence Durrell, Jacques Lacarrière, Pietro Citati, Oriana Fallaci, Arrabal, P. L. Fermor, Cossery...

Que pensez-vous de Frédéric Mitterrand, le nouveau ministre de la Culture ?
C'est un homme très sérieux et cultivé, j'ai grande confiance en lui. Il aime le cinéma, le théâtre, la musique et s'il parle d'un livre, c'est qu'il l'a lu. C'est énorme: Lang n'a jamais lu un livre! C'est un ignorant, à peu près comme Léotard. Aillagon aussi s'est révélé catastrophique. Tous des ministres de l'Inculture!

Extrait de Michel Déon Gentleman Frondeur par Marianne Payot. le reste de l'entretien est à découvrir ICI

CARUSO

Le grand Caruso chante « je crois entendre » extrait de Les Pêcheurs de perles de Georges Bizet. Fermez les yeux, laissez agir...

AU TRAVAIL... ?

Inspiration...

Respiration...

Saurez-vous deviner de qui il s'agit...


N.B. Degré de difficulté : pas si simple.

(...) Alors c'est qui finalement ?

Jacques Rossellin, de VENDREDI INFO le meilleur du net en direct.

(...) Allez, promis, je vous donne la réponse demain

Le gardien

QUIGNARD SANS JUGEMENT ET SENSIBLE

« J'aurai passé ma vie à chercher des mots qui me faisaient défaut. Qi'est-ce qu'un littéraire ? Celui pour qui les mots défaillent , bondissent, fuient, perdent sens. Ils tremblent toujours un peu sous la forme étrange qu'ils finisssent toujours par habiter. Ils ne disent ni ne cachent : ils font signe sans repos. »
Pascal Quignard

A l'occasion de la parution de La Barque silencieuse (éditions du seuil) VIe tome du cycle Dernier royaume, pascal Quignard sort de son silence s'entretien, admirable, avec Sylvain Bourmeau...

FAUX ET - DRÔLE D' - USAGE DE FAUX

Mon ordinateur écrit - tout seul - mieux que le tien !

Il y a quelques années, on avait bien ri de ces logiciels capables de rédiger un « article » en apparence scientifique, mais qui, en vérité, ne voulait rien dire. Voilà qu'on leur a découvert une utilité : prendre à leur propre jeu ceux qui envoient à des scientifiques ou des étudiants de multiples invitations à publier dans de multiples congrès ou revues à l'utilité douteuse
.

C'est ainsi qu'en 2005 les organisateurs de la World Multi-Conference on Systematics, Cybernetics and Informatics, avaient été bien embarrassés d'apprendre - avant le congrès - qu'un article qu'ils avaient approuvé était un canular généré par le logiciel SCIgen (1). Un charabia incompréhensible, mais qui, pour le profane, a tout à fait les allures d'un véritable article scientifique. Tout ce que les « auteurs » avaient eu à faire pour être « approuvés » avait été d'envoyer le chèque de 390 $ requis pour soumettre un article.

Les organisateurs avaient renvoyé le chèque lorsque le canular avait été dévoilé ce qui n'avait pas empêché Jeremy Stribling, Max Krohn et Dan Aguayo - créateurs de SCIgen - de venir au congrès et de présenter, dans une chambre de l'hôtel... trois conférences générées par ordinateur.  Les auteurs évoquent la génération automatiques de papiers à soumettre dans des conférences sans aucune assise scientifique

L'initiative s'est étendue à la langue russe le 15 août 2008 lorsque le Journal of Scientific Publications of Aspirants and Doctorants (en russe) a accepté un article «écrit» par SCIgen. L'auteur du canular, le bioinformaticien Mikhail Gelfand, de l'Université d'État de Moscou, voulait protester contre l'existence même du Journal : celui-ci est apparu comme par magie après qu'une nouvelle directive eut imposé aux candidats russes au doctorat l'obligation de publier dans un journal scientifique « accrédité » par les autorités.
Le Journal aurait perdu son accréditation deux semaines plus tard.

Note du gardien :

(1) - le SCIgen, ou science generator, est un logiciel - conçu par trois étudiants du MIT, Jeremy Stribling, Max Krohn et Dan Aguay - basé sur des grammaires utilisés pour la synthèse de langage naturel afin de produire de façon automatique et aléatoire des articles d'apparence scientifique. Quelques secondes suffisent à produire un article pseudo scientifique irréprochable.

Si à votre tour, vous souhaitez passer pour un savant (avec citations ad hocs, figures géométriques, complexes et graphiques forts sérieux à l'appui) cliquez ICI puis envoyez moi vos travaux. je me ferai un plaisir de n'y rien comprendre. Puis amusez-vous vous à duper quelques scientifiques de votre connaissance. Vous gagnerez ainsi votre HDR (habilitation à diriger des recherches), ce qui est encore à n'y rien comprendre

Pour l'andecdode...

En juin 2009, le chercheur américain Philip Davis, de l'Université Cornell, dans l'État de New York exaspéré par les courriels non sollicités (2) de la part de la maison d'édition Bentham Science Publishers (1), a soumis le Journal The Open Information Science Journal, publié par Bentham, à un test destiné à évaluer le sérieux de l'éditeur. Il a généré automatiquement, à l'aide du programme informatique SCIgen, un faux article scientifique, fait de phrases à la grammaire correcte mais n'ayant aucun sens. Le comité de lecture du journal ne s'est pas aperçu de la supercherie, et, moyennant la modique somme de 800 $, a accepté l'article à la publication. Davis avait associé les signataires à un centre de recherches fictif, le Center for Research in Applied Phrenology, ou CRAP. En anglais, crap signifie connerie.

(1) - Bentham Science Publishers est une maison d'édition anglophone créée en 1993. Spécialisée dans le domaine pharmaceutique, biomédical et médical, elle publie 89 journaux en version papier ou électronique.

(2) - L'éditeur est un adapte forcené des spams.

© d'aprèsPascal Lapointe pour l' Agence Science Presse

MUSIQUE !

Pour la trollette - du safran et de l'or dans le boudoir - qui a déménagé et que l'on peut désormais retrouver ICI

La mélodie mélancolique du grand Miklos Rosza...

DE L'ÉROTISME AU THÉATRE

Le festival des marionettes de Charleville-Mézières vient de fermer ses portes. Ouvrons-en d'autre ensemble, plus coquines celles-là, en souvenir d'un éphémère, illustre et confidentiel théatre qui fit la joie des spectateurs avisés et peu bégeules...

HISTOIRE DU THÉÂTRE ÉROTIQUE
DE LA RUE DE LA SANTÉ


par l'Illustre Brisacier


I



Si l'hypocrisie n'était pas, par excellence, la vertu théologale de notre triste époque, ce Théâtre, conçu d'après l'idée simple de Molière, de réjouir les honnêtes gens, n'aurait aucunement besoin d'introduction. On lèverait la toile, et le spectacle commencerait, après l'ouverture exécutée par les violons.

Mais, hélas! l'esprit criminaliste de nos contemporains, tous magistrats stagiaires à la sixième chambre, voit matière à procès et à scandale dans les actions les plus ingénues, et réclame à grands cris des explications.

Ce sont ces explications que nous allons ne pas leur fournir.



II



Ce que nous prétendons écrire, n'est que l'histoire pure et succincte du Théâtre érotique de la rue de la Santé (*), théâtre bizarre, irrégulier, sauvage, excessif - mais où l'on a ri d'un rire franc, et qui a eu le privilège de réunir, dans la communion de la gaîté, un petit nombre d'artistes et d'hommes de lettres bien portants.

La Bohème élégante et poétique de la rue du Doyenné, le cénacle qui rassemblait Théophile Gautier, Gérard de Nerval, Lassailly, Arsène Houssaye, encore non millionnaire, et Chassériau, et Marilhat, et tant d'autres, morts régulièrement ou enterrés dans un Institut vague et indéterminé, ou simplement devenus de grands poètes contraints de rendre compte des ouvrages de M. Dennery, pour gagner l'argent nécessaire à l'entretien des vices qu'ils ont pu conserver, n'a plus aucune raison d'être. Elle a disparu - avec les beaux enthousiasmes et les fiers élans qui faisaient battre le coeur des vaillants de 1830.

Mais le bourgeoisisme envahissant, la vie de café, le besoin incessant de faire de la copie, n'ont pu discipliner entièrement la bande des hommes de lettres vivaces et des artistes en qui le sang des aïeux circule, malgré tout. A de certains moments, la gent irritable sent ses nerfs agacés, et veut, à toute force, protester, fût-ce entre quatre murs et dans le fond d'une cave, contre la tyrannie des soirées officielles et des réunions où les peintres sont mêlés aux boursiers, et les poètes aux journalistes graves.

En ce temps-là (1861), M. Duranty venait d'ouvrir, dans le jardin des Tuileries, un théâtre de marionnettes, salué à son aurore par les acclamations de la haute et de la basse presse, marionnettes littéraires, qui pétaient des alexandrins, en guise de poudre, aux yeux des militaires et des bonnes d'enfants, mais qui ne tardèrent pas à devenir pareilles aux marionnettes des Champs-Elysées, et durent se résigner à jouer la farce traditionnelle de Polichinelle battant sa femme, et finalement emporté par le Diable.



III



M. Amédée Rolland que les récents succès des Vacances du Docteur et de l'Usurier de Village avaient mis en vue, demeurait alors dans une sorte de ville de province enclavée, au fond des Batignolles, entre les fortifications et les premières maisons de Clichy-la-Garenne. Sa maison avait pour locataires M. Jean Duboys, l'auteur de la Volonté et des Femmes de Province, M. Edmond Wittersheim, et M. Camille Weinschenck, un voyageur revenu du Japon, et que la difficulté de son nom qui se brait, se miaule, ou s'aboie peut-être, mais ne se prononce pas, faisait appeler, simplement, 4025.

A la suite d'un déjeuner où était invité M. Lemercier de Neuville (Lemerdier, dans l'intimité), on émit le projet d'appliquer l'idée de M. Duranty à un théâtre libre, où la fantaisie se donnerait carrière, et qui servirait de prétexte à réunir dans un souper semi-mensuel une vingtaine de gens d'esprit, éparpillés aux vingt coins de Paris.

Le projet eût été un simple propos d'après boire, sans M. Lemercier de Neuville, sorte de maître Jacques, apte à plus de choses que l'ancien, qui trouva immédiatement le moyen de faire une réalité d'une idée en l'air ; - et le 27 mai 1862, un public - -très particulier - était convié d'assister à l'inauguration solennelle de l'Erotikon Theatron.



IV



Ce théâtre était installé dans une salle vitrée, antichambre de la maison.

M. Lemercier de Neuville en fut à la fois l'architecte, le maçon, le peintre, le machiniste et le directeur. Le privilège lui en fut, bien entendu, solennellement concédé (*).

Au-dessus de la porte d'entrée, on lisait cette maxime, empruntée à la sagesse de Joseph Prudhomme :



SANS ORDRE ON N'ARRIVE A RIEN.



Ladite maxime servit d'épigraphe aux affiches des représentations, données PAR ORDRE, puisque sans ordre on n'arrive à rien.

Les inscriptions étaient nombreuses dans la maison. Locataires et visiteurs avaient tous l'esprit épigraphique.

Chaque pièce avait donc une appellation particulière, qui se justifiait.

Sur la porte des lieux, on lisait :



PARLEZ A PONSON.



On finit par dire : « Je vais chez Ponson » pour : « Je vais aux lieux. »

Le domestique de la maison se composait de deux femmes : Tronquette, sorte de négresse blanche, longtemps au service de Titine, personne de moeurs légères, qui a fait les beaux jours du café du Rat mort, après avoir fait ceux de M. Amédée Rolland, et de quelques autres gens de lettres. Tronquette était chargée de faire les lits de ces messieurs, mais son occupation essentielle consistait à ne jamais se laver les mains ni la figure. M. Auguste de Châtillon lui demanda un jour si elle se lavait autre chose ; Tronquette lui répondit : « Venez-Y voir ! »

La femme de Léonidas eût dit : « Viens le prendre ! »

L'autre femme était la cuisinière Aimée - semblable à toutes les cuisinières possibles.

Aimée et Tronquette couchaient ensemble dans un petit pavillon, à l'entrée du jardin, sur la porte duquel était écrit :



PARLEZ A TRONQUETTE.



M. Albert Glatigny fut surpris un jour dans ce pavillon, excitant violemment les deux pécores aux voluptés de la tribaderie.

La vertu de Tronquette se manifestait en ce moment sous la forme d'un manche à balai, qu'elle brandissait sur la tête, la vraie tête (1), de ce poète immoral, mais convaincu.

Chaque chose, chaque animal du jardin avait un nom particulier, destiné à illusionner les étrangers sur sa nature et son origine :

Le puits se nommait : - Les Sources du Nil ;
Un puisard : - L'Hippocrène ;
Un espace sablé, réservé pour faire des armes : - Le Champ-de-Mars ;
La cage aux chiens : - La Ménagerie ;
Follette, chienne caniche : - Lionne de l'Atlas ;
Pip, chien ratier : - Tigre du Bengale ;
Un chat empaillé, enchaîné au sommet du puits : - Singe du Pérou, rapporté par le capitaine Camil ;
La cage aux poules portait cette inscription : - Coq de Gruyère, donné par le consul de France à Batignolles ;

Une pie noire, aux ailes éboutées, qui sautillait çà et là, avait été baptisée Perle noire, en l'honneur de la pièce de M. Sardou.

