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La folle du Sacré-Coeur, de Jodorowsky et Moebius. Editions Les Humanoïdes Associés. 29,95 euros.

Rien ne va plus pour le professeur Mangel. Lui qui évoque dans ses cours de philosophie l’importance de notions comme l’équilibre émotionnel, le couple évolutif ou encore la néo-morale vient de se faire jeter comme un vieux kleenex par celle qui partageait sa vie depuis plus d’un quart de siècle. Et en public par dessus le marché, le jour même de son anniversaire… De quoi humilier l’homme pour toujours, lui qui était revenu au judaïsme comme voie de la sanctification, abandonnant du même coup la philosophie occidentale et le sexe. De quoi aussi le discréditer définitivement au sein de l’université de la Sorbonne où il enseigne et parmi ses propres étudiants déjà irrités par son côté gourou. D’ailleurs, dès le lendemain, tous quittent son cours en le raillant. Tous… ou presque. Parmi ceux ou plus exactement celles qui sont bien décidés à rester, il y a la jeune Elizabeth. Le soir même, elle lui donne un étrange rendez-vous à la basilique du Sacré-Cœur histoire de réveiller le démon qui dort en lui…

Deux signatures majeures du Neuvième art sont à l’origine de ce récit initialement publié dans les années 90 en trois volets. Il s’agit de Mœbius et Jodorowsky qui ont déjà travaillé ensemble, notamment sur la mythique série de science fiction connue sous le nom de L’Incal.  Avec La Folle du Sacré-Cœur, ils abordent un propos beaucoup plus réaliste même si l’un et l’autre se permettent des déviations fantaisistes pour notre plus grand plaisir. Un récit drôle mettant en scène des allumés de première et une très belle intégrale des Humanos ! E.G.

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L’incal de Jodorowsky et Moebius aux Humanoïdes Associés

 C’est un monument du Neuvième art, un trésor même comme le qualifie l’éditeur. Un trésor initialement publié dans les années 80, maintes fois réédité depuis et à nouveau sous les feux de l’actualité depuis janvier. Les Humanoïdes Associés ont en effet entamé la réédition des six volumes que compte L’Incal à raison d’un titre par mois. Mais quel peut bien être l’intérêt de cette énième réédition ? D’abord, de faire connaître la série aux plus jeunes lecteurs grâce à une nouvelle visibilité offerte aux différents titres chez les libraires. Ensuite, de permettre aux inconditionnels de John Difool, le personnage principal, de se replonger dans ses aventures futuristes avec les couleurs d’origine, restaurées pour l’occasion, des couleurs qui sont dans l’œuvre de Moebius d’une importance capitale. Et le plaisir de lecture est bien au rendez-vous avec cette œuvre majeure autour de laquelle gravite aujourd’hui les séries parallèles Avant l’Incal, Après L’Incal et La Caste des Méta-Barons… L’album Ce qui est en haut, sorti en avril, devrait être suivi en mai et juin par La Cinquième essence, première et deuxième partie. Un grand classique de la BD de science fiction ! E.G.

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Un héros sans coeur, Showman killer (tome 1), de Jodorowsky et Fructus. Editions Delcourt. 13,95 euros.

Créé de toutes pièces par un généticien fou du nom de Courcolain, Showman killer n’a reçu durant sa jeunesse aucun réconfort de qui que ce soit, histoire de bien le préparer à sa carrière de super-assassin. Il n’a eu ni père, ni mère, ni copains, ni jouets, a été simplement éduqué « …à martyriser les animaux, les enfants, les malades, les vieux, les avortons galactiques sans la moindre pitié ! ».  Et pour éviter que ses sentiments prennent le dessus, Courcolain a pris le soin d’enlever les conduits émotionnels de son système nerveux. Implacable ! Showman killer n’a de fait aucun sentiment. Il tue d’ailleurs son propre créateur dès que l’occasion lui est donnée, et refuse de se mettre au service de l’Omnimonarque. Véritablement sans coeur, Showman killer est un mercenaire uniquement intéressé par l’or. Jusqu’ au jour où son chemin croise celui d’Ibis…

Réalisateur, mime, romancier, essayiste, poète et scénariste de bande dessinée, Alejandro Jodorowsky a plus d’une flèche à son arc et une carrière bien remplie. Il a collaboré avec les plus grands du Neuvième art, Moebius (L’Incal), Juan Gimenez (La Caste des Méta-Barons), Manara (Les Borgia), Arno (Alef Thau) ou encore François Boucq (Bouncer), et parvient toujours à nous surprendre , à plus de 80 ans, avec des histoires d’une très grande richesse. « Ce qui est intéressant avec lui… », confie le dessinateur de Showman killer, Nicolas Fructus, « c’est qu’il ne fait pas de découpage. Il fonctionne plutôt comme au théâtre, acte par acte, en privilégiant une mise en scène et une ambiance... ». De fait, ce premier volet de Showman killer nous plonge dans un univers extrême, régi par la violence et l’or, un univers offrant une sombre vision du futur, de notre futur ! E.G.

  

L’info en +

Talentueux et prolifique, Alejandro Jodorowsky est l’auteur d’un autre album récemment paru, le premier volet d’une nouvelle série intitulée Ogregod (Ed. Delcourt, 13,95 euros). Réalisée avec Zoran Janjetov, avec qui il avait déjà collaboré sur les Technopères, cette série est l’adaptation très libre de 2 ans de vacances de Jules Verne. Direction une planète inconnue où vient de s’échouer le Sloughi, un vaisseau spatial qui devait emmener en voyage huit héritiers de grandes familles de la planète militaire Okkar…

 

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