Rien ne va plus pour le professeur Mangel. Lui qui évoque dans ses cours de philosophie l’importance de notions comme l’équilibre émotionnel, le couple évolutif ou encore la néo-morale vient de se faire jeter comme un vieux kleenex par celle qui partageait sa vie depuis plus d’un quart de siècle. Et en public par dessus le marché, le jour même de son anniversaire… De quoi humilier l’homme pour toujours, lui qui était revenu au judaïsme comme voie de la sanctification, abandonnant du même coup la philosophie occidentale et le sexe. De quoi aussi le discréditer définitivement au sein de l’université de la Sorbonne où il enseigne et parmi ses propres étudiants déjà irrités par son côté gourou. D’ailleurs, dès le lendemain, tous quittent son cours en le raillant. Tous… ou presque. Parmi ceux ou plus exactement celles qui sont bien décidés à rester, il y a la jeune Elizabeth. Le soir même, elle lui donne un étrange rendez-vous à la basilique du Sacré-Cœur histoire de réveiller le démon qui dort en lui…
Deux signatures majeures du Neuvième art sont à l’origine de ce récit initialement publié dans les années 90 en trois volets. Il s’agit de Mœbius et Jodorowsky qui ont déjà travaillé ensemble, notamment sur la mythique série de science fiction connue sous le nom de L’Incal. Avec La Folle du Sacré-Cœur, ils abordent un propos beaucoup plus réaliste même si l’un et l’autre se permettent des déviations fantaisistes pour notre plus grand plaisir. Un récit drôle mettant en scène des allumés de première et une très belle intégrale des Humanos ! E.G.


Créé de toutes pièces par un généticien fou du nom de Courcolain, Showman killer n’a reçu durant sa jeunesse aucun réconfort de qui que ce soit, histoire de bien le préparer à sa carrière de super-assassin. Il n’a eu ni père, ni mère, ni copains, ni jouets, a été simplement éduqué « …à martyriser les animaux, les enfants, les malades, les vieux, les avortons galactiques sans la moindre pitié ! ». Et pour éviter que ses sentiments prennent le dessus, Courcolain a pris le soin d’enlever les conduits émotionnels de son système nerveux. Implacable ! Showman killer n’a de fait aucun sentiment. Il tue d’ailleurs son propre créateur dès que l’occasion lui est donnée, et refuse de se mettre au service de l’Omnimonarque. Véritablement sans coeur, Showman killer est un mercenaire uniquement intéressé par l’or. Jusqu’ au jour où son chemin croise celui d’Ibis…
Talentueux et prolifique, Alejandro Jodorowsky est l’auteur d’un autre album récemment paru, le premier volet d’une nouvelle série intitulée Ogregod (Ed. Delcourt, 13,95 euros). Réalisée avec Zoran Janjetov, avec qui il avait déjà collaboré sur les Technopères, cette série est l’adaptation très libre de 2 ans de vacances de Jules Verne. Direction une planète inconnue où vient de s’échouer le Sloughi, un vaisseau spatial qui devait emmener en voyage huit héritiers de grandes familles de la planète militaire Okkar…