Les arbres portaient des étiquettes du même genre ;

Un abricotier : - Saucissonnier à l'ail. (Saucissonnierus alliaca : LINNÆUS) donné par M. Champfleury.
Un sapin : - Bretellier des Alpes. (Bretellarium alpinium : LINNÆUS) donnée par M. de Lamartine.
Un prunier : - Cubèbe commun. (Cubebus communis : LINNÆUS) donné par mademoiselle Suzanne Lagier.

Etc., etc., etc.



V

Le Théâtre.



Sur les murailles s'étendait une fresque peinte par M. Lemercier de Neuville, représentant une salle de spectacle où les charges des spectateurs, fort ressemblantes, se prélassaient dans les loges.

Le théâtre, au fond de la salle, ne comportait pas moins de seize plans de profondeur, et était machiné de manière à y représenter des féeries aussi compliquées que la Biche au bois.

Personnel.

Bailleur de fonds et propriétaire:    M. AMÉDÉE ROLLAND.
Directeur privilégié :    M. LEMERCIER DE NEUVILLE.
Régisseur général :    M. JEAN DUBOYS.
Lampiste, machiniste, en un mot toutes les fonctions viles :    M. CAMILLE WEINSCHENCK.




Matériel.



Huit poupées, sculptées par M. Demarsy, acteur de la Porte Saint-Martin ;

Douze costumes, exécutés par les maîtresses des membres de l'administration ;

Trente-six décors, peints par Edmond Wittersheim et Lemercier de Neuville, mais retouchés par M. Darjou, qui avait peint la façade du théâtre.

Deux décors, le salon louis XV et la cuisine, qui servaient dans Signe d'argent, étaient l'oeuvre de l'heureux mortel auquel madame Alphonsine des Variétés a dit un jour : « Sois mon Caïus, je serai ta Caïa ! »

Passons à la liste des ouvrages représentés sur ce théâtre, au cours de l'été de 1862 et de l'hiver 1863, à la fin duquel, à cause du déménagement de M. Amédée Rolland, l'Erotikon Theatron ferma ses portes :

1. Erotikon Theatron, prologue en vers, par M. Jean Duboys ;
2. Signe d'argent, vaudeville en trois actes du même ;
3. Le dernier Jour d'un Condamné, drame en trois actes, par M. Tisserant ;
Un Caprice, vaudeville en un acte, par M. Lemercier de Neuville ;
5. Les Jeux de l'Amour et du Bazar, comédie de moeurs, du même auteur ;
6. La Grisette et l'Etudiant, comédie en un acte, par M. Henry Monnier ;
7. Scapin maquereau, drame en deux actes, en vers, par M. Albert Glatigny.

D'autres pièces avaient été commandées. M. Théodore de Banville avait promis une comédie en prose, et M. Champfleury une comédie en vers.

Des lettres d'invitation (*), imprimées chez Claye, furent envoyées aux personnes dignes d'entrer, et le 27 mai 1862, nous l'avons dit, le théâtre fut inauguré, en présence de MM. Paul Féval, Charles Bataille, Carjat, Alcide Dusolier, Emile Durandeau, Alphonse de Launay, Champfleury, Demarsy, Darjou, Charles Monselet, Poulet-Malassis, Tisserant, Charles de la Rounat, Debillemont, Duranty, Albert Glatigny, Jules Moineaux, Louis Ulbach, le colonel Lafont, Alphonse Daudet, Théodore de Banville, Henry Monnier, Leo Lespès, Omer de l'Ambigu, et de mesdemoiselles Guimond et Antonia Sari.

Un journal du temps, le Boulevard, donna le compte rendu de la première représentation, dans son numéro du 1er juin 1862 ; c'était de la prose de Carjat lui-même, écrivant chez lui ; bel exemple pour la Revue des Deux Mondes !

« Encore un nouveau théâtre ! un théâtre d'intimes ! Erotikon Theatron, ce qui veut dire Théâtre des Marionnettes amoureuses. Rassurez-vous, tout s'y passe le plus convenablement du monde ; les coups de bâton y sont toujours protecteurs de la morale, et si la mère ne peut y conduire sa fille, en revanche le plaisir y attire des peintres et des littérateurs de talent.

« La façade du théâtre, peinte par Darjou, mérite une description spéciale,  - mais Prologus va remplir ma tâche, - Prologus, c'est-à-dire un bouffon personnage, à qui Jean Duboys fait dire des vers charmants, que nous ne pouvons tous citer, faute d'espace, mais dont voici un échantillon :

Messieurs salut ; salut, mesdames ;
Vous les grâces, et vous les flammes,
Intelligences et beautés,
Le personnel de cette scène,
Ce soir, va faire son étrenne
Devant vos doubles majestés.

II ne manquera pas de zèle ;
Mais, ainsi que la demoiselle
Que l'on nomme Anna Bellangé,
Ce personnel assez folàtre
N'a paru sur aucun théâtre
Et désire être encouragé.

Cachez donc bien vos clefs forées,
Point de clameurs exagérées,
Où l'on imite exactement
Les mille bruits de la nature,
Depuis l'orage et son murmure
Jusqu'au chien et son aboîment.

Nous comptons sur votre sagesse
Pour que personne ne transgresse
Cet avertissement léger,
Et même dans notre service,
Nous avons omis la police,
De peur de vous désobliger.

Notre nouveau théâtre a fait des frais énormes ;
Veuillez vous assurer que tout est peint à neuf ;
Arlequin suspendu fait admirer ses formes,
Et Jourdain ses souliers brillants, cirés à l'oeuf.

Pierrot pendu fait la grimace,
Et de son oeil écarquillé,
Il contemple une contrebasse,
Auprès du pot qu'il a pillé.

La triste Melpomène et la folle Thalie
Changent enfin de robe après quatre cents ans ;
L'une va chez Ricourt pour jouer Athalie ;
L'autre reste aux Ducs Jobs, passés, futurs, présents

Voyez s'enrouler sur leurs têtes
La vigne mêlée au laurier,
Rameaux sacrés que les poètes
Aiment surtout à marier.
...................................
...................................
Du reste notre privilège
Admet tous les genres : ballets ;
Pièces à femmes, et son cortège
De jupons courts et de mollets ;
Drame à canon, si je voulais!...

« Comme vous voyez, ces marionnettes sont assez littéraires, aussi M. Darjou a-t-il peint la façade du théâtre avec non moins d'art que Jean Duboys l'a décrite. Nous lui en faisons nos compliments sincères. »

Cette première représentation fut suivie d'un grand souper. M. Champfleury porta ce toast audacieux :

« A la mort du Théâtre-Français ! à la prospérité des Marionnettes ! »

Des vers furent récités. M. .Acide Dusolier régala une fois de plus ses amis d'un poème qui a pour titre Phanor. On le soufflait.

Quand vint le tour de M. Charles Monselet, M. Duranty se leva, et protesta, au nom de la prose, contre cette avalanche de vers.

Plusieurs personnes réclamant à grands cris les Petites Blanchisseuses, la discussion menaçait de s'envenimer ; M. Monselet y mit un terme, en disant d'une voix grave et émue :

« Messieurs, si je dois être la cause d'une collision, je me retire. »

A deux heures du matin, on se sépara, et M. Champfleury, toujours petit Bineau, en s'en retournant, tira religieusement tous les cordons de sonnettes qu'il put appréhender en son chemin (2).



VI



M. Monselet dînait chez M. Amédée Rolland. Tout d'un coup il se lève, prend sa canne et son chapeau, et déclare qu'il sort pour assister, au Gymnase, à la première représentation de la Perle noire.

« Reste donc, dit M. Lemercier de Neuville, nous nous sommes procuré le manuscrit de la pièce, et nous allons te la jouer. De cette façon, tu rempliras tes devoirs de critique, - et tu auras du dessert. »

On improvisa, séance tenante, une pièce sous le titre de la Perle noire.

M. Monselet eut la bonté de croire qu'il assistait à la première représentation du chef-d'oeuvre de M. Sardou, et, comme de juste, en fit un compte rendu des plus élogieux dans le Monde illustré.



VII



Aujourd'hui, de ce théâtre, il ne reste rien, qu'un souvenir de gaîté et de folie.

Des bourgeois (détournez votre face) se sont installés dans la maison de la rue de la Santé ; - les fresques sont couvertes d'un lait de chaux ; - et les auteurs des bouffonneries gaillardes qu'on va lire se livrent à la composition d'ouvrages sérieux, afin de mériter la peine d'Académie à perpétuité.

L'illustre Brisacier.


Notes :


* Voir les pièces justificatives.
(1) - M. Albert Glatigny a été surnommé par M. Poulet-Malassis « le poète gland. » Intelligenti pauca.
(2) - Voir les Souffrances du professeur Delteil.

Note du gardien :

(*) Aujourd'hui rue de Saussure.

Le gardien vous recommande la lecture de :

Le Théâtre Erotique de la Rue de La Santé,  suivi de Les Deux gougnottes, saynète coquine de Henry Monnier, qui n'a jamais figuré au programme du Théâtre de la rue de la Santé (d'après Pascal Pia).

L'éditionde Poulet-Malassis date de 1864-1866. Bien que signée « L’illustre Brisacier », cette histoire est de Auguste Poulet-Malassis

 

DRACULA, LE NON-MORT...

Dracula l'immortel, de Dacre Stoker & Ian Holt

Londres, 1912. Après avoir tué Dracula, les héros du célèbre roman de Bram Stoker se sont dispersés. Grâce à l’aide d’un mystérieux bienfaiteur, l’un d’entre eux, le Dr Seward, part à la chasse aux vampires dans toute l’Europe. De son côté, Quincey, le fils des fameux Jonathan et Mina Harker, s’investit au théâtre dans la production de Dracula, une pièce inspirée du roman et qui contient des informations inquiétantes. Inévitablement, Quincey découvre des similitudes troublantes entre l’histoire de la pièce et celle de ses parents. Et un jour, Jonathan Harker est retrouvé mort, empalé sur les grilles de Piccadilly Circus…

À paraître chez Michel Lafon...

DICTIONNAIRE AMBULANT

A époque morose, il nous fallait un personnage plaisant, buveur, utopique et iconoclaste pour dérider le quoitidien et reprendre un peu la plume. Jules Depaquit est l'homme qu'il nous faut. Né ardennais (à Sedan en  1869), il fut le premier maire de la commune libre de Montmartre et, lui qui aimait par dessus tout les fêtes et les farces, se permit le luxe effronté de mourir quelques jours avant le14 juillet (de 1924 pour être précis). Dessinateur, farceur, artiste désargenté, ami de Erik Satie, et de la bohème farfelue, il fréquenta Le Chat noir et Le Lapin agile comme d'autres font leurs éducations. On lui doit la ccréation de la fète des vendanges de Montmartre. Il milita aussi, mais en vain, pour la construction de toboggans pour descendre la Butte, l'iInstallation de trottoirs roulants pour se rendre d'un bistrot à l'autre, l'Interdiction de mourir sur le territoire de la Commune libre, sous peine de mort, Suppression des mois de décembre, janvier, février afin de faire disparaître l'hiver, et la la déclaration de paix en cas de déclaration de guerre. Un brave homme en somme...

L'enseigne du Lapin agile

par Adré Gill

« Là, peint A. Gill »

LATOUPIE-BOTTIN
par Jules Depaquit

 

Depuis des années, Latoupie s'adonne à la lecture du Bottin, celui de Paris bien entendu, car le Bottin des départements le laisse froid comme une carafe frappée.

Singulière conformation d'une âme !

Quand il le sait par coeur, il va trouver le propriétaire d'un grand café sur les boulevards dont je tairai le nom, car j'ai horreur de toute réclame qui ne m'est pas payée. Il lui dit :

— Pardon, monsieur, mais vous n'auriez pas besoin d'un Bottin de Paris, par hasard ?

— Justement si, mon ami, répond cet excellent homme. Le mien commence à s'user et j'allais le remplacer. Veuillez avoir l'obligeance de me mettre l'article en mains.

— Alors, touchez-là, Monsieur.

— Comment cela ?

— Le Bottin en question, c'est moi.

Et Latoupie met en deux mots le propriétaire du café au courant de la situation.

— Fort bien, dit cet homme, je vous arrête, car j'aime les attractions vraiment originales et celle-ci en est une. Vous entrerez en fonctions ce soir, vous serez logé, couché, nourri, blanchi et vous aurez vingt francs par mois. Cela vous va-t-il ? En ce cas, topez là !

— Parfaitement, c'est une chose entendue, dit Latoupie...

— Alphonse Allais ?

— 7, rue Detaille, au troisième, la porte à gauche, répondait imperturbablement Latoupie.

— Jean Goudezki ?

— 23, passage de l'Élysée-des-Beaux-Arts, au premier, la porte en face, répondait non moins imperturbablement Latoupie.

Dix années après ces évènements, je revis Latoupie. Il était triste, vieilli et découragé.

— Eh bien ? lui demandai-je.

