Un mélange d’aventure humoristique classique, de poésie, de fantaisie, de fantastique et de générosité : voilà comment la maison d’édition Dupuis présentait le travail de Marc Wasterlain lors de la sortie du premier volume de l’intégrale Docteur Poche. Et ce second tome, tout juste paru, en apporte une confirmation lumineuse en proposant aux lecteurs le fameux diptyque composé de La Planète des chats et du Géant qui posait des questions. L’auteur qui se sentait à l’étroit dans les formats habituels imposés par l’école belge trouva ici matière à libérer totalement son imagination et nous offrir un récit parodique en plein Moyen âge avec pour décor une planète ou les animaux se battent pour le pouvoir. Des animaux très humains en somme ! C’est dans les années 70 que Docteur Poche, personnage fétiche de Wasterlain, apparaît pour la première fois dans les pages du journal Spirou. Signe particulier : son nez. Pas rond, plutôt fin et long. Un nez qui fera dire à Jijé : « … un nez comme cela, c’est un trait esthétique qui ne correspond à rien ». Pourtant, avec ce nez, son style graphique et sa façon de raconter, Wasterlain va s’imposer et influencer nombre d’auteurs comme Yslaire. En bonus, un dossier retrace la vie et l’œuvre de l’auteur dans le contexte de la fin des années 70 et du début des années 80 avec dessins, esquisses, croquis, photos… E.G.
Son nom : Théodore Fayard. Sa passion : les aéroplanes. Déjà, pendant son service militaire, l’homme fabriquait de ses mains des modèles réduits volants qui faisaient l’admiration de ses compagnons. C’est donc presque naturellement qu’il intègre l’entreprise Joliot dont la spécialité est de fabriquer des automobiles mais aussi des « plus lourds que l’air », comme on les appelle à l’époque. Mais après quelques années d’aventures aériennes plus ou moins heureuses, les Joliot se retrouvent au bord de la faillite. Théodore, rendu responsable de cette situation et, plus grave encore, de la mort du fils Joliot, est chassé. Il achète son propre avion, parcourt les meetings et finit par être engagé dans un cirque aérien aux Etats-Unis où il va faire une rencontre déterminante pour la suite de sa carrière. Nous sommes en 1911, il y a tout juste un siècle…
Décollage immédiat pour cette nouvelle série présentée par l’éditeur comme une grande saga historique qui devrait entraîner le lecteur de 1909 à 1970, au gré des découvertes aéronautiques. Réalisée par le scénariste Frank Giroud (Louis la Guigne, Les oubliés d’Annam, Azrayen, Quintett, Secrets…) et le dessinateur Luc Brahy, dont le grand-père fut pilote de chasse en 14-18, la série Les Champs d’azur allie un scénario bien pensé et un graphisme réaliste très agréable ! E.G.
Direction le désert de Libye où nous retrouvons le jeune Ali qui a enfin pu intégrer l’Afrika Korps et donner corps à son rêve le plus fou : voler dans les chasseurs allemands. Mais son ambition de devenir un grand pilote est remise en cause lorsqu’un reporter de guerre vient mourir dans ses bras en lui demandant une faveur : transmettre une lettre à sa fiancée à Munich. Ali s’envole aussitôt pour l’Allemagne, manquant de peu sa propre fiancée, Aïcha, venue lui annoncer qu’elle est enceinte de lui…
Si vous avez dévoré comme Franz Zumstein les aventures de Buck Danny, Dan Cooper ou encore Tanguy et Laverdure, alors vous devriez dévorer les aventures du jeune Ali. Prévues en trois volets, elles nous offrent non seulement de magnifiques scènes de voltige mais également une somptueuse histoire d’amour entre le personnage principal et la belle Aïcha. Pour les amoureux d’aviation et de grande aventure ! E.G.
Dernier opus de la série Le Casse, initiée par le scénariste David Chauvel, L’Héritage du Kaiser nous entraîne dans l’Allemagne des années 30 pour une poursuite infernale aux côtés du Major, un agent secret dont on ne sait plus très bien où se situe son camp. Après avoir rempli avec succès une mission en Angleterre, l’homme effectue en effet un retour fracassant sur la terre nazie en tuant plusieurs membres de la Gestapo et plusieurs SS. De quoi laisser circonspects ses supérieurs. Mais comme le déclare l’un d’eux, « si cet homme a choisi un autre camp… Ce ne peut être que le sien », autrement dit, il y a forcément une explication à ses agissements. Oui… Mais laquelle ?
Hyper dynamique, le scénario d’Herik Hanna dont c’est le premier album est merveilleusement mis en images par l’Anglais Trevor Hairsine qui a précédemment réalisé Ultimate Nightmare, en collaboration avec Warren Ellis. Un contexte fort, un récit haletant, un graphisme de caractère… ce sixième album clôt la série avec panache ! E.G.