18 mar

Haddon Hall, Quand David inventa Bowie, de Néjib. Editions Gallimard. 19 euros.

Haddon Hall est une vielle demeure de la banlieue londonienne vouée à l’oubli et à l’ennui. Jusqu’au jour où débarque dans ses murs un jeune couple, Angie et David, bientôt suivi d’une ribambelle de jeunes garçons et filles, vaguement hippies. Du bruit, de la musique, des rires, de l’amour, des jalousies… la vieille maison sort de sa torpeur et nous raconte sa nouvelle vie. Une vie d’autant plus passionnante que le David  en question n’est autre que David Robert Jones, alias David Bowie, bientôt star planétaire. Mais pour l’instant, David n’est qu’un musicien à la recherche d’un style, d’une personnalité. « N’essayes pas de devenir une star… », lui dit un jour son producteur Tony Defries, « sois une star! ». Il suivra le conseil à la lettre et le deviendra quelques mois plus tard…

Pour sa première incursion dans le monde du Neuvième art, Néjib signe un album pour le moins original, tant sur le plan narratif que graphique, avec une maison, Haddon Hall, qui se fait narratrice, des planches totalement exemptes de vignettes et des couleurs flashies, rose, bleu, jaune… Malgré tout, la lecture de l’ouvrage est totalement fluide, logique, et l’histoire forcément passionnante, captivante, et pas seulement pour les amoureux de Bowie. Plus qu’une simple virée psychédélique dans l’univers rock de la fin des années 60 et du début des années 70, l’album de Néjib nous propose une réelle expérience de lecture. Un récit qui se prêterait fort bien à une adaptation cinématographique !  E.G.