— Eh bien ! mon cher monsieur, je ne suis plus Bottin.

— Ah bah !

— Oui, il arrivait à des clients de me demander pour s'assoir dessus. Je ne sais s'ils faisaient cela par ignorance ou par malice, mais en tout cas cela m'affligeait profondément. Alors, voyez-vous, j'ai lâché.

— Et maintenant ?

— Maintenant, je suis Dictionnaire français-latin au Lycée Louis-le-Grand. C'est moins rémunératif, mais c'est plus distingué, et on a plus d'égards pour moi. Vous comprenez, Monsieur, un Dictionnaire français-latin !!!

Heureux Latoupie !

Le gardien vous recommande la lecture de :

Jules Depaquit, Dessinateur, Poète, Farceur, Maire De Montmartre, collectif (édition Revue Les Amis De L'ardenne)

BAISER(S)

DES NOUVELLES DE LORD BYRON

Des enchères porteuses de révélations !

Lord Byron parle de poux, de sa maîtresse et ses rivaux

Une servante, sujet d'une affaire assez sordide, des réflexions pimentées sur les étrangers, la littérature passée au vitriol... les lettres contenant ces différents thèmes ont pu choquer en leur temps, d'autant plus qu'elles provenaient d'un petit prodige de la poésie anglaise... Lord Byron.

On y découvrira des preuves de l'imagination enflammée des romantiques, ces superstars du rock de l'époque, dont les révélations sexuelles embrassent l'esprit. Quelques moqueries lancées contre les Portugais, qui n'ont que peu de vices, « hormis les poux et la sodomie », et encore d'autres piques adressées au rival Wordsworth...

C'est ainsi que la maison d'enchères Sotheby's va proposer toute une correspondance, contenant plusieurs missives inédites, détenues depuis 1885 par le comte de Roserbery, et qui n'ont pas quitté la famille depuis. « Byron avait manifestement plaisir à écrire des choses un peu scandaleuses, adressées à un membre du clergé, mais vous percevez également un sens puissant de l'amitié qu'ils avaient. Une véritable intimité », explique Gabriel Heaton, de la maison d'enchères.

C'est en effet à Francis Hodgson qu'elles furent toutes envoyées, et ce pasteur victorien n'a pas dû manquer de bondir de sa chaise. L'histoire concernant la servante, Susan Vaughan, inédite et gratinée, ne manque pas de piquant. Si Byron la considère comme sa maîtresse et en attend une fidélité sans équivoque et réciproque. Mais il suffira de rumeurs démentant cette idée, pour qu'elle perde son emploi.

Nombre de potins et chamailleries littéraires s'étalent au fil des lignes, aujourd'hui enfouies dans la mémoire des spécialistes. Mais quel bien fou Byron ressentit en écrivant : « Southey et Turdsworth sont des renégats et des fourbes. »

© Clément S. pour ActuaLitté.

« Mascara Ceremonial », oeuvre - singulière - de Javier Perez
 

LA VIE PRIVÉE DE SHERLOCK HOLMES

 

La vie privée de Sherlock Holmes

Ce soir sur Arte
Le plus bel hommage au détective de Baker street
par Billy Wilder
décor du grand Alexandre Trauner
A ne pas manquer !
 
Sherlock Holmes et le docteur Watson sont invités à une soirée de Ballets russes, sur l'initiative de la danseuse étoile Madame Petrova : celle-ci voudrait d'Holmes un enfant qui ait son intelligence et lui offre en échange un violon Stradivarius. Le détective refuse, prétextant que Watson est son « compagnon ». Un peu plus tard, la police amène à leur domicile une jeune femme amnésique qui vient d'échapper mystérieusement à la mort et n'a sur elle qu'un indice, l'adresse des deux hommes. Cette personne, retrouvant la mémoire, déclare s'appeler Gabrielle Valladon et demande à Holmes, qui accepte, d'enquêter sur la disparition de son mari. Le frère du détective, Mycroft Holmes, un agent du Gouvernement, et menmbre du Diogene's club le dissuade de poursuivre ses recherches… De Londres à l'écosse, L'enquête va  mener notre détective et le trucculent docteur Watson sur la piste de 6 nains disparus, desmoines pas très catholiques, jusqu' à un étrange château écossais et  au monstre du Loch Ness.

PROSCRIPTION

« Un écueil voisin de la côte est quelquefois visité par les hommes ; un écueil en pleine mer, jamais. Qu’irait-on y chercher ? Ce n’est pas une île. Point de ravitaillement à espérer, ni arbres à fruits, ni pâturages, ni bestiaux, ni sources d’eau potable. C’est une nudité dans une solitude. C’est une roche, avec des escarpements hors de l’eau et des pointes sous l’eau. Rien à trouver là, que le naufrage. Ces espèces d’écueils, que la vieille langue marine appelle les isolés, sont, nous l’avons dit, des lieux étranges. La mer y est seule. Elle fait ce qu’elle veut. Nulle apparition terrestre ne l’inquiète. L’homme épouvante la mer ; elle se défie de lui ; elle lui cache ce qu’elle est et ce qu’elle fait. Dans l’écueil, elle est rassurée ; l’homme n’y viendra pas. Le monologue des flots ne sera point troublé. »

Victor Hugo, Les Travailleurs de la mer

Le gardien vous recommande la lecture de :

Ce que c'est que l'exil, de Vicor Hugo (éditions des équateurs)

En 1875, cinq ans après son retour d'exil, Victor Hugo publie dans Actes et Paroles ce texte lumineux sur la condition morale du proscrit qu'il oppose au tyran.

LES AFFAIRES REPRENNENT !

A lire :

La magnifique « Lettre de Richard B. à Jim H » ., par Tomas Vinau, dans le dernier numéro de la revue Décapage n° 40, animé par l'ami Jean-Baptiste Gendarme, romancier néanmoins.

Et c'est ainsi que Thomas Vinau est grand !

QUESTIONS & DÈRNIÈRES NOUVELLES PASSÉES, PRÉSENTES ET À VENIR

Le cabinet sera en partie - en partie seulement - fermé durant une tout petite dizaine de jours. Aussi me suis-je amusé à vous raconter - en partie  seulement - ma vie, quelques extraits de de mes vies. . Répondez ce que vous voulez et surtout à ce que vous voulez. Ici tout est vrai puisque je l'ai inventé. Aussi, à votre tour...

Soyez poète et désordonné.

Pour ma part, ça m'amusera de vous lire... Et dès mon retour, je m'amuserai à faire un texte collectif de vos réponses.

 

Et faites passer le message au amis.

Attention, le texte est en construction et peut donc

 BOUGER À CHAQUE INSTANT

 

Pour David Collin.

Lundi, 18 h 30, Retour des vignes, vendanges, crotté comme une famille de cochonq. Un cigare - énorme - , une coupe de champagne - blanc de noir -  en écoutant ton émission - Cravan Contre Cravan -  avant d'aller prendre une douche. Le Luxe, en vérité.

 

Deux nouveaux chats, noirs et blanc et noir et blancs, récupérés chez le vétérinaire. C'était ça où l'euthanasie. Deux mois et demi. Pirate et d'Artagan. Avez-vous des animaux, et pourquoi ? Que pensez-vous des vilaines gens qui n'aiment pas les animaux ?...

Est-ce que le noir est une couleur ?

Pourquoi le noir n'est pas une couleur ?

Avez vous peur du noir ?

Une nuit d'insomnie, voilà deux nuits. Aussi j'essaie de compter les boutons à défuat des moutons. Moins bruyant. Déjà que je n'arrive pas à dormir. Et vous que comptez-vous - et sur qui - quand vous n'arrivez pas à dormir ?

Suis allé à Museum d'histoire naturelle voir la Girafe de Charles X, 1825. il faut que je vous raconte... Connaissez vous l'histoire de cette étrange girafe ?

Ceci n'est pas un allumeur de réverbères mais un employé au nettoyage. Pour que ça éclaire, il faut que ce soit propre. Est-ce qu'au moins il savait ça le petit prince ?

D'ailleurs, quue pensez-vous du petit prince et de la dernière version (pop up) chez gallimard ?

Nouveaux crayons dans la collection. Envoyé par un lecteur du cabinet. Merci jérôme.

Vous voulez mon adresse ?

Ai découvert le travail fascinant de CASAJORDI, graphiste et poète définitif.

Si vous n'allez pas faire un tour, passez votre chemin.

Rangé, en partie seulment, la discothèque avec l'intention d'acheter une nouvelle platine - même si je possède déjà une extrordianire Rega Planar III  et une Linn Sondek -  afin de transformer mes disqque vynils en format MP3. Qu'écoutez-vous en ce moment ?

Ai voulu acheté un vélo mais ce modèle était indisponible. J'ai montré la photo au vendeur, il me regarde encore. Préférez-vous le vélo ou les vendeurs de vélo ?

Relu, ai relu encore la fascinant BD de Jean-Louis le Hir. Londres, le brouillard, Bram soker, les monstres. A quand la suite ?

 

Toujours pour Pour Florence Noël

Le gardien lui recommande :

Le Chevreuil, de Patrice duret (aux magnifiques éditions Zoé)

Cinquante et un tableaux du journal d'un homme qui a décidé de faire une retraite dans l'errance et la solitude. Il quitte la ville et sa peau de citadin pour se lancer, sac au dos, dans une longue marche dont le but se dévoile au fil de l'écriture: «atteindre un état intérieur et non un lieu», «se perdre au bout des frontières intimes », «franchir des terres qui font traverser les limites permises ». Ce marcheur infatigable vit enfin au gré de ses humeurs, et des intempéries.
Au-delà des paysages, des animaux et des fleurs, les rencontres qui prennent corps, dans les églises et les châteaux visités, font de ce périple une expérience proche du pèlerinage.

Qu'avez-vous lu aux éditions Zoé ?

Ai commencé à trier quelques textes oubliés pour nouveau projet  de collection curieuse avec un bel éditeur parisien - encore secret. Quelles sont les livres - très - rares que vous nous suggéreriez de rééditer ?

Ai prévu un voyage à Paris - travail et achats de livres - de quelques jours à la mi-octobre.

Rencontrerai bien quelques amis blogueurs.

Laissez un message et on organise quelque chose...

Me suis promis de visiter le musée de la Specola. Et vous quel est le musée insolite que vous me conseillez de visiter ?

 

Me suis coupé les cheveux (pas trop courts), mais pas la barbe et la moustache.

M'en suis voulu de ne pas assister au vernissage de l'exposition :

« De jadis à demain, l'imaginaire du dessinateur Albert Robida (1848-1929) »

Du 15 septembre au 5 décembre 2009, à Saint-Pierre des Minimes, 62000 compiègne

A l'invitation de mon ami Laurent Le Mog, un véritable magicien à découvrir ICI

A vous de choisir...

Est-ce que vous l'avez eu comme professeur ?

Si oui, en quelle matière ?

Qui d'entre vous possède un château et où ?

Suis allé, comme souvent, faire un tour sur le blog de GUY DAROL, agitateur conseil , chercheur d'or(s),  compères des oubliés, des dédaigné et des sans grande.

Chez Darol,  il est écrit :  « rien ne te soit inconnu »

Ceux qui ne fréquenteront pas l'endroit seront déclarés INFRÉQUENTABLES

© l'illustration est un eouvre de Javier Perez

Suis retourné chez le marchand de vélo afin de savoir "si il faisait" ce modèle. Il s'est débarassé de moi en m'envoyant vers « le chef de rayons. » Dans l'attente de trouver pédale à mon pied, j'ai fait réparer mon scooter afin d'emmener ma fille se promener dans les vignes.

Avez-vous peur de l'oeuvre de Clovis Trouille ?

Dans le dernier numéro de BSC NEWS à découvrir ICI, vous pouvez lire Alice de pays de Caroll. révélations et invormations inédits sur l'écrivain mathématicien, par votre serviteur.

Avez-vous lu Alice au pays des merveilles et qu'en pensez-vous ?

Ai acheté une demi douzaine de sytlo à plumes Scheaffer, mais pas les cartouches qui vont avec. La vendeuse tien a bsolument à m'apprendre que  « plus personne n'écrit avec des sylos de marque Scheaffer ». Il va falloir mener l'enquête. La prochaiine fois, je lui demanderai des cartouches pour mon stylo Lamy.

Avec quoi écrivez-vous ?

Me demande encore ce que peut lire mademoiselle Suzette...

Si vous avez une idée, n'hésitez pas pas à nous en faire part.

Allez donc faire un tour chez FISHTURN -

dialogue sans personne, Machine semi-lucide semi-fiction semi-rien

et sacrément fréquentable.

Mois aussi, je suis obsédé par les girafes.

Et vous ?

Ici vous pouvez écrire ce que vous voulez,

un poème, une citation...

ce que vous voulez, vous-dis-je...

Est-ce que la grippe A peut s'attraper en empruntant les livres d'autrui ?

Connaissez-vous le travail de Ann Hamilton ?

 

Quel écrivain raffiné a consacré un livre entier à son caméléon ?

Avez-vous pris enfin le temps de découvrir travail fascinant de CASAJORDI, graphiste et poète définitif.

Si ce n'est toujours pas fait, passez cette fois définitivement votre chemin.

L'ami Christophe Borhen (ci-dessuis à droite, en train de règler les derniers cables)

du blog LETTRES LIBRES

Cahiers libératoires, carnets limbiques et chroniques littéraires,

Dissidences, errances, (ré)jouissances

et résistances d'un auteur (presque) anonyme, libertin postlibidineux...

est désormais sur Facebook

c'est le moment de faire ami-ami

Qu'est-ce que vous lisez en ce moment ?

A votre avis, fera-t-il beau, la semaine prochaine, durant les vendanges ?

Image de Philppe Assalit

A quoi rêve-t-elle ; ou de qui ?

 

Avez-vous pensé à vous abonner aux

CAHIERS DE L'INSTITUT

 INTERNATIONAL DE RECHERCHES ET D'EXPLORATIONS

SUR LES FOUS LITTÉRAIRES,

HÉTÉROCLITES, EXCENTRIQUES, IRRÉGULIERS,

OUTSIDERS, TAPÉS, ASSIMILÉS,

... SANS OUBLIER TOUS LES AUTRES...

(- LONGUE -  liste sur demande)

C'est ICI

Et n'oubliez pas

« Les Doux dingues aux Prémontrés »

26-27-28 novembre 2009

C'est encore ICI

AI fait quelques belles trouvailles pour Le Cabinet de curiosités, un blaireau empaillé en train de lire, un crotale dans une bouteille, un poisson à bec de perroquet, des étoiles de mer géantes...

...des coquillages insolites et mulicolores, un jeton de bordel, et quelques amulettes contre le mauvais oeil...

Vous avez desz questions ou d'autres propositions ? 

Le blog LOCUS SOLUS

en hommage à notre bien aimé Raymond Roussel

a de nouveau ouvert ses portes,

c'est le moment de S'Y PRÉCIPITER

Dernière partie en plein air avant l'hiver...

Jouer aux échecs - et, comme Paul Morphy, laisser le trait (*) à Dieu. S'adonner quotidiennement, ou presque, au "problèmisme".

(*) Les blancs.

problème de Nabokov

Mat en trois coups

1. Rf7 ! menace Re6, après quoi Fe3 mat sera imparable

Si 1...Txh4 (donnant les cases g5 puis h5 au roi noir) 2.Rxf6 !! (renouvelant la menace Fe3 mat) Th6+ (forcé) 3.Dxh6 mat Si 1..Rxf5 2.Cxe3+! Rf4 3.Df2 mat

A vendre - peut-être ?

Ca vous intéresse ?

Dans le dernier numéro de la revue HIPPOCAMPE

GROTTE, CAVERNE, SOUTERRAIN

Récit inédit de Marie-Laure Hurault, Empreintes | Dessins inédits d'Alberto Giacometti | Georges Bataille à Lascaux (photographies) | L'exploration picturale de Per Kirkeby | Sur François Augiéras, entretien avec Paul Placet | Hommage à Augiéras à la Biennale de Venise | L'Ermite et le vagabond, texte inédit sur Augiéras de Joël Vernet | Catacombes de Jana Sterbak | Louvre is my studio | Les Carnets du sous-sol de Dostoïevski : l'embarras d'une lecture invraissemblable, par Jindra Kratochvil | Voici comment vivent les troglodytes de Saint-Germain-des-Prés | Lascaux de Gérard Collin-Thiébaut | Les monstres de Bomarzo, par André Pieyre de Mandiargues | Grottes et cavernes : utérus de la terre mère | La réception du Merzbau par Gwendolen Webster | Notes pour la reconstruction du Merzbau par Peter Bissegger | Auguste Salzmann et la quête de l'origine, par Lise Brossard | Cripta de Parmiggiani, par Gwilherm Perthuis | Marcheur de Wajdi Mouawad, par Isabelle Patroix | Monde troglodytique, imaginaires, littératures et architectures | Rhizomes de Michael Jarrell, de Peter Szendy...

découvrir HIPPOCAMPE

Et que vous inspire les GROTTES, CAVERNES, SOUTERRAINS ?

A votre avis,

est-ce que la terre tourne

en dérision ?

Le suite est à découvrir sur le nouveau blog de Joseph Vebret, DISGRESSIONS

Que sont devenus les dragons...

... et les philosophes

- photographiés par Pierre Jahan -

qui ornaient la Place de la Nation ?

Et vous, qu'allez-vous faire cette semaine ?

C'EST LE - dernier - MOMENT...

AVEZ-VOUS QUELQUE CHOSE À DÉCLARER ?

DOCTOR PARNASSUS

The Imaginarium of Doctor Parnassus, par le grand Terry Gillian...

Bob

Recu ce gentil massage de l'ami Olivier Bailly, écrivain rare, scribe de paname, des zincs d'antan et de feu les cours des miracles....

Oui, Robert Giraud, à l'origine de tout - en tous les cas prodigues en bons tuyaux - auquel d'ailleurs le grand Clébert rend hommage par deux fois dans son bouquin. A noter que les éditions Attila et le signataire de ce commentaire seront présent à la librairie Page 189 (du faubourg Saint-Antoine) le 25/09 pour parler de Paris, de Clébert, de Giraud, de tout, de rien, de la pluie et du beau temps... autour d'un verre de vin (on se le boit ce canon, Eric Poindroin, dit le coquillard ?). A bientôt de vous lire !

Olivier Bailly, du blog LE COPAIN DE DOISNEAU

« Poète, chroniqueur de la rue, écrivain, Bob Giraud (1921-1997) était un spécialiste de l'argot, des bistrots et des clodos. C'est Bob qui a fait découvrir à Doisneau le Paris des bas-fonds. Et c'est ici qu'au jour le jour, lecteur, je remonterai le temps et te raconterai la fabuleuse aventure de l'ami Bob Giraud et du Paris de son époque, celui de René Fallet, Vidalie, Blondin, André Vers, Jean-Paul Clébert, Jacques Yonnet... »

Robert & Bob

Bonjour à tous. Merci à vous tous, chers lecteurs de Monsieur Bob. Plus de 1300 exemplaires vendus à ce jour. Ce n’est pas le best-seller de l’année, c’est certain, mais c’est plutôt pas mal. Et ce qui est encore mieux c’est que les ventes de la réédition du Vin des rues  (un classique de Robert Giraud, chez Stock,comme Monsieur Bob,  collection « écrivain »  dirigé par Philippe Claudel. Note du gardien) doivent doubler ce chiffre. De nouveaux lecteurs pour Bob Giraud. 2009 est une année faste car les excellentes éditions ATTILA viennent de rééditer le formidable Paris insolite de Jean-Paul Clébert.

Puisque je vous en parle je vous signale que l’équipe d’Attila et moi-même présenterons nos livres le 25 septembre prochain à la librairie Page 189, dans le Faubourg Saint-Antoine. Tout est dit ici :

RENCONTRE

Le vendredi 25 septembre à 18 h

Pour fêter la réédition du livre

de Jean-Paul Clébert

Paris insolite aux éditions Atttila

En présence des éditeurs ainsi qu'olivier Bailly

Auteur de Monsieur Bob aux éditions Stock

Mais avant cela, sachez que la librairie La Friche (36, rue Léon Frot. 75011 Paris. 01 78 11 80 40), organise une rencontre avec mézigue le 17 septembre. Le vin sera bon puisque c’est Monsieur Jacques Mélac lui-même qui régale. Venez nombreux ! Et c‘est pas fini !



 

Je ne pourrai pas être avec vous car je suis en vendanges en Champagne, au pied du phare et c'est ma récréation ! Mais venez de ma part, et trinquez avec les zigues, (n'est-ce pas Rofdolphe ?) ce sont des gars vraiments chouettes. Et vous boirez à ma santé. Et je ferai de même auprès du pressoir...

AU TRAVAIL... ?

Inspiration...

Respiration...

Saurez-vous deviner de qui il s'agit...

N.B. Degré de difficulté : pas si simple.

MANDRAKE CE HÉROS

QU'EST-CE QU'UN LIVRE ?

Par Cécile Barbin

1 - Qu'est ce qu'un livre ?

Pour moi un livre c'est beaucoup de choses, un libre espace avant tout, c'est a dire un espace de libres pensées. C'est également une source quasi-inépuisable de connaissance selon la profondeur de notre réflexion. Un livre est aussi un objet de détente et d'évasion. Pour finir je dirai qu'un livre c'est quelque chose d'intemporel.

2 – À quoi sert un livre ?

Un livre sert a apprendre, a comprendre et invite toujours a la réflexion. Un livre sert également a s'evader, oublier nos conditions de vie durant quelques minutes, quelques heures...

3 – Quel est le livre qui vous à la plus marqué (vous pouvez expliquer pourquoi) ?

Le livre qui m'a le plus marqué est assez récent, il s'agit de La mécanique du cœur de Mathias Malzieu. C'est le style de cet auteur, sa façon assez neutre d'écrire sans passer par quatre chemins qui m'a touché, la fin que j'avais imaginée différente, mais aussi le personnage féminin auquel je pouvais parfaitement m'identifier tant nous nous ressemblons.

4 – Quel est le livre que vous préférez (vous pouvez en citez plusieurs) ?

Bien sur ce même livre de Mathias Maleieu mais aussi De la pluie de Martin Page et Puisque rien ne dure de Laurence Tardieu.

5 – Quel est le livre qui vous à le plus dérangé (en bien, en mal, qu’importe) ?

Vraissemblablement La mécanique du cœur encore une fois, un livre qui a vraiment su me fasciner... Je ne pourrai pas dire qu'il est dérangeant en bien ou en mal, je ne crois pas que la notion de bien et de mal soit applicable ici.

6 – Quel est le livre que vous n’avez pas pu terminé (vous pouvez en citer plusieurs) ?

Les pensées de Pascal, Les origines du système totalitaire d'Arendt.

7 – Quel est le livre que vous n’avez jamais lu et qu vus vous êtes promis de lire (vous pouvez en citez plusieurs) ?

La facsination du pire de Zeller

8 – Quel est le livre que vous souhaiteriez faire découvrir (à un ami, au public) ou éditer si vous étiez éditeur ?

Le livre du voyage de Werber

9 – Quel est le livre que vous ne lirez jamais (vous pouvez en citer plusieurs) ?

Madame Bovary de Flaubert, La curée de Zola...

10 – Quel est le livre le plus « illisible » que vous ayez lu (vous pouvez en citer plusieurs) ?

Les pensées de Pascal

11 – Quel est le livre que vous avez le plus acheté pour offrir (vous pouvez en citer plusieurs) ?

le livre du voyage de Werber

13 – Quel est le livre dont la « bonne » réputation vous semble la plus injustifiée (vous pouvez en citer plusieurs) ?

Twilight de Stephenie Meyer

14 – Quel est le livre dont vous connaissez des phrases ou des passages par cœur (vous pouvez en citer plusieurs) ?

La mécanique du cœur (Mathias Malzieu

Les fleurs du mal Baudelaire

No et moi Delphine de Vigan

Crépuscule des idoles Nietzsche

15 – quel est le livre dont… Vous pouvez continuer la phrase.

Les fleurs du mal de  Baudelaire

En-fin :
Quels sont les cinq livres qui vous accompagnent (en essayant d’éviter les grands classiques, les géants ou les écrivains indépassables) ?

No et moi, de la pluie, la mécanique du cœur, respire (Anne-Sophie brasme), puisque rien ne dure

C'EST TOUJOURS PAS DU CINÉMA

 

Pour  « Les filles c'est vraiment des pauvres types » (Flammarion)

Ceci n'est pas du cinéma

Cette confiture n'est pas une confure, c'est une friandise rare. Fabriquée à Bar-Le-Duc depuis 1339, elle est également appelée le caviar français. L'épépinage à la plume d'oie préserve l'intégrité de la baie et la qualité de la confiture. Une épépineuse travaille de 3 à 5 kg de fruits par jour. Les fruits sont ensuite plongés dans une bassine de cuivre contenant un sirop de sucre brûlant. Le résultat est éblouissant, les parfums de groseille bien mûre explosent en bouche et donnent l'impression que les fruits viennent d'être cueillis.

Prix sur demande, mais attention aux curieux...

PAS DE CINEMA ENTRE NOUS

Pour CVDP

Ceci n'est pas de la confiture de groseilles épépinée de Bar-le-Duc...

LE JARDIN DES FINZI CONTINI

Mercredi 16 septembre, à 00:55, sur france 2, ne manquez pas le merveilleux film Le Jardin des Finzi-Contini, de Vittorio De Sica, avec la toute aussi merveilleuse Dominique Sanda, d'après le roman éponyme de Giorgio Bassani. Une véritable rareté, hélas à la télivision française...

Italie, 1938. Ayant entrepris depuis peu de se convertir à l'antisémitisme, le régime fasciste multiplie les mesures vexatoires contre les Juifs italiens. Mais la famille Finzi-Contini, pilier de l'aristocratie de Ferrare depuis des générations, ne croit pas à l'imminence de la menace. Les deux enfants adultes, Micól et Alberto, aiment bien donner des parties et jouer au tennis dans l'immense parc qui entoure le palazzo familial. Comme les clubs sportifs viennent d'être interdits aux Juifs, des jeunes gens de milieux plus modestes sont désormais invités à jouer dans le jardin des Finzi-Contini. C'est ainsi que Giorgio a l'occasion de rencontrer la lointaine Micól et tombe peu à peu amoureux d'elle, qui lui en préfère un autre, cependant qu'hors des murs, le pire se prépare...


DIOGÈNE, LES PHILOSOPHES ET LE SERVICE DES TYRANS

Quelques fais et gestes de Diogène (Diogène est le fils d’un notable de Sinope), faux monnayeur, esclave et philosophe, à lire, à méditer, et à faire savoir durant une - drôle - d'époque où certains se comporte,t un peu - trop - comme des laquais...

Sur le mouvement cynique, nos sources sont toutes assez problématiques, dans la mesure où, aucun texte du fondateur n’ayant été conservé, elles sont toutes relativement tardives. Il n’en reste pas moins qu’une image cohérente de ce que fut le cynisme peut être dégagée des textes qui nous donnent à connaître les faits et dits du « Chien ». De fait, « cynisme » est l’un de nos rares mots en -isme servant à désigner une école philosophique qui ne soit pas une création des Modernes. En effet, nous parlons de « platonisme », d’« aristotélisme », de « stoïcisme » ou d’« épicurisme » alors que les Anciens disaient : l’Académie, le Lycée, le Portique ou le Jardin, se référant par là au lieu d’enseignement de la doctrine. En revanche, le nom de « kynismos » se rencontre dès le iie siècle de notre ère, et ce néologisme est significatif de la nature du mouvement cynique, qui ne fut jamais attaché à un lieu institutionnel mais se résuma tout entier dans une pratique d’imitation de son fondateur, le Kuôn, le « Chien », surnom de Diogène. Être cynique, c’est donc avant tout « kynizein » – c’est-à-dire « faire le chien » ou, plutôt, « imiter le Chien ». Philosophie non systématique et non dogmatique, tout entière résumée dans le comportement de son fondateur, le cynisme est présenté par les doxographes de l’Antiquité comme un « raccourci » vers le bonheur ou vers la vertu : rejetant la « voie longue » et plus fréquentée que préconisaient les autres philosophies, voie qui passait par l’étude et l’acquisition de connaissances théoriques, le cynisme prétendait mener au bonheur par la seule pratique de l’ascèse (12). Aussi s’est-il vu reprocher simultanément sa facilité (parce qu’il rejetait apparemment l’« effort » intellectuel (13)) et sa difficulté (parce qu’il avait la prétention de commencer par ce qui passait pour le plus dur : la mise en pratique de la théorie (14)) ; et on lui a même souvent refusé, dès l’Antiquité, le statut de « philosophie » pour lui attribuer celui de « mode de vie ».


Quel était ce mode de vie ? Le cynisme peut se résumer dans l’accoutrement et l’apparence extérieure du cynique : pieds nus, cheveux et barbe non entretenus, besace sur l’épaule contenant tout ce dont il a besoin – voire davantage (15) – et bâton de marche à la main (faisant occasionnellement office de massue), la vie qu’il mène est une sorte d’ensauvagement (pour reprendre l’expression de Plutarque) de la vie civilisée. Le cynique mange, défèque, urine, se masturbe ou s’accouple en public, non par exhibitionnisme mais parce qu’il se veut la preuve vivante que la vie est facile, que les conventions sociales sont des peines inutiles et que ce qui est véritablement honteux n’est pas ce qu’on croit. La devise de Diogène, qu’on traduit « Falsifier la monnaie » par commodité, se traduirait plus exactement par « Mettre la monnaie hors circulation (16) » : pour Diogène, Prométhée est le plus grand malfaiteur de l’humanité.


Le terme de « falsification » demeure toutefois pertinent pour rendre compte de la manière avec laquelle le cynique assume sa totale liberté. Un des reproches couramment adressés aux cyniques, surtout à l’époque impériale, était de prétendre rechercher l’autarcie tout en pratiquant la mendicité, et plusieurs anecdotes mettent en scène ce reproche. Or, ce qui est frappant, c’est la façon qu’a Diogène de ne jamais chercher à justifier rationnellement cette contradiction, « falsifiant » d’une certaine manière le discours philosophique lui-même (17). Deux chries (18) nous paraissent particulièrement significatives à cet égard. La première rapporte un syllogisme que Diogène aurait forgé pour justifier sa mendicité : « Tout appartient aux dieux ; or, les dieux sont les amis des sages ; par ailleurs, tout est commun entre amis ; donc tout appartient au sage. » (DL, VI 72) Les lettres apocryphes de Diogène tirent la conclusion pratique de ce syllogisme : Diogène ne mendie pas (aitein), il « réclame son dû » (apaitein). La deuxième frappe encore davantage par son mélange de désinvolture et de profondeur : « Comme on reprochait à Diogène de demander l’aumône en lui disant que Platon, lui, ne la demandait pas, il répondit : “Mais si, lui aussi il demande l’aumône, mais “il demande à l’oreille, pour que vous autres n’en sachiez rien (19)”. » (DL, VI 67)

La posture cynique vis-à-vis du pouvoir est elle aussi déterminée par cette revendication de liberté absolue, d’action et de parole : la fameuse parrhèsia cynique (20) – assimilée par ses détracteurs à des aboiements agressifs ou à une grossièreté choquante mais qu’Antisthène, précurseur du cynisme, considérait comme « la plus belle chose au monde ». Cette liberté de tout dire semblerait déplacée à la cour d’un tyran, où c’est précisément la première chose que perd le philosophe. Ainsi Platon, avant même de se voir privé de sa liberté de mouvement, le fut de sa liberté de parole : Dion et lui ne pouvaient dispenser leurs conseils à Denys qu’« à mots couverts » – parler ouvertement aurait été dangereux (Lettre VII, 332 d). On peut donc comprendre aisément qu’un cynique ne saurait s’associer à un pouvoir qui le priverait de cette liberté.

Si l’on s’en tenait à cette seule raison, et si le cynique refusait de se joindre au tyran pour le seul motif qu’il craindrait d’y perdre sa parrhèsia, il s’exposerait aux reproches d’un Plutarque, qui accuse les philosophes « tyrannophobes » de lâcheté et de vanité. Par ailleurs, la tradition est unanime à montrer les cyniques continuer à user de leur parrhèsia même, et peut-être surtout, en présence des puissants – comme s’il y avait là, finalement, un terrain particulièrement favorable à l’exercice cette vertu (21).

Pour un cynique, invoquer la nécessité de conserver sa parrhèsia comme motif pour refuser l’invitation du tyran à se joindre à sa cour (ainsi que le fait Socrate dans la première des lettres apocryphes qui lui sont attribuées et qu’on suppose être adressée à Archélaos de Macédoine) ne serait donc pas très cohérent. Et de fait, ce n’est pas cette justification qui est mise en avant dans les textes que la tradition nous a conservés et qui mettent en scène des refus cyniques à des invitations tyranniques.

Le corpus des lettres apocryphes de Diogène comporte une dizaine de lettres adressées à des figures de pouvoir (roi, tyran, diadoques d’Alexandre), dont plus de la moitié sont des lettres de refus (22). L’une d’entre elles nous paraît être particulièrement significative de la position cynique sur la question du « service des tyrans » et fournir un contrepoint intéressant à la position platonicienne. Elle est adressée à un certain Lacydès, qui sert d’intermédiaire entre Diogène et Alexandre. Sa brièveté nous permet de la citer in extenso :

Diogène à Lacydès, salut
Tu m’annonces la bonne nouvelle que le roi des Macédoniens désire faire ma rencontre, et tu as bien fait de préciser : le roi des Macédoniens. Car tu sais que, pour ce qui nous concerne, nous sommes « inroyables ». Quant à voir ma figure comme celle d’un invité, que personne n’y songe : si Alexandre veut prendre part à mon mode de vie et à mes paroles, dis-lui qu’il n’y a pas plus loin d’Athènes en Macédoine que de Macédoine à Athènes.


Le cynique est « inroyable », il n’a que faire des rois, car sa vie ne leur est pas soumise : il est à lui-même son seul véritable roi. Partant, son refus tient bien davantage de l’indifférence que de la volonté de préserver sa liberté. Diogène ne s’excuse pas de ne pas répondre positivement à l’invitation d’Alexandre : il s’en offusque et la lui retourne. En refusant d’être considéré comme une figure « exotique », comme un simple « invité » ou une « curiosité », Diogène affirme qu’il n’est pas un philosophe « décoratif », qu’on peut inviter à sa cour pour bénéficier de son prestige, ni un bibelot que l’on exhiberait dans sa salle à manger (23). La philosophie diogénienne demande un engagement total et une véritable conversion (24). Si Alexandre a réellement l’intention de prendre part à la vie cynique, qu’il fasse le déplacement et abandonne sa position de roi (25) ; dans le cas contraire, qu’il ne compte pas sur Diogène pour lui apporter une quelconque caution philosophique.

La grande originalité, et la grande force de cette réponse de Diogène réside précisément dans ce retournement de situation, qui est aussi un retournement hiérarchique : ici, le cynique apparaît véritablement comme celui qui « falsifie la monnaie ». Quand Socrate déclinait l’invitation du tyran de Macédoine Archélaos, il le faisait au nom de la mission qui le retenait à Athènes, parce qu’il devait obéir à son démon, et parce que, disait-il, il était incompétent pour le gouvernement et qu’à s’atteler à une tâche qui nous dépasse on courait le risque de perdre sa parrhèsia ; Diogène, lui, ne se justifie pas : il se contente de retourner l’invitation. Quand Platon avait pour ambition de faire du prince un philosophe en se faisant son conseiller, Diogène consent seulement à l’admettre comme auditeur. Telle est la portée subversive du « désengagement » cynique.

Notes

12 - L’ascèse cynique se distinguait, d’une part, de l’intellectualisme socratique et, d’autre part, à la fois des « exercices spirituels » du stoïcisme et de la « double ascèse » (spirituelle et physique) prônée par les stoïciens de l’époque impériale : sa singularité est d’être fondée sur un entraînement essentiellement corporel (le terme « askèsis » désigne d’abord l’entraînement des athlètes) à finalité spirituelle. Il consiste pour le cynique à s’exercer aux « ponoi » (terme qui désigne à la fois la douleur et l’effort qu’on fait pour la surmonter) : en le rendant autarcique et insensible aux circonstances extérieures, il le délivre en même temps des passions et confère au cynique la liberté nécessaire pour atteindre le bonheur, qui consiste en la transformation subjective des peines (ponoi) en plaisirs (hèdonai), plaisirs supérieurs à ceux que l’opinion commune tient pour tels (Marie-Odile Goulet-Cazé, L’Ascèse cynique. Un commentaire de DL VI, 70-71, coll. « Histoire des doctrines de l’Antiquité classique », 10, 1986.) Il ne faut toutefois pas réduire l’ascèse cynique
à une ascèse corporelle. On peut aussi parler d’une ascèse « sociale », consistant à endurer la mauvaise réputation, l’exil, les insultes, le mépris, à vivre dans la pauvreté et l’obscurité, à pratiquer la mendicité ; et non seulement à endurer ces « maux » mais à les devancer et à les rechercher joyeusement. Le cynique ne lutte pas uniquement contre les « faux plaisirs », mais aussi contre les « fausses peines », celles qu’impose la société.
13 - Pour ne pas se laisser troubler par des sophismes et garder « la maîtrise de ses représentations », le stoïcien Épictète soulignait la nécessité pour le sage d’être un habile dialecticien. Mais, confronté par exemple au « syllogisme du cornu » (« Ce que tu n’as pas perdu, tu l’as ; or tu n’as pas perdu de cornes ; donc tu as des cornes »), Diogène ne perdait pas son temps à démonter logiquement le sophisme : il se touchait le front et disait : « Moi, je ne les sens pas » (DL, VI 38). De même, quand un philosophe prétendait que le mouvement n’existe pas, il se contentait de se lever et de se mettre à marcher (DL, VI 39).
14 - « Les philosophes nous exercent d’abord à la théorie, ce qui est plus facile, puis ils nous acheminent ainsi à des exercices plus difficiles. Dans la théorie, en effet, rien ne nous détourne de tirer les conséquences des enseignements donnés, tandis que, dans la vie, bien des influences agissent sur nous en sens contraire. Il est donc ridicule celui qui prétend vouloir d’abord s’exercer à bien vivre, car il n’est point aisé de commencer par ce qui est plus difficile. » (Épictète, Entretiens, I, 26, 3-4)
15 - À la vue d’un enfant qui buvait dans le creux de ses mains, Diogène aurait jeté le gobelet que contenait sa besace, parce qu’il lui avait paru dès lors inutile (DL, VI 37).

Diogène jetant son écuelle, oeuvre de Salvatore Rosa

16 - « Nomisma », la « monnaie en cours », partage sa racine avec « nomos », la « loi », la « convention » ; quant au verbe « paracharattein », qu’on traduit par « falsifier », il renverrait plutôt à un geste technique : donner un coup de burin aux pièces qu’on désire mettre hors circulation. Selon la tradition, c’est parce que Diogène se serait livré de sa propre initiative à cet acte dans sa patrie de Sinope – avec ou sans son père, qui était « trapezitès », c’est-à-dire à la fois prêteur, changeur et banquier, et qui gérait la banque publique de Sinope (et, à ce titre, s’occupait de l’émission de la monnaie) – qu’il aurait été exilé et serait parti à Athènes, où il aurait commencé sa carrière de cynique. Notons que d’autres cyniques ont commencé leur carrière en s’en prenant, littéralement, à la monnaie : Cratès, premier et plus célèbre disciple de Diogène, convertit ses biens en argent et les jeta à la mer – il était d’une riche famille de Thèbes (DL, VI 87) ; Monime de Syracuse, disciple moins connu, simula la folie et se mit à jeter de tous côtés l’argent du banquier de Corinthe dont il était le serviteur (DL, VI 82). Ces épisodes peuvent évidemment s’interpréter comme ayant une portée symbolique (rejeter la monnaie en cours, c’est rejeter les conventions, les opinions communes), mais il nous semble qu’il faut aussi les prendre plus littéralement, comme un rejet de la civilisation : dans La République qu’il aurait écrite, Diogène proposait de remplacer l’argent par des osselets.
17 - « À qui lui disait “Tu ne sais rien, et tu philosophes !”, Diogène rétorqua “Même si je simule la sagesse, cela aussi, c’est philosopher.” » (DL, VI 64)
18 - Courte anecdote, rudimentaire dans son élaboration littéraire, choisie pour son « utilité » (chreia en grec), qui rapporte un acte ou une parole d’un philosophe en situation.
19  - Citation d’Homère, Odyssée I 157 et IV 70.
20 - La parrhèsia était d’abord un droit fondamental du citoyen de l’Athènes démocratique, qu’Isocrate définit en ces termes : « La permission explicitement accordée aux amis de s’adresser des reproches et aux ennemis de s’attaquer les uns les autres pour les fautes commises. » (À Nicoclès, 3) Défini par Aristote, il devient une qualité aristocratique associée à la figure du « magnanime [megalopsychos] », l’homme dont la caractéristique est « la grandeur d’âme » : « Son devoir impérieux est de se montrer à découvert dans ses haines comme dans ses amitiés, la dissimulation étant la marque d’une âme craintive. Il se soucie davantage de la vérité que de l’opinion publique, il parle et agit au grand jour, car le peu de cas qu’il fait des autres lui permet de s’exprimer avec franchise. C’est pourquoi aussi il aime à dire la vérité, sauf dans les occasions où il emploie l’ironie, quand il s’adresse à la masse. » (Aristote, Éthique à Nicomaque, IV, 8, 1124b)
Sur la liberté comme valeur centrale du cynisme, lire Robert Bracht-Branham, « Diogenes’ Rhetoric and the invention of Cynicism », in Marie-Odile Goulet-Cazé & Richard Goulet (dir.), Le Cynisme ancien et ses prolongements, Paris, PUF, 1993, p. 445-474.
21 - C’est une chrie fameuse que celle de la rencontre de Diogène et d’Alexandre le Grand : alors que le cynique est en train de faire une sieste au soleil, le roi survient, le réveille et lui demande : « Que peut faire pour toi Alexandre ? — Te pousser de mon soleil. »
22 - Pour une présentation de ce corpus, lire Frédéric Junqua, « Les correspondances apocryphes de Diogène de Sinope et Cratès de Thèbes », in Léon Nadjo et Élisabeth Gavoille (dir.), Epistulae antiquae III. Actes du IIIe Colloque international « L’épistolaire antique et ses prolongements européens », Louvain-Paris-Dudley MA, Peeters, 2004, p. 271-285.
23 -  Dans Le Banquet de Xénophon (I, 4), Callias voit dans sa rencontre avec Socrate, Critobule, Hermogène, Antisthène et Charmide l’occasion d’« orner [sa] salle à manger de la présence d’hommes à l’âme purifiée ».
24 - La même idée se retrouve dans la Lettre V de Diogène adressée à Perdiccas, un des diadoques d’Alexandre : « Si désormais tu es en guerre contre les opinions – je veux dire contre des ennemis plus coriaces et qui t’infligent plus de dommages que les Thraces et les Péoniens –, et que tu tentes de soumettre les passions humaines, envoie-moi chercher : dans une guerre contre de tels ennemis, je suis capable d’être un bon général. Mais si les affaires humaines te préoccupent encore et que tu ne te sens pas prêt à entreprendre cette guerre, permets que nous demeurions tranquille à Athènes et mande les soldats d’Alexandre, ceux dont il se servit lui aussi comme auxiliaires pour soumettre les Illyriens et les Scythes. »
25 - Dans la Lettre XXIV que Diogène adresse à Alexandre, on lit : « Si tu désires devenir bel et bon, jette donc ce bout de chiffon que tu as sur la tête, et viens te joindre à nous. » Le « bout de chiffon » est une allusion probable à la tiare dont Alexandre avait pris l’habitude de se coiffer, à la mode perse.

© extrait de « Les oreilles dans les pieds », de Thierry Junqua, revue Agone, 37.

ETRANGE OUTIL ?

Notre amie Nelly Marsaudon ignore l'utilité de cette objet...

... Aussi, si vous pouviez éclairer sa lanterne, n'hésitez pas à nous fournir quelques eplications...

SARANE ALEXANDRIAN

SARANE ALEXANDRIAN

1927 - 2009

Surréaliste, écrivain, témoin.

Créateur, entre autres de la somptueuse revue Supérieur Inconnu et auteur du magnifique Soixante sujets de romans au goût du jour et de la nuit (Fayard, 2000)


« L'esprit littéraire de la fin du XXe siècle et du début du XXIe est devenu si réactionnaire, conventionnel, mercantile, décadent, que tout livre qui s'en moquera indirectement, d'une façon ou d'une autre, sera un écrit libérateur. »
C'est à partir de ce constat que Sarane Alexandrian a relevé cette gageure : réunir et développer en un seul volume soixante sujets de fictions, si différents entre eux qu'on y trouvera, comme en se jouant, un large aperçu des secrets de la création romanesque. Du roman naturaliste, expressionniste, futuriste, surréaliste, uchronique, romantique, unanimiste, existentialiste, au roman policier, historique, fantastique, érotique, burlesque, politique ou délirant, voici autant de sujets originaux, prétextes à virtuosité, mais aussi petites leçons de choses littéraires destinées à contrer l'asthénie imaginative des uns aussi bien qu'à provoquer l'esprit de sérieux ou la myopie critique des autres.
 

WILLY RONIS

Willy Ronis, 1910-2009

Le Départ d'un morutier, Willy Ronis

LES DISGRESSIONS DE JOSEPH VEBRET

Joseph Vebret, écrivain et rédacteur en chef du MAGAZINE DES LIVRES relance un blog fait de ses digressions et autres circonlocutions littéraires :

DIGRESSIONS Les carnets de Joseph Vebret

« Digressions et pérégrinations éditoriales, notes prises au jour le jour, fragments désordonnés, simples repères chronologiques autour d’un quotidien consacré aux livres et à l’écriture, carnets "virtuels", sorte de mémoire en mouvement au fil de mes lectures et autres rencontres plus ou moins fortuites... »

A découvrir pour débuter, les lectures de Hubert Haddad, la rentrée littéraire, Jérôme Garcin et Julien Gracq ou Michel Chaillou « styliste et langagier ».

Un beau programme, donc. nous atttendons la suite avec impatience.

N.B. Et bientôt pour les amateurs, un long entretien avec Joseph Vebret sur Le Cabinet de curiosités.

FANTÔME VOUS AVEZ DIT FANTÔME ?

Hamlet (1964) vu par Grigori Mikhaïlovitch Kozintsev. l'apparition du fantôme et musique de Shostakovtic. Disponible chez le très bel éditeur Bach film. En effet, les ténèbre peuvent encore avoir de l'allure !

Idée de présentation de l'extrait soufflé par mon ami David Collin dont je vous invite à visiter le site en cliquant ICI.

 

Le gardien en profite pour vous recommander la lecture de :

Le vilain petit canard, de Martha Grimes (Omnibus, les quatre premières enquêtes de l'inspectur Jury)

Stratford upon Avon, ville natale de Shakespeare et villégiature préférée du discret commissaire Jury de Scotland Yard, limier aussi tenace que chevaleresque, voit défiler à la belle saison des hordes touristiques accablantes. On aurait presque pu se réjouir, cette année-là, de découvrir des cadavres d'Américains faisant partie d'un voyage organisé. Mais des corps sauvagement mutilés, bien dans la tradition insulaire inaugurée par Jack l'Eventreur, font tout de même un peu désordre dans le décor pastoral des rives de l'Avon. Avec son ami Melrose Plant, douzième comte de Caverness,, châtelain dilettante que la nature a pourvu d'un cerveau fort efficace, aussi titré qu'instruit des splendeurs du théâtre élisabéthain, le commissaire Jury va démonter le mécanisme d'une monstrueuse vengeance. Ambiance gothique, brouillard anglais, campagne presque délicieuse, crimes effrayant et avalanche de bons mots. Bienvenue au pays de sa majesté.

TEMPÊTE DANS UN ENCRIER

Et c’est reparti ! Après la clôture du blog Les 7 mains, lancé par Marc Villemain l’année dernière, l’aventure redémarre, sous la houlette de Bertrand Redonnet.
 
En effet, un nouveau blog collectif, intitulé TEMPÊTE DANS UN ENCRIER, ouvre ses portes . Vous pourrez y retrouver, quelques anciens des 7 mains (Bertrand, Emmanuelle Urien et moi-même) et trois petits nouveaux (dont deux au moins ne sont pas des inconnus pour les lecteurs du Grognard) : Aglaé Vadet, Thomas Vinau et Manu Causse.
 
Le principe reste à peu près identique à celui des 7 mains : un auteur par jour. La seule différence, c’est que le dimanche est réservé aux invités.Si vous êtes partant, à votre bon cœur, l’écritoire vous est offert, à charge pour vous de venir tremper votre plume dans cet encrier.


Celui-ci se veut d’ailleurs un oxymore en ce qu’il se propose d’être un collectif fortement individuel, chacun étant libre et responsable de sa propre ligne éditoriale.
 
Rendez-vous donc, avec impatience, le lundi 14 septembre, sur le blog de la TEMPÊTE DANS UN ENCRIER avec Emmanuelle Urien, jeune et talentueuse écrivain, qui a le redoutable privilège d'ouvrir le bal !

LE DESSOUS DES LIVRES

Ce qu'on ne dit jamais sur l'édition

C'est un petit livre dérangeant dont on parlera peu. Car il perturbe le bel ordonnancement de la rentrée romanesque. Il a le mauvais goût de se pencher sur les chiffres au lieu de s'intéresser aux lettres. Il détruit la légende qui s'attache encore au métier d'éditeur, dont les plus naïfs veulent croire que, depuis le XIXe siècle, il n'a pas changé, de même que survivent, loin du monde en marche, les facteurs d'orgues et, à Bar-le-Duc, les épépineuses de groseilles (1).

Cette idée reçue d'un artisanat familial, humaniste, seulement dévolu, sous le clocher de Saint-Germain-des-Prés, à la protection des écrivains et à la publication de leurs chefs-d'oeuvre, a la peau dure. Martine Prosper lui règle son compte dans Edition, l'envers du décor  (éditions Lignes, 14 euros). Editrice chez Flammarion et syndicaliste CFDT, elle connaît son sujet. Elle n'exagère rien. Même quand elle rappelle les 38 millions empochés par les dirigeants d'Editis lors de la vente à l'espagnol Planeta, elle ne s'énerve pas. Elle dit, sur un ton calme, ce qu'on ne dit jamais.

Quoi donc ? Que les vrais décideurs ne sont plus les directeurs littéraires mais les contrôleurs de gestion et les financiers. Que si l'édition, dont le chiffre d'affaires a augmenté de 32,7% en quinze ans, est un secteur d'activité bien portant et, pour certains groupes, florissant, le seul fait d'y travailler est encore assimilé à un privilège. Résultat : les salariés y sont mal payés et la masse des surdiplômés précaires, des prétendus stagiaires, ne cesse de croître. Que «la radinerie fait partie des gènes de la profession». Que la vie des ouvrages est de plus en plus brève, le taux de retours de plus en plus élevé, et «les livres à risque» de plus en plus rares. La littérature, qui a besoin de temps, est ainsi entrée dans l'ère du «court-termisme». Il serait bien de lire le salutaire essai de Martine Prosper avant qu'il ne soit renvoyé à son courageux éditeur.

© Jérôme Garcin pour Bibliobs

Book Cell, de Matej Kren

(1) Le gardien en profite pour vous inviter à découvrir la confiture "A la Lorraine" de groseilles épépinées - à la plume d'oie ! -  de Bar-le-Duc, le caviar de la confiture. Et puisque ous êtes à Bar-le-Duc, profitez-en aussi pour découvrir l'ecxtraordinaire sculpture en hommage aux des frères Michaux - inventeur de la pédale de bicyclette - , la maison de Georges Bernanos - où il écrivit Sous le soleil de satan -, et le Le Transi de René de Chalon, sculpture sublime du sculpteur Ligier Richier, représantant un écorché au pras tendu. un chef d'oeuvre de l'art français que l'on peut admirer dans l'église Saint-Etienne. C'est presque tout pour bar-le-duc. les gourmonts et les gourmets pourront faire provision de divins chocolats Au palais d'or (ne pas pas oublier la spécialité, les bâtons de maréchal), l'un des très grands chocolatiers français. cette fois, c'est tout pour Bar-le-duc.

A

PIERRE et ERNEST

MICHAUX

INVENTEURS

ER PROPAGATEURS DU

VÉLOCIPEDE A PEDALE

ET DU CYCLOMOTEUR

LE DICO INCORRECT ET LITTÉRAIRE DE ELI FLORY

Livres
Quand ils ne servent pas à caler les meubles, ils sont coûteux à l’achat, ne valent rien à la revente, sont hors de prix une fois qu’il faut les racheter épuisés, sont lourds à porter, impossibles à déménager, prennent la poussière, craignent l’humidité et Des souris. Ajouté à cela le fait qu’ils sont de mauvais combustibles, n’en déplaise aux fanatiques de l’autodafé, et qu’ils phagocytent l’espace tout autant qu’ils sont chronophages, je peux comprendre aisément que certains n’en aient pas.
Et pourtant ! Ils sont le sang de l’humanité, que les barbares de toutes espèces n’ont jamais hésité à faire couler, en saccageant les bibliothèques. À ceux qui se plaindraient d’une hémorragie de livres sur les étals des librairies, j’offre de bon cœur un aller sans retour en Iran.

C'est Eli Flory, notre amie agréablement lettrée qui officie dans Le Magazine de livres, qui donne sa propre définition de cet objet vicieux et impuni dans un livre à paraïtre : Ce sont des livres…  et alors ?,  aux éditions Timée.

C’est un univers aussi secret que fascinant : le secteur de l’édition cache derrière les livres qu’il publie un monde d’intrigues, de fausses idoles et de vraies arnaques.
Car le livre est une industrie autant qu’un art. Avec ses codes, ses chiffres, ses bons élèves, ses classiques et son snobisme. Au détour d’anecdotes drôles et piquantes, vous croiserez les grands écrivains d’hier, tels Marcel Proust et Marguerite Yourcenar, et les jeunes auteurs d’aujourd’hui, à l’image de Marc Levy ou de Guillaume Musso. Dictionnaire délicieusement caustique, manuel à l’usage du futur écrivain, découvrez dans ces pages étonnantes la grande et la petite histoire des lettres françaises.

Et le gardien d'ajouter :

Le bourreau Sanson a raconté que le duc de Charost lisait un livre dans la charette qui le conduisait à l'échafaud. Avant de monter les marches menant à la damnée guillotine, il corna la page qu'il était en train de lire .

CONFESSIONS D'UN LECTEUR DE MANUSCRITS

Je connais bien cette position humiliante du solliciteur. Je connais bien ce sentiment inconfortable : on est convaincu de détenir quelque chose d'unique, un livre qui ne ressemble à aucun autre, mais on est un banal quémandeur. On se sait écrivain, la littérature est ce qu'il y a de plus important, on est prêt à lui sacrifier beaucoup, on l'a déjà fait, mais on ne peut pas se désigner soi-même comme écrivain, le nom de ce que l'on est vraiment demeure interdit, l'arborer rendrait ridicule : quel est cet « écrivain » qui n'a rien publié ? Encore un de ces innombrables griffonneurs de manuscrit. Pourtant, il y a, aujourd'hui, quantité de véritables écrivains qui n'ont rien réussi à publier, et des centaines d'auteurs de livres publiés qui ne sont pas des écrivains, qui ne sont même pas capables de rédiger correctement, mais que l'on édite pour des raisons qui n'ont rien à voir avec la littérature.

Extrait de l'article Confessions d’un lecteur de manuscrits, de Pierre Jourde, in Bibliobs à lire ICI

LE PARIS INSOLITE DE JEAN-PAUL CLÉBERT

« Paris est un caravansérail extraordinaire comme probablement toute grande agglomération humaine, pour qui sait y vivre et voir de certaine manière. »

Jean-Paul Clébert

Photographie de Patrice Molinard

Une plongée dans un Paris interlope, populaire et englouti, par un clochard, compagnon de Doisneau et d’autres piliers du Paris poétique.
Un texte exceptionnel digne d’un Nicolas Bouvier.

Dans les années 50, Jean-Paul Clébert fit de ses errances dans Paris des voyages épiques et sensibles. « La traversée de Paris est plus lente que celle d’un département », prévient-il à son entrée dans la ville. D’ailleurs, il lui faut quatre mois pour aller d’un bout à l’autre du quatrième arrondissement...

Clébert ne suit pas d’itinéraire, comme le ferait un guide, mais nous promène au hasard de ses besoins (dormir... manger... faire l’amour), de ses envies, de ses rencontres et de ses mille petits boulots : métreur, assureur, peintre, vendeur de /L’Intran/... Il apprend à connaître Paris par « les mains, les narines et les fesses ». C’est la ville envisagée d’un point de vue très pratique : celui d’un clochard qui vit avec moins que rien. Et qui traduit ça dans une écriture à couper le souffle : longues phrases rythmées ; portraits croqués à traits vifs ; charge poétique brutale.

Ce roman-chronique est paru une première fois en 1952. Et cet éloge de la Cloche à Paris, l’auteur ne l’a pas offert au musée de l’Homme, comme il en avait caressé le désir, mais à Denoël, à l’époque éditeur de Calaferte, de Giraud, de Cendrars, de Malaparte... Un an après la sortie du livre, l’auteur est retourné sur ces lieux en compagnie d’un photographe, Patrice Molinard, qui en a ramené 115 documents bruts et beaux. Ce sont ces photos - d’un Doisneau sans pathos - qui illustrent la présente édition.
 

Vous l'aurez compris, lecteurs curieux et ami du Paris d'antan, ils vous faut - en plus de Léon-Paul Fargue ou du Paris des des deux rives de l'auteur des Poèmes à Lou - posséder ledit grand livre qui enchanta Henry Miller, René Fallet ou Klébert Haedens, excusez du peu...

PARIS INSOLITE de Jean-Paul clébert, photographies de Patrice Molinard (éditions Attila)

... ainsi que Rue des maléfices de Jacques Yonnet  (Phébus) et les déambulations diverses noctures, éthyliques et sacrément littéraires de  - l'ami - Robert Giraud...

 

P.S. Et l'ami Guy DAROL me suggère Alexandre Arnoux...

LE GRAND MEAULNE TOUS PUBLICS

Depuis quelques semaines, Le Grand Meaulnes est dans le domaine public. Parce que son auteur est mort pour la France, le roman a bénéficié de droits réservés pendant 94 ans et 272 jours. Sachant qu'Alain-Fournier est mort le 22 septembre 1914, depuis quand est-il libre ?

Incapable de résoudre ce problème mathématique, et l'abandonnant à nos enfants, nous avons préféré retrouver l'exemplaire de notre enfance. Corné, froissé, il porte le numéro 1000 de la collection « Le livre de poche ». Une couverture beige représente la campagne française en hiver et, au deuxième plan, le château, lieu de tous les songes d'Augustin Meaulnes. Les éditions Émile-Paul Frères n'ayant plus pignon sur rue depuis bien longtemps, c'est dans cette collection que des millions de collégiens ont lu le chef-d'œuvre.

Sa lecture est indissociable dans nos souvenirs d'un petit salon aux boiseries sombres et chaleureuses dont les fenêtres donnaient sur une campagne champenoise pas très différente de celle, solognote, de Meaulnes. C'est ça, la force d'un chef-d'œuvre : permettre au lecteur de se glisser dans ses interstices, pour devenir Meaulnes, Seurel, Franz ou Yvonne. « Il arriva chez nous un dimanche de novembre 189… » Quelques mots, et la magie opère…

Bientôt, Le Grand Meaulnes va s'abriter sous d'autres couvertures, devenant la providence des éditeurs désargentés. Gageons qu'il ne perdra rien de son charme ni le château de son mystère.

© Étienne de Montety pour Le Figaro.

« Il arriva chez nous un dimanche de novembre 189...
Je continue à dire « chez nous », bien que la maison ne nous appartienne plus. Nous avons quitté le pays depuis bientôt quinze ans et nous n’y reviendrons certainement jamais.
Nous habitions les bâtiments du Cours Supérieur de Sainte-Agathe. Mon père, que j’appelais M. Seurel, comme les autres élèves, y dirigeait à la fois le Cours supérieur, où l’on préparait le brevet d’instituteur, et le Cours moyen. Ma mère faisait la petite classe.
Une longue maison rouge, avec cinq portes vitrées, sous des vignes vierges, à l’extrémité du bourg ; une cour immense avec préaux et buanderie, qui ouvrait en avant sur le village par un grand portail ; sur le côté nord, la route où donnait une petite grille et qui menait vers La Gare, à trois kilomètres ; au sud et par derrière, des champs, des jardins et des prés qui rejoignaient les faubourgs... tel est le plan sommaire de cette demeure où s’écoulèrent les jours les plus tourmentés et les plus chers de ma vie — demeure d’où partirent et où revinrent se briser, comme des vagues sur un rocher désert, nos aventures. »

SCIÉ !

Et pour adoucir les moeurs, toutes les moeurs...

CECI N'EST PAS UNE PRÉFACE

Quoique imprimé, l’obélisque de la concorde n’est pas un livre.

D’après Pascal Quignard

C’est la rentrée littéraire. 659 romans. Même pas un compte rond pour une opération marketing qui nez tourne pas rond. Pauvres libraires et pauvres tables. Aussi, à l’exception de Mémoires de Marc-Antoine Muret – humaniste renaissance et hédoniste baroque – de l’admirable Gérard Oberlé (chez Grasset), je n’irai guère chez les librairies durant l’époque bénie des vendanges..

La suite est à lire ICI dans LA REVUE DES RESSOURCES

A découvrir aussi :

Le Collectionneur(s), une nouvelle fantastque en hommage à HP Lovecfaft, de votre serviteur :

Dossier impossible : réf 150 du Livre de raison. Ne croyez pas tout ce que l’on raconte. Croyez encore moins à tout ce que l’on vous raconte...

Ainsi que :

Lewis au pays de Carroll, toujours de votre serviteur :

Derrière la vérité, il existe une autre vérité ; laquelle est la vérité ?

Et un choix d'article sélectionnés dans le fonds de revue.

Pour découvrir LA REVUE DES RESSOURCES cliquez ICI

... NI MAÎTRE !

Découvrez, ami lecteur, le Prologue de Madame Putiphar, de Pétrus Borel (1809-1859), et ne soyez jamais dupe...

« Je ne suis ni cynique, ni bégueule : je dis ce qui est vrai ; pour m'arracher une plainte, il faut que mon mal soit bien cuisant ; jamais je ne me suis mélancolié à l'usage des dames attaquées de consomption. Si j'ai pris plaisir à étaler ma pauvreté, c'est parce que nos Bardes contemporains me puent avec leurs prétendus poèmes et luxes pachaliques, leur galbe aristocratique, leurs momeries ecclésias tiques et leurs sonnets à manchettes ; à les entendre, on croirait les voir un cilice ou des armoiries au flanc, un rosaire ou un émerillon au poing. On croirait voir les hautes dames de leurs pensées, leurs vicomtesses !... Leurs vicomtesses!... dites donc plutôt leurs buandières !

Si je suis resté obscur et ignoré, si jamais personne n'a tympanisé pour moi, si je n'ai jamais été appelé aiglon ou cygne, en revanche, je n'ai jamais été le paillasse d'aucun ; je n'ai jamais tambouriné pour amasser la foule autour d'un maître, nul ne peut me dire son apprenti. »

Pétrus Borel, dit « le lycanthrope »

AUX BOIS RÊVANT

Pour Florence Noël

Parce que je n'ai pas retrouvé un certain gibier, et ce malgré mes forêts enchantés, en voici un autre...

Le cerf est une oeuvre de Frédérique Morrel

Pour découvrir PANTA REY - LES DITS DE LA CLEPSYDRE, le blog de Florence Noël, CLIQEZ ICI 

PENSE-BÊTE

Quelques-unes des choses qu’il faudrait tout de même que je fasse...

Si vous deviez établir la liste des choses que vous voudriez faire dans votre vie, que retiendriez-vous ? En 1981, Georges Perec s’est prêté à ce jeu en listant 37 « choses », des très faciles comme « Faire une promenade sur les bateaux-mouches » à des désirs plus profonds comme « Aller au-delà du cercle polaire », en passant par des envies inclassables comme « Planter un arbre (et le regarder grandir) »

Jouer à

« Je te tiens, tu me tiens par la barbichette »

avec un rhinocéros...

par exemple

ET VOUS, Quels sont les quelques-unes des choses qu’il faudrait tout de même que vous fassiez...

ANONYME

Cher Monsieur,
c'est un plaisir pour moi de déambuler dans votre cabinet de curiosités et justement de découvrir des auteurs que ce cuistre anonyme qualifie de "minus ou discutables".
Vous m'avez bien manqué pendant vos vacances, heureuse de vous retrouver !

Une fidèle abonnée

Merci de vos gentilesses, très chère anonyme.

Le gardien

JEUX DE MAINS...

Bristol, Angleterre - Une vente aux enchères de pièces rares et d’origine vivante s'est déroulée le 27 août dernier.
La vente intitulée "Cabinet de curiosités" a présenté des produits conservés grâce à l'art de la taxidermie. Des peaux de bêtes étaient en vente mais les pièces les plus attendues étaient la tête d'un veau bicéphale montée sur un bouclier de chêne ainsi qu'une main humaine momifiée. Cette dernière pièce mesure 16 cm et elle était estimée entre 340 et 450 euros.

Elle porte également l'inscription :

 « Né en 1911 à Lymington Terr. Esh Winning, Durham, M. A Haig, fermier. »

SCANDALE

Ils sont quand même gonflés d'avoir dégonflé l'éléphant gonflable !

FRANçOIS MATTON ET LE CRAYON MAGIQUE

Même si cette image n'au aucun rapport François Matton est un génie, qu'on se le dise...On pourra dire - et même penser - ce qu'on voudra, et patati et patata. Il ya aura des quolibets ou des hourras, des mécontents et goujats, mais qu'importe, le sieur François Matton est un génie est c'est comme ça !

Aussi pour découvrir le génie et Le blog à dessin de François Matton, c'est ICI

Et hop pas de jaloux !

P.S. Mais pas de méprise non plus, François Matton est un génie !

QUELQUE PART

Où sommes nous ?

Image empruntée à Frédérique Longrée, anti-procréationiste

ZEITNOT

Tandis que notre personnage réféchit,

réfléchissez un peu avec lui : qui est-il ?

BAISER « FANTASTIQUE »

Thomas et Janet sont deux amoureux d'un nouveau genre. Ces deux humanoïdes créés par l'Université de Taïwan sont progammés pour être des acteurs de théâtre et préparent ainsi une scène du Fantôme de l'opéra qui sera jouée l'année prochaine à Taïpei.. C'est quand même beau la littérature...

THÉOPHILE DE GIRAUD, BIENFAITEUR DE L'HUMANITÉ

Comment qualifier Théophile de Giraud ? Chien fou ? Terrestre extra ? Ecorché vif ? Dérangeant du seul fait d'être honnête ? Bienfaiteur de l'humanité ? Son humour (noir - et rouge -, bien entendu), son écriture et tout ce qu'il est sont nécessaires en ces temps de tiédeur... Merci Théo !

L'écrivain épatant se présente ainsi :

« Né, par hasard et sans conviction, à Namur en 1968. En 3ème Maternelle, projet, avorté, faute de combustible, mais redoutablement sérieux, de pulvériser l’établissement scolaire selon les lois de la dynamite. Enfance passée dans une famille exceptionnellement douée pour le dégoûter de la famille. À 15 ans, caresse un instant l’idée de devenir serial-killer, puis se ravise, moins par sagesse que par timidité. Quelques inscriptions universitaires mais, vite écoeuré par le professionnalisme ambiant et syllabussophobe incurable, préférera se livrer au vice de l’autodidactisme dans la plupart des branches du savoir susceptibles de faire de l’homme autre chose qu’un animal-machine. Suicidaire et récidiviste chronique entre 18 et 20 ans. De 20 à 28 ans, étude/lecture/écriture en anachorète grognon et méticuleux. Abondants voyages en terres celtes et scandinaves, loin des héliacités classico-dociles. En 2000, auto-édition de De l’Impertinence de Procréer  qu’André Blavier aura la bienveillance de répertorier dans ses Fous Littéraires (éditions des cendres). En 2004, publication de Cent Haïkus nécromantiques  aux éditions Galopin (Spa). Père de très peu d’enfants. Inadapté méthodique. Insomniaque notoire. Sexualité : fantaisiste. »

Autres ouvrages publiés :
- De l'Art de Guillotiner les procréateurs (Le Mort-Qui-Trompe,Nancy, 2007)
- Cold Love, Satanic Sex and Funny Suicide (Le Mort-Qui-Trompe,Nancy, 2008)
- Diogenèses. Poèmes fluorescents pour patienter entre deux génocides (Maelström éditions Coll."Booklegs #39", , Bruxelles, 2008).

Bruxelles, le mardi 9 septembre 2008, la statue de Léopold II érigée à côté de place du Trône, le long de la petite ceinture, a été couverte de peinture rouge symbolisant du sang par l'écrivain contestataire belge Théophile de Giraud qui avait escaladé la statue au moyen d'une corde.

L'écrivain belge a estimé (voir ICI) que Léopold II, qu'il qualifie de criminel contre l'humanité, ne peut être élevé au rang des grands hommes de la nation.

« Non au symbole d'injustice » ou « Léopold II = criminel contre l'humanité » pouvait-on lire sur des pancartes. « Au nom de millions de victimes de la scandaleuse politique coloniale de ce despote impérialiste, raciste et cupide, nous estimons indigne de la part d'une nation de perpétuer sa mémoire sous quelque forme valorisante que ce soit », a expliqué Théophile de Giraud. « L'Allemagne et la Russie ont eu le bon goût de déboulonner les statues d'Hitler et de Staline. Nous exigeons donc de la Belgique qu'elle fasse preuve d'autocritique et conclue à l'urgente nécessité d'arracher à leur socle les monuments censés célébrer cet odieux tueur en série », a-t-il ajouté. La police est arrivée sur place peu après. L'écrivain est redescendu de lui-même du cheval en bronze sur lequel trône la statue de Léopold II et s'est laissé interpeller sans résistance.
"On constate un manque évident d'humour de la part de la police", a déclaré Théophile de Giraud, avant qu'il ne soit emmené dans un véhicule par la police.

Communiqué de presse post Attentat contre la statue de Léopold 2
Ce mardi 09 septembre 2008 entre 15 et 15h30, l’écrivain Théophile de Giraud et ses joyeux comparses ont mené une action de contestation contre la statue équestre de Léopold 2 située place du Trône à Bruxelles.
Leur revendication : que le gouvernement belge, par respect pour les millions de victimes de la sanguinaire politique coloniale menée au Congo par l’ancien souverain, prenne la décision de déboulonner toutes les statues offrant ce despote esclavagiste à l’admiration des foules. A cet effet, un manifeste pour l’abollition des statues de Léopold 2 a été distribué aux participants et aux passants.
La police est arrivée sur les lieux aux alentours de 15h20, trop tard pour empêcher Théophile de Giraud d’empeinturlurer le visage et le torse de la statue de gouache rouge, symbole du sang des congolais innocents tués ou mutillés sous les ordres du sanguinaire souverain. Une pendaison symbolique du tyran a eu lieu devant une trentaine de comparses et de journalistes. Théophile de Giraud ainsi qu’un participant ont été menottés et arrêtés, paradoxe s’il en est de nos gardiens de justice et de paix qui, par cet acte, ont contribué à protéger un symbole de violence et d’injustice.
Auparavant, les participants avaient exprimé leur colère contre le bourreau du Congo en arborant des slogans tels que Léopold 2 = serial killer, raciste, esclavagiste…
De mémoire de bruxellois, la statue n’a jamais eu aussi bonne mine !


Et pour découvrir les salutaires éditions

LE MORT QUI TROMPE

CLIQUEZ ICI

ÉRUDITS ET IGNORANTS

Les contes de Nasreddine,  le plus célèbre « sage-qui était fou » du folklore arabo-musulman,  sont à la fois drôles, absurdes, paradoxales, allusives, poétiques, critiques… bref ils enchantent petits et grands pour leur faire comprendre ce qu’ils ne veulent pas comprendre ou entendre. Ces contes, de véritables bijoux sont toujours présents dans les traditions du Proche et du Moyen-Orient. Dans le respect de la tradition populaire, les méfaits et Gestes de Nasreddin sont tour à tour morales, absurdes ou coquines. Qui dit profondeur ne dit pas forcément esprit de sérieux, fort au contraire. La sagesse s'avance masquée et la naïveté a toujours eu raison des fausses certitudes.

on aime aussi à croire que Nasr Eddin aurait vécu au viiie siècle à Koufa, un village en Irak. Toutefois deux autre tombes existeraient, l'une dans un village d'Anatolie et l'autre en Algérie. Il vit en général à Akşehir (Turquie) où sa tombe est vide. Sacré Nasr Eddin, hodja, ce qui signifie, le sage.


Il y avait un seul jour de la semaine qui inquiétait Djeha-Hodja Nasreddin. Durant six jours, il était aussi libre qu'un papillon. Il pouvait bavarder avec ses amis sur la place du marché ou se rendre à dos d'âne au village voisin. Il pouvait travailler dans son vignoble ou aller chasser dans les collines. Il pouvait se rendre au café ou flemmarder au soleil sur sa terrasse. Il n'y avait rien pour le bousculer, pour être à une certaine place ou à un certain moment ni pour faire telle ou telle chose.
Mais le vendredi était différent, beaucoup plus différent. C'est le jour où tous les bons musulmans se rendent à la mosquée. Parce que Djeha-Hodja Nasreddin avait, des années auparavant, suivi l'école coranique, on lui demandait, chaque vendredi, de monter à la chaire de la mosquée et de faire un sermon. Cela lui convenait quand il avait quelque chose à dire, mais il y avait nombre de vendredis où il n'avait pas plus d'idées que son petit âne gris. C'est une chose que d'échanger des histoires avec ses amis au café, cela en est tout à fait une autre que de parler, du haut de la chaire, à une nombreuse et attentive assistance.
Les hommes, accroupis sur leur tapis de prière, le regardaient avec une mine solennelle. Derrière le treillage, les femmes attendaient aussi. Bien sûr, la psalmodie, qui venait avant le sermon, n'était pas difficile pour lui, car tous les hommes y participaient, s'inclinant jusqu'à toucher le sol avec leur front. Mais le sermon  c'est cela qui était difficile.
Un vendredi, il marchait plus lentement que d'habitude dans les rues pavées d'Ak Shehir et s'arrêta à la porte de mosquée pour y laisser ses chaussures. Il bavarda avec les autres hommes qui prenaient place sur les tapis épais et moelleux. Eux pouvaient s'accroupir sur les tapis, alors que lui devait monter à la chaire surélevée. Peut-être la beauté de la mosquée lui donnerait-elle une idée ? Il leva les yeux vers le plafond, mais aucune pensée ne lui vint. Il observa les mosaïques sur les murs, mais il n'y trouva aucune aide. Il scruta les visages des hommes qui le regardaient fixement. Il entendait les chuchotements et les rires discrets des femmes voilées, assises derrière le balcon grillagé.
Il se devait de dire quelque chose.
- Oh, gens d'Ak Shehir ! Savez-vous ce que je vais vous dire ?
- Non ! Répondirent, d'une seule voix, hommes et femmes.
- Vous ne savez pas ? Dit Djeha-Hodja Nasreddin. Vous êtes sûrs de ne pas savoir ? Alors à quoi cela sert-il de parler à des gens qui ne savent rien sur un  sujet aussi important. Mes mots ne seront d'aucune utilité pour des gens aussi ignorants.
Alors, il descendit de sa chaire et s'en alla. Le vendredi suivant, confronté à la même difficulté, il dit :
- Oh, gens d'Ak Shehir ! Savez-vous ce que je suis sur le point de vous dire ?
- Oui, répondirent d'une seule voix hommes et femmes, se rappelant ce qui était advenu après leur "non" de la semaine précédente.
- Vous savez ? Dit Djeha-Hodja Nasreddin. Si vous êtes sûrs de savoir ce que je vais dire, je n'ai alors pas besoin de le dire. Pourquoi perdre des paroles précieuses à dire ce que vous savez déjà ?
Alors, il descendit de sa chaire et s'en alla. Le troisième vendredi, le retrouva encore en haut de la chaire, avec la même difficulté d'exprimer quelque chose. Il dit alors :
- Oh, gens d'Ak Shehir ! Savez-vous ce que je suis sur le point de vous dire ?
- "Non", répondirent certains, "Oui" répliquèrent d'autres.
- Certains d'entre vous savent, d'autres ne savent pas ! Dit Djeha-Hodja Nasreddin qui, se frottant les mains, ajouta :
- Que ceux qui savent l'apprennent à ceux qui ne savent pas !

raconté par Hamadache ali

Vote des internautes

Calendrier

« novembre 2009
lunmarmerjeuvensamdim
1
2345678
9101112131415
16171819202122
23242526272829
30

Le blog relève du régime de la loi sur la Confiance et l'Economie numérique (LCEN) du 21 juin 2004.

A ce titre, le blogueur pourra voir sa responsabilité engagée dans les cas prévus par la loi sur la presse et la communication (injure, diffamation, atteinte à la vie privée), de même qu'il est passible des dispositions de l'article 227 du code pénal au titre de la diffusion de message à caractère violent ou pornographique, ou de nature à porter gravement atteinte à la dignité de la personne humaine.

France Télévisions Interactive décline donc toute responsabilité concernant le contenu du blog mais se réserve toutefois le droit de suspendre, refuser ou retirer, à tout moment et sans mise en demeure, l'accès et la diffusion de tout ou partie d'un blog contrevenant aux lois et règlements en vigueur, et de demander au participant de supprimer un Contenu manifestement contraire aux règles de conduite ou faisant l'objet de réclamation par des tiers.